Sous la vague (Anne Percin)

mardi 27 septembre 2016

9782812611032.jpgD'Anne Percin, je n'ai toujours pas lu l'avant-dernier roman (Les singuliers) qui m'attend sagement depuis plus d'un an, mais j'ai en revanche lu quasiment dès sa sortie Sous la vague.

Mars 2011, un tsunami déclenche une catastrophe nucléaire au pays du soleil levant, tandis que dans l’hexagone, l'entreprise familiale de Bertrand Berger-Lafitte est au bord de la faillite. Avec Fukushima, les bourses internationales et le marché du luxe s'effondrent. La société de Bertrand, spécialisée dans la production et la vente de Cognac, est indirectement touchée par ce terrible événement qui s'est produit à l'autre bout du monde.

Sous la vague est une comédie sociale qui m'a touchée. L'humour et les situations décalées côtoient des scènes de vie émouvantes et confèrent à ce livre une atmosphère douce-amère. Le roman est centré sur le personnage de Bertrand, cinquantenaire divorcé, un tantinet dépressif sur les bords, idéaliste et contemplatif. Mais le personnage qui m'a plu davantage encore, c'est celui du chauffeur de Bertrand, Eddy. De simple employé, il devient au fil des pages le confident de son patron. Petit à petit, l'homme d'affaires cède la place au père de famille, à l'ex-mari et au rêveur sous les yeux du lecteur. La relation entre Bertrand et Eddy est forte et étonnante, entre ces deux-là les rapports sont parfois inversés et les dialogues drôles et tendres à la fois. J'ai aimé pénétrer dans l'intimité de ces personnages, découvrir leur quotidien, leur vie d'homme en dehors de l'aspect travail. 

Un beau texte pour une jolie promenade entre estampes japonaises et cépages de Cognac.

Rouergue (La Brune), 199 pages, 2016

Livrocolor #4

dimanche 25 septembre 2016

Pour entamer l'automne, une sélection en orange...

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Secrets de famille de Louisa May Alcott
Un joli roman victorien de l'auteur du célèbre Les quatre filles du Docteur March.

Harry Potter and the half blood prince de J. K. Rowling
L'avant dernier tome de cette série magique, plus sombre, plus mature encore que les précédents...

Le retour de l'aube de Malorie Blackman
Dernier volet de cette série bouleversante, à lire, absolument. ♥

Le mystère de Lucy Lost de Michael Morpurgo
Toujours pas lu, mais avec son dos orange, il devait figurer ici ! ;-)

Birth marked, Captive de Caragh M. O'Brien
Dernier tome de la trilogie, pas le meilleur, mais une série à découvrir.

Soudain, seuls (Isabelle Autissier)

vendredi 23 septembre 2016

81dcCHxm7NL.jpgLouise et Ludovic, trentenaires, ont eu envie de faire une pause dans leur vie de citadins et sont partis pour un tour du monde à la voile.

Entre la Patagonie et le Cap Horn, ils font escale sur une île déserte. Au moment de repartir, leur voilier a disparu, ses amarres n'ont pas résisté à la tempête qu'ils viennent de traverser. Les voilà donc seuls, sans possibilité d'appeler à l'aide, confrontés à la nature sauvage, aux intempéries, et surtout à eux-mêmes.

Je suis ressortie de cette lecture avec un avis mitigé.
J'ai apprécié l'idée de départ, la survie, le mythe de Robinson Crusoé revisité. Ce qui m'a déplu en revanche, c'est la façon dont l'auteur traite le sujet. Je m'attendais à une description de la souffrance, de l'effort, de chaque instant de lutte pour rester en vie... Finalement Isabelle Autissier survole un peu les choses, elle ne s'attarde pas sur les détails, et à cause de cela on reste à distance du récit car il manque de cette intensité dramatique qui fait plonger le lecteur dans un livre, sans retenue aucune.
Autre aspect qui m'a gênée, c'est l'écriture en elle-même que j'ai trouvé assez fade et insignifiante. Je n'aurais pas la prétention de juger de sa qualité, mais je ne retiendrai pas de ce roman qu'il est "bien écrit".

