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samedi 13 février 2016

Marie-Antoinette (Stefan Zweig)

718CEvFNPLL.jpgCoupDeCoeur2016.pngVoilà bien longtemps que je n'avais pas lu de biographie, pourtant j'aime beaucoup ce genre. Marie-Antoinette reposait dans ma PAL depuis des lustres et l'envie de l'en sortir s'est faite. J'ai donc entamé cette lecture en compagnie de Mara puisque nous avions ce titre en commun. 
Le temps que j'ai passé avec ce livre n'est pas représentatif du plaisir que j'y ai trouvé, et heureusement ! Il m'aura fallu plusieurs mois pour le terminer, entre pauses et lectures parallèles. J'ai éprouvé le besoin de le lire de manière fractionnée, pourtant le style est fluide et ce texte se lit tout seul.
Contrairement à Mara, je connaissais peu de l'histoire de Marie-Antoinette, aussi ai-je découvert un destin passionnant.
On sent bien que Stefan Zweig n'était pas totalement objectif et avait pris un parti plus ou moins marqué dans cette biographie, mais qu'importe, lire ce texte a été un vrai bonheur. Encore une fois l'auteur m'a éblouie par sa capacité à présenter l'Histoire de manière à la fois simple et érudite, dans un style qui toujours me ravit. 
Pendant ces quelques semaines, j'ai pour ainsi dire vécu à Versailles aux côtés de la cour, vu cette jeune fille devenir reine, puis mère, son personnage évoluer, changer, puis dépérir. Cette incursion dans l'époque m'a fascinée, enthousiasmée. 
Un coup de cœur, assurément, et avec lui l'envie renouvelée de lire d'autres textes de l'auteur.

Le billet de Mara

Titre original : Marie-Antoinette
Traduit de l'allemand par Alzir Hella
Le livre de poche, 506 pages, 1932 pour la version originale et 2014 pour la présente édition

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vendredi 1 mars 2013

Lettres d'Amériques (Stefan et Lotte Zweig)

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Aussi vite reçu, aussi vite lu, j'ai dévoré cet ouvrage mais - procrastination oblige - j'ai tardé à venir en parler ici.

Ce recueil rassemble des lettres écrites par Stefan Zweig et sa femme Lotte Zweig au cours des toutes dernières années de leur vie (1940-1942). Une courte période durant laquelle ils étaient expatriés, en transit incessant entre l'Amérique du sud (Brésil et Argentine) et New-York où demeurait leur nièce. 

Il est tout-à-fait étonnant de découvrir Zweig à travers ces écrits intimes, on y perçoit un autre que l'auteur de génie qu'il fut. Dans l'ensemble de ces lettres, on discerne un homme obnubilé par des détails matériels, par son sentiment d'apatridie, son horreur de la guerre, sa peur de vieillir. A l'occasion quelques pointes d'humour ça et là, mais de manière générale, ce sont des courriers empreints de tristesse et d'inquiétude. Lotte, son épouse semble prise des mêmes sentiments.

La lecture de cette correspondance (à sens unique, puisque l'on ne dispose pas, hélas, des réponses) est assez déroutante pour le lecteur ; il faut imaginer Zweig et sa femme sans cesse en déplacement, lui, donnant des conférences en plusieurs langues, elle s'occupant principalement de l'organisation des voyages. S'ensuivent des périodes plus calmes où ils se retrouvent au Brésil dans une petite maison, il fait chaud, Zweig travaille sur la terrasse à ses ouvrages, notamment à sa biographie de Balzac qui fut publiée après sa mort. Il se lamente de ne pas avoir accès à sa propre bibliothèque, d'être éloigné des siens, ne s'autorise pas à profiter complètement de l'instant présent, loin de la guerre, dans un espace serein et paisible. Ce qui ressort principalement des lettres de Zweig, c'est ce perpétuel sentiment de honte, celle de vivre une situation relativement heureuse à l'abri du danger tandis que les siens tentent de poursuivre leur existence au coeur du conflit mondial, là-bas, en Europe.

Ce qui m'a étonnée, je crois, dans ces lettres, c'est la simplicité de l'écriture de Zweig. Je m'attendais à des réflexions sur la vie, à des moments de philosophie, or il n'en est rien et la majeure partie de ces missives est occupée par des réflexions d'ordre domestique. Pour autant, cet échange épistolaire ne se révèle pas ennuyeux, il se lit avec curiosité et avec l'envie de comprendre ce qui poussa cet homme à se suicider en compagnie de sa femme. Leurs dernières lettres d'adieu  clôturent ce recueil que l'on referme non sans émotion. 

