La brodeuse de Winchester (Tracy Chevalier)

vendredi 2 avril 2021

007795252.jpgPrésentation de l'éditeur :

Winchester, 1932. Violet Speedwell, dactylo de trente-huit ans, fait partie de ces millions de femmes restées célibataires depuis que la guerre a décimé toute une génération de fiancés potentiels. «Femme excédentaire», voilà l’étiquette qu’elle ne se résigne pas à porter, à une époque où la vie des femmes est strictement régentée. En quittant une mère acariâtre, Violet espérait prendre son envol, mais son maigre salaire lui permet peu de plaisirs et son célibat lui attire plus de mépris que d’amis. Le jour où elle assiste à un curieux office à la cathédrale, elle est loin de se douter que c’est au sein d’un cercle de brodeuses en apparence austère – fondé par la véritable Louisa Pesel – qu’elle trouvera le soutien et la créativité qui lui manquent. En se liant d’amitié avec l’audacieuse Gilda, Violet découvre aussi que la cathédrale abrite un tout autre cercle, masculin cette fois, dont Arthur, sonneur de cloches, semble disposé à lui dévoiler les coulisses. À la radio, on annonce l’arrivée d’un certain Hitler à la tête de l’Allemagne.

***

De Tracy Chevalier, je n'avais lu jusqu'à présent que La jeune fille à la perle qui ne m'avait guère plu. J'ai abordé La brodeuse de Winchester sans trop en attendre, et ma foi, j'ai plutôt aimé cette lecture.
Les reproches que j'avais émis à l'encontre de l'écriture de l'auteure dans La jeune fille à la perle sont valables aussi pour ce roman et je n'ai pas ressenti d'émotion à l'égard des personnages. Le style de l'auteure est assez froid et je ne suis pas parvenue à embarquer totalement dans l'histoire, restant toujours légèrement à distance (mais moins que dans La Jeune fille à la perle). Par contre, j'ai trouvé très intéressant toutes les scènes qui traitent de la broderie ou des sonneurs de cloches. Deux univers qui m'étaient inconnus et qui sont fascinants. Ce roman possède un je-ne-sais-quoi de contemplatif qui m'a rappelé d'une certaine manière - et bien que dans une culture totalement différente - l'atmosphère de La papeterie Tsubaki
Une lecture agréable, une jolie parenthèse.

Titre original : A Single Thread
Traduit de l'anglais par Anouk Neuhoff
La table ronde (Quai Voltaire), 349 pages, 2019 pour l'édition originale et 2020 pour l'édition française

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Existe aussi en ebook

La vague des BD #26

mercredi 31 mars 2021

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Présentation de l'éditeur :

En ces temps fort lointains habitait dans la ville de Solidor Illian, jeune apprenti sculpteur. Son habileté ravissait l'impitoyable Maître Koppel, délesté ainsi de la plupart des tâches de sculpture. Les habitants de Solidor avaient développé une passion pour les oiseaux exotiques, et chaque maison comportait au moins une cage en bois, avec au moins un oiseau. Les écouter enchantait Illian. Un soir, tandis qu'il fignolait un petit rossignol sculpté dans un rebut de bois, Maître Koppel surgit, furieux, avant d'être apaisé par sa fille, émerveillée par la sculpture. Une sculpture dont ils étaient, à cet instant, loin d'imaginer les répercussions sur toute la ville...

J'ai souhaité lire cet album parce que le scénariste était Hubert, auteur du génial Peau d'homme.
Le style et les illustrations de Gaëlle Hersent sont incontestablement un point fort dans cette BD, d'ailleurs l'objet-livre est superbe, mais le scénario est également de qualité. 
J'ai trouvé cette histoire originale et belle, ce premier tome donne envie de découvrir la suite. Malheureusement, le scénariste n'étant plus de ce monde, il faudra se contenter de cet opus. Cela dit, il forme déjà un récit en soi, et peut se lire pour lui-même. 
Le boiseleur possède un univers poétique et onirique, avec une teinte de médiéval-fantastique. J'ai particulièrement apprécié cette ambiance.
Une jolie découverte que je recommande.

