Vingt-quatre heures dans l'incroyable bibliothèque de M. Lemoncello (Chris Grabenstein)

lundi 28 mai 2018

005209984.jpgJ'avais très envie de lire ce roman depuis la parution du billet de Clarabel, et j'ai eu la jolie surprise de me le voir offrir quelques temps après. Par la suite, nous en avons fait une lecture commune avec ma bienfaitrice (où comment faire de moi une lectrice comblée !). Bref, ce roman a été une source presque intarissable de plaisir, depuis le moment où je l'ai découvert jusqu'à la dernière ligne lue. 
D'abord, il y a la couverture qui m'a attirée comme du miel attire une mouche... Le titre (proposez-moi un livre avec bibliothèque dans le titre et je suis cuite !), les illustrations, c'était déjà une promesse en soi. Ensuite, l'histoire qui tourne donc autour d'une bibliothèque. Pour autant, en ouvrant ce bouquin, j'étais quelque peu fébrile, craignant la déception tant mes attentes étaient immenses. Que nenni ! J'ai englouti ce livre et passé un moment absolument divin. Si ! Si !

Un milliardaire excentrique et concepteur de jeux, décide de financer la construction de la nouvelle bibliothèque de sa ville. Le jour de l'inauguration, il invite un groupe d'enfants tirés au sort à y passer vingt-quatre heures et à participer à un jeu un peu fou. Le but de la partie : trouver un moyen de sortir de la bibliothèque en trouvant des indices parmi les livres. 
Le récit se déroule donc à huis clos sur une période de vingt-quatre heures, et pourtant il va s'en passer des choses, sur cette si courte durée ! Ce roman qui n'est pas sans rappeler le merveilleux Charlie et la chocolaterie entraîne le lecteur dans une chasse au trésor au paradis des livres. On trouvera de nombreuses similitudes avec le roman de Roald Dahl, mais cela ne m'a pas gênée, car l'auteur impose assez rapidement un univers qui lui est propre. Les rebondissements sont nombreux, le rythme soutenu, le style fluide et addictif. C'est un vrai plaisir de suivre les cogitations des personnages et de tenter de résoudre avec eux les énigmes qui leur sont posées. C'est ainsi quasiment une lecture interactive, avec en prime un récit très visuel, digne d'un scénario de film (une adaptation existe, mais je ne l'ai pas encore vue). Toute l'intrigue repose sur la littérature et le monde des livres en général, le texte est bourré de clins d’œil et références qui m'ont bien sûr enchantée (et dont je suis persuadée d'avoir raté la moitié, une relecture s'impose !).
Si vous êtes un amoureux des livres et si vous avez aimé Charlie et la chocolaterie, je vous conseille de foncer vous procurer cette pépite, plaisir de lecture garanti !

Et la bonne nouvelle, c'est que la suite sort en août en France ! Je sais ce que je vais lire cet été !! :-)

Titre original : Escape from Mr. Lemoncello's Library
Traduit de l'anglais par Anath Riveline
Milan, 304 pages, 2013 pour l'édition originale, 2017 pour l'édition française

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Titan Noir (Florence Aubry)

vendredi 25 mai 2018

005394974.jpgCoupDeCoeur2016.pngDe Florence Aubry, je n'avais lu jusqu'alors que Le royaume des cercueils suspendus, l'un de mes coups de cœur de 2014.
Ici, on la retrouve dans un tout autre genre, puisqu'il s'agit d'une fiction basée sur une histoire vraie. En fin d'ouvrage, l'auteur explique qu'après avoir regardé un reportage sur une orque en captivité, elle a été bouleversée a eu envie d'écrire sur la souffrance des animaux en captivité, en particulier des animaux marins qui sont utilisés comme vedettes dans des parcs d'attraction. 

Titan est une orque qui a été pêchée et placée dans un parc aquatique très jeune, c'est un mâle aux dimensions imposantes qui a la particularité d'être intégralement noir.
Elfie, à peine le bac en poche, va trouver un emploi de caissière dans un parc aquatique proche de chez elle. Ce qui au départ, ne devait être qu'un job d'été, va se transformer en emploi stable. Rapidement, Elfie va passer du simple statut de caissière aux entrées à celui de dresseuse d'orque. Elle est bonne nageuse et sportive, cela suffit au directeur du parc pour lui proposer cette promotion. 
Tandis que nous découvrons à travers les yeux d'Elfie l'apprentissage de son métier si particulier, une autre voix s'intercale dans la narration, celle d'une personne qui nous présente l'envers du décor. Matériellement parlant, les pages du livre changent de couleur en même temps que le récit change de narrateur. Blanc pour Elfie, noir pour le narrateur anonyme.

