La vague des albums #171

mercredi 12 mai 2021

En cette saison, je vous propose une vague d'albums printaniers.

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Présentation de l'éditeur :

Le pommier où Tulip la mésange charbonnière a installé son nid, a été déraciné par une bourrasque ! Heureusement, ses voisins humains aiment les oiseaux et savent ce dont ils ont besoin. Grâce à eux, Tulip et Pitiou, son compagnon, vont manger à leur faim tout l’hiver et retrouver un abri solide pour y pondre leurs oeufs. Et si cette histoire nous inspirait d’aider les oiseaux de notre entourage ?

L'une des choses que j'apprécie le plus au printemps, c'est écouter les trilles des oiseaux dans le jardin. Nous avons la chance d'avoir régulièrement la visite de jolis petits spécimens, en particulier des mésanges bleues, tellement adorables.
Bref, entre la thématique et l'illustratrice, il me fallait absolument découvrir cet album.
Il s'agit d'un documentaire mais raconté comme une histoire. Un tout petit format avec de superbes illustrations - j'aime énormément le style un peu suranné de Gerda Muller - qui s'est révélé aussi instructif que divertissant.
Un fort joli album que je vais conserver précieusement dans ma bibliothèque.

Ma petite mésange
Gerda Muller, Sophie Chérer
L'école des loisirs, 2020

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Présentation de l'éditeur :

Quand petit ours pointe le nez hors de sa grotte à la fin de l'hiver, il se sent bien seul. Tous les animaux s'affairent pour l'arrivée du printemps et personne n'a le temps de jouer avec lui. Le printemps, mais c'est quoi, le printemps? Petit ours erre dans la nature et cherche la réponse à sa question, quand il trouve un drôle de caillou tout rond... Avec son nouvel ami, il découvrira bientôt la joie et la vitalité qu'apportent la nouvelle saison !   

Autre album printanier qui vous en mettra plein les yeux. Les dessins sont très jolis, c'est un vrai régal à contempler. L'histoire est adorable, parfaite pour aborder le printemps - et le changement des saisons de manière plus générale - avec de jeunes enfants. J'ai particulièrement aimé les couleurs, notamment l'explosion finale avec les paysages verdoyants et fleuris.
Un très beau livre pour célébrer le printemps comme il se doit.

C'est le printemps, petit ours !
Elli Woollard, Briony May Smith
Gallimard Jeunesse, 2021

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Présentation de l'éditeur :

Au pays multicolore des nymphéas, vit la famille Blanche. La maman est une artiste peintre très connue. Ses deux enfants Ajonc et Genet veulent construire une cabane parmi les nymphéas, aidés par leurs jeunes invités : les Passiflore.

Je crois que, bien que connaissant les personnages, je n'avais encore jamais lu d'album de la famille Passiflore. Celui-ci m'a fait envie pour sa thématique autour de Monet et de son domaine à Giverny.
Les dessins sont très beaux et reprennent différents éléments lié à l'univers de l'artiste, en particulier le fameux pont japonais.
L'histoire est mignonne, mais ce qui m'a plu ce sont les illustrations et la représentation de la vie du peintre, ces références culturelles à son œuvre et à sa demeure.
Un beau livre pour célébrer la nature, Monet et le printemps !

La famille Passiflore - Pirouette et Nymphéas
Loïc Jouannigot
Daniel Maghen, 2021

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Disgrace (Brittainy C. Cherry)

vendredi 7 mai 2021

9782755686760-413x650.jpgPrésentation de l'éditeur :

Grace Harris a toujours été du genre obéissant, toujours soucieuse de faire plaisir. Digne fille des prêcheurs de la ville elle a dès l'enfance tenu a montrer le bon exemple.
Après la trahison de son mari, elle a découvert qu'elle en avait assez de faire plaisir à tout le monde.
Jackson Emery a depuis toujours été méprisé et jugé par les habitants de la ville. Il était le mouton noir et personne ne voulait avoir affaire avec lui ou son père à cause de sa réputation de mauvais garçon. Cependant personne n'a jamais pris le temps d'essayer de le connaître vraiment et de voir le garçon brisé en lui, personne jusqu'à ce qu'il la rencontre.