A lire toutefois, par curiosité, mais pas transcendant.

Stock, 248 pages, 2015

9 ans !

mercredi 21 septembre 2016

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Il y a 9 années déjà, naissait ce blog sur un coup de tête... 9 années riches en rencontres livresques et humaines, en découvertes, en surprises. 
Je suis toujours heureuse d'écrire ici et de partager mes lectures avec vous, et j'espère que ce plaisir perdurera encore.
Merci à tous les lecteurs qui croisent ma route, ici, ou ailleurs.

Le liseur du 6h27 (Jean-Paul Didierlaurent)

lundi 19 septembre 2016

51DJ-KnEP9L._SL300_.jpgGuylain Vignolles, pauvre hère aux nom et prénom douteux, est, depuis sa plus tendre enfance, le sujet de moqueries et plaisanteries répétées. Chaque matin pourtant, dans le RER de 6h27, il devient le liseur et offre quelques pages aux habitués du trajet. Des pages sauvées de la broyeuse Zerstor 500, une abominable machine dont il est l'opérateur.

J'ai choisi ce titre par hasard et aussi pour son lecteur, Dominique Pinon, dont j'aime énormément la voix. C'est bien simple, avec son talent, il lirait le bottin que je serais suspendue à ses lèvres... 
Découvert par hasard, donc, disais-je, ce petit roman m'a plu dès les premières pages. C'est l'histoire banale d'un quotidien affligeant, un pauvre type qui n'aime pas son job, n'a presque pas d'amis et vit seul avec pour unique compagnie celle d'un poisson rouge. Mais sous la plume de l'auteur, une dose de fantaisie vient peu à peu se glisser entre les pages. Finalement, derrière le côté tragique du récit, il y a beaucoup d'humour, un humour qui rappelle celui d'auteurs nordiques, comme Paasilinna par exemple. Chaque scène est envisagée sous un angle drôle et absurde à la fois.
Un roman bien écrit et très plaisant à lire.

Texte intégral lu par Dominique PInon
Gallimard (Ecoutez lire), 2015
Durée totale d'écoute : 3h33

La vague des albums #100

vendredi 9 septembre 2016

Une centième vague spécial rentrée des classes !

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Avec les nouveaux programmes de l'école élémentaire applicables en cette rentrée 2016, le codage informatique est apparu parmi les disciplines à enseigner.
Scratch est une plateforme développée par un groupe de recherche au sein du Massachusetts Institute of Technology qui permet justement d'initier les enfants dès l'âge de 8 ans à la programmation. A travers une approche ludique, les jeunes utilisateurs peuvent déjà encoder de petits programmes pour créer des histoires interactives, des jeux, des simulations numériques, etc.
Ce guide propose d'initier les enfants au langage Scratch à travers 7 projets différents. 
Après une introduction de quelques pages sur la façon de se créer un compte sur la plateforme Scratch et quelques conseils d'utilisation, on entre directement dans le vif du sujet avec la création d'une première animation. 
Un ouvrage pratique bien pensé et utile, tant pour les parents à la maison que pour les enseignants à l'école.

Apprends à programmer avec Scratch
Liliane Khamsay, Claude Terosier
Gallimard Jeunesse, 2016

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Dans ce livre-jeu, un découpage permet de passer d'un mot à un autre en changeant seulement la première lettre. Ainsi une POULE devient une BOULE, un POUSSIN un COUSSIN et ainsi de suite. L'idée est de jouer avec la langue et avec l'écriture des mots. A la fin de l'ouvrage un jeu de cartes à découper reprend toutes les images du livres pour en faire un mistigri (associer les mots par paire et trouver l'intrus).
Les illustrations aux couleurs vives sont très graphiques, l'idée de jeu avec les premières lettres des mots est bonne, bref c'est un ouvrage à mettre entre de jeunes mains dès la maternelle, pour sensibiliser les enfants à l'importance de l'écrit.

