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lundi 13 août 2018

Gingo (Sarah Cohen-Scali)

005314486.jpgDe Sarah Cohen-Scali, je n'avais lu jusqu'alors que le magistral Max, qui m'avait chamboulée. Dans un autre genre, elle nous propose ici aussi un roman fort.

Présentation de l'éditeur :

Le mur. Il sépare la Cité Bleue de la Cité Blanche, Smartcity à la pointe de la technologie. Jade vit du côté bleu, là où le travail manque, où la vie est rude. Là où ses ancêtres ont un jour décidé de se déconnecter pour échapper à l’œil inquisiteur du Net. Elle doit ainsi se soumettre aux lois imposées par la Cité Blanche. Lui accordera-t-on ce qu’elle désire par-dessus tout ? Le droit d’avoir un enfant ? Accord refusé. Jade doit adopter. Or les Adoptés ne sont pas des enfants comme les autres. Ils sont difficiles à élever, à aimer. Ils servent avant tout d’objets d’étude pour les scientifiques de la Cité Blanche. Mais Jade parviendra à aimer Gingo comme son propre fils et de ce fait, elle conduira la Cité Bleue à la rébellion. À travers le combat d’une mère pour son fils, se dessine le portrait angoissant d’une société hyper connectée, assujettie à la suprématie des algorithmes et de l’Intelligence artificielle. Celle de demain ?

Autant l'énoncer d'emblée, je suis sortie de ma zone de confort lors de cette lecture et j'ai ressenti un profond malaise de la première à la dernière page. Difficile, dès lors, de dire que j'ai aimé ce roman, et pourtant il m'a marquée. Depuis que je l'ai terminé, il s'est rappelé à moi à de nombreuses reprises, et j'ai continué d'y penser.
Finalement, bien que le genre et le récit soient différents de ceux de Max, on peut établir des parallèles entre ces deux textes. Quelque part, la thématique est la même, dans les deux l'auteur nous invite à réfléchir sur l'humanité au sens large. On retrouve également des similitudes au niveau de l'écriture, qui est très particulière, même si, ici, le procédé narratif est plus classique que dans Max. 
Je suis ressortie de cette lecture un peu nauséeuse, les yeux écarquillés d'effroi et de surprise. 
Un roman qui ne laisse pas indifférent, puissant, très puissant. Décidément, Sarah Cohen-Scali est un auteur à suivre.

Gulf stream éditeur (Électrogène), 348 pages, 2018

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mardi 20 octobre 2015

Max (Sarah Cohen-Scali)

PF77_Max_exe5.inddMax fait partie de ces romans dont vous ressortez différent, qui ont un réel impact sur votre vie. Comment, après avoir lu ces presque cinq cents pages, ne pas être profondément touché, ému, effrayé ? Comment ne pas s'interroger, ne pas se demander, à l'instar de Jean-Jacques Goldman, " Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens si j'avais été allemand ? "

Max est le récit à la première personne d'un enfant issu du programme " Lebensborn ". De sa conception à ses neuf ans, de l'avant à l'après-guerre, on suit l'évolution de ce  " prototype idéal ". Max a été conçu sans amour, il sera le premier-né de la future race aryenne. Avec Hitler pour père spirituel et la patrie pour mère nourricière, il va grandir au sein d'une jeunesse formatée destinée à régénérer l'Allemagne, à la " purifier ". 

Le procédé narratif qui peut surprendre au départ (au début, Max nous parle alors qu'il est encore dans le ventre de sa mère) se révèle très efficace et suscite l'empathie du lecteur. Car, étonnamment, on déteste Max tout en le prenant en pitié. L'ambivalence des sentiments que l'on nourrit à son égard est déstabilisante, mais aussi constructive, d'une certaine façon. Elle permet de faire un premier pas dans la compréhension de l'inadmissible, de la cruauté et de l'horreur. Le personnage de Max, aussi laid (moralement, s'entend) soit-il, possède malgré tout les traits d'un être humain comme les autres, avec ses failles et ses doutes. 

C'est en cela que j'ai trouvé ce livre génial, car il expose les faits sans jamais porter de jugement de valeur, sans jamais chercher à influencer le lecteur.

Un roman remarquable qui incite à réfléchir. Une lecture indispensable.

Gallimard Jeunesse (Scripto), 480 pages, 2015 pour la présente édition

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