Le boiseleur T1 - Les mains d'Illian
Hubert, Gaëlle Hersent
Soleil (Métamorphose), 2019

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Présentation de l'éditeur :

En fermant une dernière fois les volets de sa maison, Yvonne, 80 ans, abandonne 40 ans de vie pour intégrer un EHPAD. Le changement est rude pour cette femme indépendante, d’autant qu’elle a encore toute sa tête. Elle a du mal à s’acclimater à cette nouvelle vie, qui la rapproche douloureusement de la mort. Prise dans le tourbillon inéluctable de la vie, l’octogénaire décide de s’offrir une dernière parenthèse enchantée.

J'ai déjà rencontré deux fois dans mes lectures le binôme Séverine Vidal/Victor L. Pinel, et une fois encore ce duo fonctionne à merveille.
Le plongeon, c'est une histoire douce-amère, à la fois triste et porteuse d'un peu d'espoir. Le sujet est difficile, pour ma part cette lecture s'est révélée douloureuse mais non moins belle. 
Il y a beaucoup de délicatesse et de pudeur dans l'écriture et de beauté dans les dessins.
Un récit touchant, poignant.
Un album magnifique.

Le plongeon
Séverine Vidal, Victor L. Pinel
Bamboo (Grand Angle), 2021

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CoupDeCoeur2016.pngPrésentation de l'éditeur :

L'histoire vraie d'Hakim, un jeune Syrien qui a dû fuir son pays pour devenir « réfugié » . Un témoignage puissant, touchant, sur ce que c'est d'être humain dans un monde qui oublie parfois de l'être. L'histoire vraie d'un homme qui a dû tout quitter : sa famille, ses amis, sa propre entreprise... parce que la guerre éclatait, parce qu'on l'avait torturé, parce que le pays voisin semblait pouvoir lui offrir un avenir et la sécurité. Un récit du réel, entre espoir et violence, qui raconte comment la guerre vous force à abandonner votre terre, ceux que vous aimez et fait de vous un réfugié. 

Pas évident de vous parler de cette trilogie tant mon ressenti fut intense à sa lecture. Fabien Toulmé, au-delà d'un style graphique en apparence naïf, possède un vrai talent de conteur et parvient à nous faire vivre par procuration l'odyssée d'Hakim. Au fil des pages, on s'attache à lui, on devient lui. C'est totalement bouleversant  de découvrir les obstacles qu'il a rencontrés dans son périple incroyable, les événements dramatiques qu'il a traversés. Ca pourrait être vous ou moi, sauf que j'ai la chance de vivre dans un pays stable qui ne connaît pas la guerre. Néanmoins, le sentiment d'identification est puissant et j'ai été profondément touchée par cette histoire vraie.
A découvrir de toute urgence si vous ne connaissez pas encore Hakim. 

L'odyssée d'Hakim T1 - De la Syrie à la Turquie
Fabien Toulmé
Delcourt (Encrages), 2018

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008647830.jpgL'odyssée d'Hakim T2 - De la Turquie à la Grèce
Fabien Toulmé
Delcourt (Encrages), 2019

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008657548.jpgL'odyssée d'Hakim T3 - De la Macédoine à la France
Fabien Toulmé
Delcourt (Encrages), 2020

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CoupDeCoeur2016.pngPrésentation de l'éditeur :

L'histoire vraie d'Hakim, un jeune Syrien qui a dû fuir son pays pour devenir « réfugié » . Un témoignage puissant, touchant, sur ce que c'est d'être humain dans un monde qui oublie parfois de l'être. L'histoire vraie d'un homme qui a dû tout quitter : sa famille, ses amis, sa propre entreprise... parce que la guerre éclatait, parce qu'on l'avait torturé, parce que le pays voisin semblait pouvoir lui offrir un avenir et la sécurité. Un récit du réel, entre espoir et violence, qui raconte comment la guerre vous force à abandonner votre terre, ceux que vous aimez et fait de vous un réfugié. 

