One for the money (Janet Evanovich)

dimanche 7 février 2010

J'en connais une qui va être contente, j'ai enfin lu le premier tome de la série Stephanie Plum !
Devant son enthousiasme communicatif, j'avais envie depuis longtemps de découvrir cette fameuse chasseuse de prime et les deux beaux mâles qui rôdent autour d'elle...
J'avais fait une première tentative l'année dernière en français et le style m'ayant déplu j'avais rapidement abandonné ma lecture.
Je voulais refaire un essai, mais en VO cette fois. Et je dois confesser que j'ai fort bien fait de laisser une seconde chance à ce roman car j'ai passé un excellent moment

Il y a de l'humour, du rythme, un scénario sympathique (attention toutefois, pour les amateurs de littérature policière, l'auteur s'intéresse davantage à l'évolution de son personnage central dans le milieu des chasseurs de prime qu'à la résolution de l'enquête elle-même ; un parti pris qui ne m'a pas dérangée le moins du monde, mais qui risque de décevoir les lecteurs qui ont envie de se mettre un "vrai" polar sous la dent, ici ce n'est pas le propos - fin de la digression -) et des personnages charismatiques, bref la recette idéale pour accrocher le lecteur. Et je peux vous dire que ça a parfaitement fonctionné avec moi. J'ai ri, j'ai pris en amitié l'héroïne à laquelle il est aisé de s'identifier tant elle est paumée dans son nouveau job de chasseuse de prime et en devient fort attachante, j'ai bien entendu trouvé comme on dit du "potentiel" à Morelli... j'attends de découvrir les tomes suivants pour savoir si Ranger en a autant...

Vous l'aurez compris, ce n'est pas une lecture qui change une vie ni qui donne à réfléchir, mais que c'est bon de se détendre avec un roman qui mêle humour et action, qui propose une palette de personnages tous plus déjantés les uns que les autres et qui vous fait d'un seul coup oublier que vous avez accessoirement une vie sociale et de famille, et que vous ne pouvez malheureusement pas vous contenter d'une bière et de croquettes pour hamster en guise de petit déjeuner. 
J'ai refermé à contre coeur mon livre mais le sourire aux lèvres, et dès que j'en aurai l'occasion, je m'attaquerai aux tomes suivants ! Ça tombe bien, le deuxième et le troisième figurent déjà dans ma PAL !


Merci Abeille pour cette jolie découverte !


Les billets de Fashion par qui tout est arrivé, de Karine qui s'est brouillée avec son père à cause de ce livre (allez lire ce qu'elle écrit, vous verrez que j'exagère à peine !) et de Clarabel qui a découvert la série récemment.

Lecture commune avec Maijo, je rends ma copie un jour en retard, on ne se refait pas !

Lu dans le cadre du challenge Lire en VO

PS : la photo de la couverture (proprement hideuse soit dit en passant) n'est pas du tout fidèle à l'original dont les couleurs sont très vivres pour ne pas dire flashy

St Martin's press - 338 pages

Un (grand) cri de souris (Isabelle Bauer - Laura Nillni)

vendredi 5 février 2010

Voilà un bon moment maintenant que j'ai partagé cette lecture avec mon grand matelot, et j'avais oublié de vous en parler. Je m'empresse donc de réparer cet oubli d'autant que j'aime beaucoup mettre en avant les ouvrages des jeunes maisons d'édition quand ils sont de qualité. Ici il s'agit de l'éditeur Philomèle, tout nouveau dans le secteur et qui ne propose donc pour le moment que deux titres dont celui-ci. Mais si le succès est au rendez-vous, ce que je leur souhaite, le catalogue grossira bien vite et d'ailleurs une nouveauté est déjà annoncée pour le mois prochain.

Venons-en à présent à l'album que je voulais vous présenter aujourd'hui. Un (grand) cri de souris est l'histoire de Lucie, une souris gourmande et bibliophile. Lucie aime les livres à sa manière, en grignotant les lettres qu'ils renferment !
Mais un beau jour, les livres décident de ne plus se laisser faire et de riposter.

