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mardi 17 juillet 2012

Gregor Livre I ~ La prophétie du gris (Suzanne Collins)

Gregor.jpgQuand on sait combien j'ai aimé la série Hunger games et l'effet qu'elle a eu dans ma vie de lectrice, on ne s'étonnera pas que j'ai sauté les yeux fermés (oui, ouverts c'est plus commode pour lire, ne chipotons pas, voulez-vous ?) sur ce roman.
Gregor est une série jeunesse de fantasy (rien à voir donc avec Hunger games, je le précise pour les lecteurs qui espèreraient y retrouver un univers dystopique) en cinq tomes. La prophétie du gris est la traduction du premier tome en français, le deuxième étant sorti également en mai dernier.
Quand je dis que j'y suis allée les yeux fermés, c'est parce que j'avais l'intime conviction que Suzanne Collins ne pouvait pas me décevoir, il ne pouvait en aller autrement. Bien entendu (c'est un peu gonflé de l'affirmer ainsi, je le concède), je ne me suis pas trompée.

Gregor est le héros du livre, c'est un garçon âgé de onze ans quand démarre l'histoire. Il n'a pas suivi sa soeur cadette Lizzie en colonie de vacances car il doit garder la benjamine de la famille,  Moufle (deux ans), pendant que leur mère travaille. Il y a bien une grand-mère qui vit avec eux, mais elle est vieille et perd peu à peu la tête... Quand au papa, il a disparu subitement plusieurs mois auparavant et ne donne pas de signe de vie depuis lors. Un beau jour d'été caniculaire (ça fait rêver, n'est-ce pas ?), Gregor descend à la buanderie pour faire une lessive, suivi de bébé-Moufle. La petite curieuse disparaît sous ses yeux ébahis dans un conduit d'aération. Seule solution pour la rattraper, la suivre. Et c'est ainsi que Gregor découvre l'existence d'un monde sous-terrien aux créatures plus extraordinaires les unes que les autres.

J'ai embarqué de suite dans cette aventure passionnante et je peux vous dire que l'imagination de Suzanne Collins n'a décidément pas de bornes. Pourtant, la littérature de jeunesse correspondant à cette tranche d'âge (12 ans ?), ce n'est franchement pas ma tasse de thé, je préfère largement celle dédiée aux lecteurs en herbe ou au contraire la littérature orientée jeunes adultes. Entre les deux, c'est une littérature à laquelle j'accroche beaucoup moins. Mais c'était sans compter avec le talent de l'auteur, car ici on est en présence d'un texte de grande qualité, tant pour le fond que pour la forme. Inutile de préciser qu'une fois lu, j'ai précieusement mis ce premier tome de côté pour grand matelot qui sera bientôt en âge de le lire. Mais revenons à nos moutons.

Gregor est un gamin terriblement attachant. Il fait preuve d'un véritable courage  - même s'il prétend le contraire - et d'une détermination sans faille doublée d'une grande intelligence pour son jeune âge. Confronté à ce monde mystérieux et inconnu, il va rapidement trouver son chemin (pourtant parsemé d’embûches) et s'adapter de façon remarquable à ce nouvel environnement.
L'intrigue est bien amenée avec son lot d'interrogations destinées à nourrir les prochains tomes, les personnages et le monde dans lequel ils évoluent originaux. On retrouve des éléments habituellement rencontrés en fantasy, comme la quête, les alliances, la distinction entre "bons" et "mauvais", mais malgré tout, ce début de série apporte une fraîcheur et un renouveau dans le genre. 

Voilà, si vous voulez faire découvrir une série bien écrite et prenante à un pré-ado pour l'initier à la fantasy, n'hésitez pas une seconde. Mais si vous n'avez pas de lecteur de cet âge sous la main, vous avez le droit de le lire pour vous, c'est même fortement recommandé !

Clarabel l'a lu aussi

Titre original : Gregor the overlander
Traduit de l'américain par Laure Porché
Hachette, 306 pages, 2012 pour la présente édition française, 2003 pour l'édition originale

dimanche 15 avril 2012

L'embrasement ~ Suzanne Collins


- Très joli. Dommage qu'on ne puisse pas glacer à mort son adversaire, dis-je. 
- Ne prends pas cet air supérieur. On ne sait jamais ce qu'on risque de découvrir, une fois dans l'arène. Suppose qu'on tombe sur un gâteau géant... réplique Peeta.

* * *

Mais Gale s'est révélé bien plus qu'un partenaire de chasse. Il est devenu mon confident, à qui je confiais des choses que je n'aurais jamais osé formuler à l'intérieur du grillage. En échange, il me faisait aussi des confidences. Quand j'étais dans les bois avec Gale... par moments, je me sentais presque heureuse.

* * *

L'espace d'un instant, nos mains se trouvent. Dans l'étreinte farouche, désespérée de nos doigts passent tous les mots que nous ne pourront jamais prononcer.