Après mon immense coup de cœur pour L'odyssée d'Hakim, j'ai eu envie de lire d'autre titres de l'auteur et je me suis tournée vers ce récit autobiographique. Deuxième lecture, donc, de Fabien Toulmé, deuxième claque et deuxième coup de cœur.
Dans cet album, l'auteur se met à nu et livre ses pensées les plus intimes, cet élan de vérité est absolument bouleversant. 
Poignant de sincérité, d'humanité aussi. Comment ne pas éprouver d'empathie pour cet homme qui reçoit l'arrivée de sa fille trisomique comme une épée de Damoclès qui viendrait lui fracasser le crâne.
Fabien Toulmé a un talent incroyable pour raconter et exprimer à travers ses dessins une large palette d'émotions.
Un magnifique témoignage.

Ce n'est pas toi que j'attendais
Fabien Toulmé
Delcourt (Encrages), 2014

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L'oiseau moqueur (Walter Tevis)

lundi 29 mars 2021

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"Pas de questions, détends-toi". C’est le nouveau mot d’ordre des humains, obsédés par leur confort individuel et leur tranquillité d’esprit, déchargés de tout travail par les robots. Livres, films et sentiments sont interdits depuis des générations. Hommes et femmes se laissent ainsi vivre en ingurgitant les tranquillisants fournis par le gouvernement. Jusqu’au jour où Paul, jeune homme solitaire, apprend à lire grâce à un vieil enregistrement. Désorienté, il contacte le plus sophistiqué des robots jamais conçus : Spofforth, qui dirige le monde depuis l’université de New York. Le robot se servira-t-il de cette découverte pour aider l’humanité ou la perdre définitivement ?

***

Je ne connaissais pas Walter Tevis, j'ai appris depuis que c'est l'auteur du Jeu de la dame dont j'ai vu la géniale adaptation en série télévisée. Je ne savais donc à quoi m'attendre avec L'oiseau moqueur, mais la thématique m'intéressait.
Avec cette lecture, je suis légèrement sortie de ma zone de confort. Le style de l'écriture est plutôt factuel et laisse le lecteur à distance des personnages et des émotions. Pourtant, l'histoire de cette société déshumanisée est passionnante. A la manière d'un roman initiatique, on remonte aux origines de cette ère robotisée à outrance, et l'on comprend petit-à-petit comment on en est arrivé là. Le scénario est très original, le monde décrit est angoissant et fascinant à la fois.
J'ai aimé découvrir cette plume et cet univers étonnant. 

Titre original : Mockingbird
Traduit de l'anglais par Michel Lederer
Gallmeister, 329 pages, 1980 pour l'édition originale et 2021 pour la présente édition française

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Existe aussi en ebook

La vague des albums #169

mercredi 24 mars 2021

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Présentation de l'éditeur :

Qui voilà ? C’est le loup ! Le loup qui pose toujours les mêmes questions, qui veut encore manger les enfants ! C’est toujours la même chose, c’est lassant ! Alors on le fait enrager et on lui dit qu’il n’est pas le loup. Et ça, ça l’énerve !

La bouille de ce petit loup est juste irrésistible. On prend les mêmes ingrédients que dans les autres titres de la série et on recommence. Le concept est archi-simple mais diablement efficace. Un ton malicieux, des mimiques rigolotes et un dialogue avec le lecteur, voilà les éléments de base pour faire de ce nouveau titre une réussite. 
J'avoue, je suis fan, et mes petits élèves aussi ! Que du bonheur avec Alex Sanders !
A noter que c'est un album pensé jusque dans les moindres détails pour les petits avec ses coins arrondis et ses pages cartonnées.

Pas le loup ?
Alex Sanders
L'école des loisirs (Loulou & Cie), 2021

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Présentation de l'éditeur :

Marius est un chinchilla haut comme 3 pommes, large comme 1 melon et doux comme 1 agneau.
Marus saute très haut, bondit comme un kangourou. Il gobe les mouches avant même qu'elles ne s'envolent !
Vous l'avez bien compris, Marius a plus d'une ruse à son arc !...