***

Premier contact avec la plume de Brittainy C. Cherry, et bonne pioche avec cette jolie romance.
Ce qui m'a plu le plus dans ce roman, ce sont les deux personnages principaux ; en particulier Jackson qui est extrêmement touchant et attachant. Son attitude vis-à-vis de Grace est belle, on ne sombre pas dans les clichés ni dans une relation cul-cul, fort heureusement.
Deux éléments m'ont cependant gênée dans Disgrace. Le premier est lié au livre lui-même et concerne la religion que j'ai trouvé bien trop présente. Forcément, Grace étant fille de pasteur, il fallait s'y attendre, mais j'ai trouvé que c'était un peu "too much". Cela dit, ça ne gâche rien au potentiel de l'histoire.
Le second bémol, en revanche, est bien plus important mais ne concerne pas l'écriture de l'auteur, il est exclusivement lié à l'édition française. D'une part, la traduction est assez mauvaise, certaines tournures de phrases ne sont pas très fluides. D'autre part, et là ça m'a totalement exaspérée, ce livre est bourré de coquilles. Il faut croire qu'Hugo roman n'a pas de relecteurs ou que ces derniers sont payés lance-pierre, bref, Disgrace est truffé de coquilles et je trouve cela totalement irrespectueux vis-à-vis du lecteur. Quand on songe que la version papier du livre coûte actuellement 17 €, je trouve que c'est ni plus ni moins du vol. Soit, l'erreur est humaine, on peut pardonner une ou deux fautes de frappe dans un ouvrage, mais quand c'est en pareille quantité, cela devient juste insupportable. Bref, je vous conseille cette lecture plutôt en anglais ou en version ebook pour ceux qui ne lisent pas l'anglais. Pas besoin de payer 17 € pour ce produit mal fini (et en plus la couverture est moche, mais ceci est un autre sujet !).

Titre original : Disgrace
Traduit de l'anglais par Marie-Christine Tricottet
Hugo Roman, 453 pages, 2018 pour l'édition originale et 2021 pour l'édition française

Quarantaine (Peter May)

lundi 3 mai 2021

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Qui aurait pu imaginer une chose pareille ? Le domaine centenaire d’Archbishop’s Park, en plein cœur de Londres, défoncé au bulldozer pour y bâtir de toute urgence un hôpital. Alors qu’une épidémie sans merci a séparé la capitale britannique du reste du monde, alors que le Premier ministre lui-même vient de mourir, un ouvrier découvre sur le chantier ce qu’il reste du corps d’un enfant. Des ossements qui ne datent pas du temps des archevêques. MacNeil, l’homme qui a décidé de quitter la police, qui vit ses dernières heures dans la peau d’un flic, est envoyé sur les lieux. C’est lui, le policier désabusé, qui va devoir remonter la piste d’une machination abominable, dans une ville en butte aux pillages où les soldats en patrouille font la loi. Et alors qu’il apprend que son fils unique, Sean, est contaminé à son tour, n’ayant qu’une chance infime d’en réchapper.

***

C'est le premier roman que je lisais de l'auteur et je n'aurais peut-être pas dû commencer par celui-ci car j'ai le sentiment que ce n'est pas son meilleur.
Bien qu'il soit assez court, il y a des longueurs dans ce livre et l'intrigue peine à se mettre en place. Cependant, dans le dernier tiers de l'histoire, l'action s'accélère et la lecture devient plus fluide (et donc plus agréable). 
J'ai plutôt aimé les personnages bien qu'ils ne soient pas assez creusés à mon goût. J'ai également aimé l'atmosphère du récit même si je m'attendais à tout autre chose. En ouvrant Quarantaine, j'espérais vraiment plonger dans un monde soumis à un terrible virus qui décime les populations, avec une ambiance oppressante. Indéniablement, Quarantaine est un roman visionnaire et la ressemblance avec la pandémie que nous traversons actuellement est des plus troublantes (quand on pense que les éditeurs ont refusé ce manuscrit pour manque de réalisme, c'est assez ironique), mais pour autant l'auteur ne parvient pas - ce n'est que mon ressenti personnel - à instaurer un climat pesant et à faire grimper la tension autour de la situation sanitaire. Finalement, ni l'intrigue policière, ni le contexte du récit sont assez travaillés et les deux sont reliés de façon assez superficielle.
Ce fût donc une lecture mitigée, un bon moment de lecture mais sans plus. J'ai toutefois envie de tester d'autres titres de l'auteur. Aux lecteurs qui connaissent son œuvre, que me conseillez-vous ?

