La vague des albums #142

mercredi 27 février 2019

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J'ai fait connaissance il y a quelques temps déjà avec la belle plume d'Agnès Ledig. Jusqu'alors, je n'avais lu que ses romans, je la découvre pour la première fois dans un album.
Le cimetière des mots doux reprend la trame de son dernier ouvrage, Dans le murmure des feuilles qui dansent, et traite d'un sujet délicat, le deuil.
C'est l'histoire d'Annabelle (la fillette sur la couverture) qui va devoir faire face à la mort de son amoureux, Simon, atteint de leucémie. 
Frédéric Pillot et Agnès Ledig forment un magnifique tandem et abordent ce thème douloureux avec beaucoup de pudeur et de douceur.
Un superbe album qui peut aider à apprivoiser la mort et le deuil avec un enfant.

Le cimetière des mots doux
Agnès Ledig, Frédéric Pillot
Albin Michel Jeunesse, 2019

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Depuis quelques temps, je m'intéresse aux albums documentaires qui présentent des personnages historiques. Aux Editions des Eléphants, j'ai ainsi beaucoup aimé Rien n'arrête Sophie, et j'ai eu un coup de cœur pour le sublime Henry et la liberté
Cette fois, il s'agit d'un ouvrage qui présente non pas un mais plusieurs personnages, en l'occurrence des femmes, toutes à l'origine d'inventions qui sont toujours utilisées dans notre monde moderne.
Des couches jetables au lave-vaisselle en passant par le kevlar, une quinzaine d'inventions sont présentées, chacune sur une double page. La mise en page est aérée et dynamique, les illustrations pétillantes. Un petit bémol, mais je chipote : j'ai regretté que sur la quinzaine d'inventrices, treize soient américaines et deux européennes, pas de représentation des autres continents (cela dit, je suppose que ce n'est pas un choix délibéré et qu'il est sans doute compliqué de trouver des inventrices du monde entier aux siècles derniers). Pour autant, c'est un album très intéressant à lire. Moi qui aime toujours découvrir comment certains objets ont été inventés puis améliorés, j'ai été servie avec Les inventrices et leurs inventions !
Un documentaire esthétique qui ravira les petits (et grands !) curieux. 

Les inventrices et leurs inventions
Aitziber Lopez, Luciano Lozano
Les Editions des Eléphants, 2019

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CoupDeCoeur2016.pngHabituellement, je ne suis pas spécialement fan des documentaires animaliers illustrés avec des dessins, je préfère voir les animaux en photo.
Requins fait exception car j'ai eu un coup de cœur pour cet ouvrage que je trouve juste parfait. 
Bien sûr, il s'adresse aux lecteurs qui s'intéressent un minimum aux requins, si vous n'aimez pas ces bêtes, passez votre chemin ! Pour ma part, je me suis régalée, et j'ai appris quantité de choses au sujet de cette espèce. Parce que, mine de rien, bien qu'adressé à des enfants, ce documentaire est conçu avec beaucoup de rigueur scientifique. C'est un livre très riche, avec des textes explicatifs assez poussés sans être barbants (et donc accessibles aux plus jeunes). Les dessins sont jolis mais pas que, ils sont aussi très réalistes, raison pour laquelle je suis passée sur le fait que ce ne soit pas des photos ! Et puis il faut souligner la qualité générale du livre, son grand format, la mise en pages, tout est soigné dans la présentation et c'est très agréable pour les yeux.
Bref, un vrai bijou, une remarquable petite encyclopédie sur les squales.

Requins
Sarah Sheppard
L'école des loisirs, 2019

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Il n'est pas trop tard pour vous présenter cet album hivernal. La couverture donne le ton, c'est une histoire à lire emmitouflé sous un plaid en buvant un chocolat chaud. D'ailleurs cela tombe bien, car en fin d'ouvrage, on trouve justement la recette de chocolat chaud de Stína. En effet, notre héroïne n'aime pas le froid et passe tout l'hiver à l'abri en mode cocooning. Pour éviter d'avoir à mettre le nez dehors, et même d'ouvrir le réfrigérateur, elle invente des systèmes ingénieux. Sinon, le reste du temps, elle reste sous la couette ou elle tricote.
Le scénario est intrigant et bien construit, j'étais curieuse de découvrir la fin de l'histoire. L'aspect esthétique participe à l'originalité de cet album avec le style des illustrations et les couleurs choisies.
Une belle histoire parfaite pour l'hiver.

