Lucifer Box #2 ~ L'ambre du diable (Mark Gatiss)

jeudi 23 juin 2016

91g83UhOw6L.jpgDeuxième tome de la série Lucifer Box, encore publié dans cette sublime collection du Mois du cuivre avec des dorures et une mise en page soignée. A l'instar du premier, ce tome-ci est un superbe objet-livre.

Vingt ans après les événement du Club Vesuvius, Lucifer Box est en mission à New York. Là-bas, un homme puissant, Desmond Olympe, contrôle une espèce de secte à l'orientation fasciste. Le détective britannique s'embarque alors dans de folles aventures, parfois malgré lui !

Je dois l'avouer d'emblée, j'ai été franchement déçue par ce deuxième opus. Autant j'ai aimé retrouver l'écriture jubilatoire de Mark Gatiss et le personnage sulfureux de Lucifer Box, autant le contenu même de l'histoire m'a laissée sur ma faim. Pourtant le récit est drôle, le ton mordant, l'action assez présente et l'ensemble plutôt rythmé. Hélas, tout cela n'a pas suffi à mon goût et j'ai trouvé l'intrigue trop creuse pour vraiment me passionner pour l'histoire. A certains moments, je me suis ennuyée et je n'ai pas retrouvé le plaisir de lecture éprouvé avec le premier tome
Une suite qui ne m'a pas semblé à la hauteur et ne m'a pas donné envie de poursuivre la série malgré des qualités indéniables.

Lecture commune avec Mara (billet dans la journée).

Titre original : The devil in amber
Traduit de l'anglais par Laurence Boischot
Bragelonne, 288 pages, 2016 pour la présente édition française et 2006 pour l'édition originale

Profession du père (Sorj Chalandon)

mardi 21 juin 2016

91ge3fAymVL.jpgCoupDeCoeur2016.pngTroisième titre que je lis de l'auteur, et deuxième grand coup de cœur. Si j'insiste avec l'adjectif "grand", c'est parce que, à l'image du Quatrième mur, ce texte est un de ces coups de cœur qui perdurent à travers le temps et laissent une empreinte derrière eux.
Publié comme roman, cet ouvrage est en réalité une autobiographie de l'auteur, à peine romancée. Pour avoir eu la chance de rencontrer Sorj Chalandon peu de temps après ma lecture, j'ai ainsi appris qu'à deux ou trois détails près, l'intégralité du texte est vraie. Cela en rend la lecture encore plus bouleversante.
Profession du père, c'est le récit de ce père mythomane et fou auprès duquel l'auteur a grandi. Un père violent, à la fois physiquement et psychologiquement, un personnage qui s'inventait des vies, des professions toujours plus extraordinaires (d'où le titre), un homme qui a marqué l'enfance et l'adolescence de Sorj Chalandon, surtout dans le pire.
Longtemps, l'enfant qu'il était a cru les délires de ce père malade, avant d'enfin comprendre que sa vie, leur vie de famille, reposait sur un tissu de mensonges. Ce n'est que très tard, après la mort de son père, que Sorj Chalandon a enfin pu coucher sur le papier ce qu'il avait vécu, ce qui l'a tant tourmenté. 
Dès les premières lignes, le lecteur identifie et reconnaît le style unique de l'auteur, cette plume si précise où chaque mot est pesé, ces phrases courtes qui claquent.
Un témoignage bouleversant, un récit de vie qui ne peut laisser insensible même si parfois certaines scènes font sourire. Car, loin de s’appesantir sur son sort, Chalandon aborde le sujet à travers le regard naïf de l'enfant qu'il était alors, en lui conférant un aspect drôle et décalé.
Un tout petit peu moins fort émotionnellement que Le quatrième mur, mais tout de même une grosse claque. Magistral.

Le billet de Mara, grâce à laquelle j'ai pu découvrir ce merveilleux roman. 

