J'aime le sexe, mais je préfère la pizza (Thomas Raphaël)

samedi 4 novembre 2017

51BG2Jua4kL._SL300_.jpgJ'ai découvert la plume de Thomas Raphaël avec la sortie de son premier roman, La vie commence à 20h10, qui m'avait enchantée. Puis j'ai lu ses deux autres romans à leur sortie également : Le bonheur commence maintenant (suite de La vie commence à 20h10) et Pour un soir seulement. J'ai beaucoup aimé ces trois romans.
J'aime le sexe mais je préfère la pizza est donc le dernier né de l'auteur, mais aussi son premier texte qui ne soit pas de la fiction. Sorte d'autobiographie écrite à la manière d'une comédie, ce livre retrace des passages de la vie de Thomas Raphaël depuis son enfance jusqu'à l'âge adulte. Le texte n'est pas construit de manière chronologique, au contraire l'auteur effectue des allers-retours entre les différentes périodes de son existence. Sur un ton à la fois candide et cynique, Thomas Raphaël nous parle de ses amours, de son côté "anti-héros", de ses cours de hip-hop, de sa famille... Anecdotes et événements importants se côtoient dans un style résolument léger et empreint d'auto-dérision.
C'est bien écrit et l'on retrouve dans cette autobiographie le talent de l'auteur. Cela dit, je me suis parfois ennuyée au cours de cette lecture et j'ai trouvé que son contenu n'était pas forcément passionnant. Certains passages sont drôles ou bien émouvants, certes, mais au final je ne peux pas dire que ce soit une lecture fondamentalement intéressante. C'est donc pour moi une légère déception que cette lecture, je préfère largement Thomas Raphaël dans la fiction.

J'ajoute, au sujet de la version audio, que je n'ai pas apprécié la lecture, pourtant réalisée par l'auteur lui-même. J'avais déjà fait ce constat pour Nue de Jean-Philippe Toussaint, et je le fais de nouveau aujourd'hui avec ce roman : contrairement à ce que je pensais, l'auteur n'est pas nécessairement la personne la mieux placée pour lire son texte. Malheureusement, Thomas Raphaël, bien qu'ayant une voix agréable, lit l'intégralité de son livre avec les mêmes intonations et le même ton monocorde, et franchement, ça m'a assez rapidement tapé sur le système. 

Texte intégral lu par l'auteur
Durée totale d'écoute : 5h03
Audible Studios, 2017

La vague des albums #121

mercredi 1 novembre 2017

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CoupDeCoeur2016.pngJe commence cette vague d'albums par mon dernier coup de cœur. Ce fut d'autant plus surprenant pour moi qui n'aime guère le rose ! Un tout petit format, beaucoup de rose, donc, et surtout des dessins totalement craquants. J'ai adoré le style de Kitty Crowther que je ne connaissais pas. A la fois naïves et tendres, ces illustrations m'ont tapé dans l’œil. Quelques mots tout de même, sur l'histoire... Petit ours réclame pas moins de trois histoires à sa mère avant de dormir. Ce sont ces histoires qui composent l'album ; il y a celle "qui dit qu'il faut dormir", celle de "la petite fille avec son épée qui s'était perdue" et celle du "monsieur avec son grand manteau qui a perdu son sommeil". Trois histoires fantastiques qui amènent tranquillement au sommeil.
Adorable.

Petites histoires de nuits
Kitty Crowther
L'école des loisirs (Pastel), 2017

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Toujours sur le thème du sommeil, voici Graou, une petite oursonne malicieuse qui ne veut pas hiberner comme les autres ours. 
Les dessins sont très jolis, ils me font penser au style d'Eric Carle. L'histoire est classique, l'idée n'a rien d'original et a déjà été traitée maintes fois en littérature de jeunesse, mais elle fonctionne bien. A noter qu'une application Graou permet de prolonger la lecture en alliant papier et numérique.
Un joli album.

Graou n'a pas sommeil
Kaisa Happonen, Anne Vasko
Nathan, 2017

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Le titre résume bien l'idée de cet album, on voyage véritablement au pays des rêves. Tout y est possible et même l'idée la plus loufoque prend forme pour le plus grand plaisir des yeux. Les dessins d'Ana de Lima au style japonisant sont doux et acidulés, j'aime beaucoup !
Vous l'aurez compris, pas de véritable histoire, ici il s'agit simplement de suivre le fil des rêves.
Une belle invitation au voyage.