Lorsqu'elle commence à travailler au sein du parc, Elfie est toute jeune et totalement inexpérimentée. Elle a des doutes et des craintes, mais elle ose, elle s'adapte. Il y a bien des choses qui la chagrinent un peu, mais dans le fond elle aime son job et le trouve formidable. Puis, petit-à-petit, elle évolue et commence à se poser des questions. En parallèle, le narrateur anonyme révèle, à nous autres lecteurs, la triste réalité qui se cache derrière ces spectacles féeriques. Et au fil des pages, la tension monte, on se sent oppressé. Le grand tour de force de Florence Aubry, c'est qu'elle ne prend pas vraiment parti, même si son intention première est évidemment de dénoncer les pratiques cruelles sur les orques. Ses deux personnages sont terriblement humains et leurs réflexions font évoluer le lecteur avec eux. Elle ne nous matraque pas avec des images insoutenables dès le départ, elle ne dévoile pas non plus d'emblée le traitement infligé aux orques en captivité, non, tout cela, on le découvre en même temps qu'Elfie découvre son métier. C'est presque pédagogique et l'écriture sert le propos admirablement. Le style est assez sec, incisif, mais très beau. On lit ce roman en apnée, en passant par tout un panel d'émotions, et je peux vous dire que ce texte va me hanter pendant longtemps.
Un roman magnifique, difficile, mais nécessaire.

Rouergue (doado), 187 pages, 2018

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A celles et ceux qui souhaitent en tenter la lecture, je conseille également vivement le fameux reportage qui a inspiré ce livre à l'auteur. 
Il s'agit de Blackfish, réalisé par Gabriela Cowperthwaite. 
Ce film documentaire porte sur la vie de Tilikum, une orque qui fut capturée très jeune, passa de parc en parc et devint une tueuse, conséquence probable de la maltraitance qu'elle subit pendant des années. Ce reportage dénonce les traitements infligés aux orques dans les parcs d'attraction, mais également les conditions de travail des employés. Ce n'est pas un sujet facile, mais ça ouvre les yeux.

La vague des albums #133

mercredi 23 mai 2018

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Avec son format carré, Visages du monde est un petit album au contenu ambitieux. En collaboration avec une anthropologue, l'auteur nous invite à explorer le monde et à partir à la découverte d'une cinquantaine d'ethnies réparties sur cinq continents. L'ouvrage est organisé de manière géographique, on visite les continents les uns après les autres, et chaque nouvelle section est précédée d'un sommaire et d'une carte. Chaque ethnie est présentée sur une double page, avec, côté gauche, une illustration montrant un visage, et côté droit, des textes et illustrations répartis dans différentes cases agencées à la manière d'une mosaïque. On y retrouvera systématiquement le nom, la localisation sur une carte et l'estimation de la population de l'ethnie. Ces données sont complétées par d'autres qui varient, comme par exemple du vocabulaire, une anecdote, l'énoncé d'une tradition ou encore la présentation d'un objet. Le style graphique capte de suite le regard, c'est un dessin moderne et géométrique que j'ai beaucoup aimé. 
Avec ce documentaire, j'ai découvert une maison d'édition que je ne connaissais presque pas (j'avais seulement lu le magnifique Lac des cygnes) et dont je me suis promis d'explorer désormais les nouvelles parutions. Visages du monde est un album aussi esthétique qu'intéressant, un petit bijou.

Visages du monde
Tamara Garcevic
Amaterra, 2018
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Cet album estival m'a laissé un sentiment mitigé. Les dessins sont très jolis, j'ai beaucoup apprécié les traits de crayon de l'illustratrice qui nous plonge dans des scènes très réalistes. En revanche, je n'ai pas vraiment adhéré au parti pris de l'album. Il ne s'agit pas véritablement d'une histoire ici, on suit simplement une fillette qui s'éloigne du parasol de sa famille, et l'on découvre la plage à travers ses yeux. Dans l'idée, je trouvais cela plutôt chouette, mais ce que j'ai moins aimé, c'est justement le regard que l'on nous offre dans ces pages. Des vacanciers qui fument, mangent des chips et de la pizza sur la plage, des ventres et des fesses qui débordent parfois des maillots... Evidemment, tout ceci colle à une certaine réalité, mais est-ce intéressant de le reproduire dans un album pour enfant ? Je suis dubitative.