Grasset, 315 pages, 2015

Carnets noirs (Stephen King)

dimanche 19 juin 2016

9782367621227-001-G.jpegJe connais encore peu l'oeuvre de Stephen King puisque ce n'est que le troisième titre que je lis de lui, mais c'est le premier qui n'a aucun caractère fantastique.

Le thème central en est l'obsession d'un fan, ici en particulier d'un lecteur. 
L'auteur John Rothstein ne publie plus depuis quelques années et a plongé dans le désespoir les millions de lecteurs des aventures de Jimmy Gold. L'un d'entre eux, Morris Bellamy, ne va pas parvenir à surmonter sa frustration et va commettre l'irréparable en assassinant tout bonnement John Rothstein. Avant de fuir le lieu du crime, il va s'emparer de précieux carnets d'écriture qui renferment entre autre une suite à la série Jimmy Gold. 

Voilà le point de départ du récit qui va rapidement évoluer et se compliquer. Au fil du temps, les nœuds de l'intrigue se resserrent et la tension grimpe de page en page. 
Vous devez vous en douter, cette histoire d'obsession, de lecteur compulsif et névrosé m'a beaucoup plu ! Une fois de plus, la plume de Stephen King m'a emportée dans ce roman noir. Les personnages sont terribles et bouleversants, l'atmosphère pesante et oppressante. Avec ce thème autour de la lecture, c'était si je puis le formuler ainsi "la cerise sur le gâteau" et j'ai adoré cette lecture glauque à souhait !

Texte intégral lu par Antoine Tomé
Audiolib, 2016
Durée totale d'écoute : 14h39

La vague des albums #98

vendredi 17 juin 2016

Nouvelle vague d'albums pour rêver, réfléchir, s'amuser...

41QFm-3lQ2L.jpg

Quand j'ai vu cette couverture, j'ai immédiatement craqué ! Une version moderne et légèrement décalée du célèbre conte d'Andersen avec des images vitaminées. Pour illustrer cette histoire, Martine Camillieri crée des scènes à partir d'objets recyclés ou de jouets et le résultat est tout simplement bluffant. C'est rigolo, coloré et joli, chaque nouvelle page est une surprise pour les yeux. Le lien avec le récit est parfait et cet album promet un chouette moment de lecture à la fois tendre et espiègle.

La princesse au si petit pois
Martine Camillieri
Seuil Jeunesse, 2016

51kLjCnqCJL.jpg

Dans un tout autre genre, un album en noir et blanc (avec quelques touches de rouge sur la fin) pour un conte étrange. Son héros, le Chat Peintre, aime dessiner partout de curieuses créatures. Seulement, dans ce pays, l'imagination n'est pas récompensée, bien au contraire. Le Chat Peintre doit être pendu sur la place publique mais la petite Yana va trouver un moyen singulier pour le sauver. Au-delà de l'histoire de ce chat artiste dans l'âme, c'est un récit teinté de philosophie où souffle un vent de révolution. A travers l'aventure du Chat Peintre, transparaît un message important de tolérance et de liberté. Étonnant.

Le chat peintre
Edvin Sugarev, Bearboz
Elitchka, 2016

517nm8xMJ9L.jpg

Dans la même collection, j'avais adoré Constellations. Avec le même principe (des images phosphorescentes) et toujours dans un format à l'italienne, ce documentaire propose un voyage au cœur de la nuit pour découvrir les espèces animales qui y vivent. De la maison à la nature, on peut découvrir au fil des pages les animaux qui se cachent dans le noir, habituellement invisibles et méconnus. La plupart du temps on ne connaît que leurs cris, à présent lumière sur ce qu'ils sont vraiment ! Intéressant et beau ; j'aime décidément énormément le style de Delphine Chedru.