Un album tout-à-fait charmant !
Comme j'ai beaucoup aimé cette histoire, je commence par mentionner l'unique aspect négatif de ma lecture qui en vérité n'en est pas réellement un... Je n'ai pas accroché avec les dessins de Laura Nillni. Ce n'est pas une critique, c'est un avis purement personnel et qui n'engage que moi. Pour le reste, c'est-à-dire le texte, j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir cet album. L'écriture est poétique, elle joue avec les mots, et c'est un pur régal. Une histoire drôle et originale qui se révèlera particulièrement intéressante avec les apprentis-lecteurs (à ce propos, le texte est imprimé en gros caractères ce qui en facilite la lecture pour les plus jeunes).

Mon grand matelot de bientôt 6 ans a donc testé cette lecture avec moi, et il l'a également appréciée.
Voici ce qu'il en a pensé (je retranscris ici ce qu'il m'a dit mot pour mot car il commence à peine à écrire donc cela lui est encore difficile d'exprimer lui-même son avis par écrit) : " J’aime les livres quand ils sont descendus de l’étagère et j’aimais aussi quand ils ont sorti le chat du dictionnaire des chats et que ça a fait peur à la petite souris."



Je remercie BOB pour le partenariat et l'éditeur Philomèle pour l'envoi de cet album dédicacé personnellement, une attention qui m'a touchée.

D'autres avis chez BOB ; le site de l'éditeur pour découvrir un extrait de l'album.

Philomèle

A la croisée des mondes T1 - Les royaumes du nord (Philip Pullman)

jeudi 4 février 2010

Comme tout lecteur qui se respecte (à moins d'avoir vécu sur une autre planète cette dernière décennie !), j'ai lu/entendu bien des éloges au sujet de la célèbre trilogie de Philip Pullman qui s'est donc retrouvée à l'insu de mon plein gré dans ma PAL. C'est alors que Theoma a lancé son merveilleux challenge et, qu'en parcourant la liste des titres proposés, j'ai trouvé A la croisée des mondes. L'occasion de sortir enfin l'ouvrage de ma bibliothèque où il prenait la poussière.

A ce jour je n'ai lu que le premier tome, et ma vision de ce roman est donc certainement tronquée. Je me doute bien que lorsque j'aurai lu la trilogie dans son intégralité j'aurai davantage de recul.

Concernant Les royaumes du nord, mon avis n'est pas encore tranché et alors que j'entame ce billet je ne sais pas encore ce que j'en ai réellement pensé. Ce qui est certain, c'est que ce n'est pas un coup de cœur. Loin de m'avoir emportée, ce roman m'a parfois laissée perplexe. Pour autant je crois que j'ai aimé cette lecture qui ne m'a en tout cas pas laissée indifférente.