Voyage au pays des rêves
Mia Cassany, Ana de Lima
Nathan, 2017

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J'ai déjà chroniqué plusieurs albums d'André Bouchard ici et les lecteurs de ce salon savent que j'aime énormément son humour et le style décalé qu'il apporte en littérature de jeunesse. Pourtant cette fois, j'ai été moins convaincue.
Dans ce conte, ce sont les méchants qui sont les héros. Léon est un gros monsieur antipathique, sale, méchant et misanthrope, qui épouse la sorcière Gertrude. Ces deux êtres abjects vont couler des jours heureux jusqu'à ce qu'ils décident de partir en voyage de noces.
Il y a bien des scènes drôles et les dessins sont toujours aussi géniaux, mais globalement j'ai trouvé cet album moins réussi que les précédents.

Une si charmante verrue sur le nez
André Bouchard
Seuil Jeunesse, 2017

Les trois mousquetaires (Alexandre Dumas)

samedi 28 octobre 2017

512obU--b1L._SL300_.jpgAprès ma première rencontre avec Dumas et mon immense coup de cœur pour Le Comte de Monte-Cristo, j'ai décidé que je découvrirais progressivement ses autres titres.

Les trois mousquetaires figure depuis longtemps dans la liste des classiques que je me suis promis de lire un jour.
Là encore, j'ai opté pour la version audio, et je ne regrette pas ce choix car le lecteur, Bernard Bollet, est tout bonnement excellent.

 Cette histoire si célèbre a traversé l'histoire et est connue de tous, même de ceux, qui, comme moi encore récemment, n'ont pas lu le roman. Je ne vous ferai donc pas l'affront de la présenter !
Par ce billet, je veux simplement rendre hommage à un merveilleux classique et à l'écriture si moderne de Dumas.
Bien que n'ayant pas eu de coup de cœur pour Les trois mousquetaires comme pour Le Comte de Monte-Cristo, j'ai éprouvé un vif plaisir à découvrir ce texte. Ce qui m'a plu, et je dois dire que je ne m'y attendais pas, c'est l'humour omniprésent dans ce récit. L'auteur campe des personnages étonnants et drôles, et les dialogues sont totalement jouissifs. Bien entendu, tout n'est pas légèreté et drôlerie dans ce roman, certains passages sont tragiques, mais globalement c'est un texte relativement insouciant si on le compare au Comte de Monte-Cristo
Mention spéciale pour le premier contact entre d'Artagnan et les mousquetaires Athos, Porthos et Aramis, ce chapitre m'a beaucoup amusée !
C'est un roman long, certes, mais qui, finalement, se lit assez vite et est rythmé par de nombreuses scènes d'action. Pas autant, toutefois, que je l'escomptais, car je m'attendais à une véritable histoire de cape et d'épée. Or, il se trouve que pareilles scènes ne sont pas majoritaires dans le roman. Au contraire, nombreux sont les chapitres consacrés aux discussions entre les personnages ou à leurs réflexions. Si cela m'a étonnée, j'ai pourtant grandement apprécié ma lecture et cette remarquable écriture.  Bien entendu, je compte lire la suite !!

Texte intégral lu par Bernard Bollet
Durée totale d'écoute : 22h19
Audible Studios, 2014

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Je profite de ce billet pour dire deux mots à propos de la série produite par la BBC, The Musketeers, adaptée librement à partir du roman de Dumas. Ladite série comporte trois saisons de dix épisodes chacune (il semble qu'elle soit terminée). L'histoire proposée est bien éloignée de celle inventée par Dumas, mais la série conserve tout de même certains éléments du roman, en particulier les personnages et leur personnalité. 
C'est une excellente série qui m'a totalement séduite. Le casting est génial, le jeu des acteurs formidable, les costumes magnifiques, bref que du bon ! Chaque épisode s'articule autour d'une intrigue "mineure" tandis que l'intrigue générale se poursuit au fil des saisons. L'action est omniprésente, les dialogues savoureux, en résumé on ne s'ennuie pas une seconde.
Je suis tombée amoureuse de cette série que je vous recommande chaudement.