Zweig était un grand Monsieur et un auteur extraordinaire, mais c'était avant tout un être humain en souffrance. Un témoignage bouleversant sur une époque terrible.

* * *

Le présent ouvrage est traduit de l'anglais, langue dans laquelle ont été écrites ces lettres pour éviter la censure en temps de guerre avec l'Allemagne.

Les lettres sont précédées d'une longue mais nécessaire introduction qui permet de retracer les étapes principales de la vie des Zweig et le contexte dans lequel ces lettres ont été écrites. 

Quasiment toutes les lettres de ce recueil ont été écrites au frère de Lotte, Manfred Altmann et à sa belle-soeur Hannah.

* * *

Je suis heureux que Lotte apprécie ce mode de vie autant que moi ; seule sa santé continue à me préoccuper. Elle m'a déjà lésé en ne m'apportant pas de dot, maintenant c'est en perdant du poids, à cause de ce satané asthme, qui est un peu moins virulent mais le reste assez pour que chaque nuit s'instaure un dialogue entre elle et le chien d'une maison éloignée.

Stefan Zweig, Rio, 30 octobre 1941

Chère Hannah, tu comprendras qu'on devienne de plus en plus sceptique envers la "civilisation", à en juger par ses résultats glorieux, et que cette vie paisible, plus primitive, plus naturelle, prenne un attrait nouveau ; le seul point faible, ce sont les livres, mais j'ai acheté un Shakespeare, un Goethe, un Homère, et entre ça et quelques autres que je peux emprunter à des gens, il est possible de vivre quelque temps, surtout si on en écrit soi-même. Ce qui me manque, ce sont les manuels de référence, lorsque j'ai besoin de détails, et dans les cas urgents, je dois attendre 4 à 6 semaines pour obtenir des informations de New York. 

Stefan Zweig, Petropolis, sans date - Octobre/Novembre 1941

Repéré chez Marilyne

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Titre original : Stefan and Lotte Zweig's south American letters
Traduit de l'anglais par Adrienne Boutang et Baptiste Touverey
Edition établie et préfacée par Darién J. Davis et Oliver Marshall
Bernard Grasset, 300 pages, 2012 pour l'édition française et 2010 pour l'édition originale


vendredi 30 avril 2010

La ruelle au clair de lune (Stefan Zweig)

C'est que j'allais oublier mes devoirs, je me suis engagée à vous proposer un écrit de ce cher Stefan par mois et j'allais oublier avril !

Je reviendrai bientôt aux essais, mais cette fois-ci encore j'ai préféré rester du côté de la fiction avec une très courte nouvelle dont le titre poétique m'a attirée....
Or, si l'on excepte la merveilleuse écriture de Zweig dont je ne me lasse décidément pas, il n'y a rien de poétique dans cette histoire tragique.
Dès les premières lignes, le décor est planté, on est dans les bas quartiers d'une petite ville portuaire, l'ambiance est mélancolique, étouffante.... Un homme fraîchement débarqué se retrouve là en transit et il va vivre une expérience étrange et éprouvante. Difficile d'en dire plus, d'autant que comme je le disais en préambule, cette nouvelle est très courte. 

Une structure un peu différente des autres nouvelles que j'ai lues jusqu'à présent de l'auteur. Pas de récit enchâssé, on plonge de suite dans le décor de l'histoire. La tension monte progressivement à peu près jusqu'à la moitié du texte, puis s'opère un changement de narrateur. Il est question d'amour comme souvent dans les textes de Zweig, et aussi de névrose, d'un homme en souffrance...

Une nouvelle qui n'aurait rien d'exceptionnel si elle n'était écrite par le grand maître. A chaque fois l'alchimie prend et je suis envoutée par ses mots. Rien à dire de plus.



Le livre de poche (collection La pochothèque)

samedi 27 mars 2010

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme (Zweig Stefan)

J'ai découvert la plume de Zweig sur le tard - l'année dernière - et cela a été une vraie révélation pour moi, une de ces rencontres qui comptent dans la vie d'un lecteur. J'ai donc souscris de suite à la fabuleuse idée de Caroline et Karine qui nous proposent de lire  Zweig tous les mois ! Pour varier mes lectures et ne pas m'en tenir uniquement aux essais, j'ai fait l'acquisition du premier volume des œuvres complètes de l'auteur dans la collection La pochothèque. je dispose ainsi d'une vingtaine de textes parmi lesquels puiser selon mes envies. Ce mois-ci, j'avais donc le désir de retrouver Zweig dans ses écrits de fiction, et j'hésitais entre plusieurs nouvelles... J'ai finalement jeté mon dévolu sur Vingt-quatre heures de la vie d'une femme.

