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samedi 23 février 2008

Le lion (Joseph Kessel)

Attention, chef d'oeuvre !
Lu il y a bien longtemps, cette histoire a sombré dans le flou de ma mémoire au fil des ans, mais ce qui est resté, c'est cette atmosphère incroyable qui règne dans Le lion. Plus de quinze ans après, la magie a de nouveau opéré,  et je me suis replongée avec une envie dévorante dans ce récit qui m'a transportée, comme la première fois.
Je n'ai pas envie de vous faire un résumé de l'histoire, c'est tellement grisant de découvrir un livre, d'avoir la surprise.
Simplement vous dire que si vous aimez l'Afrique et ses animaux sauvages, ce livre est fait pour vous. Et si vous n'êtes pas tentés, faites malgré tout un essai, vous changerez peut-être probablement d'avis !
D'abord, il y a la langue de Joseph Kessel. Admirable. Sous sa plume, les descriptions ne sont plus de simples descriptions, les personnages et les paysages prennent vie. En quelques lignes à peine, on est parachuté dans une réserve africaine. La poussière se soulève, le soleil nous brûle la peau, le souffle d'air est chaud. Les animaux s'abreuvent juste devant nous ; on voit passer les rhinocéros, les éléphants, les zèbres...
Et puis il y a Patricia, cette fillette aussi fascinante que désarmante. Dans sa vie, il y a King, le lion.
A la base de cette histoire, la relation entre un enfant et un animal sauvage. Soit. Rien d'extraordinaire. Et bien si ! Ce qui aurait pu sombrer dans la banalité est ici littéralement transcendé. La force de cette lecture, comme beaucoup de grandes œuvres, c'est qu'elle peut se faire à plusieurs niveaux (je l'ai d'ailleurs lu dans une édition pour la jeunesse). Et lors de cette relecture, j'ai, avec mes yeux d'adulte, perçu les choses sous un autre angle, pourtant toujours embarquée par ce magnifique récit.
Vous l'aurez compris, c'est un véritable coup de cœur.

Merci, Monsieur Kessel.

Il y avait cette démarche princière, paresseuse et cependant ailée, cette façon superbe de porter la tête et la lance et le morceau d'étoffe  qui,  jeté sur une épaule, drapait et dénudait le corps à la fois. Il y avait cette beauté mystérieuse des hommes noirs venus du Nil en des temps et par des chemins inconnus. Il y avait dans les mouvements et les traits cette bravoure insensée, inspirée. Et surtout, cette liberté orgueilleuse, absolue, indicible d'un peuple qui n'envie rien ni personne parce que les solitudes hérissées de rondes, un bétail misérable et les armes primitives qu'il façonne dans le métal tiré du lit sec des rivières comblent tous ses soins et qu'il est assez fier pour ne point laisser sur la terre des hommes ni maison ni tombeau.

Gallimard (collection Folio junior) - 248 pages

dimanche 10 février 2008

Joseph Kessel

Ce mois-ci, j'ai décidé de fêter le romancier Joseph Kessel.

Biographie

Joseph Kessel est né le 10 février 1898 à Clara en Argentine, de parents russes.
Ballotté entre l'Argentine et la Russie les premières années de sa vie , il se fixe finalement en France où ses parents se sont installés.
Après des études de lettres, il entame, à dix-sept ans à peine, une carrière de journaliste qu'il interrompra prématurément pour s'engager dans l'aviation lors de la première guerre mondiale.
A l'issue du conflit, il demande la nationalité française et reprend le journalisme. Par la suite il devient reporter (ce qui l'amènera sur différents fronts dans le monde) et débute, en parallèle, sa carrière d'écrivain.
Il prend part à la guerre d'Espagne, puis devient correspondant de guerre lors de la seconde guerre mondiale. Il participe activement à la résistance dont il écrit, avec son neveu Maurice Druon, l'hymne, le Chant des partisans.
La guerre finie, il reprend son activité de reporter et continue de parcourir la planète.
En 1962 il entre à l'académie française.
Il meurt d'une crise cardiaque le 23 juillet 1979.

Homme d'action, grand voyageur, reporter et écrivain, Joseph Kessela eu une vie bien remplie. Son œuvre - un peu plus de 80 ouvrages - est largement inspirée par sa carrière, à mi-chemin entre reportages et romans.

Bibliographie

Quelques titres célèbres...

- L'équipage (1923)
- Bas-fonds (1932)
- Nuits de Montmartre (1932)
- Mermoz (1939)
- Le lion (1958)
- Les cavaliers (1967)
- Les temps sauvages (1975)

Sources :

Club des rats de biblio-net
Evene
Wikipédia