J'ai tout d'abord eu du mal à pénétrer dans cette histoire et ce monde à la fois imaginaire et anachronique inventé par l'auteur. C'est un roman foisonnant et extrêmement riche avec ses nombreuses créatures (daemons, sorcières, ours en armure et j'en passe...) et son histoire complexe. On sent qu'il y a une réelle construction de cet univers mais l'écriture ne lui rend pas complètement justice. Mon explication sera sans-doute maladroite, mais j'ai ressenti durant ma lecture une sorte de frustration, l'intuition qu'il y avait de solides fondations à cette histoire mais que ce qui m'était offert dans ces pages n'était que la partie visible de l'iceberg, toute la partie sous l'eau étant inaccessible au lecteur. Il faut rapidement s'imprégner des différents aspects fantastiques et attendre patiemment les explications que l'on veut bien nous donner. Beaucoup d'éléments sont suggérés, d'autres laissés dans une aura de mystère et cela m'a un peu gênée. Mais peut-être que la lecture des tomes suivants comblera cette attente.
Quant au fond de l'histoire elle-même, j'ai trouvé certaines longueurs et ressenti un manque de rythme, ou plutôt un manque d'équilibre dans le rythme. Ça démarre très lentement, les événements s'enchaînent sans que les liens qui les unissent aient une réelle évidence, et finalement je ne suis vraiment entrée dans le livre qu'au cours de la dernière partie. Une dernière partie qui m'a davantage convaincue et donné envie de lire la suite mais ne rachète pas à elle seule le reste du roman. Globalement, j'ai trouvé que l'on tournait autour du pot, les transitions ne sont pas fluides et la lecture en souffre. Dernier bémol qui est insignifiant mais m'a profondément agacée pendant que je lisais, l'utilisation toutes les pages du néologisme "ambarique". C'est un joli mot qu'a inventé l'auteur, mais sa répétition excessive m'a lassée. Et là, je me tourne vers les lecteurs l'ayant lu en VO, est-ce un problème de traduction ou bien retrouve-t-on ce terme aussi souvent en anglais ??
Malgré ces critiques j'ai beaucoup apprécié certains éléments de l'histoire que j'énumère ici sans ordre : le personnage de Lyra, sorte d'héroïne malgré elle (on retrouve souvent cette idée dans les romans de jeunesse mais j'aime ça !), l'aléthiomètre, cet objet fascinant qui a réveillé mon âme d'enfant, la palette des personnages fantastiques, la relation entre les daemons et les humains, cette idée d'intercision qui m'a touchée et émue, Jordan College (même si c'est un épisode très court dans le roman).... Tout un ensemble qui a contribué à maintenir mon intérêt et m'a donné envie d'aller au-delà et de lire la suite.

Un bilan en demi-teinte donc, Les royaumes du nord ne figurera pas au panthéon de mes lectures mais il reste un agréable roman avec un potentiel qui, je l'espère, est développé dans les deux tomes suivants.

Gallimard (collection Folio SF) - 533 pages


J'ai cru pendant quelques temps que le film était l'adaptation des trois tomes et quand j'ai enfin saisi qu'il s'agissait simplement du premier volet je me suis donc autorisée à le voir ! J'essaye en effet autant que possible de voir les films après avoir lu les livres. Mais en fin de compte, je me demande si c'est un choix judicieux car lorsque je regarde un film dont j'ai lu l'œuvre à partir de laquelle il est adapté, je ne peux m'empêcher de chercher la petite bête, de vérifier s'il est fidèle au texte, et tout cela pollue quelque peu la séance ciné. A l'inverse, me direz-vous, on risque aussi d'entamer un roman avec déjà dans la tête une vision précise des personnages, ce qui peut être gênant, surtout si le film est mauvais. Mais passons sur cette question cornélienne.
Bref, A la croisée des mondes n'a pas fait exception à la règle, et dès les premières images j'étais déjà entrain de disséquer le film et de le comparer avec son homologue de papier. Or, s'il est assez fidèle, je n'ai pu m'empêcher de noter certains remaniements de l'histoire, notamment l'inversion de parties entières du roman. Déjà que je trouvais les liens entre les différents chapitres bien ténus, ce parti pris de la réalisation n'a pas arrangé les choses. Au-delà de ces changements dans la chronologie de l'histoire, il y a bien évidemment certains éléments qui sont passés sous silence et qui, me semble-t-il, peuvent perturber le spectateur n'ayant pas lu le livre, voire le perdre complètement. Mais bon, peut-être aussi que je me pose trop de questions, c'est une autre hypothèse qui se tient ! Enfin, dernière chose qui m'a déçue c'est la fin du film... une fin qui est bien loin de celle du roman et donne selon moi une image de Lord Asriel qui est incomplète (je n'en dis pas davantage mais ceux qui ont lu le livre savent de quoi je parle).
Ces critiques mises à part, et bien que ce ne soit pas le film du siècle ni même de la décennie, A la croisée des mondes et un film sympathique. Le casting est parfait même si je trouve que l'actrice qui joue Lyra offre une prestation supérieure à celles de ses aînés. Les décors restituent bien l'univers du livre, les personnages fantastiques manquent un peu de crédibilité (notamment les daemons quand ils parlent), mais ce n'est pas si mal dans l'ensemble.
Un moment plaisant, donc, mais qui ne remplace pas le roman.

