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mercredi 6 mars 2019

La rivière à l'envers (Jean-Claude Mourlevat)

9782367624181-001-T.jpegPrésentation de l'éditeur :

La Forêt de l’Oubli et ses arbres aux écureuils-fruits, le village des Parfumeurs, l’Île Inexistante dont on ne repart jamais… C’est un voyage fabuleux qui va entraîner Tomek et Hannah, deux jeunes orphelins, au bout du monde. Trouveront-ils cette rivière Qjar qui coule à l’envers et dont l’eau empêche de mourir ? Ou bien autre chose qu’ils ne cherchaient pas ?

Les lecteurs de salon savent combien j'aime l'écriture de Jean-Claude Mourlevat qui figure parmi mes écrivains préférés en jeunesse. Je me réjouissais donc de découvrir La rivière à l'envers, que je ne connaissais pas encore. Cette histoire, parue à l'origine en deux tomes, a par la suite été rééditée en un volume unique. Pour ma part, j'ai opté pour la version audio lue par l'auteur lui-même. Je n'apprécie pas toujours quand les auteurs lisent leurs propres textes, mais j'aime la façon de lire de Jean-Claude Mourlevat, son timbre, ses intonations malicieuses.
S'il me fallait décrire en un mot La rivière à l'envers, j'emploierais le terme "enchantement". Ce récit regorge de poésie et de fantaisie, il est bourré de trouvailles et suscite l'émerveillement. Embarquer dans cette aventure, c'est partir pour des contrées étranges, voyager, se laisser porter, savourer chaque mot.
Une escapade merveilleuse.

Texte intégral lu par l'auteur
Durée totale d'écoute : 6h56
Audiolib, 2017

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mercredi 18 avril 2018

Jefferson (Jean-Claude Mourlevat)

005357307.jpgJe ne rate jamais une nouveauté de l'un des mes auteurs chouchous, Monsieur (avec un grand M) Jean-Claude Mourlevat.
Aucun de ses textes ne m'a  jusqu'à présent déçue, et chacun d'entre eux m'a apporté quelque chose. Cet auteur est un virtuose de l'écriture, capable de passer d'un genre à l'autre tout en conservant son propre style.

Avec Jefferson, il repart explorer les terres de la littérature de jeunesse en offrant aux jeunes lecteurs un livre sensible et intelligent. Comme dans La ballade de Cornebique (je m'aperçois que je n'ai pas chroniqué ce merveilleux livre, quel dommage !), les personnages de l'histoire sont des animaux, mais la comparaison s'arrête là, car les deux histoires n'ont rien d'autre en commun. Ici, l'auteur puise dans les codes du roman policier, mais l'on s'aperçoit rapidement que c'est un roman multiple qui ne se réduit pas à une simple enquête (afin que mes propos ne soient pas mal interprétés, je précise que je ne réduis évidemment pas le genre policier à des romans construits uniquement sur une enquête !). L'histoire, qui, au départ, semble assez légère, prend une direction pour le moins inattendue. A travers ces personnages mignons et candides, l'auteur fait passer des messages importants, notamment sur la cause animale, en particulier sur le traitement des animaux dans les abattoirs. Si Jefferson est donc un roman que l'on peut qualifier d'engagé, il n'en demeure pas moins que l'écriture est résolument orientée jeunesse et que l'histoire reste à la portée de ce lectorat. Pour ma part, bien qu'étant adulte, j'ai adoré ce texte que j'ai trouvé remarquablement écrit. Rien que pour cela, j'aime la plume de cet auteur qui ne prend pas les enfants pour des êtres idiots et incultes et leur offre de la vraie littérature. Le ton est malicieux et tendre en surface, mais la teneur des messages portés par ce roman n'en est que plus sérieuse. On passe un superbe moment en compagnie de Jefferson le hérisson et des ses acolytes, on est diverti tout en réfléchissant à un sujet grave.
Un magnifique roman illustré avec talent par Antoine Ronzon, presque un coup de coeur.
Et, cerise sur le gâteau, une sublime couverture réalisée par Lisa D'Andrea (avec des effets de brillance pour représenter la pluie qui tombe).

Ils remontaient dans leur chambre quand l'employé de la réception les interpella, le sourire aux lèvres et l’œil rigolard :
- Alors, cette soirée Scrabble ?
Peut-être pensait-il que ces drôles de clients savaient à peine lire et écrire.
- C'était très bien, répondit Jefferson, merci.
- Vous avez trouvé des mots très longs ?
- Oui, j'ai trouvé SOLIDARITÉ.
- Ah, pas de Z, pas de W, ça ne doit pas rapporter des masses.
- Si, fit Jefferson, ça peut rapporter beaucoup. Bonne nuit, monsieur.