Stína , La fille qui avait peur du froid
Lani Yamamoto
Helvetiq, 2018

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L'aventure de Castle Rock (Natasha Farrant)

lundi 25 février 2019

product_9782075120050_244x0.jpgJe suis plus que ravie de vous présenter ce roman que j'ai lu complètement par hasard et qui m'a fait passer un excellent moment.
Déjà, arrêt sur image, la couverture est superbe (la photo ne rend pas justice aux couleurs de l'illustration).

Présentation de l'éditeur :

Alice, Jesse et Fergus avaient encore un long chemin à parcourir avant de devenir de vrais amis. Il leur faudrait en passer par deux trahisons, quelques mensonges, et frôler la mort à une ou deux reprises. Mais cela, ils ne le savaient pas encore...

D'emblée, j'ai aimé le style de Natasha Farrant qui s'adresse directement au lecteur et vient régulièrement le titiller en lui annonçant ce qui va arriver prochainement aux personnages. L'effet de teasing est maîtrisé et ajoute une touche de dynamisme au récit pourtant déjà bien vivant.
L'aventure de Castle Rock est un vrai roman d'aventure à l'image des Club des cinq que je lisais enfant. Plonger dans ce livre, c'est entrer dans un univers génial et intriguant, suivre les pérégrinations d'Alice dans son pensionnat, rencontrer ses nouveaux amis, visiter l'Ecosse, prendre le bateau, affronter une météo capricieuse, respirer le grand air. Cet ouvrage est un bain de jouvence, une bulle de détente et un moment d'ivresse délicieuse.
Un pur régal, j'ai adoré !

Titre original : The Children of Castle Rock
Traduit de l'anglais par Marie Leymarie
Gallimard Jeunesse, 278 pages, 2018 pour l'édition originale et 2019 pour l'édition française

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(existe aussi en ebook)

Une jeunesse au temps de la Shoah, extraits d'Une vie (Simone Veil)

vendredi 22 février 2019

004941110.jpgMon grand matelot a eu ce texte à lire en cours de français il y a peu, et j'en ai profité pour le lire juste après lui. Comme depuis quelques temps je m'intéresse aux ouvrages (de fiction ou non) qui traitent de la seconde guerre mondiale, ce titre tombait à pic, si je puis dire.
Une jeunesse au temps de la Shoah est composé d'extraits d'Une vie, autobiographie de Simone Veil.
Ce court texte débute au moment de l'enfance de l'autrice et s'achève quelques années après la fin de la seconde guerre mondiale.
J'ai lu d'une traite ce témoignage bouleversant, témoignage qui nous révèle l'indicible, nous plonge au coeur même de la guerre et des camps de concentration.
Au-delà de sa belle plume, ces pages démontrent quelle grande dame était Simone Veil. Une forte personnalité, quelqu'un d'admirable en touts points. Et même lorsqu'elle nous raconte l'horreur, c'est toujours sans s’appesantir sur ce qu'elle a vécu, sans porter de jugements, sans prendre parti. 
Heureuse d'avoir lu ce texte, et heureuse que mon grand matelot l'ait découvert à 14 ans, parce que je place beaucoup d'espoir en la connaissance et en la génération future. Parce qu'un homme averti en vaut deux, et que, peut-être, ces jeunes qui apprennent très jeunes les horreurs du passé, sauront éviter que l'Histoire ne se répète. 

Le livre de poche, 192 pages, 2010

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Le journal d'Anne Frank (Anne Frank)

mercredi 20 février 2019

001036543.jpgAlors que de nombreux collégiens/lycéens étudient cette oeuvre au cours de leur scolarité, je n'avais pour ma part encore jamais lu Le journal d'Anne Frank. Comme depuis quelques temps je m'intéresse aux ouvrages portant sur la seconde guerre mondiale, il était important que je découvre ce témoignage.