Petits animaux de la nuit
Anne Jankéliowitch, Delphine Chedru
De La Martinière Jeunesse, 2016

71OorUGVXsL.jpg

Et pour terminer cette nouvelle vague, un album ludique pour les plus jeunes, testé et approuvé en classe de maternelle. On retrouve ici le classique album à compter sur le thème du château hanté. Visuellement c'est réussi, on a entre les mains un livre en forme de tour avec des créneaux, rien que la couverture en jette déjà !
C'est un ouvrage solide avec des pages cartonnées épaisses, donc destinées à résister à l'épreuve des petites mains parfois un peu brusques. A chaque double page son nombre avec d'un côté un court texte sur fond de couleur, de l'autre une illustration.
Coloré, drôle, voilà un album original pour apprendre à reconnaître les nombres de 1 à 10.

Mon château hanté
Alain Chiche
Seuil Jeunesse, 2016

Tout est sous contrôle (Sophie Henrionnet)

mercredi 15 juin 2016

29220232.jpgNouveau roman de Sophie Henrionnet que j'avais hâte de découvrir, qui plus est dans un nouveau registre. Toujours dans la légèreté à l'image de Drôle de karma !, mais cette fois sous la forme d'une série. Sur la couverture, façon tampon, la mention "Le tumultueux quotidien d'Olympe McQueen" qui donne le ton.
Premier tome, donc, des aventures de la jeune femme, maman célibataire d'une délicieuse Aglaé âgée de seulement dix ans, mais bien plus mature qu'elle. Par un mauvais concours de circonstances, Olympe perd son job de photographe culinaire et va se retrouver à bosser pour son meilleur ami dans une agence de détectives.
Ça vous rappelle quelque chose ? Il semble en effet que l'auteur se doit fortement inspirée de la série Stephanie Plum de l'américaine Janet Evanovich. On trouve beaucoup de similitudes entre les deux, mais Sophie Henrionnet n'a pas à rougir car ce roman porte aussi sa patte personnelle. 
Une première aventure rythmée, drôle, avec des dialogues qui fusent, des personnages attachants, bref, la recette est bonne et ce tome se lit en un clin d’œil avec le sourire aux lèvres.
Au final, j'ai largement préféré cette version française de Stephanie Plum, c'est frais, enlevé, de quoi passer un moment très agréable aux côtés d'Olympe. Il me tarde de lire la suite !

- Je viens de déballer mon shaker, risqua Mathieu.
- ...
- Et j'ai fait deux saisons en tant que Barman !
Si en plus il me prenait par les sentiments...
- Vous savez faire les mojitos ?
- Mince... Je n'ai pas de menthe fraîche.
- Mais on en a en poudre dans le congélateur..., tenta Aglaé.
L'avenir de ma fille était tout tracé : négociateur au GIGN.
Je déposai les armes au pied du duo infernal.

Charleston, 381 pages, 2016

Dis-moi si tu souris (Eric Lindstrom)

lundi 13 juin 2016

0ba0781f-fb85-4a90-a518-89fbe321e9d0.jpgCoupDeCoeur2016.pngParker, seize ans, est aveugle depuis un triste accident de voiture qui lui a également enlevé sa mère. Aveugle, mais pas idiote, comme elle se plaît à le dire. Pour vivre avec ce handicap, elle a établi quelques règles que son entourage ne doit pas transgresser. La plus importante de toutes : "Il n'y a AUCUNE seconde chance. La trahison est impardonnable." C'est ce que son ex petit-ami, Scott, a appris à ses dépens... 

Ouvert par curiosité et lu d'une traite, ce roman m'a fait grand effet. La plongée dans cet univers particulier m'a envoûtée et je n'ai plus lâché mon livre avant la fin. A travers la perception de Parker, on découvre un monde différent et captivant. Cette héroïne forte et bouleversante à la fois m'a fascinée, j'ai suivi son histoire avec une empathie mêlée d'admiration. La magie de Dis-moi si tu souris, c'est que l'auteur parvient à nous faire nous glisser dans la peau de Parker. 
A l'originalité du thème, s'ajoute une belle histoire d'amour/amitié émouvante et juste.