Déjà, ce que j'aime dans cet album, c'est que le héros soit un chinchilla. Avouez un peu, ce n'est pas commun dans les livres pour enfants ; pour ma part je n'avais encore jamais rencontré de chinchilla dans une histoire !
Qui plus est, Marius est mignon et tout rond, bref, il est très sympathique.
Dans ce récit pour les plus jeunes, une invitation à rêver en images en suivant les pérégrinations de Marius. Les dessins sont particulièrement jolis, délicats avec une pointe d'humour.
Je vous invite à découvrir cet album adorable ainsi que le site de l'artiste talentueuse qui en est l'auteure, Tataninig.

Les ruses de Marius
Tataninig
Verte Plume Editions, 2021

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Présentation de l'éditeur :

Il était une fois, un loup. «Un loup ? Mais quel loup ?» me direz-vous. Les loups ont depuis longtemps disparu de nos bois. D’ailleurs c’est simple, il n’y en a plus que dans les livres. Et à passer de page en page, ce loup est devenu tout plat ! Il a grand besoin d’un bon repas. Justement, voici trois petits cochons bien dodus...

Le plat du loup plat, c'est le célèbre conte des Trois petits cochons, mais détourné avec énormément d'humour.
La touche de ce loup plat est juste hilarante et le scénario absolument jouissif et désopilant. On sent en le lisant, que l'auteur a dû bien s'amuser à écrire et dessiner cet album. C'est très drôle, mais assez subtil en même temps et j'ai autant apprécié cette histoire en tant qu'adulte que mes petits élèves en tant qu'enfants.
J'aime quand les albums pour la jeunesse sont intelligents et proposent une lecture à plusieurs niveaux !

Le plat du loup plat
Michel Van Zeveren
L'école des loisirs (Pastel), 2021

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L'été des Perséides (Séverine Vidal)

lundi 15 mars 2021

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Jonas, 18 ans, est guide touristique dans la mangrove en Floride. Le lendemain d’une grosse tempête, il découvre que son collègue Evans a eu un accident et que son corps a mystérieusement disparu. Accompagné d’Ana, une amie d’Evans, Jonas part à sa recherche. Dans la région, les disparitions mystérieuses se multiplient et on retrouve des inconnus errant dans les rues, hagards et désorientés. Dans cette ambiance de fin du monde, Jonas et Ana essaient de comprendre ce qui se passe, et remontent le fil de leur histoire personnelle et familiale…

***

J'ai choisi de lire ce roman pour son auteure, parce que j'aime l'écriture de Séverine Vidal, sa sensibilité, son regard sur les choses (j'ai notamment adoré Quelqu'un qu'on aime).
Je suis donc entrée dans L'été des Perséides confiante et désireuse de découvrir ce livre.
Malheureusement, je crains être passée totalement à côté. Pire, je n'ai pas retrouvé ce que j'aime dans la plume de l'auteure.
Pourtant, cette histoire avait tout pour me plaire, le scénario était prometteur. Or, j'ai eu un sentiment d'inachevé au sortir de cette lecture. Le roman est, certes, court, mais il aurait été possible de creuser un peu le récit, étoffer l'univers, approfondir le travail sur les personnages... Là, au contraire, j'ai trouvé que le texte restait en surface et n'ai pas réussi à m'attacher à quiconque ni à embarquer dans l'aventure. Je suis restée à distance, perplexe. J'ai ressenti un je-ne-sais-quoi de bancal dans l'écriture, comme un déséquilibre, qui m'a empêchée d'adhérer au roman.
Bref, c'était une lecture décevante pour moi.
Dommage, car je le répète, j'apprécie cette auteure. 

Nathan, 267 pages, 2021

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Existe aussi en ebook

La ville sans vent - T2 (Eléonore Devillepoix)

lundi 8 mars 2021

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Alors que le froid s’abat sur Hyperborée, Lastyanax et Arka sont séparés. Le jeune mage a laissé derrière lui famille et amis pour se lancer à la recherche de sa disciple, partie retrouver ses racines loin du nord.
Pendant ce temps, la conquête de la cité semble à portée de main pour le maître des lémures. Mais les projets mortifères de ses supérieurs vont faire vaciller ses plans…
Parmi ces êtres aux destins entrelacés, qui prendra la tête de la ville sans vent ?

