mardi 5 mars 2013

L'ombre du vent (Carlos Ruiz Zafón)

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Il a tellement fait parler de lui ce roman, que tout le monde connaît au moins son titre. Je l'ai découvert tardivement mais avec la voix enchanteresse de Frédéric Meaux qui m'a accompagnée de longues heures durant. 
J'ai d'emblée embarqué dans ce récit envoûtant qui m'a passionnée de bout en bout. 

Barcelone, 1945. Le jeune Daniel Sempere, fils de libraire, découvre dans le mystérieux cimetière des livres oubliés un roman qui va dicter sa vie : L'ombre du vent d'un certain Julián Carax. Voilà comment débute L'ombre du vent. Un roman foisonnant ou deux histoires principales - celle de Daniel et celle de Julián  - vont se mêler subtilement au fil des pages pour n'en faire plus qu'une. C'est un récit très dense avec de multiples retours dans le passé, des anecdotes, des chemins parallèles qui se croisent et font toute la richesse de ce roman. Il s'en dégage une atmosphère mélancolique et captivante qui prend le lecteur dès les premières lignes. C'est une longue histoire mais à la construction parfaitement maîtrisée qui tient en haleine jusqu'au bout. 
J'ai aimé ces moments passés auprès de Daniel et de  Fermìn, compagnon loyal au tempérament bien trempé. J'ai aimé cette aura de mystère, l'intrigue centrale autour de l'écriture et des livres. J'ai aimé, enfin, cette passion destructrice, cette violence dans les sentiments, l'intensité dramatique.

Je rends piteusement hommage à ce merveilleux livre qui m'a emportée bien loin et m'a laissée les yeux brillants et le coeur serré.

La fiche du livre sur AUDIOLIB (avec des extraits)

Texte intégral lu par Frédéric Meaux
Avec la participation de Valérie Lemaître
Traduit de l'espagnol par Frabçois Maspero
Audiolib, 2012

Durée totale d'écoute : 17h30

mercredi 7 novembre 2012

Lire est le propre de l'homme (Collectif)

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Ne pas se fier aux apparences, ce petit bouquin est une merveille pour qui aime les livres. Edité et distribué gratuitement par l'Ecole des loisirs, ce trop court recueil rassemble plusieurs dizaines d'auteurs et illustrateurs de jeunesse autour du thème de la lecture. Chacun à sa manière (texte ou dessin) s'exprime, se confie, raconte sa vision des livres et de l'acte de lire. C'est tout simplement passionnant. Bien vite, mon petit livre s'est retrouvé décoré de multiples marque-pages qui sont devenus si nombreux que j'ai décidé de vous proposer dans les semaines à venir des extraits choisis, ceux qui m'ont émue, marquée. Je n'en dis donc pas davantage, simplement que c'est un livre d'utilité publique, qu'il se glisse facilement dans un sac ou une poche avec son mini format et que son contenu est d'or. Si vous souhaitez vous le procurer, vous pouvez le commander gratuitement sur le site dédié ou le télécharger en format électronique, voire même le feuilleter en ligne. Ne vous en privez pas surtout et parlez-en autour de vous, faites-le connaître. Il est sorti il y a déjà quelques temps mais on trouvera encore des lecteurs qui ne l'ont pas lu...

Ecole des loisirs, 187 pages, septembre 2011

jeudi 21 juillet 2011

Le livre qui fait aimer les livres même à ceux qui n'aiment pas lire (Françoise Boucher)

Quel bonheur que ce petit bouquin sans prétention ! C'est drôle, c'est coloré, ça se lit en quelques minutes le sourire aux lèvres et ça fait du bien !
C'est un ouvrage qui par son format s'apparente au roman, par sa forme fait penser au roman graphique. Chaque page donne des arguments en faveur de la lecture, certains totalement loufoques, d'autres plus sérieux mais toujours traités avec humour. C'est très visuel, on a des touches de couleurs vives, des tailles de police de caractères énormes, des petits dessins naïfs pour illustrer le propos.
J'ai ouvert ce livre à un moment où je n'avais pas trop le temps de rester lire, juste pour le feuilleter vite fait, et je me suis retrouvée malgré moi à le lire de la première à la dernière page. Et j'ai adoré !
Avec des phrases innocentes et toutes simples l'auteur parvient à exprimer toute la richesse qu'apporte un livre, combien il est bon de lire. Sans prétention, sans pédanterie, sans jugement aucun (car c'est écrit noir sur blanc dans ce livre on a " parfaitement le droit de ne pas aimer lire "). 
Il y a énormément d'humour dans ces pages, et je me suis régalée. Un livre qui donne la pêche, et qui donne (encore plus) envie de lire !
A offrir de toute urgence aux jeunes, aux moins jeunes, aux amoureux des livres, à ceux qui ont peur de lire.... Bref, à diffuser autour de soi comme un rayon de soleil.