La vague des albums #120

mercredi 25 octobre 2017

Nouvelle vague d'albums documentaires et de jeux !

* * *

Nathan vient de lancer une nouvelle collection qui s'intitule Explique-moi... et propose des albums sur des sujets sensibles, sur ce qui se passe dans le monde. Pour le moment deux titres.

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Hélas résolument d'actualité, voilà un support qui permettra d'aborder le sujet des migrants avec les jeunes enfants. L'objectif n'est ni plus ni moins que d'expliquer aux enfants ce qui peut pousser une personne à quitter son pays, sa famille, sa maison. Il fait aussi le distinguo entre réfugiés et migrants, une définition pas toujours simple à donner. 
Les images toutes douces permettent de visualiser les choses sans inquiéter ni dramatiser.

Les réfugiés et les migrants
Ceri Roberts, Hanane Kai
Nathan (Explique-moi...), 2017

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Autre thème difficile, celui de la pauvreté et de la faim. Très simplement, l'album explique ce que c'est que d'être pauvre et pour quelle raison on peut l'être/le devenir. Les dessins sont là aussi très doux, il s'agit de la même illustratrice que pour l'album sur les réfugiés.
A la fin de l'ouvrage, les mots importants sont définis dans un lexique (idem pour l'autre titre).
Un support intelligent pour discuter avec son enfant d'un sujet qui peut le préoccuper.

La pauvreté et la faim
Louise Spilsbury, Hanane Kai
Nathan (Explique-moi...), 2017

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Nouveau titre du même auteur et dans la même collection que Petites histoires de chefs d'oeuvre, celui-ci  porte sur le style impressionniste. Une cinquantaine de tableaux y sont présentés, toujours sur le même principe en deux doubles pages. L'une qui offre une vue globale de l'oeuvre, l'autre seulement des extraits accompagnés d'un texte explicatif qui vise à mettre en lumière certains éléments.
Un superbe ouvrage qui permet de se constituer sa pinacothèque privée.

Petites histoires d'impressionnisme
Alain Korkos
De La Martinière Jeunesse, 2017

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Un abécédaire dans un format relativement petit avec des illustrations très colorées. Chaque animal (puisque c'est le thème de cet abécédaire) est présenté par une courte phrase avec une allitération parfois discutable : à la lettre G, on trouvera ainsi les deux sons produits par la lettre, tandis qu'à la lettre S on ne trouvera qu'un seul son... Je pinaille bien sûr, mais cela peut donner une première approche erronée de la lecture.
Un album vitaminé. 

De A à Z abécédaire
Peggy Nille
Nathan, 2017

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L'éditeur présente ce livre comme étant spectaculaire et je lui donne raison ! Conçu par un artiste espagnol spécialisé en gravure, cet ouvrage est un véritable hommage au monde animal. Sept parties regroupent les animaux autour de thématiques (amour, survie, eau...) distinctes. A chaque fois un court texte explicatif, suivi par des estampes pleine page, de toute beauté. Pour qui aime le monde animal, un véritable bijou.

Âme animale
Pablo Salvaje
Nathan, 2017

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Voilà maintenant plusieurs années que Françoize Boucher propose de petits livres colorés au style naïf et drôle sur des sujets qui intéressent les enfants. La recette fonctionne et ces albums connaissent le succès. Pour ma part, j'ai beaucoup aimé certains titres, d'autres moins. Si je vous présente celui-ci, c'est qu'il m'a bien plu. Cet album pourra être lu et partagé en famille pour encore davantage de rigolade. Un hommage à l'enfance qui nous explique pourquoi les enfants sont au fond des êtres si géniaux. Empreint de bienveillance et d'humour, cet album m'a amusée et attendrie. Petit matelot l'a aimé aussi.

Le livre qui t'explique pourquoi les enfants sont super top !
Françoize Boucher
Nathan, 2017

* * *

Depuis maintenant quelques années, l'éditeur L'école des loisirs a diversifié  son activité en l'étendant au secteur du jeu. Quelques jeux  de société et puzzles, tous issus de l'univers des albums édités par L'école des loisirs ont donc vu le jour.