A la croisée des mondes : La boussole d'or, réalisé par Chris Weitz - 2007

Avec :


J'étais censée partager cette lecture avec Theoma qui a eu la patience de reporter de nombreuses fois son billet et pour finir j'ai quand-même pris du retard... Son billet sur le troisième tome, les liens vers ses billets sur les précédents tomes ne fonctionnant pas.

Lu dans le cadre des challenges Crazy SF (catégorie Steampunk), Coups de coeur de la blogosphère (choix d'Emmyne) et Lunettes noires sur pages blanches

Le lièvre de Vatanen (Arto Paasilinna)

dimanche 31 janvier 2010

Ma première rencontre avec Paasilinna n'avait pas été très concluante et j'étais ressortie déçue de ma lecture alors même que je m'étais persuadée que j'allais aimer cette plume. Il me fallait faire une deuxième tentative et c'était chose aisée puisque je disposais encore de deux autres titres de l'auteur dans ma bibliothèque.

Vatanen est finlandais, il a la quarantaine et une vie morose. Sa profession de journaliste pour un magazine qui fait passer le marketing avant l'information ne le satisfait plus et il n'aime pas sa femme qui le lui rend bien.
Sa rencontre avec un lièvre au hasard d'un voyage va bouleverser cette triste existence...

L'élément déclencheur (la rencontre avec le lièvre) de l'histoire, celui qui va transformer la vie de Vatanen est à l'image du roman, décalé et loufoque. Il semble que ce soit le trait caractéristique de l'écriture de Paasilinna, raconter des histoires un peu dingues mais en même temps très humaines. Dans Petits suicides entre amis je n'avais que partiellement apprécié cet humour particulier. Ici, en revanche, j'ai beaucoup aimé.
Vatanen est l'archétype du héros qui a raté sa vie et décide de lui faire prendre un tournant aussi brusque qu'inattendu. Il se libère de toutes ses contraintes pour vivre enfin selon ses propres désirs. Lire Le lièvre de Vatanen c'est croire tout d'un coup que tout est possible dans la vie, que chacun est libre et responsable de son destin. C'est un roman divertissant et drôle, parfois émouvant, c'est un hymne à la vie, à la nature et aux petits bonheurs quotidiens.
J'ai été touchée par ce personnage que j'ai suivi avec un grand plaisir dans son périple à travers la Finlande. Je crois que ma vraie rencontre avec Paasilinna s'est faire avec ce livre et maintenant bien entendu j'ai l'envie d'en découvrir d'autres.

Denoël (collection Folio) - 235 pages


Dans la foulée, comme j'avais apprécié ma lecture, j'ai eu envie de voir le film adapté à partir du roman de Paasilinna.
Autant j'ai apprécié le roman, autant le film m'a fortement déçue. Pourtant ce dernier avait de bons atouts. Des paysages magnifiques qui retranscrivent bien l'atmosphère du livre, un Vatanen pas mal interprété par Christophe Lambert qui joue tout à tour le bougon et l'enfant émerveillé, bref, l'essentiel était là. Et pourtant le résultat est catastrophique. Lorsque j'ai lu le livre dont un film est adapté je suis toujours en train de comparer les deux et de vérifier si le second est fidèle au premier. J'ai du mal à accepter quand ce n'est pas le cas, mais parfois cela ne dénature pas pour autant l'histoire de départ. Sauf que là, non seulement le film n'est pas fidèle au roman, mais il est en réalité une totale réécriture du livre. C'est comme si le réalisateur avait extrait quelques éléments du roman et s'en était servi pour en faire un nouveau récit. Et le problème, c'est que cette nouvelle histoire est creuse, la magie de prend pas comme dans le roman. Tout est modifié, y compris des détails les plus insignifiants comme la profession de Vatanen qui, de journaliste dans le livre, se retrouve photographe dans le film (profession de son collègue avec lequel il voyage au début du roman). On lui invente même un père avec lequel il s'est brouillé et qui représentera une des étapes de son voyage, alors que l'on occulte sa vie maritale (un élément certes pas très important dans le roman mais qui est quand-même responsable en partie du changement de vie de Vatanen). Bref, tous ces remaniements dans l'histoire m'ont profondément agacée à la longue et je me suis même demandé si les personnes qui ont produit ce film avaient pris la peine de relire le roman... Je suis quand-même allée au bout du film mais je me suis profondément ennuyée, ne retrouvant absolument pas l'ambiance du livre. Une déception.