Au risque de choquer des lecteurs, il me faut avouer, bien que j'ai opté pour la version audio, que je me suis ennuyée à plusieurs reprises durant cette lecture.
J'ai découvert qu'en réalité, dans son journal, Anne Frank ne parle finalement pas beaucoup de la guerre, et que la plupart de ses écrits traitent de problèmes domestiques ou de son introspection d'adolescente en pleine transformation physique et psychique. 
C'est donc un témoignage touchant quand on sait quelle fut la fin tragique de cette jeune fille, mais pas passionnant pour qui cherche des informations sur la guerre.
D'autre part, il me faut avouer que j'ai trouvé détestable la personnalité d'Anne. A travers ses lignes, on découvre une gamine égocentrée au possible (ce qui n'est pas anormal compte tenu de son âge et de l'environnement difficile dans lequel elle vit) et fort peu sympathique. Elle possède une haute opinion d'elle-même, dénigre en permanence les autres, profère des propos d'une violence inouïe vis-à-vis de sa mère, bref, certains passages sont assez insupportables à lire. Dans les derniers mois de sa correspondance, on sent toutefois qu'elle a grandi et évolué, que sa manière de penser a changé.
Malgré ces bémols, j'ai plutôt apprécié cette lecture, et la raison tient à l'écriture d'Anne Frank, qui malgré son jeune âge, avait un vrai talent. Sa maturité et son humour font de son journal une oeuvre de qualité. Nulle doute que si elle était parvenue à l'âge adulte, elle serait devenue une auteure reconnue. 
Pour en terminer avec cette chronique, je suis heureuse d'avoir enfin découvert ce "classique" même si son contenu m'a déçue et si je n'y ai pas trouvé ce que j'y cherchais. J'ai ainsi préféré le journal d'Hélène Berr qui apporte un vrai regard éclairé sur cette période de l'Histoire.

Texte intégral lu par Irène Jacob et Pierre Tissot
Durée totale d'écoute : 12h00
Audiolib, 2011

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Génération K #2 et #3 (Marine Carteron)

lundi 18 février 2019

005060582.jpgJ'en aurai mis du temps à poursuivre cette série ! Et pourtant, ce n'est pas faute d'avoir aimé le premier tome, car il m'avait fait grande impression !

Présentation de l'éditeur :

Toujours traqués pour leurs redoutables pouvoirs, Kassandre, Mina et Georges sont enfin parvenus à se réunir. Leur ADN mutant fait d’eux des génophores, des êtres aux pouvoirs terrifiants. Mafieux et scientifiques essayent de les capturer pour cette raison. Mais bientôt tout cela n’aura plus d’importance car Le Maître arrive… 

Nous retrouvons donc les personnages où nous les avons laissés, et dès les premières pages on replonge aussi sec dans l'action.
L'effet de surprise passé, ce deuxième tome a eu légèrement moins de saveur pour moi que le premier, celui de la découverte. Pourtant, j'ai passé un excellent moment avec ce nouvel opus qui s'est révélé hautement addictif. L'univers et les personnages campés par l'autrice sont d'une originalité folle. En résulte une expérience de lecture totalement immersive et dépaysante à souhait. 
Une série incontournable du genre.

Rouergue (épik), 384 pages, 2017

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(existe aussi en ebook)


005060635.jpgAu cours de ma lecture du deuxième tome, j'ai regretté d'avoir autant attendu avant de poursuivre cette série, aussi ai-je enchaîné dans la foulée avec le dernier volet de la trilogie. Finalement, je me dis que j'aurais dû lire les trois tomes d'affilée pour coller au rythme de l'écriture. J'ai en effet réalisé - tardivement - au cours de cette lecture, que l'essentiel du récit, c'est-à-dire l'action qui se déroule au temps présent, s'étale sur une très courte période, un mois à peine. Et donc, à l'image de cette course incroyable contre le temps, il me semble qu'il est préférable de lire la série d'une traite.
Dans ce dernier tome, l'histoire de départ s'étoffe et prend de nouvelles dimensions. On notera entre autres, un message écologique fort sous-jacent à l'intrigue du roman. L'aspect "mystique" (que je qualifie ainsi faute de mieux) prend aussi de l'importance, et curieusement, alors même que depuis le début, ce côté de l'histoire m'intéresse moins et me lasse un peu, j'ai trouvé qu'il y avait un parfait équilibre dans la construction du récit.
A plusieurs reprises, lors de ma lecture, j'ai repensé à la série Apocalypsis d'Eli Esseriam qui présente des similitudes avec Génération K
J'ai beaucoup aimé cette fin. Génération K est une très bonne série qui se démarque de ce que l'on peut lire habituellement dans ce genre. 
Et maintenant, il me reste à me pencher sur l'autre trilogie de Marine Carteron, Les autodafeurs !