A la plage
Susanna Mattiangeli, Vessela Nikolova
Seuil Jeunesse, 2018

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Voilà un documentaire passionnant que j'ai lu avec grand intérêt. Il s'agit d'un tour d'horizon complet sur le thème des cerfs-volants. D'un point de vue historique et géographique, les auteurs nous emmènent dans les coulisses d'un objet fascinant qui se révèle être bien plus que le jouet que nous connaissons. Un objet très ancien, qui a été utilisé à des fins militaires et scientifiques, possède ses propres traditions à travers le monde et se présente sous des formes très diverses.
J'ai appris quantité de choses et trouvé cet ouvrage très bien fait.
Je vous le recommande chaudement, que ce soit pour un enfant ou un adulte.

Cerfs-volants
Eva Bensard, Julie Guillem
De La Martinière Jeunesse, 2018

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La magie de Paris #2 - Le calme et la tempête (Olivier Gay)

lundi 21 mai 2018

005244886.jpgCe deuxième tome de La magie de Paris confirme le formidable potentiel de la série. 
Nous retrouvons Thomas et Chloé dans une situation relativement inconfortable. Thomas a perdu de sa puissance depuis que Chloé est devenue son chevalier sa mousquetaire (clin d’œil à ceux qui connaissent la série, ça me fait marrer !), il n'est plus qu'un mage assez faiblard et devient donc une proie facile pour les goules et autres êtres maléfiques qui envahissent la capitale. Chloé doit donc le protéger, mais étant novice, elle-même n'est pas toujours prête à remplir ce rôle. Sur l'ordre du chef de la confrérie, un second chevalier est donc venu en renfort et les suit désormais partout. Cloé, quant à elle, voudrait bien retrouver un rythme de vie normal entre lycée et escrime, mais son quotidien est mouvementé. Elle doit jongler entre les exigences de ses amies et les besoins des mages, tout en se protégeant elle-même.
On sent que la relation entre Thomas et Chloé s'étoffe, on découvre un peu plus leurs personnalités et on passe de supers moments en compagnie de ce binôme étonnant. Le ton est toujours délicieusement mordant, c'est drôle et enlevé, le récit est rythmé, on ne s'ennuie pas un instant. Si l'on ajoute à cela que l'univers est intéressant, on a donc ici une suite à la hauteur du début.
Une série très plaisante dans le genre. Vivement le tome 3 !

Castelmore, 312 pages, 2018 

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Angelica Varinen #2 - L'affaire de la licorne (N. M. Zimmermann)

vendredi 18 mai 2018

005459499.jpgL'affaire de la licorne est le deuxième tome de la série Angelica Varinen, découverte en janvier dernier. Pour ce qui est de l'aspect esthétique, il est conçu à l'identique du premier tome. Une couverture glacée, des illustrations intérieures, un signet, bref, un joli travail d'édition qui concourt aussi à la qualité de cette lecture.
Côté histoire, nous retrouvons donc l'héroïne dans une nouvelle enquête. Angelica est partie passer quelques jours avec son amie Lisobel dans la famille de Mina (elle-même amie de Lisobel). Cette dernière possède un charmant animal de compagnie, une licorne naine de couleur noire. Malheureusement, lors du séjour d'Angelica et Lisobel, le précieux animal disparaît. Angelica va suivre une piste pour tenter de retrouver la licorne.
On sent que l'auteur s'est fait plaisir dans ce deuxième tome qui affiche quelques pages de plus que le précédent. Ce fut un plaisir de retrouver Angelica, une jeune fille attachante, passionnée de mystères. C'est typiquement le genre d'héroïne qui plaît aux jeunes (et moins jeunes !) lecteurs parce qu'elle se démarque des autres personnages : aventurière, peu soucieuse de son apparence, curieuse, intelligente et dégourdie. 
Un nouvel opus qui confirme la qualité de cette série destinée aux premiers lecteurs.