Le lièvre de Vatanen, réalisé par Marc Riviere - 2006
Avec : Christophe Lambert, Julie Gayet...

Lecture commune avec Sylire

Les avis de Grominou, de Camille (qui a depuis fermé son blog et m'avait offert ce livre, encore merci !),  de Tamara et de Allie

Lu et vu dans le cadre du challenge Lunettes noires sur pages blanches

La femme accident T2 (Grenson - Lapière)

dimanche 24 janvier 2010

Il y a plus d'un an je vous parlais d'une belle découverte en BD, il s'agissait du premier volet de La femme accident. La suite étant sortie il y a quelques semaines, je n'ai pas résisté à la tentation !
Le verdict ? Une belle histoire servie par des images encore une fois sublimes. A chaque page, que dis-je, à chaque vignette, on en prend plein les mirettes, c'est du grand art. Et puis c'est du dessin réaliste et classique comme j'aime. Après chacun ses goûts, mais je dois dire que le style d'Olivier Grenson me correspond parfaitement. Il y a tout un travail autour de la couleur, de la lumière, des décors admirablement rendus, bref j'adore !

Nous avions laissée Julie en prison, à l'aube de son procès. Dans la première partie, quelques éléments de son passé étaient dévoilés jusqu'au moment où elle s'apprêtait à embarquer sur un paquebot de luxe en tant que barmaid. Dans ce second album, nous retrouvons donc notre héroïne à cette époque. Les fils de l'histoire se tissent entre eux, de nouveaux éléments de la vie de Julie conduisent doucement le lecteur vers le point final, l'accusation de meurtre et le déroulement du procès.
Le scénario m'a semblé légèrement moins intéressant que dans le premier volet, sans doute parce qu'il y a moins d'effet de surprise, mais l'histoire de cette jeune femme est touchante et belle, j'ai vraiment beaucoup aimé.

Et la bonne nouvelle pour les lecteurs qui en ont assez des séries à rallonge, c'est que La femme accident est un diptyque ; vous pouvez donc vous procurer ces deux magnifiques albums dès à présent !

Pour achever de vous convaincre, rendez-vous sur le blog du dessinateur pour admirer quelques planches de ce nouvel album.

Dupuis (collection Air Libre) - 70 pages

La vie de château (Eddy Krähenbühl)

vendredi 22 janvier 2010

Il y a quelques jours, j'ai fait du rangement dans la bibliothèque de grand matelot et décidé de lui acheter quelques nouveaux albums pour remplacer ceux qui sont allés vivre une deuxième vie dans la chambre de petit matelot. Celui-ci fait partie des nouvelles acquisitions et comme je l'ai trouvé très intéressant, je voulais vous le présenter.

A mi-chemin entre l'album documentaire et l'album d'histoire, La vie de château raconte au jeune lecteur la vie telle qu'elle se déroulait au Moyen-Age.
Les illustrations sont riches en détails et complètent parfaitement le texte qui est lui même très bien documenté. Au fil des pages on visite un château fort en découvrant la vie du seigneur et de ses serviteurs, les différents métiers, l'architecture du bâtiment, etc.
Régulièrement, l'auteur établit - à travers les personnages de l'histoire - un parallèle entre hier et aujourd'hui qui permet à l'enfant de comparer directement son mode de vie avec celui de l'époque.
La dernière double page présente une vue globale du château avec des légendes qui reprennent quelques mots du lexique utilisé dans le livre.

Un album bien conçu au contenu suffisamment riche pour intéresser les jeunes enfants comme les plus grands.
Un indispensable pour tous les petits (et moins petits) garçons passionnés par le monde des châteaux forts !