Une lettre ça change tout
Valérie Ygoubi, Agnès Audras
Seuil Jeunesse, 2016

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Rentrée des classes oblige, un album qui raconte la première journée de classe en maternelle d'un petit garçon. Smisse, personnage central d'une nouvelle série dédiée aux petits est un héros à leur image qui incarne leur quotidien en compagnie de son singe en peluche Ouf et de son copain Boubou.
Le slogan de l'éditeur pour le lancement de cette série : " Les 6-9 ans ont Emile ou Ariol, les 3-6 ans ont désormais Smisse !". 
Les lecteurs de ce salon savent combien j'aime la série Emile, aussi je me suis jetée sur le premier tome de cette série enfantine. Malheureusement je n'ai pas accroché avec cet album qui ne m'a pas séduite. J'en ai testé la lecture dans une classe de maternelle (public cible de la série), il semble que l'histoire leur ait plu, mais elle n'a pas déclenché de rires comme c'est souvent le cas avec d'autres livres. 
Ce qui m'a gênée, je crois, dans cet album, c'est le ton employé, un peu forcé, exprès pour faire rire. 

La vie de Smisse, Jours d'école
Isabelle Chavigny, Ivan Grinberg, Marie Caudry
Seuil Jeunesse, 2016

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Bon, d'accord, là je triche un petit peu, il ne s'agit pas exactement d'un livre, mais cela s'en rapproche beaucoup ! C'est en fait un coffret inspiré par la méthode Montessori. Dans la boîte, on retrouve donc les 26 lettres (rugueuses) de l'alphabet ainsi que 26 cartes images à associer avec les lettres (de "arbre" à "zèbre"), et un livret d'accompagnement destiné aux parents, avec des propositions d'activités.
L'idée ici, est de préparer l'enfant à la lecture et l'écriture en lui faisant toucher et manipuler des cartes.
C'est un matériel de qualité, avec une belle présentation. Pour celles et ceux qui adhèrent à la méthode Montessori, c'est un coffret vraiment intéressant.

Ma pochette Montessori, Ecriture lecture
Adeline Charneau, Roberta Rocchi
Nathan, 2016

La vitesse sur la peau (Fanny Chiarello)

mercredi 7 septembre 2016

9782812611094.jpgJ'ai eu envie de lire ce livre pour son thème, à savoir la période de deuil après la perte d'un être cher. Ici, en l’occurrence, c'est de la perte de la mère qu'il s'agit. Elina, 14 ans, a passé un an depuis le décès de sa maman lorsque l'histoire commence. Depuis cet accident tragique, elle s'est murée dans le silence, refusant de parler. Jour après jour, elle reproduit la même routine entre cours au collège et séances de contemplation au jardin des plantes. Un après-midi, elle va y croiser Violette, une ancienne marathonienne désormais en fauteuil roulant. Une étrange amitié va naître entre la muette et l'invalide.

J'avoue que ce roman m'a désorientée, et ce, pour deux raisons.
La première, c'est le personnage d'Elina. Déjà, le mutisme total sur une année entière, je n'y crois pas du tout, et cet aspect peu plausible m'a gênée. Par ailleurs, Elina est totalement ego-centrée, obnubilée par son ressenti et imperméable aux autres, une vraie tête à claques, vous dis-je ! 
La seconde, c'est tout simplement l'orientation que va prendre l'histoire. Ce que j'avais pris pour un roman sur le deuil ne l'est en fait pas vraiment, et finalement je n'ai pas trouvé ce que j'y cherchais.

Je suis donc ressortie de cette lecture avec un sentiment mitigé. D'une part, l'histoire m'a semblé maladroite à certains moments et peu crédible. D'autre part, j'ai apprécié la relation qui se tisse entre Elina et Violette, ainsi que celles avec d'autres personnages secondaires (les promeneurs du jardin des plantes, la mamie d'Elina). 
En ce qui concerne le thème central du deuil, j'ai trouvé que c'était mal traité, les réactions de cette adolescente m'ont paru surfaites et ne m'ont pas convaincue une seconde.

Lecture en demi-teinte donc, pas désagréable mais pas satisfaisante non plus, hélas.