C'est seulement la quatrième nouvelle que je lis de l'auteur autrichien, aussi je manque encore d'expérience en la matière et de recul pour analyser ce que je lis. Néanmoins, je parviens déjà à établir des liens et à identifier les thèmes qui semblent chers à Zweig.

Dans Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, il s'intéresse à la passion sous toutes ses formes, ici passion du jeu et passion amoureuse. D'un côté, un jeune homme qui subit l'addiction des jeux d'argent et en perd la raison, de l'autre une femme d'âge mûr qui sombre sans s'en rendre compte dans la passion amoureuse. Les deux personnages qui semblent au prime abord s'opposer, évoluent de manière imperceptible au fur et à mesure de l'histoire pour, en quelque sorte,  devenir chacun le miroir de l'autre, tous deux soumis à une passion qui les pousse à la folie.
Comme il semble que ce soit souvent le cas dans l'œuvre de Zweig, la nouvelle est un récit enchâssé mais dont l'introduction est relativement longue, ce qui laisse penser au lecteur qu'il est entrain de découvrir le récit principal.

C'est d'une platitude absolue que d'énoncer les choses ainsi, mais je ne peux m'empêcher une nouvelle fois de dire haut et fort combien l'écriture de Zweig est sublime, précise, subtile. La seule description des mains des joueurs est une scène qui frôle le génie. Zweig pénètre les âmes, le plus profond des êtres, et couche cela sur papier ; du grand art. Il y a une beauté tragique dans Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, l'issue de cette histoire on la devine assez rapidement, mais les mots sont hypnotisants. 

Freud a jugé que cette nouvelle était un chef-d'œuvre. Venant du fondateur de la psychanalyse, pareil compliment laisse supposer la qualité de ce texte.


Les avis de Caroline, Karine et Cynthia (qui donne un conseil judicieux à la fin de son billet !)


Le livre de poche (collection La pochothèque) - 1191 pages

mardi 2 mars 2010

Les grandes vies ~ Magellan (Stefan Zweig)

Au moment où je m'apprête à rédiger ce billet, je reprends en main ce volumineux ouvrage et je réalise qu'il est truffé de post-it qui ont jalonné ma lecture. J'en dénombre pas moins de onze pour une lecture de moins de deux cents pages, ce qui, je crois, est un signe. Signe que ce texte m'a interpellée, signe aussi de sa qualité.

Je n'ai jamais aimé l'histoire telle qu'elle m'a été enseignée au lycée. Si j'avais eu un professeur possédant ne serait-ce que le quart du talent de Zweig, j'aurais été beaucoup plus attentive en cours... Je ne connaissais la prose de cet auteur qu'à travers ses nouvelles, je le découvre à présent dans le cadre d'une biographie, et le charme a opéré de la même manière que pour ses récits de fiction. Il est capable de porter des faits historiques avec une langue tellement simple et vivante qu'on croirait lire un roman d'aventure. Charmée, je l'ai été. Par la forme d'abord. C'est un délice que de prendre une leçon d'histoire de cette manière. Par le fond aussi.

Mais revenons à la genèse de cet ouvrage. Ce livre est " né d'un sentiment peu courant, mais très énergique, la honte ". Zweig se rend au Brésil à bord d'un paquebot. Durant cette traversée de l'océan Atlantique, l'écrivain s'impatiente de la longueur du trajet et culpabilise dans le même temps de ce sentiment qu'il éprouve en songeant aux conditions de vie des hommes qui prenaient la mer aux siècles précédents. Dans la bibliothèque présente à bord, il consulte des ouvrages relatant les premiers longs voyages en mer. Celui de Magellan lui fait grande impression, et de retour en Europe, il se met en quête d'autres livres sur le sujet.  Il ne rencontre que frustration : " Et comme cela m'est déjà arrivé plusieurs fois je compris que le meilleur moyen de m'expliquer à moi-même quelque chose  qui me paraissait inexplicable était de le décrire et de l'expliquer à d'autres. " Ainsi naît le texte Magellan. Je ne sais pas si Zweig y a vu plus clair après avoir écrit ce livre, mais pour la lectrice que je suis, la démonstration a été magistrale, un texte instructif et passionnant.