Ecole des loisirs (collection Lutin poche)

Anna Karénine (Léon Tolstoï)

mercredi 20 janvier 2010

Attention ! Billet fleuve !

Voilà un roman qui a fait couler tant d'encre que mon billet est inutile par avance, mais j'ai malgré tout envie de vous en parler parce que je viens de vivre un moment fort dans ma vie de lectrice.
J'ai traîné ce livre pendant plus de quinze jours, ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais fichtrement rien ! Toujours est-il que malgré le temps que j'ai mis à le terminer, je n'ai pu m'en détacher, incapable ni de lire autre chose, ni de le refermer.

Pourtant c'est un coup de cœur particulier que j'ai eu... Ce n'est pas un de ces coups de cœur qui me tiennent éveillée jusqu'à des heures indécentes, me font tourner les pages plus vite que mon ombre et sortir le mouchoir. Anna Karénine se mérite m'a-t-on dit... Et c'est vrai.

Pour autant son écriture est très accessible et simple, pas du tout comme l'image que je m'en faisais. Paru en 1877, ce roman d'une autre époque est pourtant résolument moderne.
Anna Karénine c'est une histoire d'adultère et une histoire d'amour, celle de sa belle héroïne avec le Comte Vronski. Mais là encore, ne parler que d'Anna serait réducteur, terriblement réducteur. D'ailleurs ce livre aurait pu tout aussi bien s'intituler Levine, mais bien entendu cela aurait eu moins de charme ! Ce que je veux dire ici, c'est qu'Anna Karénine est un roman infiniment dense et riche. Plusieurs personnages en composent l'histoire et finalement celui de Levine prend au fil des pages autant voire davantage d'importance que celui d'Anna. Les destins des différentes familles que l'on rencontre se croisent et se mêlent tout au long du roman. On passe d'un tableau à l'autre, on délaisse un personnage le temps d'un ou plusieurs chapitres pour revenir à un autre que l'on quitte alors à regrets pour s'en retourner vers le premier. C'est un tourbillon d'événements et de pensées ininterrompu. Jusqu'à la dernière page, Tolstoï n'épargne pas son lecteur et lui confie ses réflexions sur la vie en général mais aussi sur l'économie et la politique de son pays, la religion.... Au-delà du roman psychologique qui saisit avec une justesse incroyable les sentiments et les pensées profondes humaines, se profile un véritable essai sur de nombreuses questions. A ce titre le personnage le plus profond et le plus intéressant, mais aussi sans-doute le plus travaillé, est celui de Levine qui se présente comme une sorte de double de papier de l'auteur lui-même. A ce propos, j'ai particulièrement apprécié l'édition Folio classique et ses notes de fin d'ouvrage qui m'ont permis d'accéder à différents niveaux de lecture qui seraient restés invisibles à la lectrice que je suis sans leur aide. Léon Tolstoï a mis beaucoup  de sa vie dans l'histoire et la lecture d'Anna Karénine m'a donné très envie d'en découvrir davantage sur lui.

Au final j'ai adoré ce livre pour de multiples raisons, et pas nécessairement pour celles que je m'imaginais au départ.
J'ai aimé le personnage de Levine qui m'a totalement fascinée, ce portrait de la russie bourgeoise du 19ème siècle, ces vies qui se lient, se délient, ces intrigues, pénétrer dans les pensées intimes de ces hommes et ces femmes, ces réflexions sur la vie et la mort, sur l'essence du bonheur... Et je pourrais encore avancer bien d'autres éléments en faveur de ce magnifique roman. Je crains cependant de ne pas avoir saisi toute sa beauté et sa richesse en une seule lecture, et il me semble qu'une relecture se révèle indispensable pour apprécier pleinement ces pages.

Parvenue au bout de cette lecture je me suis sentie grandie par cette belle histoire qui m'a touchée, inspirée, fait réfléchir. J'ai voyagé en Russie pendant deux semaines... le voyage aurait pu être plus court, mais l'aurais-je autant apprécié ? J'en doute. Il faut lire Anna Karénine parce que c'est un monument et il faut le savourer, prendre son temps pour l'apprécier.