* * *

Je vois les yeux de Finnick, d'un beau vert dans la clarté lunaire. Je les vois comme en plein jour. On dirait des yeux de chats sui reflètent la lumière. Peut-être parce qu'ils sont brillants de larmes.

* * *

Je ne peux rien faire de plus sinon lui fermer les yeux, lui murmurer "adieu" et m'éloigner. Le temps pour moi de jeter la bobine de fil sur le sable et de me hisser hors de l'eau, son corps a disparu. Mais j'ai encore dans la bouche le goût de son sang mêlé à l'eau de mer.

* * *

Ils peuvent bien m'injecter ce qu'ils veulent dans le bras, il en faut plus que ça pour maintenir en vie quelqu'un qui a perdu toute volonté de vivre. 

vendredi 3 septembre 2010

The hunger games T3 ~ Mockingjay (Suzanne Collins)

Je l'attendais, ce dernier tome de la trilogie The hunger games. Les deux premiers m'avaient hypnotisée, donné une claque. C'était une caresse. J'ai tourné la dernière page il y a un peu moins d'une heure et je me disais que je serais incapable d'en parler ici. Comme toujours, mes émotions dominent. Du coup j'ai eu envie d'exprimer à chaud ce que j'ai ressenti.

Au tout départ, je me suis jetée à corps perdu dans le livre, avec l'intention d'en finir vite, pensant que j'allais avaler ce dernier tome comme ses prédécesseurs. Seulement, parvenue au tiers de ma lecture, j'ai eu besoin d'air, sensation d'étouffer. Le ton était donné dès les premières pages et rien n'irait en s'arrangeant. J'ai eu du mal à accepter la tournure que prenaient les événements, cherchant désespérément une note d'espoir. 
On m'avait dit qu'il fallait oublier les Team Gale et Team Peeta, oublier le passé, mais pour quel avenir ?

Mockingjay n'est plus l'histoire qui m'avait tenue en haleine, celle des Hunger games, celle de cette société régie par un Capitole dictateur, celle de ces districts opprimés depuis tant d'années. Ce pourrait être l'histoire de n'importe quelle nation en guerre, un roman de fiction mais qui illustre avec précision et réalisme ce qu'est la véritable nature de l'être humain, les conflits, la violence... L'image n'est pas reluisante, elle peut même effrayer. Ce qui est sûr, c'est qu'il ne faut pas mettre ce livre entre toutes les mains et préférer un moment où l'on est bien dans sa peau avant de s'y plonger. C'est sombre, très sombre, c'est sans appel, les événements s'enchaînent d'une manière qui semble inéluctable et l'on a le sentiment d'être dans une impasse. Mais une impasse truffée de pièges de toutes sortes. Je n'irai pas jusqu'à dire que les Hunger games étaient une promenade de santé à côté, n'exagérons rien, mais Suzanne Collins a véritablement changé de ton avec ce roman final. Les personnages sont brisés, à la fois physiquement et moralement, ils ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes. Disparus les points de repère, nous somme à présent au coeur de l'histoire. Exit les "jeux", maintenant on s'entretue pour de vrai. 

Alors certes, je me suis sentie trahie, j'ai eu un goût amer dans la bouche en tournant les pages, j'ai regretté les morts. Puis après avoir reposé quelques temps Mockingjay histoire de reprendre mon souffle, j'ai terminé cette histoire en cessant de résister, en acceptant de me laisser porter et de suivre l'auteure où elle voulait m'emmener. Malgré tout, l'instinct a repris le dessus à certains moments et j'ai de nombreuses fois eu envie de lutter de nouveau. Parce que je ne pouvais pas supporter de voir disparaître ces personnages auxquels je m'étais attachée, parce que j'estimais qu'ils avaient eu leur lot de souffrance, qu'ils méritaient un peu de répit. Trop souvent je me suis plainte de ces auteurs consensuels qui protègent leurs héros de papier et répugnent à les faire disparaître. Suzanne Collins n'appartient pas à cette catégorie-là. Elle ose malmener ses personnages au-delà de l'imaginable, elle n'a pas peur de briser le lecteur. 

A celles et ceux qui croyaient au happy end, qui imaginaient que le pire était resté dans l'arène des Hunger games, ils se trompaient, lourdement. Et moi avec.


Les billets de Cécile et Clarabel, mes camarades d'infortune...

Scholastic, 455 pages, août 2010


 * * * Par égard pour les lecteurs qui n'ont pas encore lu Mockingjay, merci de signaler lorsque il y a des spoilers dans votre commentaire, MERCI ! * * *

samedi 14 novembre 2009

The hunger games T2 ~ Catching fire (Suzanne Collins)

Et voilà, à mon tour de me sentir orpheline... J'ai fait durer le plaisir, traîné le plus possible sur les dernières pages mais il fallait bien que la dernière soit tournée tôt ou tard... Le livre est refermé, j'ai des images plein la tête, le cerveau un peu embrumé et j'ai du mal à revenir sur terre. Pendant quelques jours j'ai partagé le quotidien de Katniss et Peeta, j'ai retrouvé Gale, Prim et la mère de Katniss, tous ces personnages si attachants...

