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samedi 11 novembre 2017

Entretien avec Jean Teulé par Jean-Luc Hees

9782367624211-001-T.jpegEn début d'année, je vous avais parlé de cette nouvelle collection intitulée L'écrivain chez Audiolib. C'est le deuxième entretien que j'écoute, cette fois avec Jean Teulé, un auteur que j'affectionne particulièrement.
Un interlude d'une petite heure qui m'en a appris davantage sur l'écrivain. Sa méthode de travail, son regard sur sa propre personne, son rapport à la littérature, son évolution professionnelle, ses doutes, son humilité aussi. 
L'entretien est fort bien mené et c'est en somme une discussion passionnante qui s'engage entre les deux hommes. Jean Teulé n'a pas sa langue dans sa poche, il dit les choses comme il les pense, sans état d'âme et parfois dans un langage très cru. J'ai beaucoup ri à l'écoute de certaines de ses réflexions, on retrouve l'écrivain entier et drôle des livres.

Entretien conduit par Jean-Luc Hees
Durée totale d'écoute : environ une heure
Audiolib, 2017

jeudi 28 mai 2009

Le Montespan (Jean Teulé)

Séduite par sa plume dans Je, François Villon que je n'avais pourtant pu terminer tellement je l'avais trouvé dur, je pensais relire Jean Teulé un jour ou l'autre. Le Montespan m'a véritablement convaincue de son talent d'écriture dont j'avais trouvé le style moins percutant dans Le magasin des suicides.

Dans cette biographie romancée du marquis de Montespan, on retrouve toute la verve et le style truculent de Teulé.
L'histoire est celle de Louis-Henri, marquis de Montespan, un gascon éperdument amoureux de sa femme et qui ne souffrit pas que celle-ci devienne la favorite de Louis XIV. Toute sa vie durant, il ne cessa de s'opposer au roi, refusant d'accepter son statut de cocufié.
Le récit, fort bien documenté, présente un intérêt historique certain sans se montrer ennuyeux. Comme j'aurais adoré l'histoire durant ma scolarité si l'on me l'avait enseignée de cette façon ! La plume de Teulé virevolte, taille en pointe, amuse, captive et retient le souffle du lecteur. En un instant, on se retrouve projeté à la fin du XVIIème siècle à la cour du Roi-Soleil, entouré de faste et de luxure, pour ensuite plonger dans la misère et la famine que traverse le peuple, la cruauté, les condamnations terribles pour de menus larcins... Le décor est campé de telle façon que l'on s'y croirait.
Le marquis de Montespan, ce personnage haut en couleurs, suscite à la fois la compassion et le rire, mais aussi le respect pour avoir osé s'opposer à l'un des plus grands monarques de l'époque.
J'aurais presque envie d'écrire "pour apprendre en s'amusant", mais ce serait une conclusion bien naïve qui ne rendrait pas hommage à la qualité de ce roman qui m'a passionnée et transportée dans l'histoire.
Lire Teulé, c'est prendre des risques, entre autres celui de se faire happer par le texte.

Les avis de Stéphanie, Katell, Ys, Fashion, Cuné et Caro[line]

Florinette, je te rappelle qu'il attend sagement dans ta PAL depuis un an ! ;-) 

Lu dans le cadre du Prix des lecteurs du Télégramme

Julliard - 333 pages

mardi 15 avril 2008

Le magasin des suicides (Jean Teulé)

Dans la famille Tuvache, on est dans le suicide de père en fils. Le magasin des suicides propose à celles et ceux qui veulent en finir avec la vie un large choix de produits pour réaliser leur vœu. Vous voulez mourir en samouraï ? Le lot tanto-kimono est pour vous ! Vous avez l'âme d'un artiste ? Vous pourrez réaliser une nature morte (le kit contient tout le nécessaire de peinture) d'une pomme empoisonnée  avant de la croquer ! Vous préférez un mode plus classique comme la pendaison ? Choisissez alors une corde en chanvre, solidité garantie, impossible de se rater ! Et lorsque vous aurez fait votre achat et que vous vous en retournerez chez vous, prêt à commettre l'irréparable, on ne vous dira pas "au revoir", mais "adieu" ; le service est professionnel jusqu'au bout !
Seulement, il y a comme un os dans cette histoire de famille... Alan, le petit dernier, a une fâcheuse tendance à la gaieté. Et quelqu'un qui aime la vie dans un magasin pour le suicide, ça fait désordre...