Flammarion Jeunesse, 221pages, 2018
Illustrations de Noémie Chevalier

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La vague des BD #10

mercredi 16 mai 2018

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Bienvenue au paradis ! est le premier tome d'une série qui s'intitule Rubis et sa clique. Il s'agit d'une BD jeunesse de science fiction.
Rubis, 10 ans, est une terrienne qui est enlevée par des extraterrestres dont le vaisseau va se crasher sur une planète inconnue. Parmi les survivants, il y a Rubis, bien sûr, mais également de nombreux aliens à l'apparence étrange. Commence alors une aventure pour la survie.
Cette BD petit format (A5, pour vous donner une idée) est tout de même relativement longue avec presque 200 pages réparties sur cinq chapitres. Les dessins sont sympas et modernes, j'ai particulièrement apprécié la colorisation que je trouve très réussie. L'histoire est mignonne, c'est un scénario assez basique mais la découverte du monde extraterrestre est intéressante et bien rendue.
Un joli album pour les enfants qui aiment la SF.

Rubis et sa clique #1 - Bienvenue au paradis !
Eddie Pittman
Rue de Sèvres, 2018

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Présenté comme un thriller écologique, ce one-shot nous plonge dès les premières pages dans une ambiance étrange. Un grand format, un choix de couleurs plutôt froides, des dessins saisissants... Zep installe le lecteur dans une histoire prenante et anxiogène. 
Théodore vient d'intégrer une équipe de scientifiques qui étudie les arbres. Ce laboratoire basé en Suède s'intéresse plus particulièrement à la communication des végétaux, entre eux et avec les humains. Sous la houlette du professeur Frawley, un individu fantasque et passionné des Doors - dont il écoute en boucles les titres chaque après-midi - Théodore va faire d'étranges découvertes.
L'idée de départ est originale et passionnante, les arbres apparaissent sous un nouveau jour, et Zep rend ici un bel hommage à la nature. L'histoire est captivante, je l'ai lue d'une traite et m'y suis immergée comme si j'étais au cinéma entrain de regarder un film.
Un récit efficace et un bel album.

The end
Zep
Rue de Sèvres, 2018

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Cette bande dessinée est adaptée du roman éponyme de Jacqueline Kelly (paru chez L'école des loisirs) que je n'ai pas lu mais que j'ai maintenant furieusement envie de découvrir !
Calpurnia, onze ans, est la seule fille d'une fratrie de sept enfants. L'histoire se déroule au Texas à la toute fin du 19ème siècle, une époque peu propice à la personnalité de la jeune fille qui voudrait devenir naturaliste comme son grand-père. Accompagnée par ce dernier, elle développe son esprit scientifique et se passionne pour la nature qui l'entoure.  
J'ai adoré cet album, le personnage extrêmement attachant de Calpurnia, découvrir sa vie au milieu d'une famille nombreuse. Ce récit m'a rappelé d'une certaine manière l'atmosphère de romans comme Tom Sawyer de Mark Twain. Des gosses dégourdis, curieux, qui s'écartent des chemins de la bonne conduite et de la bienséance de mise en ces temps-là. 
Les dessins de Daphné Collignon sont doux et servent à merveille cette belle histoire. 
Un magnifique album dont je brûle de découvrir la suite.

Calpurnia
Daphné Collignon, Jacqueline Kelly
Rue de Sèvres, 2018

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Le simple nom du scénariste, Scott Westerfeld, dont j'ai découvert la plume avec la géniale série Uglies, m'a donné envie de lire cette bande dessinée.
Dans un genre un peu particulier, entre post-apocalyptique et zombies, nous découvrons l'héroïne et narratrice, la jeune Addison. Depuis la mystérieuse nuit trois années auparavant, la ville Poughkeepsie est devenue une zone à risque dans laquelle seuls les inconscients s'aventurent. Addison vit seule avec sa jeune soeur Lexa, devenue muette depuis la catastrophe, et enfreint les règles en se rendant régulièrement dans la zone interdite pour y prendre des photos qu'elle vend illégalement à une collectionneuse.
Je dois avouer qu'au départ, j'ai eu du mal à entrer dans l'histoire en raison du dessin que je n'apprécie pas. Puis finalement, j'ai trouvé que ce style collait parfaitement à l'histoire même si esthétiquement parlant, ce n'est pas "beau". Il faut reconnaître qu'il y a un sacré travail de mise en scène, de perspective, c'est très efficace visuellement parlant, et l'on est immergé très rapidement dans cet univers étrange.
C'est une série en deux tomes, or ce premier tome s'achève avec de nombreuses questions en suspens, je me demande bien comment l'auteur parviendra à boucler son histoire avec un seul autre volume. En tous les cas, j'ai beaucoup aimé cette introduction qui donne envie de lire la suite.

