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mardi 22 janvier 2008

Patrouille de pêche (Jack London)

Patrouille de pêche est un recueil de nouvelles (écrites entre 1902 et 1904) divisé en trois parties.

A l'âge de 16 ans, Jack London est enrôlé dans la patrouille de pêche de San Francisco, chargée de surveiller et protéger la baie des "pêcheurs-pirates". C'est cette expérience qu'il relate dans le premier volet éponyme de l'ouvrage. Entre réalité et fiction, l'auteur retrace en huit nouvelles les aventures marquantes vécues au sein de la patrouille. D'un récit à l'autre, on retrouve les mêmes personnages : Jack London, son compagnon de patrouille Charley Le Grant, le patron Neil Partington, et certains braconniers qui participent de plusieurs histoires. Ce qui ressort de ces nouvelles, davantage que la lutte contre le braconnage (finalement le véritable adversaire c'est l'environnement, la mer et le vent), c'est la passion de l'auteur pour la voile, son côté aventurier, mais aussi profondément humain. Le ton est enlevé, et la lecture - très plaisante - ne pâtit pas d'un vocabulaire maritime pourtant pointu et très présent (cf. glossaire à la fin de ce billet) ; on suit avec intérêt ce combat des hommes face aux éléments. C'est la partie du recueil que j'ai préférée des trois, notamment parce qu'elle retrace un peu de la vie de Jack London dans un monde cosmopolite et insolite. Pour clore ce chapitre, vient, après les nouvelles, une lettre écrite par l'auteur au rédacteur en chef du Youth's Companion, dans laquelle il explique comment il a écrit les récits de Patrouille de pêche, et quelle est la part de fiction et de réalité dans ceux-ci.

Suit un unique récit intitulé A bord d'un petit voilier, véritable éloge de la navigation à voile. Ce texte lyrique explique combien naviguer est une activité complète, mobilisant à la fois le corps et l'esprit ; en somme, "le plus bel exercice pour un jeune garçon, un adolescent et un homme".

Le dernier volet du recueil rassemble cinq nouvelles consacrées à une autre expérience maritime de l'auteur : celle de son voyage en 1893 à bord de la goélette Sophia-Sutherland pour chasser le phoque. Là aussi, la réalité alterne avec la fiction dans des récits qui se passent en mer de Behring, au large du Japon.

J'ai apprécié cette lecture, cette plongée (au sens propre et figuré !) dans le monde rude des marins. Patrouille de pêche, est, paraît-il, un excellent préambule aux romans maritimes que Jack London a écrits par la suite. A souligner que cette édition propose une préface très intéressante (d'habitude, les préfaces m'ennuient à mourir) qui revient sur certains aspects de la vie de l'auteur.

Phébus (collection Phébus libretto) - 198 pages



VOCABULAIRE MARITIME

Pour parfaire cet ouvrage, un glossaire du vocabulaire maritime ainsi qu'une carte pour situer les différents voyages auraient été les bienvenus.
J'ai tenté de répondre à mon premier souhait en vous proposant la définition de quelques termes maritimes - connus ou moins connus - rencontrés dans cet ouvrage et qui en facilitent la lecture.

amure : côté d'où un bateau reçoit le vent (ex : tribord amures)
beaupré : mât placé à l'avant du navire, plus ou moins obliquement
bordage : planche ou tôle longitudinale recouvrant la charpente d'un navire
bordé : ensemble des bordages
border : tendre les écoutes d'une voile pour la raidir
brigantine : voile trapézoïdale de l'arrière
choquer : contraire de border, laisser filer une écoute, un cordage
cordeau : ligne de fond pour la pêche
culer : aller en arrière
foc : voile triangulaire à l'avant du navire
gui : synonyme de bôme (vieilli)
hauban : cordage ou câble servant à assujettir un mât par le travers ou par l'arrière
hiloire : bordure verticale d'un panneau pour empêcher l'eau de pénétrer dans le navire
hunier : voile carrée située au-dessus des voiles basses
laize : bande de toile d'une voile
lofer : faire venir le navire plus près du vent
misaine : voile basse du mât de l'avant du navire
ris : chacune des bandes horizontales des voiles, qu'on replie pour diminuer la surface de voilure
sloop : petit navire avec un seul mât vertical
trinquette : foc le plus proche du mat ou de la misaine
youyou : petit canot court et large utilisé pour la navette entre les bateaux au mouillage et les quais

samedi 12 janvier 2008

Jack London

Aujourd'hui, il aurait 132 ans s'il était encore en vie !
J'ai voulu lui rendre hommage car il fait partie de mes écrivains favoris.

