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mercredi 3 janvier 2018

Phobos #4 (Victor Dixen)

9782221202197FS.gifLa série Phobos est à présent terminée puisqu'il s'agit du dernier tome.

Nous retrouvons les personnages là où nous les avions laissés à la fin du précédent tome, et s'il n'est pas forcément évident de raccrocher les wagons dans les premières pages, la mémoire revient vite grâce aux indices dispensés par l'auteur. 
Evidemment, je me demandais comment l'histoire allait se terminer, et, surtout, quelle direction allait prendre Victor Dixen. Force est de constater, une fois encore, que ce dernier possède une imagination illimitée et que son écriture est toujours aussi efficace. Un style incisif, visuel, digne d'un scénario de film. Le texte est enlevé, rythmé, hautement addictif. La fin, totalement improbable, m'a plu. Je suis donc très heureuse de ce dernier tome et de la façon dont la boucle est bouclée.

Malgré cette impression largement positive, pas de coup de cœur cette fois, comme ce fut le cas pour les tomes précédents. J'ai trouvé dans ce dernier opus que l'auteur s'éparpillait un peu par moments, et que cela gâchait un tantinet l'intrigue. Certains développements étaient, me semble-t-il, superflus, et s'éloignaient à mon sens de l'histoire principale sans y apporter une valeur ajoutée. J'ai eu le sentiment, parfois, que l'auteur avait encore matière à raconter, et que, faute de pouvoir rallonger la série, il rallongeait ce tome pour se faire plaisir. Ceci est un léger bémol, mais suffisant pour que je sois passée à côté du coup de cœur. Cela dit, c'est un excellent final dont il ne faut absolument pas bouder la lecture.
Voilà qui clôt avec brio une série incroyable.

Robert Laffont (R), 649 pages, 2017

mardi 20 décembre 2016

Phobos (Victor Dixen)

CoupDeCoeur2016.pngAvant la fin du mois, il fallait que je vous parle de ma nouvelle addiction, j'ai nommé la série Phobos !
Comme beaucoup de séries qui font parler d'elles, celle-ci me lorgnait du coin de l’œil mais j'hésitais à tenter l'aventure par peur d'être déçue. Finalement, j'ai démarré ma lecture en mode audio avec le premier tome et j'ai enchaîné illico sur le deuxième avant de repasser au format papier pour le tome intermédiaire Origines, et enfin le troisième et dernier tome de la série. Retour, donc, sur cette expérience de lecture ! 

Phobos est une série de science fiction basée sur une idée de départ assez géniale, à savoir une émission de télé-réalité dans l'espace. 

Six prétendantes.
Six prétendants.
Six minutes pour se rencontrer.
L'éternité pour s'aimer. 

La Nasa a été rachetée au gouvernement surendetté des Etats-Unis par le fonds d'investissement multinational Atlas Capital. Pour accélérer la conquête spatiale, Atlas Capital lance le programme Genesis qui allie un projet spatial (la conquête de Mars) à une émission de télé-réalité. Douze jeunes gens (six filles et six garçons) ont été sélectionnés pour un aller simple vers la planète rouge où ils devront établir la première colonie humaine. Les deux groupes voyagent séparément mais peuvent se rencontrer lors de séances de speed-dating à bord du vaisseau spatial. A l'issue du voyage, en fonction des préférences affichées par les uns et les autres, six couples seront formés. Les candidats ont entre 17 et 20 ans et sont originaires de différents pays. 

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Le premier tome est consacré au voyage vers Mars et l'action se déroule donc dans un vaisseau spatial. Le lecteur fait connaissance avec les douze prétendants et découvre la vie à bord. Et puis, bien sûr, il y a les séances de speed-dating puisque l'émission démarre quand les candidats embarquent dans le vaisseau. Dès cet instant, ils seront filmés en permanence. La narration est alternée entre ce qui se passe à bord du vaisseau et sur Terre. Dans l'espace, c'est à travers les yeux de Léonor, la prétendante française, que l'on suit l'histoire.
C'est une entrée en matière fracassante, on est d'emblée plongé au cœur du programme Genesis et bien évidemment, l'émission ne va pas se dérouler comme prévu. L'intrigue est bien ficelée et le suspense maintenu jusqu'au bout. L'écriture de Victor Dixen est parfaite, la narration alterne selon des plans qui se succèdent, comme si on était dans l'oeil de la caméra. On a parfois même l'impression de lire un scénario de film tellement c'est visuel. 