Spill Zone
Scott Westerfeld, Alex Puvilland
Rue de Sèvres, 2018

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Toute une histoire (Hanan El-Cheikh)

lundi 14 mai 2018

41jFC0Cg29L._SX310_BO1_204_203_200_.jpgDans ce roman biographique, l'auteur raconte l'histoire de sa propre mère, Kamleh. Née dans les années trente dans une famille pauvre du sud du Liban, elle fut mariée à l'âge de quatorze ans au mari de sa défunte sœur. Elle s'installa à Beyrouth avec la famille de son mari. Elle y rencontra Mohamed, un jeune homme lettré et passionné de poésie et tomba follement amoureuse de lui. Ecrit à partir des confessions de l'intéressée, ce livre raconte l'existence peu banale d'une femme qui vécut une passion hors norme.

Kamleh est un sacré personnage ! Pas vraiment vertueuse, cette jeune fille analphabète mariée de force à un homme qui aurait pu être son père osa beaucoup dans un pays et une époque où la liberté de la femme n'était pas vraiment de mise. Heureusement, sa débrouillardise et son obstination lui permirent de parvenir à ses fins et de vivre une grande passion. Le ton du roman est plutôt léger malgré la gravité du contexte, et l'on y découvre une femme étonnante. Kamleh est un personnage qui n'est pas exempt de défauts, elle est volontiers capricieuse, roublarde et égoïste. Du coup il est difficile de s'attacher à elle, mais on doit tout de même lui reconnaître une volonté hors du commun. Parvenir à divorcer pour se remarier avec son amant est à peine croyable dans le milieu dans lequel elle vivait. J'ai d'ailleurs eu le sentiment de lire une fiction tant le ton est détaché et même drôle par moments. Pourtant, ce portrait extraordinaire est bien une histoire vraie.

J'ai découvert ce livre grâce à la box Exploratology et en ai partagé la lecture (avec un léger décalage !) avec Tiphanie.
Une jolie rencontre pour une histoire d'amour unique.

Titre original : Hikâyatî sharh yatûl
Traduit de l'arabe par Stéphanie Dujols
Actes Sud (Babel), 328 pages, 2005 pour l'édition originale, 2014 pour la présente édition française

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The Hate U Give (Angie Thomas)

vendredi 11 mai 2018

61WVCkI61YL.jpgPrésentation de l'éditeur :

Starr a seize ans, elle est noire et vit dans un quartier difficile, rythmé par les guerres entre gangs, la drogue et les descentes de police. Tous les jours, elle rejoint son lycée blanc situé dans une banlieue chic ; tous les jours, elle fait le grand écart entre ses deux vies, ses deux mondes. Mais tout vole en éclats le soir où son ami d'enfance Khalil est tué. Sous ses yeux, de trois balles dans le dos. Par un policier trop nerveux. Starr est la seule témoin. Et tandis que son quartier s'embrase, tandis que la police cherche à enterrer l'affaire, tandis que les gangs font pression sur elle pour qu'elle se taise, Starr va apprendre à surmonter son deuil et sa colère ; et à redresser la tête. 