Un petit aperçu (cliquez sur les images pour les voir en grand) :

Découvert grâce à Clarabel !

Nathan, 2011

dimanche 28 mars 2010

Le coffret (Stéphane Beau)

Après le billet enthousiaste de Meria, je m'étais empressée de noter le titre de ce roman qui m'intriguait.

Si le coup de cœur n'a pas été au rendez-vous me concernant, j'ai pourtant apprécié Le coffret. Un roman hybride si l'on veut, qui relève à la fois de l'essai et du roman philosophique avec une touche de science fiction, puisqu'il s'agit ici d'anticipation. En réalité, j'ai eu le sentiment étrange durant ma lecture que l'auteur négligeait (ou plaçait au second plan) l'histoire en elle même ainsi que ses personnages, comme s'ils n'étaient qu'un prétexte pour accompagner ou servir ses réflexions. Disons qu'un essai "pur" de philosophie aurait sans-doute été indigeste pour le commun des mortels, mais qu'en enrobant sa pensée de fiction, les idées passent peut-être mieux. Tout ceci pour dire, amis lecteurs, que si vous recherchez du divertissement ou un roman à suspense, ce livre n'est pas pour vous. En revanche, si vous voulez vous pencher sur le fonctionnement de notre société et l'imaginer dans un futur hypothétique où la disparition du livre deviendrait le symbole de la perte de liberté, alors ouvrez Le coffret et découvrez le mystère qu'il renferme.
Mon bilan personnel de cette lecture est mitigé mais je réalise au moment de rédiger mon billet qu'il l'est en partie parce que j'avais sans m'en rendre compte une attente précise en entamant ce roman. Je savais qu'il était question de philosophie, et c'est justement cela qui m'avait attirée vers ce titre, mais je ne m'attendais pas à cet "habillage léger". J'espérais une véritable intrigue, une histoire construite, des personnages profonds et une réflexion sur la vie. J'ai eu la seconde partie et donc mes souhaits ont été à moitié exaucés. Car réflexion il y a, c'est indéniable. Stéphane Beau nous invite de manière subtile à nous pencher sur l'essence même de la vie, la notion de liberté, de bonheur, la place des écrits et de la culture dans la société, celle de la religion, le sens de la mort... Autant de thèmes qui sont traités en si peu de pages. Et c'est, je crois, ce qui m'a frustrée. J'aurais aimé davantage de développements, j'aurais aimé pousser cette réflexion plus loin et la voir mise en pratique à travers les personnages, voir jusqu'où tout cela pouvait bien mener. Stéphane Beau maîtrise son sujet, il est passionnant, mais c'est court, bien trop court !




Petit Pavé - 147 pages

mercredi 25 novembre 2009

Au bon roman (Laurence Cossé)

Au bon roman porte bien son nom !
J'ai traîné ce livre plus longtemps que nécessaire - la faute à une panne de lecture - et pourtant il a su m'intéresser jusqu'au bout.

Dans les toutes premières pages je relève déjà un passage jubilatoire qui me donne envie de continuer ma lecture  : " Paul Néon n'avait pas plus de programme que d'horaires, pas plus de règle de vie que d'hygiène alimentaire. Qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas écrit , je n'ai pas ajouté : l'heureux homme.".

Au bon roman est roman multiple.
Il y a bien sûr en premier lieu l'histoire de cette librairie rêvée, Au bon roman, qui ne présenterait que des grands romans choisis par un comité d'électeurs composé de huit membres secrets.
Mais autour de ce thème central, l'amour des livres, il y a aussi des histoires d'humains. L'histoire d'amour de Van et Anis que l'on suit en filigrane, la relation très forte qui unit Van et Francesca, les différentes rencontres avec les auteurs...

Au final, on a une ode à la littérature, un soupçon d'enquête policière et de belles histoires d'hommes et de femmes.
C'est donc un roman foisonnant, bourré de références (que j'ai renoncé à noter au bout de quelques pages), mêlant de façon subtile les auteurs réels et ceux de fiction. Bref, c'est un ouvrage dense mais au style fluide et léger, qui se lit très facilement.

Il y a dans Au bon roman un charme qu'il est difficile de mettre en mots, une histoire sensible et jolie.

A recommander à tous les amoureux des livres, d'ailleurs j'ai créé une catégorie "livres" (rubrique chapitres) pour réunir mes lectures sur ce thème. Pour le moment elle est pauvre, mais ne demande qu'à s'agrandir !