Un magnifique livre pour un récit simple mais beau et touchant.

Titre original : Not if I see you first
Traduit de l'anglais par Anne Delcourt
Nathan, 392 pages, 2015 pour l'édition originale, 2016 pour l'édition française

La vague des albums #97

vendredi 27 mai 2016

51DH4gm2egL.jpg

C'est un deuxième tome qui sort dans cette collection, je parlais du premier ici. Les qualités que j'évoquais alors conviennent toujours pour celui-ci. Reproductions superbes, mise en page, esthétique...
Seul l'angle d'approche de ce nouvel album diffère un peu, puisque il s'agit cette fois de "raconter" l'Histoire à travers l'art. Ainsi, chaque oeuvre présentée permet d'illustrer un moment important de l'Histoire. Ce point de vue original permet de voyager dans le temps et dans l'art en simultané. J'aime beaucoup cette idée.

Mon petit livre d'art pour raconter l'Histoire
Aude Le Pichon
Seuil Jeunesse, 2016

51fnIrVZF0L.jpg

On l'attendait de pied ferme, et la voilà enfin, cette nouvelle aventure de notre lapin préféré ! Les parents de Simon ont décidé de déménager, mais Simon est très perturbé par cette annonce, il ne veut pas quitter l'endroit où il a grandit. Seulement, quand le petit frère manifeste à son tour de l'inquiétude, Simon se doit de le réconforter !
Toujours aussi facétieux, aussi coloré et drôle. Succès garanti auprès des jeunes lecteurs, testé et approuvé par une classe de maternelle, les éclats de rire en ont témoigné. Incontournable.

Je veux pas déménager !
Stephanie Blake
L'école des loisirs, 2016

71U4WltBkXL.jpg

Celui-ci aussi, je l'attendais ! Un nouvel album d'André Bouchard, ça se déguste ! Le Pacha qui s'ennuyait est une histoire assez longue qui ne conviendra pas aux plus jeunes et qu'il vaudrait mieux réserver pour ceux qui savent lire et/ou qui possèdent déjà une capacité de concentration suffisante. Même si des traits d'humour sont présents dans cet album sous forme de clins d’œil, on retrouve moins l'esprit cynique de l'auteur. Cela dit, j'ai apprécié cette histoire avec une morale sympathique à la fin.

Le Pacha qui s'ennuyait
André Bouchard
Seuil Jeunesse, 2016

115459_couverture_Hres_0.jpg

L'an dernier, je vous avais présenté un documentaire similaire pour le rugby, cette année, Euro 2016 oblige, c'est la version foot que je vous propose.
Même principe, dans cet ouvrage sont décryptés les emblèmes portés par les joueurs des plus grands clubs de football actuels. Pour chaque équipe, le lecteur passionné trouvera une multitude d'informations, du palmarès aux joueurs célèbres en passant par des anecdotes parfois étonnantes. A la fin du livre, un calendrier des matchs à remplir. Pour en apprendre davantage sur le foot de manière ludique et érudite ! Un must pour les fans de ce sport.

Foot, maillots et écussons
Benoît Nacci
De La Martinière Jeunesse, 2015

Livrocolor #2

mercredi 25 mai 2016

Aujourd'hui, une sélection en bleu, couleur bien représentée dans ma bibliothèque.

BLEU.jpg

Morsure de Kelley Armstrong ♥
Premier tome de la série fantastiques Femmes de l'Autremonde, avec une héroïne forte, de l'action et un personnage masculin à croquer !

Le chagrin du roi mort de Jean-Claude Mourlevat ♥
Mon roman préféré de l'auteur à ce jour, un bijou, tout simplement.

L'ancre des rêves de Gaëlle Nohant
Un roman superbe et original qui flirte avec les légendes et le fantastique.

La pâle lumière des ténèbres d'Erik L'Homme
Premier tome de la série A comme Association, des personnages extrêmement attachants, un univers original et de l'humour.

