Certaines n'avaient jamais vu la mer (Julie Otsuka)

lundi 24 août 2020

002410546.jpgPrésentation de l'éditeur :

Ces Japonaises ont tout abandonné au début du XXe siècle pour épouser aux États-Unis, sur la foi d’un portrait, un inconnu. Celui dont elles ont tant rêvé, qui va tant les décevoir. Chœur vibrant, leurs voix s’élèvent pour raconter l’exil : la nuit de noces, les journées aux champs, la langue revêche, l’humiliation, les joies aussi. Puis le silence de la guerre. Et l’oubli.

D’une écriture incantatoire, Julie Otsuka redonne chair à ces héroïnes anonymes dans une mosaïque de la mémoire éblouissante. Un roman bouleversant.

***

Ce court roman de fiction basé sur des faits réels m'a permis de découvrir un pan de l'Histoire que je ne connaissais pas. Rien que pour cela, il est intéressant de le lire. L'écriture, toutefois, est particulière puisque la narration est faite à la première personne du pluriel du début à la fin du récit. Ce style pour le moins étonnant ne permet pas au lecteur de s'identifier aux personnages et limite le sentiment d'empathie. C'est assez étrange, car bien que le texte soit beau et le sujet émotionnellement chargé, je suis restée en dehors du livre que j'ai apprécié sans jamais y pénétrer totalement.

Titre original : The Buddha in the Attic
Traduit de l'anglais par Carine Chichereau
Actes sud, 144 pages, 2012 pour l'édition originale et 2013 pour la présente édition française

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Jours sauvages (Claire Cantais)

vendredi 24 juillet 2020

007648692.jpgPrésentation de l'éditeur :

Semaine 1 : Apprendre à Survivre. Semaine 2 : Survivre !
Ils ont entre 13 et 15 ans. Ils ne se connaissent pas. Mais ils sont inscrits ensemble à un stage bushcraft dans les Pyrénées cet été. Le bushcraft, c’est « l’art de vivre dans les bois ». Sans toit, sans nourriture, sans rien. Certains sont prêts à se donner à fond, d’autres feraient n’importe quoi pour ne pas être là. Mais pour tous, un même défi : dépasser ses limites.

Jours sauvages est le premier roman pour ados écrit par Claire Cantais, jeune auteure française dont je découvrais ici la plume.
Avec ce "Koh-Lanta version ado" (l'ouvrage est ainsi présenté par l'éditeur), je m'attendais à un page-turner, une histoire haletante avec des épreuves, des embûches et de l'action à chaque page. Or, ce n'est pas ce que j'y ai trouvé. L'histoire est très bien écrite, l'auteure a une écriture fluide et enlevée qui rend la lecture de ce roman agréable et facile. On tourne les pages sans s'en rendre compte pour engloutir en un rien de temps le récit. Pourtant, Jours sauvages m'a laissée sur ma faim et j'ai trouvée l'intrigue un peu faiblarde. En réalité, l'idée est bonne, cela aurait pu donner lieu à un bouquin palpitant, mais à mon sens Claire Cantais reste trop en surface, elle ne creuse pas assez le récit, les personnages, ce qu'ils vivent. Tout n'est qu'effleuré, on n'a pas vraiment le temps de s'attacher à la personnalité de l'un ou l'autre, ni même de ressentir une véritable empathie par rapport à ce que ces ados traversent. Résultat des courses, je suis restée à distance de cette histoire, ne me sentant pas véritablement impliquée. 
Une lecture plaisante mais sans plus.

Syros, 274 pages, 2020

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Existe aussi en ebook

Même les méchants rêvent d'amour (Anne-Gaëlle Huon)

lundi 20 juillet 2020

LesMechants.JPGPrésentation de l'éditeur :

Jeannine a 85 ans passés. Elle aime : les bals musette, les costumes des patineuses artistiques et faire un six aux petits chevaux. Elle n'aime pas : le sucre sur le pamplemousse, les films d'horreur et les gens qui postillonnent. Le jour où on lui annonce que sa mémoire s'apprête à mettre les voiles, Jeannine est déterminée à ne pas se laisser faire. Alors elle fait des listes. Toutes sortes de listes. Et elle consigne dans un carnet tous les bonheurs qui ont marqué sa vie. Quand Julia, sa petite-fille, la rejoint en Provence, elle découvre ce que sa grand-mère n'a jamais osé raconter. L'histoire d'un secret, d'un mensonge. Entourée d'une bande de joyeux pensionnaires, Julia va tenter de faire la lumière sur les zones d'ombre du récit. Et s'il n'était pas trop tard pour réécrire le passé ?