Ce roman fait le buzz depuis sa sortie aux Etats-Unis l'an dernier et continue de faire parler de lui avec sa sortie en français le mois dernier. Présenté comme un texte coup de poing portant sur les sujets sensibles du racisme et de l'intégration, il a, paraît-il, bousculé l'Amérique. Il me semble qu'en Europe, il ne fera peut-être pas écho de la même manière en raison de la différence de cultures. 
Pour ma part, j'attendais énormément de ce livre et j'ai été déçue. L'histoire est prenante et l'effet d'immersion immédiat, on se retrouve aux côtés de Starr, cette jeune fille qui navigue entre deux univers et ne sait plus où est sa place véritable. Le texte est rythmé, l'auteur colle au plus près de ses personnages en adoptant leur langage, et en cela j'ai trouvé le roman réussi.
Mais, car il y a un mais, je crains être passée totalement à côté de l'essence même du récit. Je n'ai pas été touchée par ce que traverse Starr, aussi horrible que soit le point de départ du livre, je suis restée simple spectatrice. Peut-être est-ce dû à la vision somme toute assez caricaturale donnée par l'auteur. Le sujet délicat du racisme méritait à mon sens d'être un peu plus creusé, ou au moins abordé autrement qu'à travers ce regard très manichéen. Pour faire bonne figure et donner un souffle d'espoir au livre, Angie Thomas affuble Starr d'un petit ami blanc vertueux, mais même là, cela sonne faux. Certains dialogues m'ont horrifiée et donné l'impression que finalement, tout le monde dans l'histoire était, d'une certaine manière, raciste. Chaque personnage appréhende les autres d'abord par sa couleur de peau, et j'avoue que je n'ai pas trouvé cela crédible ou touchant, mais exagéré et maladroit.
J'ai donc lu The Hate U Give sans réelle conviction et n'y ai pas trouvé ce qui a enthousiasmé bien des lecteurs.

Titre original : The Hate U Give
Traduit de l'anglais par Nathalie Bru
Nathan, 496 pages, 2017 pour l'édition originale, 2018 pour l'édition française

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La vague des albums #132

mercredi 9 mai 2018

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Pour débuter cette vague, un jeu de société de L'école des loisirs, adapté de l'album Le mange-doudous
Une variante du jeu de bataille classique où l'on dispose, en plus de cartes, de jetons "doudous". Le but est justement de conserver ces fameux jetons et de ne pas devoir les donner au mange-doudous symbolisé par un plateau central. Des cartes spéciales viennent encore pimenter la partie. Le Mange-doudous se joue de 2 à 6  joueurs à partir de 4 ans. La règle est très simple et les enfants peuvent se lancer dans le jeu rapidement. 
Un jeu sympa pour les plus jeunes qui aimeront retrouver  l'univers de l'album.

La bataille du Mange-doudous
L'école des loisirs, 2018

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Mini format et pages cartonnées pour ce Livre des j'aime pas. " J'aime pas faire tomber ma glace ", " J'aime pas avoir du sable entre les orteils "... Les situations sont extraites de la vie enfantine et le jeune lecteur s'y retrouvera sans nul doute. 
Chaque double page propose un nouveau " J'aime pas " sur fond coloré. Les illustrations sont simples mais attrayantes, dans un style naïf et dynamique qui me plaît bien bien. 
Un mini ouvrage rigolo à emporter partout.

Le livre des J'aime pas
Soledad Bravi, Hervé Eparvier
L'école des loisirs (Loulou & Cie), 2018

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Le dernier-né de Matthieu Maudet, youpi !!! A chaque nouveau titre, je me réjouis de découvrir les nouvelles farces qu'il nous propose. Ici, on retrouve Michaël Escoffier pour le texte, une fois encore c'est un binôme qui fonctionne à merveille.
C'est l'heure de manger, la maman appelle "à table", mais le petit héros n'aime pas la soupe et refuse même d'en goûter. Qu'à cela ne tienne, la maman a plus d'un tour dans son sac, elle appelle le loup...
J'ai bien ri avec ce joli album et retrouvé avec grand plaisir le dessin malicieux et tendre de Matthieu Maudet.
Encore une réussite !

C'est pour qui ?
Michaël Escoffier, Matthieu Maudet
L'école des loisirs (Loulou & Cie), 2018

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Dans ce documentaire, l'auteur nous présente différents styles d'habitation de par le monde. Des maisons sur pilotis aux gratte-ciels en passant par les pavillons japonais, la variété est immense. Les images sont accompagnées d'explications intéressantes.
Un joli album pour les curieux, pour découvrir notre terre et voyager entre les pages.
J'ai globalement aimé ce livre avec un petit bémol concernant les dessins. Dans Maisons autour du monde, on retrouve Mia Cassany, l'illustratrice de Voyage au pays des rêves. Or, si j'avais aimé les dessins de cet album, ici je les ai moins appréciés. Ou plus précisément, je n'ai pas aimé la représentation des personnages que j'ai trouvés caricaturaux et tous créés sur le même modèle avec ce nez en pointe. Dommage, car pour le reste, les décors sont très jolis...