Extraits :

" Discrètement il leur montrait le coin resté valable dans la librairie, les deux étagères où, à ses risques et périls, il avait concentré le meilleur de sa sélection, et qu'il appelait le rayon de miel. Il leur garantissait la béatitude pour peu qu'ils prennent de confiance un quelconque livre de ce rayon."

"[...] Les prix littéraires ont une grosse responsabilité à cet égard. Ecrire pour l'emporter sur les autres : quelle pauvre ambition. "

" Nous voulons des livres qui n'élucident rien du tragique humain, rien des merveilles quotidiennes, des livres qui nous fassent revenir l'air dans les poumons. "


Lecture commune (et TRES en retard, désolée les filles) avec Karine, George (qui semble-t-il n'a pas encore rendu sa copie, cela me rassure, je ne suis pas la seule !), et Keisha

Gallimard - 496 pages

lundi 16 mars 2009

Des bibliothèques pleines de fantômes (Jacques Bonnet)

Emprunté par simple curiosité, ce petit livre s'est révélé être une pépite.

Des bibliothèques pleines de fantômes est un essai sur la lecture et ses pratiques, ou plus précisément sur la gestion des bibliothèques de grande taille. Déjà, premier bon point, Jacques Bonnet m'a définitivement décomplexée avec ma bibliothèque miniature, puisque lorsqu'il nous parle de bibliothèques, c'est non pas en centaines ni même en milliers, mais en dizaines de milliers d'ouvrages ! Ca calme, hein ?!
Cet essai se lit comme on boit du petit lait. Il regorge de détails et de citations, à tel point qu'à presque chaque page, un extrait attirait plus particulièrement mon attention, et qu'à la fin de ma lecture, l'ouvrage était truffé de nombreux signets.
Malgré cette densité, la lecture n'en est pas ardue, même pour un lecteur manquant comme moi de culture littéraire. J'étais néanmoins heureuse d'avoir déjà lu La maison en papier car l'auteur y fait référence tout au long de son essai.

Le message qui ressort de ce livre, c'est que la lecture, bien plus qu'une passion, est un mode de vie à elle seule.
L'auteur fait un tour d'horizon des bibliothèques en analysant les manies de bibliomanes, les différentes façons de classer et trier des ouvrages. Il démontre dans un paragraphe passionnant qu'un auteur est bien moins réel que ses personnages supposés fictifs ; contrairement à ce que l'on pourrait croire, les livres ne sont pas des objets inanimés...

Un livre très dense et riche que tout amoureux des livres se devrait de posséder et de relire de temps en temps. Pour ma part je compte bien me l'offrir un jour !

Quelques extraits choisis :

" Les livres sont coûteux à l'achat, ne valent rien à la revente, sont hors de prix lorsqu'ils faut les retrouver une fois épuisés, sont lourds à porter, prennent la poussière, craignent l'humidité et les souris, sont à partir d'une certaine quantité quasi impossibles à déménager, nécessitent un classement précis pour pouvoir être utilisés et, surtout, dévorent l'espace. "

" Aucune bibliothèque d'une certaine importance ne ressemble à une autre, ne possède la même personnalité. "

" Non lu, un livre n'est au pire qu'un ensemble de lettres, au mieux une vague, et souvent fausse, image née de ce que l'on en a entendu dire. Prendre un livre en main et découvrir ce qu'il contient vraiment revient à donner de la chair, c'est-à-dire une épaisseur et une densité qu'il ne perdra plus jamais, à ce qui jusque-là n'était qu'un mot. "

" La lecture m'a permis de raccourcir les voyages les plus longs, de ne pas voir passer les heures d'attente dans un aéroport, et de supporter pendant deux décennies les réunions aussi inutilses qu'interminables auxquelles je ne pouvais échapper. "

" Une extravagance est réservée aux auteurs, qui d'ailleurs rajoute à leur nature fictive : le choix d'un pseudonyme. "

L'avis de Leiloona qui, elle, a été déçue

Denoël - 138  pages

lundi 23 juin 2008

L'ours qui aimait les histoires (Dennis Haseley - Jim LaMarche)

J'ai tout de suite eu un coup de coeur pour cet album en commençant à le lire à mon fils. Parfois, lorsque je lui lis une histoire que je ne connais pas, il m'arrive de ne pas parvenir à me plonger dans l'atmosphère du livre, et ma lecture à voix haute s'en ressent alors un peu.
Avec L'ours qui aimait les histoires, je me suis tout de suite sentie bien, bercée par la poésie des mots.
A partir de la rencontre entre un ours et une femme, l'auteur construit une histoire autour de l'amour de la lecture.
Bien évidemment, ce thème m'a d'emblée séduite, d'autant qu'il est traité avec beaucoup de délicatesse.
Ce livre est une petite merveille tant du point de vue du texte que des illustrations (les dessins aux couleurs d'automne de Jim LaMarche sont tout simplement magnifiques). Souvent dans la littérature de jeunesse, l'image prend le pas sur les mots ; ici les deux se complètent admirablement, l'un n'allant pas sans l'autre. Une histoire pour rêver, une histoire pour les amoureux des livres...