Gallimard Jeunesse, 263 pages, 2018

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dimanche 29 janvier 2017

Mes amis devenus (Jean-Claude Mourlevat)

9782265115620FS.gifJ'ai enfin lu le dernier né de mon auteur chouchou ! Il était temps, surtout que j'avais noté ce titre avant même qu'il paraisse !
Ce qui est bien avec Jean-Claude Mourlevat, c'est que je sais que c'est une valeur sure, et que quoiqu'il écrive, je ne serai pas déçue. Et cette fois-ci, en prime, je suis passée près du coup de cœur.

Je mets de suite en garde le lecteur qui serait, comme je l'ai été, induit en erreur par la quatrième de couverture... Il s'agit certes, d'une histoire de retrouvailles, mais surtout et avant tout d'une histoire de jeunesse et d'amitiés, de rencontres. Je m'explique : le texte de présentation laisse entendre que le cœur du roman est construit autour des retrouvailles, or en réalité, cette partie ne représente que le dernier quart du livre. Le reste, ou plutôt ce qui précède, est consacré à l'enfance puis l'adolescence du narrateur. A travers ses yeux, on assiste à sa rencontre avec les quatre autres protagonistes et au bout de chemin qu'ils ont parcouru ensemble, jusqu'à s'être perdus de vue. Alors voilà, vous allez dire que ce que je précise n'est pas important, mais pour moi, oui. Je m'attendais à un récit qui se focalise sur des retrouvailles, qui plus est sur l'île de Ouessant, or nous n'avons qu'un bref aperçu desdites retrouvailles et le décor importe peu en fin de compte. Cela ne veut pas dire que le roman est mal construit ou m'a déçue, mais simplement que parfois on a des attentes induites par les présentations des éditeurs qui sont à côté de la plaque.

Ceci étant, même si je m'attendais à lire autre chose, j'ai adoré ce roman. Il est empreint encore une fois de toute la sensibilité dont Mourlevat sait faire preuve. J'aime énormément sa façon de percevoir le monde, de dépeindre ses personnages. C'est drôle et triste à la fois, émouvant, beau. Il a une capacité à m'attirer dans ses filets et à me faire oublier le monde qui m'entoure en l'espace de quelques lignes, et j'adore ça. Lire Mourlevat pour moi, c'est comme retrouver un ami intime, rentrer chez moi, dans un univers où je me sens bien.
Et pour terminer ce billet sur une note futile, j'adore l'illustration de la jaquette, mais la couverture en-dessous est laide, quel dommage !

Fleuve Editions, 217 pages, 2016

samedi 17 décembre 2016

Collection Petite Poche - Thierry Magnier

J'ai découvert grâce à une collègue une collection extra chez l'éditeur Thierry Magnier et j'ai eu envie de la présenter ici tant elle m'a séduite : Petite Poche.

" Des romans comme les grands. " Ce slogan reflète parfaitement l'esprit de la collection qui souhaite proposer à des lecteurs débutants ou pas très à l'aise des textes accessibles avec un vrai contenu. La collection rassemble ainsi de nombreux titres d'auteurs connus sur des thématiques variées. Les ouvrages font aux alentours de 40 pages mais dans un tout petit format avec de gros caractères, ce qui en rend la lecture possible même pour les moins bons lecteurs. Et là où l'idée d'une telle collection est géniale, c'est que la qualité des récits proposés est telle que l'on peut les destiner à un lectorat très large. Jeunes lecteurs débutants ou moins jeunes qui peinent à entrer dans un roman "épais", tout le monde trouvera un réel plaisir de lecture dans ces ouvrages. Pour preuve, j'ai lu quatre titres de cette collection et j'ai savouré ces lectures.

Créée au début des années 2000, Petite Poche s'est étoffée et compte maintenant plus de cent titres, de quoi faire son choix ! Sur le site dédié à la collection, il est d'ailleurs possible d'effectuer des recherches en fonction du niveau de lecture (trois niveaux possibles), de l'auteur et de la thématique. Il y a quelques temps, la collection Petite Poche a été relookée et propose maintenant des couvertures au graphisme coloré que personnellement j'aime beaucoup. Dernier détail, un ouvrage coûte la modique somme de 3,90 €.