Rouergue (doAdo), 171 pages, 2016

Looking for Alaska (John Green)

lundi 5 septembre 2016

61TePxqm9wL.jpgC'est le deuxième roman que je lis de John Green (j'ai aussi tenté Le théorème des Katherine que j'ai abandonné) avec Nos étoiles contraires, LE roman qui a bouleversé mon année de lectrice en 2013. Pas facile de passer après un tel coup de coeur, autant vous dire que la barre était haute... 

Miles, 16 ans, quitte sa Floride natale et le cocon familial pour aller à Culver Creek, un pensionnat en Alabama. Là-bas, il fait la connaissance d'Alaska, une jeune fille étonnante. Cette rencontre va bouleverser sa vie.

Ne vous méprenez pas, il ne s'agit pas d'une histoire d'amour, mais d'un roman initiatique sur l'adolescence. L'amitié, les amours, les profs, les cours que l'on sèche, les colles... Miles va vivre une année dense et intense, au-delà de ses espérances. 
John Green, m'a encore une fois éblouie par son talent, ses personnages touchants et hors normes, sa façon de percevoir et de rendre à la perfection les sentiments et les relations entre les gens... Comment ne pas aimer Miles, cet ado pas sûr de lui qui débarque à Culver Creek, comment ne pas s'attacher au Colonel, son colocataire fantasque, et bien évidemment, comment ne pas être attiré malgré soi par Alaska, cette jeune femme mystérieuse...? 
Sans que ce soit un coup de coeur, j'ai adoré ce roman que j'ai refermé le coeur serré une fois la dernière page tournée.

Merci Mara !

Harper Collins, 271 pages, 2005

Le premier jour du reste de ma vie... (Virginie Grimaldi)

samedi 3 septembre 2016

51RtrKzQicL._SL300_.jpgPour l'anniversaire de son époux, Marie a décidé de lui faire une surprise, elle le quitte ! Pour ses quarante ans, elle lui prépare une belle fête d'anniversaire à laquelle elle convie même ses amantes. Quant à elle, elle ne sera pas de la partie, car elle a décidé de partir faire une croisière autour du monde. A bord du paquebot, elle rencontre deux femmes, l'une plus jeune qu'elle, l'autre plus âgée, avec lesquelles elle va se lier d'amitié. Ensemble, elles vont partager de merveilleux moments, entre rires et larmes.

C'est une douce comédie que nous propose Virginie Grimaldi. Un de ces romans qui font de la lecture un moment d'évasion, une bulle de tendresse. L'histoire est assez convenue, on sait déjà dans quoi on met les pieds dès les premières pages, mais qu'importe, c'est un récit agréable, idéal compagnon de plage. J'aime ce genre de lecture pas prise de tête et celui-ci a parfaitement répondu à mes attentes.

Pour celles et ceux qui n'aiment pas les livres audio, sachez que ce titre est sorti en format poche.

Texte intégral lu par Marie-Françoise Coelho
Audible FR, mai 2015
Durée totale d'écoute : 5h42

Le puits (Iván Répila)

jeudi 1 septembre 2016

417Vg5i51ML.jpgAvec ce livre, préparez-vous à un drôle de voyage.

C'est l'histoire de deux frères, le Grand et le Petit, qui sont prisonniers au fond d’un puits, au milieu d’une forêt. A côté d'eux, un sac de provisions donné par leur mère, auquel ils ont interdiction de toucher.
Jour après jour, ils survivent dans ce trou, isolés du reste du monde, affrontant les affres de la faim, le froid, le doute. Ils tentent de s’échapper, bien sûr, mais sans succès. 

Quel roman déroutant ! Pendant un peu plus d'une centaine de pages, on se demande comment les deux garçons ont atterri au fond de ce puits, pourquoi ils n'ont pas le droit d'entamer les provisions qui les narguent dans le panier à côté, et surtout s'ils vont s'en sortir et comment.

C'est un roman très court mais intense en émotions, on vit par procuration ces longs jours de souffrance, les moments de doute, de folie, et l'on ressort de là avec une sensation de gueule de bois, l'impression d'être passé sous un rouleau compresseur.

Etonnant, brutal et marquant.

Traduit de l'espagnol par Margot Nguyen Béraud
10/18, 123 pages, 2016 pour la présente édition française

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