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mercredi 18 mars 2020

La vague des BD #19

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Présentation de l'éditeur :

Île de La Réunion, 1914. La famille Grondin vit à Grande Ilette, hameau situé dans la montagne dominant la petite ville de Saint-Joseph. L’existence y est difficile. La guerre qui vient d’éclater en Europe paraît lointaine, presque irréelle. À cette époque, il faut un mois de bateau pour rejoindre la France depuis la petite colonie de l’océan Indien. Et pourtant, Benjamin, le père de famille, se trouve mobilisé. Comme d’autres Réunionnais, il passera par Madagascar avant de rejoindre le front des Dardanelles. Mais pour Benjamin, ce n’est que le début d’une aventure humaine exceptionnelle...

Avec cet album, j'ai découvert à la fois une maison d'édition et un pan de notre Histoire. Au-delà de la fiction, L'autre côté la mer est aussi un véritable témoignage sur ce que fût la première guerre pour les réunionnais. On pourrait penser, compte tenu de l'éloignement géographique d'avec la métropole, que l'île de La Réunion aurait été en quelque sorte épargnée par la grande guerre, mais il n'en est rien. 
Le récit est intéressant et le style des dessins m'a plu, en particulier la mise en couleur. Seul petit bémol, il manque, me semble-t-il, un lexique pour aider à la lecture des passages écrits en créole (cela concerne une partie du texte seulement). En effet, si certains mots sont transparents par rapport au français, certains dialogues m'ont donné davantage de fil à retordre. 
A noter, en fin d'ouvrage, la présence d'un carnet documentaire qui vient éclairer la lecture ; bien conçu et passionnant.
Un bel album.

L'autre côté la mer
Gilles Gauvin, Jean-Marc Pécontal, David D'Eurveilher
Epsilon, 2019

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Dans le même style que Avez-vous lu les classiques de la littérature ? et avec de nouveau (entre autre) Soledad Bravi aux commandes, voici un album sur les années 70.
Les deux auteurs nous renvoient le temps de cette lecture dans le passé et brossent le portrait de ces années où l'on portait des pantalons " patte d'éph' " et où il fallait se déplacer pour baisser le volume de la télévision.
Organisé autour de chapitres thématiques tels que Le téléphone, Les voitures ou encore La mode, cette BD un brin nostalgique m'a replongée en enfance avec bonheur. A chaque page ou presque, je souriais béatement à l'évocation de souvenirs enfouis dans la mémoire.
A tous ceux qui ont grandi à cette époque, n'hésitez pas à lire ce délicieux hommage aux seventies.

C'était mieux avant
Soledad Bravi, Hervé Eparvier
Rue de Sèvres, 2020

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Ce premier tome d'un diptyque est une adaptation de l'univers holmésien. Comme l'indique le titre, le lecteur est dans la tête du célèbre détective et vit l'histoire selon les hypothèses et déductions de ce dernier. Le procédé est habile et l'illustration rend admirablement cette impression de pénétrer les pensées de Sherlock. Les couleurs choisies, les détails et la mise en page rendent cet album particulièrement beau. 
J'ai adoré cette incursion en images dans l'oeuvre de Conan Doyle.
Une superbe idée et une magnifique réalisation.

Dans la tête de Sherlock Holmes T1 - L'affaire du ticket scandaleux
Cyril Lieron, Benoît Dahan
Ankama, 2019

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Présentation de l'éditeur :

Que feriez-vous si d’un coup vous vous aperceviez que vous ne vivez plus qu’un jour sur deux ? C’est ce qui arrive à Lubin Maréchal, un jeune homme d’une vingtaine d’années qui, sans qu’il n’en ait le moindre souvenir, se réveille chaque matin alors qu’un jour entier vient de s’écouler. Il découvre alors que pendant ces absences, une autre personnalité prend possession de son corps. Un autre lui-même avec un caractère bien différent du sien, menant une vie qui n’a rien à voir. Pour organiser cette cohabitation corporelle et temporelle, Lubin se met en tête de communiquer avec son « autre », par caméra interposée. Mais petit à petit, l’alter ego prend le dessus et possède le corps de Lubin de plus en plus longtemps, ce dernier s’évaporant progressivement dans le temps... Qui sait combien de jours il lui reste à vivre avant de disparaître totalement ?

Après ma lecture du Patient l'année dernière, j'avais envie de découvrir cet autre titre de Timothé Le Boucher.
On retrouve dans ce récit pourtant bien différent la marque de l'auteur. Le même style graphique, un album one shot très dense, une fine étude de la psychologie des personnages. Ayant aimé Le patient, j'ai donc apprécié cet album, là encore une sorte de thriller fantastico-psychologique, le genre d'histoire qu'on a du mal à lâcher, un peu oppressante, angoissante.
Un bon cru !

Ces jours qui disparaissent
Timothé Le Boucher
Glénat, 2017

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mercredi 29 mai 2019

La vague des BD #13

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JCoupDeCoeur2016.pnge pensais la série achevée, or, à ma grande surprise, est paru ce cinquième tome. Est-ce à dire que la série va se poursuivre ? Je l'ignore. En tout cas, une chose est sure, si d'autres tomes aussi bons que celui-ci sont prévus, je m'empresserai de les lire. Car, si j'avais trouvé le quatrième volume légèrement moins bon que les précédents, ce cinquième est un coup de cœur. Je craignais "le tome de trop", une commande éditoriale, du réchauffé, bref, j'étais très loin de me douter que j'allais aimer à ce point Bons pour l'asile. C'est bien simple, j'ai ri du début à la fin ! 