Et donc, pour tester ladite collection, j'ai jeté mon dévolu sur les titres de mon auteur chouchou, alias Jean-Claude Mourlevat (je tronque volontairement les présentations de l'éditeur car elles contiennent des spoilers) :

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Présentation de l'éditeur
Ruper Oaza est l’homme le plus fort du monde. Chaque dimanche, sur la place du village, il soulève une énorme pierre devant toutes les familles des environs, rassemblées pour contempler l’exploit. Peio vit seul avec sa mère. Petit et malingre, il est fasciné par la force de Ruper Oaza, et il lui demande un jour d’être formé. 
Mon avis
J'ai aimé cette atmosphère de cirque de village, ce côté fascinant de l'homme fort, l'aspect initiatique du récit avec la formation du jeune Peio.

L'homme qui levait les pierres
Thierry Magnier (Petite Poche), 44 pages, 2015

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Présentation de l'éditeur
Il y avait dans un port de la Norvège un très vieil homme à qui manquait une oreille. « Comment l’as-tu perdue ?» lui demande-t-on souvent dans l’auberge où il vient s’enivrer. Et, chaque soir, le vieil homme raconte une version différente de sa mésaventure. 
Mon avis
Quel suspense ! Jusqu'au bout on se demande comment cet homme a perdu une oreille et la surprise est totale. Un texte malicieux.

L'homme à l'oreille coupée
Thierry Magnier (Petite Poche), 40 pages, 2015

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Présentation de l'éditeur
Dans une oasis du désert vivait un homme qui ne possédait rien. Le soir, il s’asseyait sur la dune et regardait les étoiles monter dans le ciel. Un jour, un chameau passe et lui propose de l’amener de l’autre côté du désert, à Topka.
Mon avis
Des quatre ouvrages, celui-ci a ma préférence. Une sorte de conte oriental, dépaysant, joliment moralisateur. Il m'a touchée.

L'homme qui ne possédait rien
Thierry Magnier (Petite Poche), 44 pages, 2015

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Présentation de l'éditeur
Il a mené une belle vie simple et honnête, sans taches. Aussi lorsqu’il meurt la première fois, il est sûr d’avoir gagné son paradis. Oui, mais Saint Pierre n’est pas de cet avis : à l’âge de sept ans, il a volé trois caramels, il doit donc redescendre sur Terre pour tout recommencer…
Mon avis
De l'humour dans un texte qui fait également réfléchir, une belle histoire.

Les trois caramels capitaux
Thierry Magnier (Petite Poche), 44 pages, 2015

jeudi 19 novembre 2015

Et je danse, aussi (Jean-Claude Mourlevat, Anne-Laure Bondoux)

9782265098800FS.gifEncore un ouvrage qui devrait être remboursé par la sécurité sociale tant il fait de bien à l'âme !

Ce roman épistolaire écrit à quatre mains retrace la correspondance improbable entre Pierre-Marie, romancier à succès, et Adeline Parmelan, une lectrice.
L'histoire commence lorsque Pierre-Marie reçoit par la poste une volumineuse enveloppe. Croyant qu'il s'agit d'un manuscrit, il décide d'éconduire gentiment mais fermement son expéditrice.  Seulement, cette dernière ne l'entend pas de cette oreille, et revient à la charge. Ainsi démarre entre les deux protagonistes une correspondance qui va s'étendre sur plusieurs mois. 
J'avais un a priori positif en démarrant cette lecture car j'aime les romans épistolaires, et surtout, j'adore la plume de Jean-Claude Mourlevat. Pourtant je ne m'attendais pas à ce coup de coeur.
C'est un roman-doudou qui se savoure et se lit avec délice, un de ceux dans lesquels on aime revenir, s'y lover, ne plus en sortir. Il y a de la tendresse dans ces pages, de l'humour, de l'espièglerie même, bref cette lecture m'a fait passer un merveilleux moment.
J'ai adoré suivre ces échanges, voir la complicité s'installer entre ces deux êtres au départ étrangers l'un pour l'autre.
C'est un texte remarquablement écrit, vivant, pétillant. Un bijou.

Fleuve Editions, 279 pages, 2015

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jeudi 20 février 2014

Le combat d'hiver (Jean-Claude Mourlevat)

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Il en aura passé du temps dans ma PAL, ce roman !!! Pourtant après mon coup de coeur pour Le chagrin du roi mort du même auteur, j'avais très envie de le découvrir, mais voilà, comme toujours, les livres s'empilent, le temps passe et puis...