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Dernier né de la collection, le jeu Elmer est un jeu sur les couleurs. Conseillé à partir de 3 ans et jouable jusqu'à 4 joueurs, il consiste à être le premier à remplir son plateau éléphant. Pour ce faire, on lance le dé à tour de rôle et l'on positionne sur son plateau de jeu le ou les jetons de couleur correspondants. Certaines faces des dés sont spéciales et pimentent la partie en y introduisant des actions particulières.
Joli, bien conçu avec une règle simple et abordable dès le plus jeune âge.

Elmer le jeu des couleurs
D'après l'univers de David McKee
L'école des loisirs, 2017

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Avis aux fans de Cornebidouille, voici un superbe coffret de deux puzzles qui mettent en scène la célèbre sorcière. Deux niveaux de difficulté, un puzzle de 40 pièces (silhouette de Cornebidouille) et un de 63 pièces (format classique rectangulaire). Les pièces sont de grande taille, conçues dans un carton robuste. Une feuille de modèle à taille réelle est fournie avec les puzzles. La boîte de rangement est très jolie et solide également.
Voilà donc un superbe coffret qui ravira les lecteurs de Cornebidouille, et une bonne idée de cadeau à placer sous le sapin cette année ?!

Cornebidouille, 2 puzzles pour moustiques à plumes !
Pierre Bertrand, Magali Bonniol 
L'école des loisirs, 2017

Piège nuptial / L'homme qui voulait vivre sa vie (Douglas Kennedy)

samedi 21 octobre 2017

CoupDeCoeur2016.pngAu détour d'une discussion avec mon neveu sur nos lectures, il m'a chaudement recommandé Piège Nuptial de Douglas Kennedy, un auteur que je n'avais encore jamais lu. Quelques temps après j'ai donc décidé de découvrir ce roman et ce fut un coup de cœur. Puis j'ai eu envie de lire un autre roman de Douglas Kennedy et j'ai jeté mon dévolu sur L'homme qui voulait vivre sa vie, conseillé également, cette fois par une amie. Re-coup de cœur !

* * *

9782356410498-T.jpgPiège nuptial

Initialement paru sous le titre Cul de sac, ce roman a bénéficié d'une nouvelle traduction et été réédité sous le nouveau titre Piège nuptial. C'est cette nouvelle traduction que j'ai "lue".

Nick, un journaliste américain un peu désabusé par la vie a récemment plaqué son job et décidé de partir en Australie pour découvrir ce pays qui le fascine. Il atterrit d'abord à Darwin, une ville qui lui déplaît, avant de mettre une nouvelle fois les voiles. Cette fois, après avoir acheté d'occase un combi Volkswagen, il prend la route du bush. Malheureusement, une nuit il percute un kangourou, et cet événement va marquer un point de non retour dans cet étrange voyage.

Avant toute chose, si vous avez l'intention de plonger dans ce roman, je vous déconseille fortement de lire la présentation de l'éditeur qui en dévoile beaucoup trop sur l'intrigue. Pour ma part je ne l'avais pas lue et c'est tant mieux, ainsi ma surprise a été totale.
Ce roman, que l'on pourrait qualifier de "noir" m'a tenue en haleine du début à la fin. Ce que vit Nick au cours de ce voyage est tout bonnement hallucinant et l'auteur parvient à nous faire ressentir les choses à sa place, comme si on y était. L'atmosphère est oppressante, la tension palpable, la situation s'enlise et Nick se retrouve dans une impasse, bref, le récit est proprement stupéfiant. Avis aux amateurs de voyages et de contrées étrangères, si vous choisissez de lire ce livre pour son contexte - l'Australie -, vous risquez d'être déçus ! Après cette lecture, je peux vous garantir que vous aurez une sainte horreur des kangourous ! Redoutablement efficace.