Phobos
Robert Laffont (R), 432 pages, 2015

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Le deuxième tome est consacré à l'arrivée et à l'installation sur Mars. Changement de décor, les couples sont à présent formés et vont découvrir la base où ils vivront désormais. Un élément majeur annoncé à la fin du premier tome a modifié l'état d'esprit des pionniers de Mars qui sont en danger. Toujours autant de suspense et une intrigue qui se complique au fil du temps. Une bonne partie du récit est aussi consacrée à deux personnages sur Terre qui sont en lien indirect avec les prétendants. L'écriture est toujours aussi vivante et maîtrisée, ce nouvel opus s'engloutit comme le premier.

Phobos 2
Robert Laffont (R), 489 pages, 2015

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Phobos Origines, comme son nom l'indique, est consacré aux origines de l'histoire et s'intéresse à la vie des six prétendants avant le programme Genesis. Qui sont-ils et pourquoi ont-ils candidaté pour l'émission ? Il est possible de lire ce tome avant de démarrer la série, mais je trouve plus intéressant de le lire après le premier tome, c'est-à-dire une fois que l'on a fait connaissance avec l'ensemble des personnages. Ainsi, on conserve l'effet de surprise. L'ouvrage est divisé en six parties, une pour chaque prétendant, et dans chacune d'entre elles, on retrouve une scène commune qui rassemble les personnages. C'est un tome qui n'est certes pas indispensable mais qui apporte un éclairage nouveau sur les six garçons et permet de mieux comprendre certains éléments de l'histoire. 

Phobos Origines
Robert Laffont (R), 299 pages, 2016

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Que dire enfin, de ce troisième tome, sans vous spoiler ? Sans doute celui que j'ai préféré, le plus abouti, le plus sombre, le plus intense. On est bien loin de l'image idyllique de ces douze jeunes gens censés faire rêver le spectateur (et le lecteur !). Si l'on remonte au tout début de l'histoire, au moment de leur embarquement pour Mars, on réalise tout le chemin qui a été parcouru. Les personnages ont évolué au fil du temps, pas toujours comme on s'y attendait, et leurs préoccupations aussi. J'ai eu peur lorsque j'ai abordé la dernière partie, je me suis demandé comment l'auteur allait parvenir à boucler le récit et à répondre à toutes les questions d'ici la fin du livre. Et pourtant, Victor Dixen a réussi à nous offrir un final à la hauteur de la série, jusqu'au bout il maîtrise l'intrigue et la narration, chaque phrase est posée, les mots sonnent juste. 

Phobos 3
Robert Laffont (R), 619 pages, 2016

Phobos est une série géniale qui peut concurrencer les séries à succès américaines sans aucun complexe !

mardi 4 mai 2010

Le cas Jack Spark ~ Saison 1 - Eté mutant (Victor Dixen)

Voilà un cas difficile que celui de Jack Spark... Ni séduite, ni totalement déçue, je me retrouve au sortir de cette lecture avec un sentiment mitigé. Le type de roman qui me laisse perplexe avec la désagréable impression de ne pas savoir moi-même si j'ai aimé ou non... Ni l'un ni l'autre, entre les deux en quelque sorte.

Ce premier volet d'une quadrilogie est un roman d'un genre qui se situe à la frontière entre le merveilleux et le fantastique avec un récit qui s'inscrit dans le monde contemporain réel et des personnages qui relèvent des contes et de la mythologie. Le cas Jack Spark ne fait pas dans la facilité. Et de cela, le lecteur ne peut que se féliciter, ou plutôt féliciter son auteur pour proposer aux adolescents un roman qui sorte de l'ordinaire et change un peu des univers habituels de la fantasy et du fantastique

Jack Spark est un jeune garçon âgé de quinze ans, américain par son père, français par sa mère, et vivant à New York. Jusque là, rien que de très normal. Là où ça se complique, c'est que l'adolescent souffre d'insomnie chronique, handicap qui l'empêche de mener une vie normale. Comment, en effet, suivre correctement les cours au collège et avoir une vie sociale, quand on ne dort que quelques heures chaque nuit, et que l'on réitère toujours le même cauchemar effrayant ? Les conséquences de ce manque de sommeil sont inévitables et Jack obtient in extrémis son passage au lycée. Seulement ce passage à un prix, et ce sont les vacances d'été de Jack qui vont en pâtir. Au lieu de séjourner chez son grand-père comme à l'habitude, le jeune homme se voit inscrit dans une colonie de vacances un peu spéciale... A Redrock dans le Colorado, il va découvrir qu'il y a encore plus singulier chez lui que cette insomnie chronique, découvrir qui il est vraiment. Pire encore, il s'apercevoir que ceux qui l'entourent ont aussi leurs particularités. L'été s'annonce mal.