Biographie

Jack London voit le jour le 12 janvier 1876 à San Francisco, Californie, sous le nom de John Griffith Chaney.
Il est mort le 22 novembre 1916 à Glen Allen, Californie, à l'âge de 40 ans.

Il est né de Flora Wellman, et, l'on suppose, de William Chaney, un journaliste et astrologue américain.
Alors qu'il est encore bébé, sa mère épouse John London, un ancien soldat de la guerre de sécession. John Griffith Chaney devient alors Jack London (Jack est un diminutif de John, pour le différencier de son beau-père).

Autodidacte, il fait son éducation dans les livres et se découvre une passion pour ceux-ci. Il est également attiré par la mer, symbole de liberté.

Les premières années de sa vie sont dures, entre vie vagabonde et "petits" boulots qui se succèdent. Travail à l'usine, blanchisseur, marin, ou encore chercheur d'or dans le Klondike, période qui lui inspirera de nombreux récits. Il devient militant socialiste.

Il se mariera deux fois au cours de sa vie : en 1900 avec Elizabeth Maddern qui lui  donnera deux filles (Joan et Bess), puis en seconde noce en 1905 avec Charmian Kittredge.
Son premier roman Le fils du loup paraît l'année de son premier mariage.

En 1907, il embarque à bord du Snark, un voilier qu'il s'est fait construire,  pour un tour du monde qui prendra fin en Australie. Sa découverte des mers du sud lui inspirera nouvelles et romans et c'est notamment au cours de ce voyage qu'il écrira son roman autobiographique Martin Eden.

En parallèle de sa vie d'écrivain, il mènera également une carrière de reporter sur différents fronts.

En 1910, il achète un terrain dans le comté de Sonoma et y fait bâtir un ranch dans lequel il investit beaucoup d'argent et d'énergie, et qui est détruit par un incendie trois ans plus tard. A la même période il apprend qu'il est gravement malade, atteint d'urémie.

Les dernières années de sa vie sont bien sombres, entre alcoolisme et dettes. Il meurt en 1916 des suites de sa maladie, laissant derrière lui plus d'une cinquantaine de livres ; essentiellement de la fiction, mais également des essais et des récits autobiographiques.

Amoureux de la mer et des livres, Jack London était aussi un homme engagé. Il a connu une carrière littéraire courte, mais intense, à l'image de sa vie. 

Bibliographie

Je ne proposerai pas ici de bibliographie complète car ce n'est pas mon propos.
Je souhaite simplement illustrer avec quelques titres célèbres la diversité de l'œuvre de Jack London.
Une oeuvre qui s'est construite autour de plusieurs thèmes, chacun inspiré par une facette de la vie du romancier ; voici les principaux :

Le Grand Nord
Les écrits les plus connus de Jack London, inspirés par son expérience de chercheur d'or au Klondike.
- Le fils du loup (1900)
- Les enfants du froid (1902)
- L'appel de la forêt (1903)
- Croc-blanc (1906)

La mer
Des récits inspirés par ses différentes expériences de marin au cours de sa jeunesse, puis ensuite par son voyage à bord du Snark.
- Patrouille de pêche (1905)
- Les contes des mers du sud (1911)
- La croisière sur le Snark (1913)
- Michael, chien de cirques (1917)

La politique
Récits qui montrent son engagement pour le socialisme.
- Le peuple d'en-bas (1903)
- La route (1907)
- Le talon de fer (1908)

Romans autobiographiques
- Martin Eden (1913)
- John Barleycorn (1913)

Souces :

Fluctuat.net
Wikipedia
Jack-London.fr
The world of Jack London
The Jack London online collection