Titre original : Lockdown
Traduit de l'anglais par Ariane Bataille
Rouergue (Rouergue Noir), 320 pages, 2020 pour l'édition originale et 2021 pour l'édition française

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Anne d'Avonlea (Lucy Maud Montgomery)

vendredi 30 avril 2021

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Avec ses yeux gris qui brillent comme les étoiles du soir et ses cheveux roux toujours aussi mordants que son tempérament, Anne, désormais âgée de seize ans, a su gagner l’affection des habitants d’Avonlea. Alors qu’elle prend ses fonctions d’institutrice, son caractère se dévoile tout en nuances et envolées idéalistes. Elle fera de nouvelles rencontres, comme Monsieur Harrison, leur voisin à Green Gables, ou Mademoiselle Lewis, qui vit dans le Pavillon aux échos. Il y a également Paul, un élève fascinant et, à n’en pas douter, une future âme sœur, ou les jumeaux Dora et Davy qui débarquent à Green Gables histoire d’épicer le quotidien enfin paisible de Marilla. Alors qu’Anne devient une jeune femme, les péripéties de son existence nous enchantent toujours autant qu’elles nous touchent.

***

Quel bonheur de retrouver Anne, qui plus est dans cette sublime réédition de Monsieur Toussaint Louverture !
Au départ, j'étais perplexe en entamant cette lecture car je ne cessais de la comparer mentalement à la série télévisée, jusqu'à ce que je comprenne que cette dernière ne suit pas réellement la chronologie des livres.
Et finalement c'est tant mieux, car j'ai ainsi découvert tout un pan de la vie d'Anne qui m'était jusqu'alors inconnu.
Dans ce deuxième opus, on la retrouve jeune adulte et nouvellement institutrice. On suit son quotidien entre sa vie à Green Gables avec Marilla et les jumeaux Dora et Davy , ses débuts dans l'enseignement et ses amitiés.
Lire les aventures d'Anne, c'est toujours un pur plaisir. L'écriture de Lucy Maud Montgomery ouvre au lecteur les portes d'un monde enchanteur où il fait bon se lover.
Entre poésie, réflexions sur la vie et humour, ce livre est un hymne à la félicité et à la nature.
Superbe.

Titre original : Anne of Avonlea
Traduit de l'anglais par Isabelle Gadoin
Monsieur Toussaint Louverture (Monsieur Toussaint Laventure), 343 pages, 1909 pour l'édition originale et 2021 pour la présente édition française

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La vague des BD #27

mercredi 28 avril 2021

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Présentation de l'éditeur :

Eddy Mitchell et la raclette sont-ils compatibles avec une vie intime amoureuse ? Peut-on assumer le fait d'avoir un père manager conseil ? Comment s'assurer que les parents resteront bien jusqu'à la fin de la kermesse de l'école ? Qui gagnera la compétition d'enfilage de housse de couette ? Des questions fondamentales auxquelles Fabcaro apporte une réponse implacable, surprenante et finalement évidente.

J'avais lu le premier volume il y a deux ans et beaucoup aimé cet humour caustique. Le deuxième est dans la même veine, c'est drôle et acide à la fois. J'ai beaucoup ri avec certains gags. Tout ne m'a pas amusée, mais la majeure partie de l'album. J'aime le côté fantaisiste/déjanté de l'auteur, son regard sur le quotidien, sa façon de détourner des moments ordinaires de la vie pour en donner une vision décalée.
Une bonne tranche de rire.