Texte intégral lu par Tony Joudrier
Traduit par Bernard Cohen
Durée totale d'écoute : 6h00
Audiolib, 2009

9782714442017FS.gifL'homme qui voulait vivre sa vie

Dans un tout autre style, mais non moins efficace, L'homme qui voulait vivre sa vie raconte l'histoire d'un golden boy dont la vie va peu à peu tourner au cauchemar. Ben Bradford a réussi professionnellement (avocat dans l'un des plus grands cabinets de Wall Street) et sentimentalement (marié et heureux père de deux magnifiques garçons). Sa vie trop parfaite ne le comble pourtant pas. Sa véritable ambition était de devenir photographe, alors à défaut d'exercer ce métier, il collectionne les appareils hors de prix qu'il peut s'offrir grâce à son gros salaire. Question couple, ce n'est pas non plus la joie, depuis quelques temps sa femme s'éloigne de lui, pire, il la soupçonne d'avoir un amant.

Là aussi, l'histoire est vertigineuse. Passé le premier tiers du roman, peut-être un peu long mais sans doute nécessaire pour planter le décor, le récit prend un virage à 180 degrés et la suite est juste hypnotique. On ressent de l'empathie et l'on tremble pour Ben qui a pourtant fait une belle connerie. On croirait un scénario de film, chaque scène est admirablement ficelée et les rebondissements multiples. J'ai adoré !

Titre original : The big picture
Traduit de l'américain par Bernard Cohen
Belfond, 353 pages, 1997 pour l'édition originale et 1998 pour la traduction française

La vague des albums #119

mercredi 18 octobre 2017

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Un grand format et des illustrations pleine page confèrent toute la beauté à cet album étonnant. Un enfant, jouet des vents, qui voyage selon leur bon plaisir, parfois se pose, puis de nouveau, est emporté pour d'autres contrées. Pas vraiment une histoire, plutôt un rêve servi par un texte poétique et des dessins sublimes. Il faut juste se laisser porter par les mots et les couleurs, remplir ses yeux. Somptueux. 

Le jouet des vents
Eric Puybaret
De La Martinière Jeunesse, 2017

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Album à paraître le 8 novembre 2017
Les trois petits casse-pieds sont vraiment très casse-pieds ! Ils voudraient bien regarder la télévision, mais leur grand-père leur propose une histoire à la place. Seulement les chatons ont décidé d'adapter le récit à leur façon... 
Une histoire toute mignonne et rigolote qui nous rappelle que les vrais rapports humains valent toujours mieux que les écrans. Une morale peut-être un peu facile, mais un joli message illustré tendrement par Matthieu Maudet.

Les trois petits casse-pieds
Jean Leroy, Matthieu Maudet
L'école des loisirs, 2017

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Un album qui pourrait tout aussi bien être classé au rayon documentaire si l'on y songe, car il donne au lecteur de vraies informations sur des caractéristiques animales. Un récit bourré d'humour dont le héros, Pierrot le manchot, en a assez qu'on le prenne pour un pingouin !!! Après une interview télévisée, les animaux qui se sentent eux aussi incompris défilent à sa porte.
Des dessins au style naïf qui m'ont beaucoup plu et une idée originale traitée avec malice.

Le manchot qui en avait marre d'être pris pour un pingouin
Nicolas Digard, Christine Roussey
Nathan, 2017

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A la frontière entre rêve et réalité, A pas de loup... est l'histoire de deux enfants qui dorment chez leurs grands-parents. La nuit, une petite faim les sort du lit et va leur faire vivre une curieuse aventure. Bien que graphiquement différent, cet album m'a fait penser à ceux de Chris Van Allsburg avec son côté fantastique et onirique à la fois. Chaque illustration est saisissante et donne l'impression d'un plan de cinéma. 
Mystérieux et beau.

A pas de loup...
Christine Schneider, Hervé Pinel
Seuil Jeunesse, 2017

Le chant des esprits / Le cri de la terre (Sarah Lark)

samedi 14 octobre 2017

L'été dernier, j'ai lu la superbe trilogie de Sarak Lark qui débute avec Le pays du nuage blanc. Pour moi, qui habituellement n'aime pas les pavés, c'est bien le signe que cette série m'a énormément plu. Voici mes impressions au sujet des tomes 2 et 3.


9782352878032FS.gifLe chant des esprits

Le chant des esprits nous fait faire un bond d'une génération puisque nous retrouvons Gwyneira quelques années après la fin du Pays du nuage blanc en compagnie de sa petite-fille Kura, déjà âgée de quinze ans. La jeune fille a un physique et une voix magnifiques, mais un caractère peu amène. Kura qui est l'héritière du domaine familial Kiward Station n'a nullement l'intention d'assumer ce rôle. Ce qui l'intéresse, c'est la musique, le reste lui importe peu.