Des extraits qui m'ont émue :

p.172 : " La belle saison fut lente à venir. Un temps clair et glacial marqua les dernières semaines de carême. Si le soleil amenait pendant la journée un certain dégel, un froid de sept degrés sévissait pendant la nuit, et la gelée formait sur la neige une croûte si dure qu'il n'y avait plus de routes tracées. Le jour de Pâques se passa sous la neige. Mais, le lendemain, un vent chaud se leva brusquement, les nuages s'amoncelèrent, et pendant trois jours et trois nuits une pluie tiède et orageuse ne cessa de tomber. Le jeudi, le vent se calma tandis qu'un épais brouillard gris s'étendait sur la terre comme pour dissimuler les mystères qui s'accomplissaient dans la nature : la chute de la pluie, la fonte des neiges, le craquement des glaçons, la débâcle des torrents écumeux et jaunâtres. Enfin, le lundi de Quasimodo, vers le soir, le brouillard se dissipa, les nuages se dissipèrent en moutons blancs, et le beau temps apparu pour de vrai. Le lendemain matin, un soleil brillant acheva de fondre la légère couche de glace qui s'était reformée pendant la nuit et l'air tiède s'imprégna des vapeurs qui montaient de la terre. L'herbe ancienne prit aussitôt des teintes vertes, la nouvelle pointa dans le sol, les bourgeons des viornes, des groseilliers, des bouleaux, se gonflèrent de sève et, sur les branches des osiers inondés d'une lumière d'or, les abeilles, libérées de leurs quartiers d'hiver, bourdonnèrent allègrement. D'invisibles alouettes firent éclater leur chant au-dessus du velours des prés et des chaumes engivrés, les vanneaux gémirent dans les creux et les marais submergés par les eaux torrentielles ; les grues et les oies sauvages jetèrent, haut dans le ciel, leur appel printanier. Les vaches, dont le poil ne repoussait qu'irrégulièrement et montrait ça et là des places nues, meuglèrent dans les pacages ; autour des brebis bêlantes qui commençaient à perdre leur toison, les agneaux gambadèrent gauchement ; les gamins courraient le long des sentiers humides, où s'imprimait la trace de leurs pieds nus ; le caquetage des femmes occupées à blanchir leur toile s'éleva autour de l'étang, tandis que de toutes parts retentissait la hache des paysans réparant herses et araires. Le printemps était vraiment venu. "

p.387 : " Pour la première fois la mort, terme inévitable de toutes choses, se présentait à lui dans toute sa tragique puissance. Elle était là dans ce frère au sommeil agité qui invoquait indifféremment Dieu ou le diable. Elle était en lui aussi, prête à surgir aujourd'hui, demain, dans trente ans, qu'importait ! Et qu'était au juste cette mort inexorable ? Il ne le savait pas, il n'y avait jamais songé, il n'avait jamais eu le courage de se le demander. "

p.443 : " Depuis la veille, Levine vivait dans un complet état d'inconscience, et comme en dehors des conditions matérielles de l'existence. Il n'avait ni mangé ni dormi, s'était exposé au froid pendant plusieurs heures presque sans vêtements et néanmoins il se sentait frais, dispos, affranchi de toute servitude corporelle, capable des actes les plus extraordinaires comme de s'envoler dans les airs ou de faire reculer les murailles d'une maison. "