***

Après avoir découvert le premier tome, j'ai rapidement enchaîné avec le second.
J'aime, quand c'est possible, pouvoir lire une histoire en entier d'affilée. Ca permet, d'une part, de conserver une mémoire fraîche de ce que l'on vient de lire, et, d'autre part, de rester dans l'univers bâti par l'auteur.
J'étais impatiente et ravie de retourner dans La ville sans vent, et je dois dire que ce tome-ci était encore meilleur, d'une certaine façon, que le précédent. Plus profond, plus abouti, il m'a enthousiasmée. Une fois le décor et l'intrigue plantés dans le livre 1, le récit s'est intensifié dans le second. A part dans la dernière partie du roman, il y a moins de scènes d'action au profit de réelles réflexions sur différents sujets cruciaux. Complots politiques, jeux de pouvoir, place de la femme dans la société, corruption... Par moments, on se serait cru, non plus à Hyperborée, mais dans le monde réel.  
On en apprend également davantage sur les personnages et leurs imperfections qui les rendent plus palpables. Je me suis particulièrement attachée à Arka dans cette partie de l'histoire.
Une suite - et fin - fort réussie qui m'a procuré un grand plaisir de lecture. 
Une super série de fantasy, originale et bien écrite. 

Hachette, 400 pages, 2020

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Existe aussi en ebook

Wild (Cheryl Strayed)

vendredi 5 mars 2021

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Lorsque sur un coup de tête, Cheryl Strayed enfile son sac à dos, elle n'a aucune idée de ce qui l'attend. Tout ce qu'elle sait, c'est que sa vie est un désastre. Entre une mère trop aimée, brutalement disparue, un divorce douloureux et un lourd passé de junky, Cheryl vacille. Pour tenir debout et affronter les fantômes de son passé, la jeune Cheryl n’a aucune réponse, mais un point de fuite : tout quitter pour une randonnée sur le « Chemin des crêtes du Pacifique ». Lancée au cœur d’une nature immense et sauvage, seule sous un sac à dos trop lourd, elle doit avancer pour survivre, sur 1700 kilomètres d’épuisement et d’effort, et réussir à atteindre le bout d’elle-même. Une histoire poignante et humaine, où la marche se fait rédemption.

***

La première fois que j'ai entendu parler du mythique PCT (Pacific Crest Trail), c'est en lisant la BD Americana (qu'au passage, je vous recommande).
Ce sentier de grande randonnée (4240 km, tout de même !) situé dans l'ouest américain débute à la frontière mexicaine et remonte jusqu'à la frontière canadienne. Il doit son nom à l'océan Pacifique dont il n'est pas très éloigné, et se déroule parallèlement à celui-ci. Le sentier traverse de nombreux parcs nationaux et zones sauvages dans trois états différents (Californie, Oregon, Etat de Washington). Il serpente à travers une grande variété de paysages, et donc, de conditions météo.
Si cela vous intéresse, vous pourrez creuser le sujet de manière plus approfondie, mais voilà en guise de préambule pour planter un peu le décor. Vous l'aurez compris, ne fait pas le PCT qui veut, ce n'est pas une épreuve à la portée du petit randonneur du dimanche.

Pourtant, lorsque Cheryl Strayed, 26 ans, entame ce parcours en 1995, elle est totalement inexpérimentée. Elle se lance dans l'aventure de manière assez naïve, avec un sac à dos insoulevable qu'elle va rapidement baptiser "monster", et affronte la piste un pas après l'autre.
Par un savant aller-retour entre passé et présent, l'auteure nous raconte ces 1700 km parcourus et la raison pour laquelle elle a décidé de faire le PCT. Les transitions sont d'une fluidité incroyable, on passe sans s'en rendre compte de la marche sur le sentier à ce que Cheryl a vécu auparavant, et l'un comme l'autre sont passionnants.
L'empathie pour cette jeune femme abîmée par la vie est inévitable, mais elle fait rapidement place à l'admiration devant sa force de caractère et sa persévérance.
J'ai adoré ce récit fascinant et déroutant. L'effet d'immersion était total, j'ai eu le sentiment d'avoir fait une longue marche (bon, sans l'effort et les désagréments, bien entendu !) une fois le livre refermé. C'était émouvant et beau, tout simplement.
Un témoignage bouleversant.