Rouergue (épik), 368 pages, 2017

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(existe aussi en ebook)

La fille du monstre (Florence Aubry)

vendredi 15 février 2019

product_9782075118880_244x0.jpgC'est le troisième roman de l'auteur que je lis après les géniaux Titan noir et Le royaume des cercueils suspendus.
Si La fille du monstre n'est pas un coup de cœur comme ce fut le cas des deux autres titres, une chose est sure, Florence Aubry est entrée au panthéon de mes auteurs préférés. 
Dans ce court texte, elle traite une fois encore un sujet difficile. Depuis la tentative de suicide ratée de son père, le monde de Tess a basculé. Comment vivre auprès d'un parent qui n'a pas trouvé la force de vivre, qui reste défiguré à tout jamais ? Très vite, car les enfants ne sont pas des anges, Tess devient "la fille du monstre" et n'assume plus la présence de son père.
Avec pudeur, Florence Aubry nous plonge dans l'intimité de cette jeune fille qui tente de surmonter l'horreur, la tragédie familiale. Le ton est juste et l'on ressent de l'empathie pour Tess mais aussi pour son père. Tess qui passe par tout un panel d'émotions, qui en veut à son père, se montre parfois odieuse avec lui. Pour autant, on comprend ses réactions même si l'on est pris de pitié pour son père.
Un sujet douloureux traité avec brio, un roman qui claque.

Gallimard Jeunesse (Scripto), 192 pages, 2019

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(existe aussi en ebook)

La servante écarlate (Margaret Atwood)

mercredi 6 février 2019

005504653.jpgLa servante écarlate est déjà vieux d'une trentaine d'années, et c'est l'un des premiers titres de science fiction dystopique a avoir connu un grand succès après (entre autres) les célèbres 1984 et Fahrenheit 451. Depuis de nombreuses années le titre de ce classique m'interpelle et je m'étais promis de le lire un jour. Finalement, c'est d'abord à l'écran que j'ai découvert cette histoire avec la série TV. Les premiers épisodes m'ont tellement plu et passionnée que j'ai commencé en parallèle à lire le roman. 

Présentation de l'éditeur :

Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d'esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, " servante écarlate " parmi d'autres, à qui l'on a ôté jusqu'à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l'austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler... En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté. 

Pour une fois, je ne tomberai pas dans le cliché qui me fait dire bien souvent "le livre est meilleur", car en l'occurrence ici, j'ai largement préféré la série TV que j'ai trouvée tout bonnement époustouflante. 
Je crois que ce qui m'a gênée et empêchée d'apprécier pleinement ce roman, c'est le style de l'écriture adopté par l'autrice. Un style direct, au ton sec, qui ne laisse pas de place à l'émotion. La narration est volontairement factuelle et détachée, et si l'effet est saisissant, cela m'a dérangée et tenue à distance du récit. J'ai eu l'impression de lire un essai sur la république de Gilead, et malgré les atrocités que se remémore la narratrice, à aucun moment je n'ai ressenti une quelconque empathie à son égard, je suis restée tout du long comme une spectatrice extérieure, sans jamais entrer vraiment dans l'histoire.
Malgré cela, j'ai trouvé que c'était un texte fort avec une thématique qui fait réfléchir et s'interroger sur le sens de la liberté et sur sa fragilité. La construction de la narration entre passé et présent, la découverte, à travers les pensées de Defred, de la façon dont la société s'est peu a peu transformée jusqu'à devenir une dictature, tout cela est extrêmement bien pensé et efficace. 
Au final, je suis contente d'avoir pu découvrir ce roman et son histoire, mais ma préférence va à la série TV que je vous invite à découvrir de toute urgence si vous ne la connaissez pas. Mais attention, effet d'addiction garanti ! 