Gallimard (collection Folio classique) - 909 pages


Et comme j'ai adoré le livre, j'avais très envie de découvrir la dernière adaptation cinématographique en date (du moins à ma connaissance) du roman. J'ai donc enchaîné avec ce film et je dois dire que j'ai passé un fort agréable moment devant l'écran. J'étais à la fois inquiète et curieuse de découvrir comment cette histoire avait été transposée au cinéma. Je voyais mal comment il était possible de restituer toute la richesse de ce long roman en à peine (même pas) deux heures de temps. Les coupes sont inévitables, mais le tout est de bien les choisir. Il me semble que c'est ici le cas et que le film ne dénature pas trop le roman. L'ensemble se tient et reste plutôt fidèle au livre, si ce n'est la suppression pure et simple de la fille d'Anna Karénine tandis que dans le roman elle existe. Un détail qui n'est pas bien grave mais dont je ne saisis pas l'intérêt non plus...
Les décors sont sublimes, qu'il s'agisse des paysages blancs de neige ou des intérieurs fastueux. Le choix de la musique est juste parfait avec notamment des extraits du ballet Le lac des cygnes de Tchaïkovski.
J'aime assez également le choix des acteurs. Seul le rôle d'Anna elle-même me semble moins réussi. Pourtant j'aime l'actrice Sophie Marceau, mais dans ce film il lui manque un soupçon de tragique pour coller au personnage. Je la trouve trop jeune pour incarner le rôle et je n'aime pas du tout la coiffure qu'on lui a faite avec cette frange bien alignée qui accentue son côté juvénile. En revanche je la trouve plus crédible dans les scènes où elle joue la malade. 
Un bon film qui s'en tire plutôt bien avec ce monument de la littérature.
J'ai pris plaisir à prolonger un tantinet mon séjour en compagnie de Tolstoï et ainsi pu me sevrer en douceur !

Anna Karénine, réalisé par Bernard Rose - 1997
Avec : Sophie Marceau, Sean Bean, Alfred Molina, Mia Kirshner, James Fox...

~ ~ ~

Le billet de Christelle avec qui je devais faire lecture commune. J'ai été incapable de respecter le timing fixé mais peut importe, j'ai terminé le livre et c'est tout ce qui compte !
Toujours un billet de Christelle sur le film cette fois.

L'avis de Levraoueg, celui d'Erzébeth


Lu (et vu) dans le cadre des challenges Blog-O-Trésors (que je termine un peu en retard avec ce dernier billet), J'aime les classiquesLunettes noires sur pages blanches et Une année en Russie







Une année en Russie

Je pensais bouder ce challenge organisé par Pimpi malgré le magnifique logo, et puis finalement c'était sans compter que j'avais Anna Karénine dans ma PAL.

A présent je participe donc à Une année en Russie.
Toutes les infos ici.


COMPTEUR 1

Anna Karénine - Léon Tolstoï

L'orme du Caucase (Taniguchi & Utsumi)

mardi 19 janvier 2010

J'ai découvert l'univers des mangas et celui de Taniguchi en particulier avec l'histoire de Quartier lointain.
Ici, il s'agit d'une adaptation d'un recueil de nouvelles de l'auteur japonais Ryuichiro Utsumi.
Huit nouvelles qui tournent autour des mêmes thèmes : la solitude, la nature, les relations familiales, les choix de vie...
Chaque histoire en apparence insignifiante est porteuse d'émotion et de réflexion.
Beaucoup de poésie dans cet album, admirablement servie par les dessins de Taniguchi.
Un moment d'évasion hors du temps, des destins qui se rejoignent, des histoires universelles. C'est beau, c'est agréable à lire et ça fait du bien au coeur et chaud au ventre. J'en redemande et je crois que je vais m'empresser de découvrir les autres oeuvres de Taniguchi.
Décidément, cette collection Ecritures est de grande qualité.

Merci Ramanna, pour cette très jolie découverte.

Les avis de Keisha et de Florinette, elles aussi sous le charme.

Casterman (collection Ecritures) - 218 pages

Lunettes noires sur pages blanches

mardi 12 janvier 2010

Y avait longtemps... que je ne m'étais pas inscrite à challenge... Celui-ci j'étais sur le point de le lancer donc je me devais (si ! si !) de m'y inscrire !

Conjointement organisé par Fashion et Stéphanie, le challenge Lunettes noires sur pages blanches propose de croiser la littérature avec le 7ème art, bref de cumuler les plaisirs !

Pour en savoir plus, c'est ici ou .


COMPTEUR 3

Anna Karénine - Léon Tolstoï

Le lièvre de Vatanen - Arto Paasilinna

Les royaumes du nord - Philip Pullman

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