Dans ce second tome, les héroïnes du Pays du nuage blanc, à savoir Gwyneira et Helen, passent à l'arrière plan et l'histoire tourne principalement autour du personnage de Kura. Un personnage fascinant mais pas très attachant, il faut bien le dire. Une jeune femme capricieuse, fore tête et dépourvue d'empathie. Difficile de l'apprécier, pourtant elle suscite l'admiration et le lecteur est forcé de reconnaître qu'il se dégage d'elle une force inouïe et une volonté inébranlable. Kura choisit son destin et met tout en oeuvre pour parvenir à ses fins, quitte à blesser son entourage au passage. 

A l'instar du premier tome, on est emporté dans le tourbillon de cette saga passionnante qui connaît de nombreux revirements de situation. 

Titre original : Das Lied der Maori
Traduit de l'allemand par Jean-Marie Argelès
Archipoche, 670 pages, 2008 pour l'édition originale et 2014 pour la traduction française

9782352878810FS.gifLe cri de la terre

Troisième tome et troisième génération, cette fois l'héroïne du roman est Gloria, l’arrière-petite-fille de Gwyneira et fille de Kura. La jeune fille a passé son enfance à Kiward Station, choyée par ses grands-parents et son grand oncle Jack, jusqu'à ce que ses parents décident qu'il est temps pour elle de quitter la Nouvelle-Zélande pour aller étudier en Angleterre. De la ferme familiale au strict pensionnat, il y a comme un gouffre, et Gloria va y passer de tristes années tandis que ses parents sont perpétuellement en voyage pour la carrière de sa mère.
Gloria, quant à elle, n'a qu'une idée en tête : retrouver son pays et sa famille. Mais pour revenir au bercail, la route est longue et semée d’embûches. 

Cette saga familiale n'est certes pas légère et sucrée, mais ce dernier tome se révèle bien plus dur que les précédents. Gloria est un personnage qui n'est pas épargné par son auteur, et son parcours d'une violence qui va parfois jusqu'à provoquer la nausée chez le lecteur. A la souffrance de Gloria s'ajoute aussi l'avènement de la première guerre mondiale. La Nouvelle-Zélande, bien qu'éloignée géographiquement du cœur du conflit, va y prendre part, et la famille de Gloria s'y trouver mêlée comme beaucoup d'autres.

Cet excellent tome clôt en beauté cette superbe série qui m'aura fait voyager et passer par tout un panel d'émotions.

Titre original : Der Ruf des Kiwis
Traduit de l'allemand par Jean-Marie Argelès
Archipoche, 701 pages, 2009 pour l'édition originale et 2015 pour la traduction française

Billet 100% Cathy Cassidy !

mercredi 4 octobre 2017

Après une assez longue pause avec cet auteur, j'ai lu dans la foulée ses deux derniers romans traduits en français. Au passage, j'en profite pour souligner l'excellence de la traduction d'Anne Guitton qui a jusque-là traduit  tous les titres de Cathy Cassidy sortis en français. Mine de rien, quand on a la chance d'avoir un même traducteur pour une série ou l'oeuvre d'un auteur, les traductions sont toujours meilleures.

9782092573921.jpgJude est une discrète jeune fille de treize ans qui a parfois honte de sa famille un peu "hors normes". Entre son père qui se prend pour Elvis Presley et sa mère qui a un penchant pour la boisson, le quotidien de Jude est quelque peu mouvementé.
Elle essaie donc de se protéger en cachant au collège ce qui se passe dans sa vie privée. Pourtant, quand les événements vont prendre une tournure délicate, elle sera bien forcée de se reposer sur des épaules amies...

Je crois que je pourrais redire à l'identique ce que j'ai déjà dit précédemment, car décidément, les romans de Cathy Cassidy me procurent toujours les mêmes sensations.
On a affaire à une histoire sans prétention mais qui tient la route, avec des personnages attachants, beaucoup de douceur malgré la dureté des thèmes traités, et une ambiance un peu "doudou". C'est typiquement le genre de roman à lire quand on se sent un peu fatigué/déprimé, ou pour faire une transition entre deux lectures "fortes". Bref, c'est une valeur sure. 