Premier roman que je lis de l'auteure. N'ayant pas d'attente particulière, j'imaginais que Même les méchants rêvent d'amour était un livre léger à lire à la plage, du genre qui fait passer un bon moment mais s'oublie aussi vite la dernière page tournée. Alors certes, il n'est pas inoubliable, mais pour autant ce livre recèle une profondeur assez inattendue.
Deux éléments m'ont séduite en particulier dans cette lecture. D'une part la galerie de personnages attachants et bien campés, le sentiment d'appartenance à cette fine équipe en lisant ces pages. D'autre part et surtout, la finesse d'analyse et l'approche de l'auteure en ce qui concerne la maladie d’Alzheimer. C'est un sujet difficile et pas évident à traiter, or Anne-Gaëlle Huon s'en sort avec les honneurs. On sent qu'elle a côtoyé une personne malade (ce roman est inspirée par l'histoire de sa grand-mère) et qu'elle s'exprime en connaissance de cause. Cet aspect m'a particulièrement touchée et j'aurais aimé découvrir ce livre avant.

Un beau récit émouvant.

Le livre de poche, 352 pages, 2020

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Nos résiliences (Agnès Martin-Lugand)

vendredi 10 juillet 2020

007347193.jpgC'est le premier roman que je lisais de l'auteure. J'ai découvert son univers l'année dernière via l'adaptation en BD des Gens heureux lisent et boivent du café, et cela m'avait donné envie de lire un de ses livres.

Ava et Xavier forment avec leurs deux enfants l'archétype de la famille parfaite. Ils exercent un métier qui les passionne (elle galeriste, lui vétérinaire), ils sont amoureux, leurs enfants sont adorables, bref, ils sont heureux et vivent en harmonie.
Un incident va faire éclater cette bulle de perfection et venir bousculer leur existence. 

L'histoire en elle-même n'est pas extraordinaire, j'ai le sentiment d'avoir déjà lu ce genre de récit auparavant. En revanche, ce qui rend la lecture addictive et accroche le lecteur, c'est l'étude psychologique des personnages. A travers les yeux d'Ava qui est la narratrice, on se retrouve en immersion dans la vie de ces quatre personnes, parents et enfants, et on traverse les épreuves à leurs côtés. C'est la finesse dans l'analyse des personnalités et des ressentis de chacun qui fait toute la réussite de ce roman. Ecrit par un autre auteur, le rendu n'aurait pas été le même, et l'histoire aurait pu en devenir banale et fade.
Un premier essai concluant qui me donne envie de lire d'autres titres de l'auteure. 

Michel Lafon, 332 pages, 2020

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L'île aux mille sources (Sarah Lark)

lundi 4 mai 2020

46163728._SY475_.jpgPrésentation de l'éditeur :

Londres, 1732. Nora, la fille d’un riche négociant, a perdu Simon, son premier amour, avec qui elle rêvait d’horizons lointains. Pour satisfaire ses envies d’exotisme, la jeune femme accepte d’épouser un veuf bien plus âgé qui possède une plantation en Jamaïque.
Nora embarque alors pour les Caraïbes, à la découverte d’une île enchanteresse. Mais, bien vite, elle déchante : les conditions de vie des esclaves dans les champs de canne la révoltent.
Décidée à faire évoluer les mentalités, Nora pourra compter sur le soutien de Douglas, le fils d’Elias. Mais la révolte gronde, qui pourrait bouleverser à jamais la vie de Nora.
Avec cette nouvelle saga, Sarah Lark nous entraîne sur les pas d’une héroïne forte et attachante, à la découverte de contrées lointaines où tout reste à inventer, à commencer par sa propre destinée.