Open Bar 2
Fabcaro
Delcourt (Pataques), 2020

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Présentation de l'éditeur :

Aujourd'hui, Philippe fête son anniversaire. 53 ans, déjà. Sa maison est confortable, ses enfants sont grands, sa mère est bavarde, son nouveau vélo est magnifique. Une belle tranche de vie, dans la simplicité, l'honnêteté. Mais celui qui empoisonne le gâteau, c'est le patron de Philippe quand il lui annonce son licenciement. Victime collatérale de la mondialisation, Philippe coule à pic. Perd tout, même son toit. Mais cette plongée au coeur de lui-même va lui permettre d'ouvrir son regard sur les autres. Les gens honnêtes n'ont rien d'ordinaire.

Chronique de la tragi-comédie du quotidien, Les gens honnêtes marque la rencontre entre deux auteurs réunis par la tendresse qu'ils éprouvent pour leurs personnages. Jean-Pierre Gibrat, au scénario, et Christian Durieux, au dessin, savent faire vibrer à l'unisson la parcelle indicible de la création romanesque: son humanité.

C'est une historie en quatre tomes. Certains sont, me semblent-ils, épuisés, mais la bonne nouvelle c'est qu'il existe une intégrale (Cf. ci-dessous). Je mets pour cette chronique la couverture et les références du premier tome, mais en réalité je vous parle dans ce billet de l'ensemble des tomes.
Une histoire douce-amère (on est quand-même davantage dans la douceur), une tranche de vie, des personnages attachants, des idées un peu folles... C'est un récit réconfortant, un peu doudou, dans lequel on plonge avec une certaine béatitude. J'ai beaucoup aimé cette série, son ambiance, les messages qu'elles véhiculent. Il y a de l'humour aussi, ça m'a rappelé par moments Les vieux fourneaux, mais avec un ton moins cynique.

Les gens honnêtes - Première partie
Durieux, Gibrat
Dupuis (Aire libre), 2008

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Présentation de l'éditeur :

Né en 1978 d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur. Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile.

En 1984, la famille déménage en Syrie et rejoint le berceau des Sattouf, Ter Maaleh, un petit village près de Homs. Malmené par ses cousins – il est blond, cela n’aide pas ! – le jeune Riad découvre les traditions, parfois brutales, de la vie à la campagne. Son père, lui, n’a qu’une idée en tête : son fils doit aller à l’école syrienne et devenir un Arabe moderne et éduqué, un Arabe du futur.

- Même remarque que pour la série ci-dessus, dans ce billet je vous livre mes impressions sur les cinq tomes sortis à ce jour mais je mets la couverture et les références du premier tome uniquement. -

Je crois que je n'aurais jamais lu cette série sans les conseils de ma bibliothécaire préférée (merci Marie !). Déjà, parce que je ne suis pas fan du style des dessins, ensuite parce que je n'étais tout simplement pas tentée.
Finalement je me suis lancée, et j'ai lu les cinq tomes à la suite. 
Ce fut une lecture à la fois addictive et malaisante. Au fil des pages, je suis passée par un étrange panel d'émotions variées, entre dégoût et avidité d'en savoir davantage.
Clairement, cette autobiographie sonne comme une thérapie pour l'auteur et l'on se demande comment il a pu se construire en tant qu'adulte après une pareille jeunesse.
Ce qui est bluffant, c'est la distance qu'il met volontairement dans son récit, en adoptant certes une narration à la première personne, mais de l'enfant qu'il était. Il raconte ce qu'il a vécu à travers ces yeux juvéniles, sans jugement, de manière somme toute assez factuelle. Un sacré tour de force quand on pense à la violence de certaines situations.
Un témoignage glaçant, dérangeant, mais édifiant.
Chapeau bas pour le courage qu'il a dû falloir pour écrire cela et pour la qualité de l'écriture.

L'arabe du futur T1
Riad Sattouf
Allary, 2014

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Présentation de l'éditeur :

Nous sommes aux États-Unis à une époque proche de la nôtre. La commune de Blackwell est la seule de tout le pays à ne pas considérer la sorcellerie comme un acte criminel. Cela n’empêche cependant pas certaines sorcières à abuser de leur magie... Dans cette petite ville, Bucky Orson est un peu morose – qui ne l’est pas, à 15 ans ? Alors que sa meilleure amie l’a quitté pour traîner avec des gens bien plus cool, sa jeune sœur vient d’être kidnappée dans des circonstances troubles. Et face à l’impuissance de son père, shérif de la ville, Bucky décide de mener lui-même l’enquête. Finira-t-il par percer les mystères de la magie de Blackwell ?