Rose givrée
Titre original : Sundae girl
Traduit de l'anglais par Anne Guitton
Nathan, 240 pages, 2011 pour l'édition originale, 2017 pour la traduction française

les-5-lettres-du-mot-coeur-956767-264-432.jpgLes 5 lettres du mot cœur, en revanche, est légèrement différent des romans que j'ai pu lire jusqu'à présent de Cathy Cassidy. Attention toutefois, quand je dis différent, c'est vraiment une question de nuance, car on retrouve les éléments essentiels communs présents dans l'ensemble de ses livres. Sauf qu'ici, l'écriture est plus introspective, les relations entre les personnages plus dures.
C'est l'histoire de cinq adolescents qui formaient autrefois un groupe soudé, comme les initiales de leurs prénoms forment le mot "COEUR". Depuis le plus jeune âge, ils ont grandi ensemble, partagé une amitié indéfectible, jusqu'au jour où un clash a brisé ces liens.
Depuis deux ans, ils ne se voient plus mais peut-être n'est-il pas trop tard pour recoller les morceaux ?

Je dois dire que la fin du roman m'a prise par surprise et que je n'avais rien vu venir ! C'est aussi en cela que j'ai trouvé ce titre décalé par rapport aux autres car il plonge le lecteur dans le malaise et l'incompréhension par moments. Cela ne m'a pas empêché d'aimer cette lecture, mais un peu moins que les précédentes.

Les 5 lettres du mot cœur
Titre original : Broken Heart Club
Traduit de l'anglais par Anne Guitton
Nathan, 312 pages, 2016 pour l'édition originale, 2017 pour la traduction française

Le jour où les lions mangeront de la salade verte (Raphaëlle Giordano)

samedi 30 septembre 2017

9782367624457-001-T.jpegBien que voyant régulièrement son premier roman Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en n’as qu’une sur les présentoirs des librairies, je ne l'ai pas lu et ne connaissais pas encore la plume de Raphaëlle Giordano. 
Comme j'écoute quotidiennement des livres audio, c'est souvent par ce biais-là que je découvre de nouveaux auteurs. Ce fut le cas avec ce roman.

Romane, la trentaine, travaille dans le domaine du développement personnel. Elle a monté sa propre boîte spécialisée dans la lutte contre la "burnerie", cette maladie qui rend certaines personnes imbues de leur pouvoir, condescendantes vis-à-vis d'autrui et égocentriques. Grâce à un programme innovant, elle parvient à guérir les clients de ces vilains défauts en transformant leur mentalité.
Parmi eux, un nouveau, Maximilien Vogue, PDG d'un grand groupe de cosmétiques et homme d'affaires célèbre.

Si j'ai trouvé l'idée de départ drôle et originale, la façon dont l'histoire évolue m'a, je dois l'avouer, un peu lassée et déçue. La vision de Romane est charmante et grinçante à souhait, elle ne mâche pas ses mots et c'est assez jouissif. Malheureusement, face au charismatique Maximilien, elle redevient une faible femme, et finalement on a là un roman qui tourne à la romance façon chick lit. Les clichés ne nous sont pas épargnés, hélas.
J'ai donc passé un moment de lecture sympathique mais sans plus.

Texte intégral lu par Léovanie Raud
Durée totale d'écoute : 8h55
Audiolib, 2017

10 ans Oceanicus, suite et fin !!!

Oyez ! Oyez !

Je viens de procéder au tirage au sort concernant les livres offerts pour les 10 ans d'Oceanicus.

J'espère que vous ne m'en voudrez pas, mais je vais me "contenter" d'envoyer un mail aux heureux gagnants, pas le courage de faire un billet récap...

Par contre, juste pour info, 3 titres sont encore à gagner étant donné que personne n'a "joué" pour eux.

Donc, si l'un de vous est intéressé, faites-moi signe (premier arrivé, premier servi).

Il s'agit de :

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La ballade de Mulan de Chun-Liang Yeh et Clémence Pollet (album) chez Hongfei Editions

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10 ans d'émotions fortes - Exprim' (recueil) chez Sarbacane

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Endgame, tome 3 de James Frey (roman) chez J'ai lu

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