Après ma découverte de l'auteur et la lecture de ses deux trilogies se déroulant en Nouvelle-Zélande, cette fois-ci, direction la Jamaïque ! 
Bien que le récit se déroule dans une toute autre partie du globe, j'ai eu une impression de déjà vu en lisant L'île aux mille sources. On retrouve le même type de scénario que dans les autres séries de l'auteur, le même genre de personnages, le même rapport de haine/fascination des hommes blancs pour les autochtones... Bref, vous l'aurez compris, j'ai largement moins aimé cette histoire que j'ai trouvée un peu poussive par moments.
Agréable mais sans plus, je ne suis pas certaine de poursuivre cette nouvelle saga à laquelle je préfère très nettement celle du Nuage blanc.

Titre original : Die Insel der tausend Quellen
Traduit de l'allemand par Penny Lewis
L'archipel, 455 pages, 2011 pour l'édition originale et 2019 pour l'édition française

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Existe aussi en ebook

(sort prochainement en poche)

La femme au carnet rouge (Antoine Laurain)

vendredi 1 mai 2020

21420967.jpgPrésentation de l'éditeur :

Un soir à Paris, une jeune femme se fait voler son sac à main. Laurent le découvre le lendemain, abandonné dans la rue, tout près de sa librairie. S’il ne contient plus de papiers d’identité, il recèle encore une foule d’objets qui livrent autant d’indices sur leur propriétaire : photos, notes, flacon de parfum… Désireux de la retrouver, l’homme s’improvise détective. À mesure qu’il déchiffre le carnet rouge contenant les pensées secrètes de Laure, le jeu de piste se mue en une quête amoureuse qui va bouleverser leurs vies.

Retrouvailles plaisantes avec la plume d'Antoine Laurain, découverte il y a une dizaine d'années. 
Cette histoire est plus légère et fleur bleue que les deux titres que j'avais lus de l'auteur, cependant on y retrouve sa patte. Un court roman qui fait passer un joli moment ; j'ai apprécié l'interlude.
Si vous avez envie d'une pause douceur (mais sans mièvrerie), c'est le livre qu'il vous faut.

Flammarion, 264 pages, 2014

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Existe aussi en version numérique (à tout petit prix en ce moment)

Oh happy day (Jean-Claude Mourlevat, Anne-Laure Bondoux)

lundi 20 avril 2020

007409043.jpgCoupDeCoeur2016.pngLorsque j'ai lu, il  y a un peu plus de quatre ans de cela, Et je danse, aussi, je n'imaginais pas qu'il aurait une suite. Je n'imaginais pas non plus que j'aurais un coup de cœur pour cette suite.
En réalité, bien qu'il s'agisse d'une suite, il est tout-à-fait possible de lire chacun des deux tomes indépendamment l'un de l'autre.
Oh happy day démarre quatre années (tiens, même temps qu'entre mes deux lectures !) après Et je danse, aussi. Quatre années de silence après lesquelles Pierre-Marie et Adeline vont reprendre leur correspondance.
D'emblée j'ai retrouvé le style et le ton d'écriture que j'avais tant aimés dans le premier volume. C'est à la fois drôle et poignant, émouvant. Les deux personnages sont toujours aussi attachants, même si je conserve depuis le début une affection toute particulière pour Pierre-Marie.
Les échanges épistolaires plein de vie rythment cette lecture qui se dévore à la vitesse grand V.
Bref, de merveilleuses retrouvailles, un nouveau titre à rajouter au panthéon de ma doudouthérapie !

Fleuve Editions, 322 pages, 2020

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L'âge d'ange (Anne Percin)

samedi 18 avril 2020

005900101.jpgPrésentation de l'éditeur :

La bibliothèque du lycée. C’était mon sanctuaire. L’abri sûr en cas de coup dur, le lieu saint à l’abri du vulgaire. C’était mon terrain de chasse favori, depuis que j’y avais découvert un gros livre relié de maroquin vert qui portait sur le dos ces lettres d’or : Amours des dieux et des héros. Je revenais toujours consulter ce livre, rêver à ces amours. M’éblouir d’images jusqu’à me brouiller la vue et la raison. Or, il arriva qu’un jour le livre disparut. Ce livre était ma machine à rêver. Qui avait pu m’en priver, sous prétexte d’un exposé banal, d’une simple lubie ?