J'ai qualifié par le passé la plume de Mourlevat d'enchanteresse, et une fois encore j'ai été happée dès les premières lignes. Il a ce truc en plus qui fait qu'on le reconnaît de suite dès que l'on ouvre un de ses livres, cette empreinte spéciale qui nous murmure que c'est lui et pas un autre. 

Une couverture bleutée, une histoire qui se passe également en hiver, et pourtant cette histoire est bien différente de celle du Roi mort. C'est le combat de quatre adolescents - deux garçons, deux filles - pour la liberté. Evadés d'un orphelinat-prison, ils marchent dans les traces de leurs parents disparus des années auparavant en luttant pour cette même liberté.

Je conçois que le résumé que je propose est des plus courts mais je veux dévoiler un minimum de cette intrigue qui doit se découvrir au fur et à mesure pour rendre encore plus intense le plaisir de lecture.
Ce que je retiendrai avant tout de ce roman, c'est son ambiance si particulière, avec un brin de fantastique, un côté dystopie et en même temps l'impression à certains moments d'être dans un conte. Il n'y a que Mourlevat qui soit capable de mélanger autant de genres sans que l'histoire perde de sa crédibilité. Je me suis attachée à ces jeunes en quête d'absolu, j'ai aimé les retrouver jour après jour et les suivre dans leur périple audacieux. 

Un très bon et beau roman que je recommande.

Gallimard jeunesse, 330 pages, 2006

mercredi 17 juillet 2013

La troisième vengeance de Robert Poutifard (Jean-claude Mourlevat)

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Vous aurez noté que plus le temps passe et plus je "lis" des livres audios. Mon grand matelot me voyant souvent m'activer à des tâches ménagères avec un casque sur la tête s'est montré curieux de ce genre de lecture et nous avons donc testé un livre audio du rayon jeunesse. 
La troisième vengeance de Robert Poutifard était le choix idéal car j'aime énormément la plume de l'auteur et, cerise, sur le gâteau, c'est lui qui lit son propre roman.

Robert Poutifard est un instituteur aigri à la retraite qui n'a qu'une idée en tête : se venger de ses anciens élèves ! Pour leur faire payer de longues années de chahut et d'humiliation, il est prêt à tout. 

Voilà une histoire délicieuse à l'humour féroce et jubilatoire qui ne manquera pas de plaire aux jeunes lecteurs. Cette lecture n'a pas été sans me rappeler mes lectures de jeunesse lorsque je savourais les romans de Roald Dahl. J'y ai retrouvé la même fantaisie et le même ton malicieux. 
La lecture par l'auteur apporte un plus non négligeable, c'est un vrai bonheur de l'entendre. 

Un roman apprécié par grand matelot (9 ans) et moi-même. Une vraie réussite.

La fiche du livre sur le site de l'éditeur avec un extrait audio

Texte intégral lu par jean-Claude Mourlevat
Gallimard Jeunesse (Ecoutez lire), février 2013
Durée totale d'écoute : 3h10

mardi 12 février 2013

Silhouette (Jean-Claude Mourlevat)

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Un nouveau livre de Jean-Claude Mourlevat c'est comme un bonbon, ça se savoure en douceur. Malheureusement, celui-ci est bien trop court ! Cette fois, ce sont des nouvelles que nous propose l'auteur. La quatrième de couverture précise "10 nouvelles fortes et cruelles".

Dix textes donc, très différents les uns des autres, chacun son univers. Certains flirtent avec l'absurde, d'autres se rapprochent de la "normalité" mais tous sont originaux dans l'écriture.
La chute de la plupart de ces nouvelles ne m'a pas tant surprise mais cela n'a en rien gâché mon plaisir de lecture qui fut grand. Une seule nouvelle m'a déçue, les neuf autres m'ont enthousiasmée. J'ai aimé retrouver l'écriture de cet auteur, j'ai aimé cet imaginaire débordant, cette vision décalée des choses, l'humour noir, le côté jubilatoire. 

Silhouette est un recueil qui pourrait bien me réconcilier avec les nouvelles, genre dont je ne raffole pas habituellement (à quelques exceptions près)

Difficile de choisir, mais je crois que la nouvelle que je préfère est Case départ. Et vous ? 

(Cerise sur le gâteau, si je puis m'exprimer ainsi, la couverture est superbe !)