Après un retour sur l'origine des premiers voyages maritimes, à  savoir la course aux épices, il dresse le portrait de cet homme dont le nom ne m'évoquait jusqu'à présent que celui d'un détroit : " ce petit homme effacé et taciturne ne possédait à aucun degré l'art de se faire aimer des grands ni de ses inférieurs ". Un homme, qui, au moment d'entreprendre le voyage qui le rendra célèbre, est rompu aux techniques que doit maîtriser un navigateur digne de ce nom. " Dix années d'expérience l'ont formé à toutes les techniques militaires, il s'entend à manier l'épée et l'arquebuse, la boussole et le gouvernail, à larguer la voile et à tirer le canon. Il sait lire et tracer un portulan, jeter la sonde aussi bien qu'un vieux pilote et se servir des instruments de bord avec autant de précision qu'un " maître de l'astrologie ". " Il a parcouru les différentes mers du globe, essuyé tempêtes et combats et découvert d'autres cultures.

A présent il a un rêve, celui de rallier les îles aux épices depuis le Portugal en naviguant d'est en ouest et tenter de découvrir un passage entre l'Atlantique et le Pacifique. Ce projet ne séduit pas son monarque qui se détourne de lui, et Magellan va alors se tourner vers le roi d'Espagne qui lui apporte son soutien. " En l'espace de quelques semaines le sans-patrie qu'il était, l'homme méprisé, sans situation est devenu capitaine-général d'une flotte de cinq navires, chevalier de l'ordre de Santiago, futur gouverneur de toutes les îles et terres qu'il découvrira, maître absolu d'une Armada et avant tout maître, pour la première fois, de son destin. " Le rêve du navigateur portugais prend enfin forme, mais les préparatifs sont longs. Il faut penser à tout, ne négliger aucun détail dont l'oubli pourrait se révéler fatal en mer, et prévoir de quoi subsister durant plusieurs mois, voire plusieurs années, pour 265 hommes. " L'alpha et l'oméga de toute nourriture, c'est le biscuit du marin : Magellan en a fait embarquer 21 380 livres [...] selon toute prévision, cette quantité devrait suffire pour deux ans. " Il faut également penser aux navires et à leur équipement, car " les navires sont eux aussi des êtres vivants, qui, à chaque voyage par-delà les mers, usent une partie de leur force de résistance ".
Enfin, l'heure du grand départ a sonné, Magellan lève l'ancre et laisse femme et enfant derrière lui. Quand il entame son voyage à bord de la Trinidad, il ne sait pas ce qui l'attend. Ce seront presque trois années de lutte et de recherches, ponctuées par les mutineries, la famine et les tempêtes. Magellan est un dur à cuir qui obéit à un certain code d'honneur, " une nature rude qui fait régner une discipline de fer dans sa flotte ". Cette traversée interminable va finalement aboutir à la découverte du fameux détroit plus tard baptisé du nom du navigateur.
La dernière étape du voyage doit permettre de rejoindre l'archipel des Moluques en Indonésie, mais ce sera sans Magellan qui mourra avant d'atteindre les îles tant espérées.
Partie de Séville trois ans auparavant, l'expédition de Magellan rejoindra son port d'attache amoindrie mais victorieuse. Ce seront 18 hommes épuisés à bord d'un navire disloqué qui boucleront de tour du monde " à l'envers ".
La découverte du détroit de Magellan est l'aboutissement d'une vie et d'un rêve mais elle ne sera pas reconnue à la hauteur des sacrifices humains qu'elle a engendrés. La percée du canal de Panama achèvera de l'enterrer. Pourtant, ce tour du monde restera une des prouesses de l'histoire de la navigation. Et Zweig de conclure : " Mais ce n'est jamais l'utilité d'une action qui en fait la valeur morale. Seul enrichit l'humanité, d'une façon durable, celui qui en accroît les connaissances et en renforce la conscience créatrice. "

Un récit admirablement écrit et construit qui fait voyager (dans le temps et dans l'espace) par procuration.  Zweig a su restituer l'essence même de la vie du célèbre navigateur, c'est tout simplement fascinant.