La vieille anglaise et le continent de Jeanne-A. Debats
Une nouvelle fantastique qui m'avait laissé grande impression, un texte puissant.

Dans le désordre (Marion Brunet)

samedi 7 mai 2016

5118Ek3XhQL.jpgÇa commence dans une manif, Dans le désordre. Sept personnes s'y rencontrent et décident plus tard de vivre ensemble. Cette petite communauté partage un squat comme un acte de résistance, pour lutter contre un mode de vie trop réglé, trop matérialiste.  

Le récit va crescendo jusqu'à un point de rupture qui va bouleverser l'équilibre précaire du groupe. Ces personnages si différents les uns des autres ont pris la décision de contrer la société telle qu'elle est, car elle ne leur convient pas. Au départ, ce ne sont pas tous des "marginaux", certains viennent juste de quitter une vie bien rangée pour aller vivre dans le squat. La confrontation des genres et des idéaux est intéressante, à l'image de l'intrigue du roman. 
C'est un texte qui se veut percutant et incisif, se lit vite et en apnée. 
Pour ma part je ne suis pas parvenue à entrer dans l'histoire, j'en ai apprécié la lecture sans toutefois embarquer complètement.
J'aurais dû être touchée, mais je suis restée imperméable à l'émotion qui se dégage de ce livre. Pourquoi, je ne sais pas... Je suis ressortie de là avec l'impression d'avoir lu un texte dédié à la jeunesse sur une thématique plutôt adulte. D'un côté on a affaire à un sujet grave, de l'autre à une écriture moins aboutie et plus superficielle que celle à laquelle on s'attend. C'est probablement ce décalage qui m'a gênée. 

Sarbacane (Exprim'), 251 pages, 2016

Le Comte de Monte-Cristo (Alexandre Dumas)

jeudi 5 mai 2016

3358950002986.jpg
CoupDeCoeur2016.pngSans prétention aucune, j'avais envie de vous parler de cette rencontre magique avec un monument de la littérature, j'ai nommé Le Comte de Monte-Cristo. Sur les conseils avisés de Clarabel, je me suis lancée dans la lecture audio de cette oeuvre et je n'ai pas regretté ce choix un seul instant. Il faut dire que si c'est un classique déjà vieux de presque deux siècles, son écriture est résolument moderne.
J'ai testé pour l'occasion les livres audio de l'éditeur Sixtrid et je suis pleinement satisfaite de l'enregistrement réalisé pour le Comte de Monte-Cristo. Le lecteur, Eric Herson Macarel, n'est autre que la voix française de Daniel Craig, pour vous donner une idée... J'avais déjà écouté des romans dont il était le lecteur chez Audiolib, notamment ceux de la série de Camilla Läckberg, donc je connaissais son style et je savais que je ne serais pas déçue.
En effet, je ne l'ai pas été, et j'ai même particulièrement apprécié cette lecture sublimée (si cela était possible !) par le ton et le timbre de voix du lecteur.

Concernant l'oeuvre elle-même, car c'est quand-même ce dont je voulais vous parler en priorité, il va m'être difficile de lui rendre pleinement justice. Mes propres mots seront bien faibles et pauvres pour vous décrire l'état d'émerveillement dans lequel j'ai été plongée durant cette lecture. Je connaissais la trame de l'histoire comme beaucoup, sans en connaître les détails ni la fin, et j'ai découvert un texte incroyable.
L'écriture est un pur délice, littéraire mais accessible.
L'intrigue est géniale.
Les personnages sont incroyablement travaillés, le héros extraordinaire.
C'est un roman long et dense mais magnifique et prenant, un de ces ouvrages que j'emporterais sur une île déserte.

Un chef d'oeuvre, pas moins.

Le superbe billet de Cécile

3358950002993.jpg

Texte intégral
Lu par Eric Herson Macarel
Décembre 2015, Sixtrid
Livre 1 : 25h05, Livre 2 : 24h40

- page 1 de 140