Maisons autour du monde
Paula Blumen, Mia Cassany
Nathan, 2018

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Dans la même collection que Les animaux de la savane que je vous ai présenté récemment, un nouveau titre sur le thème de la mer. Ce documentaire tout carton avec des éléments en relief présente quelques éléments  (phare, voilier, crabe...) typiques du bord de mer. Les dessins sont vraiment adorables, le livre de petit format et très solide. Idéal pour emmener à la plage cet été, à mettre entre toutes les petites mains !

La mer
Philippe Jalbert
Seuil Jeunesse (Les docs emboîtés), 2018

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Ça (Stephen King)

lundi 7 mai 2018

51QgeRuyklL._SL500_.jpgToujours dans l'optique de poursuivre ma découverte de l'oeuvre de Stephen King, j'ai décidé de m'intéresser à l'un de ses romans les plus célèbres, le fameux Ça.
Comme c'est un joli pavé, j'ai opté pour la version audio et j'ai écouté cette histoire lors de mes trajets maison-travail. De Ça, je savais juste qu'il était question d'une histoire d'horreur et d'un clown maléfique. 

Le récit débute à la fin des années 50 à Derry, une ville fictive créée par l'auteur et située dans le Maine. Un garçonnet de six ans, George, va être sauvagement tué par un clown maléfique dans les égouts. Quelques mois plus tard, son frère Bill et d'autres enfants vont vivre des événements surnaturels terrifiants, à la suite de quoi ils vont former le " Club des ratés " pour tenter de combattre le monstre.
Vingt-sept années plus tard, une nouvelle vague d'horreur va frapper la ville, et les membres du Club des ratés vont se réunir sur les lieux de leur enfance.

Déjà, première chose, je n'ai pas eu peur en écoutant ce livre, et c'est un bon point me concernant, car je craignais de ne pas être capable de lire l'histoire en entier pour cette raison. Pour autant, ce n'est pas un récit exempt de scènes sanglantes et atroces, mais dans l'ensemble j'ai trouvé que cela restait dans des limites supportables. 
Autre point, j'ai découvert en Ça un roman extrêmement dense et riche. Je me doutais bien, pour avoir lu d'autres textes de l'auteur, que le livre ne reposerait pas uniquement sur l'horreur et la disparition brutale d'enfants, cependant Ça a dépassé toutes mes espérances. Stephen King, à travers ses personnages hyper travaillés, emmène le lecteur dans une sorte de récit quasi initiatique et aborde de nombreux thèmes. Ça est en effet avant tout un livre sur l'enfance et sur le passage à l'âge adulte, d'ailleurs l'intrigue repose sur l'idée que seules les personnes ayant gardé une âme d'enfant peuvent voir et lutter contre Ça. C'est justement l'histoire de ce groupe d'enfants, de leur amitié indéfectible, de leur solidarité, qui m'a plu dans ce roman. L'aspect horrifique n'est finalement qu'un prétexte pour confronter les personnages à l'impossible, et les mettre dans des situations extrêmes face auxquelles ils sont contraints de se révéler. 
L'histoire est longue et complexe, pleine de méandres, de va-et-vient entre passé et présent, et il est parfois difficile de ne pas s'y perdre. Bien que quelques passages m'aient semblé longs, j'ai pourtant trouvé ce roman passionnant de bout en bout.
On pourrait parler pendant des heures de cette oeuvre, tant il y a de choses à en dire, mais je ne me sens pas capable de vous en faire une analyse détaillée. Sachez simplement que c'est un magnifique roman, certes sombre, mais avec malgré tout des moments de beauté. Une formidable histoire d'amitié et d'enfance. Stephen King est vraiment un virtuose de l'écriture, il nous emmène très loin avec ce livre. 

Ça (tome 1)
Texte intégral lu par Arnaud Romain
Durée totale d'écoute : 26h26
Audible, 2016

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Ça (tome 2)
Texte intégral lu par Arnaud Romain
Durée totale d'écoute : 21h38
Audible, 2016

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