Présentation de l'éditeur :

Retour à Paris pour Antoine, Mimile et Juliette. Le plan est simple : ramener Juliette auprès de sa mère, puis filer au Stade de France pour assister au match de rugby France-Australie. C'est du moins ce qui est prévu... Mais, désireuse de voir son père et son grand-père se rabibocher, Sophie les oblige à s'occuper ensemble de Juliette jusqu'au lendemain. Mimile ne peut donc compter que sur Pierrot pour l'accompagner au match. Or, Pierrot l'anarchiste mène un nouveau combat : il s'est engagé en faveur des migrants. Alors vous pensez bien qu'assister à un match opposant la France, qui refuse d'accueillir les migrants, à l'Australie, qui ne pense qu'à les entasser dans des camps, bafouant ainsi les droits de l'homme, c'est hors de question ! Mimile n'a plus pour seule compagnie que ses désillusions... Et si lui aussi était bon pour l'asile ?

On retrouve dans Bons pour l'asile l’irrévérence et l'humour si caustique des premiers tomes, l'essence-même de la série. Les personnages sont hyper bien campés et croqués, les dialogues fusent, les situations ubuesques s'enchaînent et la soixantaine de pages se lit d'une traite. Bien entendu au passage, on notera des messages liés à l'actualité et à la politique, car les héros sont engagés, mais c'est aussi une série qui traite des thématiques plus "simples" comme la famille ou l'amitié.
Un superbe tome qui redonne du souffle à la série, un excellent moment de lecture et de nombreux éclats de rire.
A lire de toute urgence, de préférence lorsque l'humeur est morose !

Les vieux fourneaux #5 - Bons pour l'asile
Lupano, Cauuet
Dargaud, 2018

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Les lecteurs de ce salon savent combien j'aime l'écriture de Zweig que j'ai découverte avec sa célèbre nouvelle Le joueur d'échecs. J'avais donc très envie de découvrir cette adaptation en BD, et je n'ai pas été déçue.
David Sala a réussi le tour de force de restituer en images l'ambiance si particulière de la nouvelle. Ses dessins colorés à l'aquarelle sont superbes et très lumineux. J'ai particulièrement aimé les scènes qui se déroulent sur le pont du paquebot et les imprimés des textiles (robes, fauteuils...). Ce formidable travail d'illustration saute aux yeux directement, mais il y a également un travail remarquable au niveau du scénario. Cette adaptation reste fidèle au texte original tout en lui apportant un éclairage nouveau à travers les yeux de l'artiste.
Une réussite.

A noter à la fin de l'ouvrage, un bonus intéressant, quelques croquis préparatoires et une photo de l'atelier de l'auteur.

Une vidéo d'une interview de l'auteur lors du festival d'Angoulème 2018.

Le joueur d'échecs
David Sala
Casterman, 2017

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Au détour des rayons alors que je flânais en librairie, mon regard a été attiré par cette couverture. J'ai acheté cette bande dessinée parce que les dessins me plaisaient et après avoir lu la quatrième de couverture ; je n'en avais pas entendu parler auparavant.
Une famille au complet a été assassinée. Six ans après, Pierre Grimaud, l'unique survivant du massacre, se réveille d'un profond coma. Il est alors pris en charge par une psychologue spécialisée en criminologie, Anna Kieffer. Lors des séances auprès de son patient, elle amène celui-ci à se souvenir de ce qui s'est passé la nuit où sa famille a été décimée.
Contrairement à ce que peu laisser penser la douceur de l'illustration de couverture, cette histoire est un thriller psychologique. Le suspense et la noirceur sont bien présents dans ces pages que l'on tourne avidement pour découvrir ce qui se passe ensuite. 
J'ai à la fois aimé le scénario et les dessins et j'ai passé un excellent moment de lecture avec Le patient.

Le patient
Timothé Le Boucher
Glénat, 2019

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Cet album me faisait de l’œil depuis longtemps mais je craignais la déception après ce battage médiatique sur les blogs. Finalement j'ai succombé à la tentation et je ne le regrette absolument pas !
Le prince et la couturière, c'est une sorte de conte des temps modernes qui met en scène la vie d'un jeune prince passionné de haute couture. Sa passion l'amène à endosser une double identité et à s'habiller en femme en cachette. Sa rencontre avec la couturière Francès va changer sa vie.
Avant de vous plonger dans cette BD, sachez qu'il n'y est ni question d'homosexualité, ni de de thématiques comme le transgenre ou l'identité sexuelle. Sébastien est un homme et ne remet pas en cause cela, simplement il aime les robes et se transformer en femme. C'est son excentricité, ni plus ni moins.
J'ai adoré cette histoire qui sort des sentiers battus, qui met en avant des valeurs comme le respect d'autrui et de la différence, sans jugement ni clichés.
C'est un joli conte servi par des illustrations douces et touchantes.
Superbe.

Le prince et la couturière
Jen Wang
Akileos, 2018

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