Pour clore cette vague de BD, on termine sur une touche de légèreté.
Une histoire de sorcières, un album aux somptueux dessins dans un style gothico-romantique, voilà de quoi passer un agréable moment.
L'histoire n'est pas extraordinaire mais l'intrigue est sympa et plutôt bien menée. Et surtout, les illustrations sont magnifiques.
Un beau livre, une illustratrice à suivre.

Grimoire noir
Vera Greentea, Yana Bogatch
Glénat, 2021

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Angie ! (Marie-Aude Murail et Lorris Murail)

lundi 26 avril 2021

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Le Havre, son port, ses docks et ses trafics en tous genres. Y a t-il un lien entre la cocaïne découverte dans le container d'un négociant de café et la disparition d'un jeune docker aux mains tatouées ? Le capitaine de police Augustin Maupetit en est persuadé. Mais comment pourrait-il enquêter alors qu'il est cloué en fauteuil roulant et cloîtré dans son appartement ? Le policier teigneux va devoir compter sur son entourage. Sa voisine de palier, Angie Tourniquet, 12 ans, se révèle une parfaite coéquipière. Il y aussi Thérèse, la tante médium qui joue du pendule comme personne, Capitaine, un chien renifleur dont la tête a été mise à prix par les narcotrafiquants, Alice Verne, la jeune commissaire. A eux les jambes, à Augustin la tête. Mais voilà qu'un drôle de virus venu de Chine se répand dans le pays, le président Macron s'apprête à faire une allocution télévisée. On parle d'un grand confinement... Comment mener l'enquête au temps du Covid  ?

***

Les lecteurs de ce salon connaissent mon amour pour l'auteure Marie-Aude Murail. Jusqu'à présent, je n'avais encore jamais lu de roman écrit à quatre mains avec son frère Lorris.
Soyons honnêtes, j'ai mis un peu de temps à apprivoiser cette histoire. Dans le premier tiers du livre, j'ai trouvé le temps un peu long alors même que l'écriture était fluide et agréable. Mais il me manquait un je-ne-sais-quoi pour vraiment entrer dans le récit, comme si le rythme ne collait pas. Puis, au fil des pages, en entrant dans le vif du sujet, en retrouvant l'humour et la patte de Marie-Aude Murail, je me suis laissée prendre par l'histoire et j'ai englouti la fin en un rien de temps.
Angie ! est un roman policier (jeunesse, je précise, à l'intention des amateurs de "vrais" polars), mais je dois dire que l'intrigue ne m'a tant convaincue que cela. Le véritable point fort d'Angie !, ce sont sans nul doute les deux personnages centraux, Augustin et Angie, un tandem de choc, deux personnalités fortes. Je les retrouverai avec grand plaisir dans le tome prochain, car ce volume est le premier volet d'une série.
Au final j'ai passé un fort bon moment avec ce roman enlevé, drôle et bien écrit.

L'école des loisirs (Médium+), 441 pages, 2021

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La fille du docteur Baudoin (Marie-Aude Murail)

vendredi 23 avril 2021

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Ils sont deux à se partager la clientèle du cabinet. Jean Baudoin, le fondateur, la cinquantaine à la fois fringante et fatiguée. Il ne garde jamais les gens plus de dix minutes, distribue les médocs comme les regards méprisants. Les malades l'énervent de plus en plus. Et Vianney Chasseloup, un débutant, avec des yeux d'âne, un prénom de saint, une triste figure de chevalier, les cheveux en pagaille et le veston froissé. C'est lui qui soigne tous ceux dont Baudoin ne veut plus : les vieux, les gâteux, les paumés, les cas désespérés. Mais voilà qu'un jour, parmi les patients du docteur Chasseloup, se glisse une toute jeune fille aux yeux bleus, presque violets. Violaine. Aussi jolie que son prénom peut le laisser espérer. Elle a tout pour être heureuse. C'est la fille du docteur Baudoin. Alors, qu'est-ce qu'elle fait là ?