Titre original : Wild
Traduit de l'anglais par Anne Guitton
10-18, 500 pages, 2012 pour l'édition originale et 2014 pour la présente édition française

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La ville sans vent - T1 (Eléonore Devillepoix)

lundi 1 mars 2021

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A dix-neuf ans, Lastyanax termine sa formation de mage et s’attend à devoir gravir un à un les échelons du pouvoir, quand le mystérieux meurtre de son mentor le propulse au plus haut niveau d’Hyperborée.
Son chemin, semé d’embûches politiques, va croiser celui d ‘Arka, une jeune guerrière à peine arrivée en ville et dotée d’un certain talent pour se sortir de situations périlleuses. Ca tombe bien, elle a tendance à les déclencher…
Lui recherche l’assassin de son maître, elle le père qu’elle n’a jamais connu. Lui a un avenir. Elle un passé.
Pour déjouer les complots qui menacent la ville sans vent, ils vont devoir s’apprivoiser.

***

Je suis passée près du coup de cœur avec ce premier tome.
Déjà, il y avait cette somptueuse couverture qui nous invite dans un monde mystérieux, celui de l'Hyperborée, la ville sans vent, à l'abri sous son dôme d'adamante. Un monde organisé de manière verticale avec sept niveaux. Plus l'on est aisé et occupe un poste important, plus l'on vit en hauteur. Mais l'on peut aussi y accéder en réussissant les épreuves de l'attribution, le tournoi de sélection pour devenir disciple d'un mage. C'est ainsi que Lastyanax a réussi à atteindre le fameux septième et dernier niveau. C'est aussi de cette manière qu'Arka va y parvenir...
J'ai quasiment tout aimé dans ce premier volume. L'univers, original et bien pensé ; les scènes sont très imagées et l'effet d'immersion garanti, on se représente aisément la ville au fil des chapitres. Les personnages, charismatiques, tout en nuances, pas manichéens. L'intrigue qui s'étoffe progressivement jusqu'à la toute dernière page. A la fin du roman, on sent que l'auteure en a encore sous le pied et qu'elle n'a pas tout délivré.
Si j'avais une - petite - critique à faire, elle concernerait le rythme, du moins dans la première partie du livre. Les chapitres sont très longs et ma lecture était très lente durant un bon premier tiers de l'histoire. Par la suite, l'intensité augmentant, le rythme change et l'impression de lenteur s'estompe.
Sur la fin, j'avais du mal à lâcher le livre, cela ne m'était pas arrivé depuis bien longtemps et c'était extra de retrouver cette délicieuse sensation d'addiction !
Un magnifique premier tome (histoire complète en deux tomes semble-t-il).

Hachette, 447 pages, 2020

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Existe aussi en ebook

L'Ickabog (J. K. Rowling)

vendredi 26 février 2021

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Haut comme deux chevaux. Des boules de feu étincelantes à la place des yeux. De longues griffes acérées telles des lames. L'Ickabog arrive...

La Cornucopia était un petit royaume heureux. On n'y manquait de rien, le roi portait la plus élégante des moustaches, et le pays était célèbre pour ses mets délicieux: Délice-des-Ducs ou Nacelles-de-Fées, nul ne pouvait goûter ses gâteaux divins sans pleurer de joie!

Mais dans tout le royaume, un monstre rôde: selon la légende, l'Ickabog habitait les Marécages brumeux et froids du nord du pays. On disait de cette créature qu'elle avait de formidables pouvoirs et sortait la nuit pour dévorer les moutons comme les enfants. Des histoires pour les petits et les naïfs? Parfois, les mythes prennent vie de façon étonnante...