Un roman au contenu riche où il est question d'acceptation de soi, de tolérance, de différence... Les thèmes abordés sont multiples et tous centrés sur la difficile période de mutation qu'est l'adolescence. Jack apparaît ainsi comme le symbole de ces adolescents qui vivent mal les transformations liées à leur âge. Le tout servi par une intrigue assez bien menée et une narration agréable et rythmée. Le récit est dense malgré la prépondérance des scènes d'action, il faut pour le lecteur, suivre le fil des explications qui parsèment l'ensemble du roman et font parfois replonger dans l'histoire des sciences. La palette de personnages est finement étudiée et bien vue, l'habituelle dichotomie bons-mauvais fait place à des catégories intermédiaires, les méchants ne sont pas forcément là où on les attend, et pour ma part j'aime ça ! Le suspense est également bien amené, si l'on perçoit quelques ficelles, les surprises sont néanmoins nombreuses et il faut patienter un bon nombre de pages pour découvrir la nature véritable de Jack qui est plutôt... surprenante.

Bref, un roman de jeunesse qui sort des sentiers battus, plutôt bien écrit et agréable à lire. Mais, car il y a un mais - sinon je ne serais pas si dubitative au sortir de ma lecture - je n'ai pas réellement accroché avec ce premier opus. Tout au long de ma lecture, j'ai éprouvé des sentiments contradictoires, tantôt intéressée et avide de lire la suite, tantôt indifférente. Certains passages, notamment ceux liés à Jack (qui est d'ailleurs le narrateur de l'histoire) et à ses moments d'introspection m'ont touchée, voire émue. Les toutes premières pages notamment, sont très fortes, lorsque qu'elles décrivent la souffrance du garçon qui ne parvient pas à trouver le sommeil. En réalité, j'ai l'impression que ce que je n'ai guère apprécié dans ce roman, c'est la façon dont Victor Dixen traite l'aspect fantastique. L'idée est originale encore une fois et intéressante, mais c'est la façon dont elle est amenée qui m'a gênée. Il y a trop de super pouvoirs, de caractéristiques, d'informations à intégrer, et finalement la solidité du récit et sa crédibilité s'en ressentent. Je ne sais comment le formuler, mais c'est comme si j'étais restée en dehors, incapable de croire à ce monde. Et pourtant je suis la première à m'imprégner d'univers plus magiques et extraordinaires les uns que les autres, je me laisse facilement embarquer dans ce genre d'histoire. Avec Le cas Jack Spark, je suis restée sur le quai, assistant aux événements à distance. Quelque part, c'est un peu "too much" par moments, et il y a comme un décalage entre le socle de cette histoire, ces fondations solides et travaillées, et la façon dont elle se déroule, certaines actions survenant de façon un peu maladroite.

Voilà, que dire de plus ? Je pense sincèrement que c'est un bon premier roman qui devrait plaire à la plupart des lecteurs. Je crois qu'il ne faut pas trop se fier à mon avis qui est un ressenti très personnel que je ne puis justifier de façon totalement objective autrement qu'en évoquant cette surenchère "d'effets spéciaux" et de supers pouvoirs qui ont fini par me détacher de l'histoire. Parfois, quand on ouvre un livre, la sauce ne prend pas, il faut savoir l'accepter. Si la curiosité prend le dessus , faites un essai, si ça se trouve vous adorerez !


Ce premier tome est sorti en octobre 2009 et la suite ne s'est pas trop faite attendre puisqu'elle sortira le 25 mai prochain, il s'agit de la saison 2 - L'automne traqué .Vous pourrez découvrir la couverture de ce deuxième tome ainsi qu'un argumentaire sur le site de l'éditeur Gawsewitch.  Je vous invite également à visiter le blog de Victor Dixen qui permet d'en apprendre davantage sur lui (il faut savoir qu'il souffre lui-même d'insomnie depuis l'enfance et que son roman s'inspire en partie de sa vie) notamment à travers  une interview très intéressante.


Les avis de SBM qui m'avait donné envie de lire ce roman et de Theoma 


Jean-Claude Gawsewitch - 521 pages