***

Ce roman m'a démontré une nouvelle fois l'immense talent de Marie-Aude Murail. A partir d'une histoire ordinaire - banale, oserais-je dire - elle parvient à transporter le lecteur et à lui faire vivre le récit par procuration. Elle rend visible l'invisible, les personnages terriblement vivants, palpables ; on est forcé de ressentir quelque chose à leur égard. De manière générale, c'est, à mon sens, la grande force de l'auteure : impliquer le lecteur, ne pas le laisser en dehors de l'histoire. On peut aimer ou détester, mais on ne peut pas passer à côté. Une fois entamé les premières lignes, on est ferré, c'est la magie Marie-Aude Murail.
Je suis passée pas loin du coup de cœur avec La fille du docteur Baudoin et j'ai adoré ce moment de lecture.

L'école des loisirs (Médium+ Poche), 280 pages, 2021 pour la présente édition

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Le club de l'ours polaire (Alex Bell)

mercredi 21 avril 2021

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Stella Flocus Pearl a toujours voulu accompagner son père sur les terres inconnues de ses voyages. Son rêve se réalise le jour de ses douze ans : partir en exploration avec le Club de l'Ours Polaire ! Aux côtés d'un chuchoteur de loups, d'un magicien snob et arrogant, et d'un demi-elfe timide et maladroit, Stella se lance à la conquête des étendues polaires. Mais une catastrophe vient bouleverser l'expédition et d'innombrables dangers se dressent bientôt sur leur chemin.

***

J'avais commencé cette série il y a un ou deux ans, et j'avais abandonné au début de ce premier tome, pas convaincue. Pour une raison obscure, j'ai eu envie de retenter, et j'ai fort bien fait, car ce second essai fut concluant.
On le sent à la lecture, pour construire l'univers dans lequel évolue son héroïne, Alex Bell s'est inspirée de plusieurs autres romans de la littérature de jeunesse. Pour autant, on découvre dans ce premier opus un monde et une histoire somme toute assez originaux. Alors certes, si vous êtes des habitués du genre fantastique vous aurez peut-être le sentiment de déjà vu à certains moments, mais très franchement, j'ai été agréablement surprise par ce début de série. Le rythme est soutenu, les chapitres assez courts et le style vivant. Les personnages sont bien campés, il y a de l'humour, de l'aventure et énormément de fantaisie. J'ai passé un super moment en compagnie de Stella, et une fois la dernière page tournée, j'ai eu envie de me plonger rapidement dans la suite.

Tome 1 - Stella et les mondes gelés
Titre original : The Polar Bear explorers' Club
Traduit de l'anglais par Faustina Fiore
Gallimard Jeunesse, 368 pages, 2017 pour l'édition originale et l'édition française

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Une île maudite peuplée de sorcières, de trolls et de loups damnés: la suite tant attendue du Club de l'Ours Polaire.
Personne n'est jamais revenu vivant du Mont des Sorcières, or c'est justement là que se dirige le père de Stella... Accompagnée d'Ethan, Shay, Dragigus et de Gideon, un explorateur du Club du Chat de Jungle pas très coopératif, la jeune fille doit à tout prix lui venir en aide.

***

Un deuxième tome à la hauteur du premier. Toujours la même  inventivité, la même fantaisie et le même humour. On ne s'ennuie pas une seconde, les péripéties s'enchaînent et l'on découvre en compagnie du quatuor un nouveau monde à explorer. Des créatures étonnantes, des liens qui se nouent avec de nouveaux personnages, et, plus que jamais, le goût de l'aventure.
J'ai trouvé touchante l'amitié grandissante entre Stella et les garçons et j'ai passé un super moment de lecture avec Le mont des sorcières.