Titre original : The Handmaid's Tale
Traduit de l'anglais par Sylviane Rué
Robert Laffont (Pavillons Poche), 521 pages, 1985 pour l'édition originale, 2017 pour la présente édition française

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(existe aussi en ebook)

Dry (Neal & Jarrod Shusterman)

lundi 4 février 2019

005928473.jpgJ'ai un petit péché mignon, les films catastrophes. Lorsque j'ai l'occasion d'en regarder un, je ne boude pas mon plaisir, et comme je suis bon public, en général je passe un agréable moment.
C'est pour cette raison que j'ai eu envie de lire Dry, au parfait scénario catastrophe. 
Imaginez plutôt, un jour alors que vous tournez le robinet de votre évier, rien n'en sort, il n'y a plus une goutte. C'est le cauchemar auquel vont être confrontés des milliers de californiens qui, du jour au lendemain, se retrouvent sans eau. Comme le gouvernement tarde à venir au secours de la population, chacun va devoir se débrouiller pour survivre.
C'est le cas d'Alyssa et sa famille.

Alors, comment dire ? Il faut croire que je suis plus critique face à un livre qu'à un film, car si j'ai regardé sans déplaisir quelques navets, je n'ai guère apprécié ce roman.
L'idée de départ et la façon dont elle est traitée sont très intéressantes. La catastrophe soulève de nombreuses questions éthiques vers lesquelles les auteurs tentent une amorce, mais malheureusement le récit n'est pas assez creusé dans cette direction, et bien vite la philosophie cède le pas à l'action. Or, cette dernière n'est pas bien rendue ni passionnante, et si le premier tiers du livre se révèle assez addictif, très vite l'intérêt retombe comme un soufflé. Les scènes s'enchaînent mais c'est finalement assez creux, il manque de l'intensité et je suis restée en retrait de ma lecture. Je n'ai pas trouvé les personnages attachants, pire, certains m'ont exaspérée, bref, au fil des pages, je me suis doucement mais surement détachée du récit que j'ai terminé sans réelle envie, juste pour en connaître la fin.
Une petite déception, donc, dommage, sur le papier cette histoire avait tout pour me plaire.

Titre original : The Evolution of Calpurnia Tate
Traduit de l'anglais par Cécile Ardilly
Robert Laffont (R), 494 pages, 2018 pour l'édition originale et l'édition française

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(existe aussi en ebook)

Player One (Ernest Cline)

vendredi 1 février 2019

005369946.jpgCoupDeCoeur2016.pngEt voilà, premier coup de cœur de l'année !!! Une fois n'est pas coutume, j'ai lu ce roman après en avoir vu la (géniale) adaptation cinématographique réalisée par Steven Spielberg.
J'ai passé un tellement bon moment avec le film, que, naturellement, j'ai eu envie de lire le livre dont il était inspiré. Et inspiré est ici le terme qui convient, car en me plongeant dans Player One, j'ai rapidement compris que les deux histoires étaient sensiblement différentes. Finalement, tant mieux, car les deux médias se complètent et ce fut un vrai plaisir de découvrir le récit original.

Présentation de l'éditeur :

2044. La Terre est à l'agonie.
Comme la majeure partie de l'humanité, Wade, 17 ans, passe son temps dans l'OASIS – un univers virtuel où chacun peut vivre et être ce qui lui chante. Mais lorsque le fondateur de l'OASIS meurt sans héritier, une formidable chasse au trésor est lancée : celui qui découvrira les trois clefs cachées dans l'OASIS par son créateur remportera 250 milliards de dollars !
Multinationales et geeks s'affrontent alors dans une quête épique, dont l'avenir du monde est l'enjeu. Que le meilleur gagne...

Alors, que dire de Player One ? Que je n'en ai pas vu passer les 600 et quelques pages, que je l'ai trouvé bien trop court, signe évident que j'ai adoré cette lecture. Pourtant je ne figure pas parmi le lectorat cible de cette histoire, car si j'appartiens à la génération des late seventies, je ne suis pas spécialement une adepte des jeux vidéos, et ce n'est pas un univers qui, a priori, m'attire plus que de raison. Alors, certes, j'ai quelques références malgré tout, j'ai joué un peu dans ma tendre jeunesse, mais je suis très loin d'être une fan du genre. Et pourtant, j'ai embarqué dans cette histoire à la vitesse grand V, que dis-je, j'ai été happée par le monde d'Ernest Cline, et je n'avais de cesse d'y retourner. L'OASIS est un univers virtuel proprement fascinant, que j'ai découvert avec émerveillement. Ce bouquin est une bombe, il vous emmène ailleurs, vous coupe du réel pour votre plus grand bonheur.
En sus de cette virtualité hypnotisante si bien rendue, Player One possède bien d'autre qualités.
Le rythme est soutenu, de la première à la dernière page, les actions s'enchaînent non-stop et l'on ne s'ennuie pas une seconde.
Le ton est souvent drôle, le regard cynique de Wade est assez jouissif.
Les personnages sont chouettes, j'ai en particulier beaucoup aimé la relation entre Wade et son meilleur pote Aech, leurs dialogues, les vannes qui fusent entre eux.
L'intrigue est bien menée, car mine de rien il y a quand-même un certain suspense dans ce livre.
Enfin et surtout, les multiples références à la culture pop des années 80 qui émaillent ce livre, en font toute sa richesse.