J'appréhendais un peu la lecture de ce deuxième tome. Après le récit si palpitant et rythmé de Hunger games, je me demandais où l'aventure allait me conduire, comment l'auteur relèverait le défi d'emporter encore une fois son lectorat alors que les jeux organisés par le Capitole étaient bouclés. Suzanne Collins ne manque pas d'imagination, c'est le moins que l'on puisse dire ! Même si mon coup de cœur est un peu moins fort que pour le premier volume, même si je n'ai pas vibré autant (mais la comparaison est dure tellement le premier opus est excellent), il n'empêche que cette histoire reste captivante. L'intrigue met un peu plus de temps à se mettre en place, on n'est pas happés par l'action dès le début mais bien vite le rythme s'accélère et on retrouve le côté "enflammé" (le jeu de mots est involontaire, mais je trouve que l'adjectif convient bien ici) du premier tome. Une fois encore il y a des rebondissements, des étincelles, on croit deviner où tout ça nous mène, et puis finalement on est surpris, on a pas tout vu venir, et on est bluffé.
De l'histoire je ne parlerai pas car il est bien difficile d'en donner des bribes sans dévoiler le plus important. Simplement dire que le personnage de Katniss gagne encore en profondeur, devient de plus en plus intéressant. De manière générale ce deuxième tome permet l'épanouissement de la psychologie des personnages qui sont tous pourvus d'un charisme assez incroyable. Les relations qui se tissent sont passionnantes, ouvrent des perspectives, et mon Dieu, je me demande bien comment tout cela va pouvoir évoluer et prendre fin en un seul tome !

Me reste plus qu'à attendre sa publication, que ça va être long... On devrait commercialiser des patchs pour les lecteurs en manque !


L'avis d'une autre orpheline...
  (encore merci pour cette magnifique découverte)


Scholastic press - 391 pages

dimanche 8 novembre 2009

The hunger games T1 ~ The hunger games (Collins Suzanne)

Vous est-il déjà arrivé de lire en retenant votre respiration ?
J'ai eu quelques fois l'occasion de retenir mon souffle alors que j'étais plongée dans une lecture.
Mais lire un roman entier en apnée, c'était une première pour moi.

Je vous en prie, ne vous arrêtez surtout pas à cette couverture proprement hideuse et laissez-vous tenter par The hunger games !

L'histoire.
Le lecteur est parachuté dans le futur, une centaine d'années après notre époque dans ce qui a remplacé les Etats-Unis. De ce gigantesque état il ne reste qu'un échantillon de population répartie dans les douze districts asservis par le fameux Capitole qui contrôle l'ensemble.
Chaque année sont organisés les jeux de la faim, une émission de télé-réalité qui met en scène 24 jeunes gens âgés de 12 à 18 ans. Un seul vainqueur à la fin du jeu, celui qui aura survécu. Tous les coups sont permis. Une fois lancés dans l'arène grandeur nature, les concurrents sont livrés à eux-mêmes et doivent survivre aux autres mais aussi à l'environnement dans lequel ils se trouvent.
Le roman narré à la première personne par Katniss, une jeune fille de 16 ans issue du douzième (et plus pauvre) district, n'est autre que le récit des 74èmes Hunger games auxquels elle participe avec son pair Peeta.

Une fois brièvement plantés le décor et les personnages centraux, on plonge très rapidement dans le cœur de l'action qui va crescendo jusqu'aux toutes dernières pages du livre. Pas le temps de reprendre son souffle, donc, comme je le disais, les événements s'enchaînent les uns après les autres et ne laissent aucun répit. Alors bien sûr on se doute un peu de l'issue du jeu mais pourtant on ne décolle pas de ce roman qui est totalement hypnotisant.
La narration au temps présent qui m'a quelque peu déroutée au départ rajoute finalement à l'intensité du récit et permet de pénétrer complètement dans le personnage de Katniss au demeurant extrêmement attachante.
Alors certes, le thème n'a sans-doute rien de très original, mais ce qui l'est, c'est la façon dont l'auteur s'en empare et le traite. Si l'action est omniprésente dans ce roman, l'histoire n'est pas dénuée de profondeur pour autant et soulève des questionnements intéressants en même temps qu'elle offre au lecteur deux personnages fascinants.

Le résultat est un roman dense, palpitant, émouvant, haletant, bref un grand, très grand coup de cœur.
Je vais enchaîner très rapidement avec la suite dont la traduction en français est prévue pour courant 2010. Au final ce sera une trilogie, pour l'instant seuls les deux premiers tomes ont été édités.


Le billet de Clarabel par qui tout a commencé, ceux de Fashion, Emmyne, Laurence et Cuné qui vient juste de le lire.


Scolastic - 454 pages