Grasset (collection Bibliothèque Grasset) - 1242 pages

samedi 31 octobre 2009

Un soupçon légitime (Stefan Zweig)

Un soupçon légitime est la seconde nouvelle de Zweig inédite en français et publiée par l'éditeur Grasset après la sortie l'an dernier de Voyage dans le passé.
Comme j'avais aimé cette dernière, j'ai donc été curieuse de découvrir ce texte inédit.
Même principe que pour Voyage dans le passé, la nouvelle est proposée dans les deux langues, en français puis dans sa version originale en allemand. L'ouvrage de petit format est d'excellente facture, la présentation soignée (j'aime beaucoup la photo de couverture), bref on a entre les mains un beau livre broché. Détail peut-être futile, mais qui augmente mon plaisir de lecture.

L'histoire de ce Soupçon légitime ne présente rien d'extraordinaire, si ce n'est son thème que j'ai trouvé plutôt original. L'issue de cette nouvelle est largement prévisible, on sait assez rapidement où l'auteur va nous conduire mais malgré cela on a envie de lire jusqu'à la dernière ligne. Non pas pour vérifier notre hypothèse, mais pour le plaisir de déguster cette écriture superbe. Ai-je déjà dit que je la trouvais sublime ?! Bien que ce texte m'ait transportée moins loin que les deux autres que j'ai lus de Zweig (seules références pour moi à ce jour), j'ai une nouvelle fois passé un moment de lecture délectable et rien que pour cela, je recommande ce titre.


Grasset - 139 pages (dont la moitié en allemand !)

samedi 13 juin 2009

Le voyage dans le passé (Stefan Zweig)

Après ma première rencontre (merveilleuse) avec l'auteur, et suite aux nombreux conseils qui m'avaient été prodigués (en fait si je résume, on m'a recommandé de lire l'intégrale des œuvres de Zweig !), j'ai emprunté il y a quelques jours ce texte inédit (enfin inédit... pas pour la blogosphère en tout cas !) dont on dit tant de bien.

J'ai retrouvé dans cette nouvelle tout le charme unique de cette écriture qui m'avait envoutée dans Le joueur d'échecs. Une histoire d'amour somme toute banale, une séparation et des retrouvailles ratées, et au milieu le vide, ou presque. Je caricature, mais finalement il ne se passe pas grand-chose dans ces pages... Et pourtant ! Il se dégage une espèce de force incroyable de ce texte, l'auteur parvient à transcender les états d'âme des personnages avec une économie de mots. Les sentiments de désir, de séparation et de manque dépassent le cadre de l'écrit et prennent vie dans l'esprit du lecteur.

Quelle plume ! C'est tout simplement superbe ! Vous lirez d'autres billets consacrés à Zweig dans ce navire, c'est une certitude !

Les avis de In Cold Blog, Catherine, Fashion, Karine, Stéphanie et Leiloona

Grasset - 172 pages (dont la moitié en allemand !)

mardi 7 avril 2009

Le joueur d'échecs (Stefan Zweig)

Je n'avais encore jamais rien lu de Stefan Zweig. Non pas que ses écrits ne m'attiraient pas, mais simplement le temps qui passe...
J'ai fini par ouvrir Le joueur d'échecs, le seul ouvrage que je possède de lui.
Une première lecture, donc, de cet auteur, mais certainement pas la dernière. Une superbe découverte.

J'ai aimé le style d'écriture - un peu suranné mais tellement délicieux -, l'intrigue toute simple mais si originale, le thème de fond - à savoir les échecs - et les idées sous-tendues par ce magnifique récit. A partir de deux personnages antagonistes, Zweig construit une histoire extrêmement riche de sens qui semble aller au-delà de la fiction, et d'autant plus émouvante si l'on considère la façon dont il est mort et le fait que cette nouvelle ait été publiée à titre posthume.

Une lecture marquante qui m'incitera sans nulle doute à lire les autres écrits de ce grand Monsieur.

Un livre ! Mes genoux se mirent à trembler : un livre ! Il y avait quatre mois que je n'en avais pas tenu dans ma main, et sa simple représentation m'éblouissait. Un livre dans lequel je verrais des mots alignés les uns à côté des autres, des lignes, des pages, des feuillets que je pourrais tourner. Un livre où je pourrais suivre d'autres pensées, des pensées neuves qui me détourneraient de la mienne, et que je pourrais garder dans ma tête, quelle trouvaille enivrante et calmante à la fois ! 

Amis lecteurs, quels autres titres de cet auteur me conseillez-vous ?


LFG - Le livre de poche (collection Le livre de poche) - 94 pages