Ce court roman, vous l'aurez compris, est un concentré d'humour noir, sur un thème plutôt délicat. Je dois dire que le pari de faire rire n'était pas gagné d'avance, mais Jean Teulé y est parvenu avec brio. Étant particulièrement sensible sur ce sujet, je peux vous dire que j'ai pourtant dévoré le roman d'une traite, avec le sourire aux lèvres, et que pas un seul instant ma pensée n'a viré au sombre. L'humour est très fin, et en même temps le fond de l'histoire suffisamment déjanté pour que l'on parvienne à se détacher complètement de la réalité et que l'on se laisse embarquer dans ce récit jubilatoire.
J'ai trouvé cette lecture fort plaisante, et j'ai énormément apprécié l'humour que l'on retrouve jusque dans les différents noms propres utilisés dans l'histoire (le propriétaire s'appelle Mishima, le magasin est situé boulevard Bérégovoy, etc.).
Ce roman m'a donc réconciliée avec l'auteur puisque je n'avais pu aller au bout de Je, François villon.
Un roman léger et agréable, à lire pour se divertir.

Un grand merci à Joël de me l'avoir prêté.

Les avis d'Arsenik, Cathulu, Emeraude et Tamara.

Julliard - 157 pages 

samedi 1 mars 2008

Je, François Villon (Jean Teulé)

S'il n'y avait pas eu le blogoclub de lecture, je n'aurais jamais eu l'idée de lire un tel livre. Le nom de François Villon m'évoque immédiatement sa Ballade des pendus, étudiée au lycée, et qui m'avait quelque peu traumatisée. L'image des "yeux cavés" m'est longtemps restée en mémoire... Bref, quand j'ai reçu le résultat des votes pour la lecture du 1er mars, j'ai grimacé en découvrant le titre Je, François Villon. Consciencieuse, je me suis néanmoins procuré le livre et me suis attelée à sa lecture...
Dans l'ouvrage de Jean Teulé écrit à la première personne, c'est le poète Villon lui-même qui raconte sa propre vie. Romancée, cette biographie s'appuie néanmoins sur des faits exacts, et elle semble être le résultat d'un immense travail de recherche en amont. L'écriture est excellente, l'humour glacial.
Mais, malgré ces qualités indéniables, j'ai lâchement abandonné ce livre au bout de 120 pages. Le récit est tellement sombre, tellement écoeurant, que j'ai préféré m'arrêter en chemin. Toutes ces scènes de torture, de violence, même si elles sont dépeintes avec un style humoristique brillant, m'ont soulevé le coeur, et petit-à-petit, la lecture m'est devenue pénible, insupportable.
Se rajoute à cela le fait que cette biographie porte sur un personnage dont je n'apprécie pas les poèmes, et dont la vie m'inspire tout sauf de l'intérêt... Bref, la coupe était pleine !
J'ai essayé, et je n'ai pas pu.
Cependant, et comme toute expérience nous apporte quelque chose, cet essai de lecture m'aura quand-même permis d'entrer en contact avec l'écriture de Jean Teulé que j'ai par ailleurs beaucoup appréciée. J'aimerais découvrir le talent de cet auteur dans un tout autre registre, Le magasin des suicides, dont j'ai lu d'excellentes critiques, et dont le style d'humour conviendra davantage, semble-t-il, à mes goûts, et à ma sensibilité.
Je, François Villon, est sans-doute, quant à lui, une excellente biographie pour qui s'intéresse à ce personnage.

Lu dans le cadre du Blogoclub de lecture

Julliard (collection Pocket) - 432 pages