Tome 2 - Le mont des sorcières
Titre original : Explorers on Witch Mountain
Traduit de l'anglais par Faustina Fiore
Gallimard Jeunesse, 400 pages, 2018 pour l'édition originale et 2019 pour l'édition française

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008214316.jpgPrésentation de l'éditeur :

Stella et son père ont de sérieux ennuis: bannis du prestigieux Club de l'ours Polaire, ils ont l'interdiction formelle d'organiser la moindre expédition. Mais la vie de leur ami Shay ne tient plus qu'à un fil et le seul remède à son mal se trouve de l'autre côté du Pont de Glace Noir - un lieu maudit qui fait trembler les explorateurs du monde entier...

***

Au moment d'entamer ce troisième tome que je pensais être le dernier de la série, j'ai appris qu'un quatrième opus venait de sortir en VO. J'ignore quand il sera traduit, mais je le lirai certainement !

Nouvelle aventure, donc, avec nos quatre jeunes gens, et encore une fois, j'ai adoré les suivre dans ce périple passionnant. L'imagination de l'auteure n'a pas de limite et son récit déborde de trouvailles toutes plus géniales les unes que les autres.
Un excellent tome, à la hauteur des deux premiers.

Tome 3 - L'atlas fantôme
Titre original : Explorers on Black Ice Bridge
Traduit de l'anglais par Faustina Fiore
Gallimard Jeunesse, 400 pages, 2019 pour l'édition originale et 2020 pour l'édition française

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A noter que l'on trouve dans ces romans quelques illustrations au fil des chapitres. Le travail éditorial est superbe, les couvertures (identiques à celles des versions originales, si on excepte les couleurs) sont sublimes, la mise en page aérée, bref, ce sont de très beaux ouvrages.

La vague des albums #170

lundi 19 avril 2021

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Présentation de l'éditeur :

Biscotte la marmotte ne tient pas en place. Elle veut tout voir, tout apprendre, tout savoir ! Rien ne l’arrêtera. Sauf l’hiver, peut-être ? Quand arrive le grand froid, c’est l’heure d’hiberner pour les marmottes. Quoi ? Six mois à dormir dans ce trou ? Ah, ça non !

L'année dernière, j'ai découvert le superbe duo Christian Jolibois/Marianne Barcilon avec l'adorable Pourquoi, moi, j'ai jamais de câlins ?
Ici, la couleur peps de la couverture et le titre donnent le ton, on est moins dans la douceur et davantage dans l'énergie. Cette petite marmotte qui ne tient pas en place épuise tout le monde dans son entourage, mais qu'est-ce qu'elle est rigolote ! Difficile de ne pas succomber à son charme tant elle est mignonne. 
Encore une fois, ce duo d'auteurs fait mouche et nous propose un très bel album.

Petite marmotte a la bougeotte
Christian Jolibois, Marianne Barcilon
L'école des loisirs (Kaléidoscope), 2021

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Présentation de l'éditeur :

Ernest vit avec sa maman dans un troupeau d’éléphants. Chaque jour, tous ensemble, ils font inlassablement les mêmes choses : marcher, manger, boire et dormir. Quel ennui ! Alors, quand ils passent près d’une jungle mystérieuse, Ernest décide de partir seul à l’aventure…

Il ne se passe pas grand chose dans cette histoire somme toute assez contemplative, mais ne vous méprenez pas, c'est un album tout-à-fait étonnant. Les dessins sont époustouflants et plongent le lecteur dans une jungle colorée et dépaysante. On en prend plein les yeux en suivant cet éléphanteau, qui, au fil des pages, passe d'un décor uni à un univers foisonnant. Les portraits des animaux qu'il rencontre ne sont pas en reste, les illustrations sont absolument fascinantes.
Une incroyable balade qui m'a marquée.

Ernest l'éléphant
Anthony Browne
L'école des loisirs (Kaléidoscope), 2021

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Présentation de l'éditeur :

Le 12 septembre 1920, le premier appareil d’exploration capable de descendre à 2000 mètres de profondeur, plonge dans la mer des Bermudes. À son bord, les époux Bullitt, savants réputés, espèrent prouver l’existence de la vie animale dans les abysses. Leurs enfants, Théo et Lilly, font partie de l’expédition. Lilly Bullitt ne quitte pas le hublot. Que voit-elle donc que les autres ne voient pas ?