Alors, si vous êtes courageux et voulez connaître la vérité, ouvrez ce livre, suivez deux jeunes héros déterminés et perspicaces dans une folle aventure qui changera pour toujours le sort de la Cornucopia.

***

Je le confesse, j'avais une appréhension avant de débuter cette lecture. Peur d'être déçue, de ne pas apprécier - pour la première fois - un livre de J. K. Rowling. La déconvenue aurait été rude.
Lors des premiers chapitres, bien que trouvant le texte plaisant à lire, j'ai un instant craint l'ennui. Mais, quand j'ai saisi l'intention de l'auteure, vers où elle voulait nous emmener, j'ai pu enfin me laisser pleinement prendre par l'histoire. 
Et quel plaisir ! 
Je sais que L'Ickabog n'a pas été apprécié de manière unanime par les lecteurs. Je pense, qu'encore une fois, ce titre a souffert de comparaisons avec la saga Harry Potter. A chaque fois que l'auteure a voulu proposer autre chose, les fans du sorcier se sont montrés réticents.
Très clairement, si vous souhaitez lire L'Ickabog, dites-vous que ce n'est en aucun cas une nouvelle aventure fantastique et épique, c'est... autre chose.
Cela étant dit, je peux maintenant affirmer haut et fort combien le talent de cette grande dame est immense. Toujours elle me surprend, et tout ce qu'elle entreprend nous montre qu'elle est une auteure complète, capable d'écrire des romans policiers, fantastiques ou encore de société.
Ici, il s'agit d'un conte. Conte qui m'a beaucoup fait penser à celui des Habits neufs de l'empereur de Andersen. Dans L'Ickabog, Rowling reprend cette idée de manipulation mentale et d'auto-conviction. Où comment, à force de suggestion, une personne peut parvenir à se convaincre de faits non advenus.
L'histoire est machiavélique et j'ai trouvé fascinant cette construction d'un mythe qui va jusqu'à transformer tout un royaume. C'est assez époustouflant. Si on ajoute à cela la superbe écriture (et traduction de Clémentine Beauvais), c'est un roman d'une fluidité sans pareille, qui se lit d'une traite avec un plaisir renouvelé page après page.
Une très belle surprise.
Merci à Marie pour le cadeau et à Claire pour la lecture partagée !

Titre original : The Ickabog
Traduit de l'anglais par Clémentine Beauvais
Gallimard Jeunesse, 340 pages, 2020 pour l'édition originale et l'édition française

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Les dernières reines (Christophe Léon, Patricia Vigier)

lundi 22 février 2021

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Le réchauffement climatique atteint des sommets dans cette zone équatoriale de l’Afrique où la forêt primaire n’est plus que résiduelle. L’agriculture intensive a investi toutes les terres disponibles et mobilise les dernières innovations technologiques – jusqu’à la pollinisation… Mais quand la fille du magnat de l’agroalimentaire achète sur le marché noir un mystérieux petit pot jaune à un séduisant africtiviste, un grain de sable s’immisce dans les rouages de la multinationale.

La catastrophe écologique qui se déclare risque de faire basculer de nombreuses vies, en direct sur les réseaux sociaux.

***

Sur le papier, ce roman avait tout pour me plaire. Un récit d'anticipation avec comme thématique centrale l'écologie, un auteur dont j'aime particulièrement la plume. Les premières pages m'ont embarquée, j'ai d'emblée aimé l'univers. Puis le soufflé est vite retombé, le traitement du sujet m'a paru bien trop manichéen. Les clichés sont nombreux, on a d'un côté le méchant, super patron richissime, de l'autre les pauvres qui veulent protéger la planète... bref, cela ne m'a pas convaincue et j'ai trouvé l'ensemble caricatural. Dommage, Christophe Léon m'avait habituée à des romans bien plus forts, celui-ci m'a laissé un goût de superficialité et d'inachevé.

Muscadier (Rester vivant), 202 pages, 2020

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