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Gallimard Jeunesse (Scripto), 2013, 220 pages

jeudi 3 mars 2011

Terrienne (Jean-Claude Mourlevat)

Il m'est délicat de vous parler de livre que je ne voudrais pas écorcher par mes mots tant je l'ai aimé. La première impression qui se dégage de cette lecture c'est celle de pureté. Pureté de l'écriture et de la façon dont l'auteur envisage les deux univers qui composent ce récit. A partir d'une histoire de science fiction de facture classique, l'auteur délivre un roman qui ne ressemble à aucun autre, qui lui est propre. 
D'un côté il y a la Terre avec ses couleurs, ses odeurs, son désordre et ses virus, de l'autre il y a ce monde aseptisé, inodore, incolore, vide d'émotions. Entre les deux il y a Anne, une jeune terrienne à la recherche de sa soeur disparue.
S'offrent alors au lecteur les visions de ces deux mondes parallèles que tout oppose. C'est précisément la manière de les présenter qui fait, selon moi, la grande force de ce livre. Jean-Claude Mourlevat les décrit sans prendre parti, en endossant à chaque fois le point de vue des êtres qui les habitent. Pour chaque espèce, l'autre monde est source d'incompréhension et de dégoût, mais finalement les deux suscitent l'empathie. Comment en effet, accepter l'idée de manger des morceaux d'animaux morts quand on n'a pas été élevé ainsi ? Comment  se passer des saveurs et de la diversité du monde quand on est terrien ? Chaque espèce est victime de son éducation, de sa culture, et vivre de l'autre côté lui est devenu impossible.
C'est un hymne à la tolérance, à la pluralité du monde dans lequel nous vivons, un regard neuf sur la vie et les petits choses dont on n'a parfois plus conscience. 
Terrienne, c'est une parenthèse hors du temps, un peu comme un rêve qui poursuit le dormeur après son réveil. 

Jean-Claude Mourlevat est un grand Monsieur qui a toute ma gratitude.

* * *

Si vous n'êtes pas encore convaincus, lisez le superbe billet de Theoma et celui de Clarabel

Et si après ça vous n'avez pas encore décidé de lire Terrienne, découvrez les premières pages en ligne.

Le site de l'auteur

Une interview de l'auteur réalisée par Gallimard Jeunesse à l'occasion de la sortie de Terrienne et qui aborde aussi de façon plus générale le métier d'auteur, passionnant !


Gallimard Jeunesse, janvier 2011, 386 pages

jeudi 11 février 2010

L'enfant Océan (Jean-Claude Mourlevat)

J'ai fait connaissance avec la talentueuse plume de Jean-Claude (je l'appelle Jean-Claude si je veux d'abord !) à la fin de l'année dernière et ce fut un véritable coup de foudre. Je savais que tôt ou tard je le retrouverai, sans nul doute. Un passage à la bibliothèque m'a fait tomber en toute innocence sur ce court roman dont j'avais déjà entendu parler à maintes reprises.

Je n'ai pas eu de coup de cœur comme pour Le chagrin du roi mort, mais encore une fois la magie a opéré et j'ai été de nouveau séduite par l'écriture. Je ne sais pas comment mettre en mots mon ressenti, mais dès le début de la lecture j'ai l'impression d'être enveloppée dans un cocon, comme si le monde extérieur cessait d'exister. Un cocon qui n'est d'ailleurs pas vraiment douillet car L'enfant Océan est un roman assez dur, peut-être même trop pour un jeune lectorat ? La quatrième de couverture préconise ce titre dès 10 ans, il me semble que c'est un peu tôt...

L'enfant Océan est une fable moderne, une revisitation du célèbre conte Le petit poucet de Charles Perrault qui est ici transposé dans le monde actuel. On retrouve donc sept enfants, soit trois paires de jumeaux et un petit dernier aux proportions minuscules qui décide de fuir la ferme familiale avec ses frères. Les pérégrinations de la petite troupe sont racontées tout à tour par de nombreux personnages de l'histoire. Ce récit à plusieurs voix est émouvant et triste ; ça vous remue, ça vous bouscule jusqu'à la toute dernière page. J'ai retrouvé ce que j'ai aimé dans Le chagrin du roi mort, une écriture mélancolique et poétique qui me touche profondément.

Me voilà dans de beaux draps, à mon âge je retombe amoureuse,  et il va falloir que je découvre les autres titres de ce grand Monsieur de toute urgence.


Les avis de Laurence, Florinette, Chiffonnette et Cuné


Le site de l'auteur qui nous promet une belle surprise d'ici la fin de l'année... Je serai au rendez-vous bien entendu !


Pocket Jeunesse (collection Pocket Junior) - 151 pages

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