Un extrait :

" Parfois, captivée par sa lecture, elle éclatait de rire. Ou bien, se cramponnant à sa page, elle paraissait effrayée. Ou bien encore, elle abaissait le livre et détournait son regard, qui semblait se perdre loin, ailleurs. Un jour, un rayon de soleil se faufila entre les arbres. Il la vit alors poser doucement le livre sur ses genoux puis fermer les yeux. "

Casterman (collection Les albums Duculot)

samedi 24 mai 2008

L'histoire de la licorne (Michael Morpurgo - Gary Blythe)

Je lis rarement des romans pour la jeunesse, m'intéressant davantage - l'âge de mon petit matelot oblige - aux albums. Cependant, ayant entendu tant de bien de celui-ci, je l'ai emprunté lors de mon dernier passage à la médiathèque pour découvrir enfin la plume de Michael Morpurgo.

L'histoire est celle de Thomas, huit ans, un enfant qui préfère la nature aux livres et à l'école. Jusqu'au jour où il se voit contraint de passer une heure à la bibliothèque du village et découvre alors L'histoire de la licorne...

Mon avis sur ce livre est mitigé. L'histoire se lit facilement, l'écriture plutôt fluide et les thèmes abordés intéressants (j'avais presque envie d'écrire universels) : l'amour des livres, la place de la culture dans la société, la guerre et ses conséquences terribles...
Mais au final, j'ai trouvé que ce roman manquait de consistance. En ce sens, je rejoins l'avis d'une lectrice (Flo) qui trouvait le livre trop court et superficiel. Il me semble en effet, que, pour traiter de telles idées, il aurait fallu développer davantage. Cette histoire manque de profondeur alors que les thèmes qui la constituent sont essentiels.
J'ai aussi été gênée (mais c'est un détail) par le fait que le petit Thomasdéteste l'école ET les livres, comme si les deux étaient systématiquement associés et que l'on ne pouvait aimer l'un sans l'autre ; ce rapprochement me paraît un peu simpliste.
Une lecture agréable mais sans relief, qui, je le crains, ne marquera pas durablement ma mémoire.

Je ferai probablement un autre essai avec cet auteur pour me faire une opinion plus précise même si ce roman m'a un peu déçue.

Les avis plus enthousiastes de Bellesahi, de Fashion et de Cathulu.

Le site de l'auteur.

Gallimard Jeunnesse (collection Folio Cadet) - 84 pages

mardi 26 février 2008

La maison en papier (Carlos Maria Dominguez)

Ce court roman, construit comme une nouvelle, est une jolie découverte. Depuis le temps que j'en entendais parler...
La thématique m'avait attirée, et l'intrigue m'a séduite.
J'ai regretté de ne pas connaître la plupart des oeuvres citées par l'auteur, qui doivent certainement donner encore plus de poids à l'histoire, surtout La ligne d'ombre de Joseph Conrad, le livre-clé du récit, qui, si j'en ai deviné le thème, m'est totalement inconnu (si une bonne âme pouvait me dire en quelques mots de quoi il s'agit....).
Pour le résumé de l'histoire, je vous renvoie au site des éditions du Seuil (taper La maison en papier dans l'espace de recherche, en haut à gauche).
Une histoire sur l'amour des livres et surtout leur pouvoir, entre réalité et fantastique. L'intensité monte au fil des pages, et finalement, l'auteur parvient à nous captiver en suggérant uniquement ce qui se passe et sans jamais vraiment le dévoiler.
L'écriture est subtile, dosée, ça pourrait être un scénario de film à la Hitchcock...
Le personnage principal est attachant, sa névrose fascinante !
La fin est très intéressante, simplement un mystère plane toujours pour moi, à savoir les circonstances de la mort de Bluma Lennon (là encore, si quelqu'un peut m'expliquer, parce que je suis un peu frustrée....) : sa mort a-t-elle une explication dans l'histoire ou bien fait-elle simplement partie de l'environnement fantastique, et justement inexpliqué ? Y a-t-il un rapport avec sa propre dédicace faite à Brauer dans le livre ?

Amis lecteurs, je vous invite à découvrir ce livre, mais soyez vigilants, sait-on jamais !

Les avis de Dda (la première à m'avoir donné envie de le lire) et de Clarabel.

Seuil - 108 pages