Il m'est difficile de vous parler de ce livre, car si j'ai apprécié cette lecture, je ne suis pas certaine d'avoir saisi l'intention de l'auteure. Est-ce un texte engagé ? Une simple fiction ?
Toujours est-il que c'est un récit qui claque, qui émerveille par sa plume à la fois poétique et incisive.
Le temps de ces quelques pages, j'étais en apnée aux côtés de l'héroïne, plongée jusqu'au cou dans cette histoire amère et forte. On ne ressort pas indemne de ce livre.
Éblouissant.

L'école des loisirs (Médium Poche), 126 pages, 2018 pour la présente édition

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Detroit (Fabien Fernandez)

lundi 6 avril 2020

005007094.jpgPrésentation de l'éditeur :

Malmenée par les rixes des gangsters, les liquidations judiciaires et les combats de chiens, Detroit observe ses habitants parcourir son ossature de métal et de goudron, guette celui qui la sauvera de sa lente décrépitude. Pendant qu’Ethan, jeune journaliste new-yorkais fasciné par cette ville au passé industriel et musical glorieux, explore les quartiers de Motor City jusque dans ses bas-fonds, Tyrell attend fébrilement le moment où, son année de lycée terminée, il pourra enfin prendre son envol. Mais victime d’accès de colère incontrôlés, il peine à éviter les heurts avec les membres des Crips et l’expulsion scolaire. Quand ses recherches mettent Ethan sur la piste d’un détournement de fonds au sein de l’établissement de Tyrell, il soupçonne rapidement que l’affaire est sérieuse… Tous deux vont s’opposer comme ils le peuvent aux gangs qui règnent en maîtres à Motown. Nul ne sera épargné.

La première partie du roman ne m'a pas emballée, j'avais du mal à accrocher avec Ethan, personnage auquel il est difficile de s'attacher car l'auteur ne le développe guère. Par la suite, Ethan étant moins présent et l'histoire grimpant en intensité, j'ai fini par embarquer dans le récit.
La particularité de ce roman choral, c'est que l'une des voix qui s'exprime est la ville elle-même. Ainsi, trois narrateurs se partagent la parole : Ethan, Tyrell et Detroit. La vision de Detroit est extrêmement bien rendue, j'ai découvert dans ce texte son Histoire et son environnement. D'un point de vue purement documentaire, c'est donc un roman très intéressant, mais l'attrait pour Detroit ne s'arrête pas là, car il y a aussi le portrait de Tyrell. Impossible de ne pas éprouver un minimum d'empathie pour ce jeune homme touchant et attachant.
Une histoire percutante, un livre bien écrit qui me donne envie de découvrir d'autres écrits de l'auteur. 

Gulf Stream Editeur (Electrogène), 339 pages, 2017

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Dévisagée (Erin Stewart)

vendredi 27 mars 2020

product_9782075129572_244x0.jpgPremier roman prometteur pour cette auteure américaine.
Dévisagée, Ava l'est quotidiennement depuis qu'elle a été brûlée à 60% lors d'un incendie qui lui a enlevé du même coup ses parents et sa cousine.
Comment se reconstruire après que l'on a tout perdu, retrouver un semblant de vie normale, reprendre les cours au lycée ?
C'est un roman sur la capacité de résilience, sur la reconstruction, mais aussi sur l'amitié et l'identité.
Dès la toute première page on est happé par cette histoire bouleversante, dans le quotidien Ô combien difficile de cette adolescente dont l'existence s'est écroulée comme un château de cartes.
Malgré quelques petites maladresses, Dévisagée est un très beau livre sur un sujet difficile.

Titre original : Scars like wings
Traduit de l'anglais par Marie Leymarie
Gallimard Jeunesse, 455 pages, 2019 pour l'édition originale et 2020 pour l'édition française

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