En résumé, Player One, c'est l'assurance d'un excellent moment de lecture et d'une plongée dans un monde parallèle et dépaysant.

Titre original : Ready Player One
Traduit de l'anglais par Arnaud Regnauld
Pocket  (SF), 612 pages, 2011 pour l'édition originale, 2013 pour la traduction française

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(existe aussi en grand format et en ebook)

La vague des albums #141

mercredi 30 janvier 2019

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Dans la collection Pastel, un petit nouveau vient de paraître. Pablo, un poussin encore dans l'oeuf, ne va pas tarder à en casser la coquille pour découvrir le monde. Prudence étant mère de sûreté, l'oisillon perce de minuscules trous pour observer ce qui l'attend à l'extérieur. 
Les dessins minimalistes en noir et blanc de Rascal sont emplis de charme et de candeur. La chute est toute mignonne, elle achève en douceur cette histoire un brin espiègle.
Joli album.

Pablo
Rascal
L'école des loisirs (Pastel), 2019

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Aux commandes de ce titre, le génial duo Maudet-Escoffier qui a fait ses preuves plus d'une fois.
Une fillette joue tranquillement avec son chien, s'amusant à l'envoyer chercher un bâton. Soudainement, le chien disparaît et c'est un lion qui rapporte le bout de bois à sa place !
Encore un album rigolo et coloré qui donne la pêche ! 
Comme à chaque fois, la chute est bien pensée, et on lit les quelques pages dans l'attente du dénouement.
Drôle et pétillant !

Va chercher !
Michaël Escoffier, Matthieu Maudet
L'école des loisirs (Loulou & Cie), 2019

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Un album de circonstance puisqu'il y est question du nouvel an chinois et de l'hiver. En Chine, la tradition veut que les oncles offrent à cette occasion des lanternes aux enfants. La fête des lanternes apporte de la douceur et de la chaleur au cœur de la saison froide. Les couleurs choisies par Zhu Chengliang en rendent compte et embellissent ces paysages hivernaux.
J'ai aimé la tendresse des illustrations mais aussi la découverte d'une fête traditionnelle chinoise que je ne connaissais pas. Une jolie histoire.

La lanterne de tonton
Wang Yage, Zhu Chengliang
HongFei, 2019

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Quelle ne fut pas ma surprise l'autre jour, alors que je flânais à la librairie, de tomber par hasard sur ce quatrième album collector des P'tites Poules ! Fans de la première heure, mes matelots et moi-mêmes collectionnons en effet ces ouvrages qui rassemblent à chaque fois quatre histoires de la série. Dans cet opus, donc, on retrouve les titres suivants : La poule au Bois Dormant, Les P'tites Poules sur l'île de Toutégratos, Les P'tites Poules et la cabane maléfique, Les P'tites Poules et la famille malpoulie. Je voudrais souligner, qu'à l'instar des précédents, cet album collector est soigné et que c'est un bel ouvrage. Le papier est de qualité ainsi que la mise en page, et finalement c'est aussi plaisant de lire les aventures des P'tites Poules dans ce format que dans le grand format initial. Concernant les histoires, comme toujours, c'est du très bon, l'humour est présent, on retrouve une nouvelle fois de nombreuses références culturelles et les dessins sont superbes. 
Bref, c'était d'excellentes retrouvailles !

Les P'tites Poules - Album collector #4
Christian Jolibois, Christian Heinrich
Pocket Jeunesse, 2018

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