Un petit format très élégant qui se déploie à la verticale. De jolies illustrations. Une histoire qui rappelle l'univers de Jules Verne, racontée comme un récit de voyage - en l'occurrence d'exploration sous-marine - avec une part de suspense. Autant d'atouts pour ce mini album qui se déguste page après page. Une vraie pépite à découvrir à la fois pour son originalité et sa fantaisie.

Lilly sous la mer
Thomas Lavachery
L'école des loisirs (Pastel), 2021

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Présentation de l'éditeur :

Simon a trouvé un nouveau jeu très marrant. Il dit quelque chose d’épatant, comme par exemple « J’ai fait gagner mon équipe au foot en marquant 10 buts à moi tout seul », alors tout le monde répond « Oh ! Bravo ! Super ! », mais lui, aussitôt, rectifie : « c’est même pas vrai ! » Son petit frère Gaspard ne perd pas une miette de sa tactique autorigolante et, bientôt, il décide que c’est son tour de jouer…

Dernière aventure en date de Simon le lapin. On y retrouve la complicité qu'il peut y avoir au sein d'une fratrie et l'influence des aînés sur les plus jeunes. Encore une fois, Gaspard imite son frère, mais il n'adopte pas forcément que ses bons côtés !
Toujours le même humour un peu potache, les mêmes dessins naïfs et colorés. La recette fonctionne encore et Simon n'a pas fini de séduire les jeunes lecteurs.

Ah ! Ah ! Même pas vrai !
Stephanie Blake
L'école des loisirs, 2021

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La brodeuse de Winchester (Tracy Chevalier)

vendredi 2 avril 2021

007795252.jpgPrésentation de l'éditeur :

Winchester, 1932. Violet Speedwell, dactylo de trente-huit ans, fait partie de ces millions de femmes restées célibataires depuis que la guerre a décimé toute une génération de fiancés potentiels. «Femme excédentaire», voilà l’étiquette qu’elle ne se résigne pas à porter, à une époque où la vie des femmes est strictement régentée. En quittant une mère acariâtre, Violet espérait prendre son envol, mais son maigre salaire lui permet peu de plaisirs et son célibat lui attire plus de mépris que d’amis. Le jour où elle assiste à un curieux office à la cathédrale, elle est loin de se douter que c’est au sein d’un cercle de brodeuses en apparence austère – fondé par la véritable Louisa Pesel – qu’elle trouvera le soutien et la créativité qui lui manquent. En se liant d’amitié avec l’audacieuse Gilda, Violet découvre aussi que la cathédrale abrite un tout autre cercle, masculin cette fois, dont Arthur, sonneur de cloches, semble disposé à lui dévoiler les coulisses. À la radio, on annonce l’arrivée d’un certain Hitler à la tête de l’Allemagne.

***

De Tracy Chevalier, je n'avais lu jusqu'à présent que La jeune fille à la perle qui ne m'avait guère plu. J'ai abordé La brodeuse de Winchester sans trop en attendre, et ma foi, j'ai plutôt aimé cette lecture.
Les reproches que j'avais émis à l'encontre de l'écriture de l'auteure dans La jeune fille à la perle sont valables aussi pour ce roman et je n'ai pas ressenti d'émotion à l'égard des personnages. Le style de l'auteure est assez froid et je ne suis pas parvenue à embarquer totalement dans l'histoire, restant toujours légèrement à distance (mais moins que dans La Jeune fille à la perle). Par contre, j'ai trouvé très intéressant toutes les scènes qui traitent de la broderie ou des sonneurs de cloches. Deux univers qui m'étaient inconnus et qui sont fascinants. Ce roman possède un je-ne-sais-quoi de contemplatif qui m'a rappelé d'une certaine manière - et bien que dans une culture totalement différente - l'atmosphère de La papeterie Tsubaki
Une lecture agréable, une jolie parenthèse.

Titre original : A Single Thread
Traduit de l'anglais par Anouk Neuhoff
La table ronde (Quai Voltaire), 349 pages, 2019 pour l'édition originale et 2020 pour l'édition française

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Existe aussi en ebook

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