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mercredi 10 octobre 2018

La vague des BD #11

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Vous l'aurez reconnu à la couverture, cet album est bien l'adaptation du roman de Yves Grevet, premier tome de la géniale série Méto.
Ma lecture de la série remonte à quelques années maintenant et ma mémoire est incertaine, mais il me semble que le scénario est bien fidèle au roman. 
Pour rappel, ou pour information pour lecteurs n'ayant pas lu les romans, il s'agit d'une trilogie d'anticipation. Dans ce premier tome, on découvre un pensionnat d'un genre un peu particulier appelé La maison, et dans lequel vivent 64 garçons. Leur quotidien se déroule entre ces quatre murs, régulé de manière stricte par les Césars, sortes de matons. 

Dans cet album, on retrouve bien l'ambiance oppressante qui règne dans les romans, et ce côté mystérieux. Qu'y a-t-il au-delà des murs de la maison ? Où vont les garçons devenus trop grands ? Dans ce premier volume, on est volontairement plongé dans un univers fermé que l'on observe à travers les yeux des pensionnaires de La maison, sans en connaître davantage qu'eux sur la situation.

Une bonne adaptation.

Méto #1 - La maison
Yves Grevet, Lylian, Nesmo, Lerolle
Glénat, 2018

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Premier tome d'une série de science fiction (plutôt destinée aux ados-adultes, ne vous fiez pas au style des dessins), Le visage des sans-noms se révèle être un début prometteur. Dans un futur indéterminé, la ville de Phoenice (autrefois San Francisco)  est devenue un état divisé en deux zones distinctes. D'un côté la classe dominante, les nantis, de l'autre le reste de la population. Jonas, âgé de 14 ans, n'a qu'un but pour échapper à sa modeste condition, réussir le concours d'entrée pour intégrer les "élus", comme sa sœur auparavant.
Le scénario est bien ficelé, l'entrée en matière pique notre curiosité tout en nous offrant un lot de rebondissements et scènes d'actions. 
Un album qui se lit tout seul et donne envie de découvrir la suite.

Eden #1 - Le visage des sans-noms
Fabrice Colin, Carole Maurel
Rue de Sèvres, 2018

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CoupDeCoeur2016.pngAprès Bonne journée et Bonne continuation, Olivier Tallec revient avec un nouvel opus toujours aussi drôle et toujours plus fort !
Aussitôt reçu, aussitôt dévoré, je me suis jetée dessus après une journée fatigante et cela m'a fait un bien inouï ! On pourrait croire que la recette est moins bonne après deux tomes, il n'en est rien, bien au contraire. L'auteur a le don des formules et situations ubuesques mais désopilantes.
Un quart d'heure de lecture et quelques rires plus tard, j'étais une lectrice comblée !
N'oubliez pas de le placer sous le sapin cette année !

Je reviens vers vous
Olivier Tallec
Rue de Sèvres, 2018

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J'avais noté cette BD depuis un petit moment pour ne pas rater sa sortie... Fan de l'écriture de Sophie Henrionnet et de la douceur des dessins de Mathou, je voulais découvrir ce qui se cachait derrière cette couverture si attrayante.
Et puis Colette, c'est l'histoire d'une trentenaire célibataire qui va voir sa routine bousculée après le décès de sa soeur et son beau-frère. Leur petite Colette se retrouvant orpheline, le testament révèle que c'est la tata qui va devenir sa tutrice.
Mais est-ce qu'Anouk se sent capable d'endosser ce rôle ?
Entre douceur et douleur, une bien jolie histoire qui prend aux tripes. Beaucoup d'émotion dans ces pages.

Et puis Colette
Sophie Henrionnet, Mathou
Delcourt, 2018

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David Smith, un jeune sculpteur qui ne parvient plus à créer se voit proposer un pacte terrible : en échange de sa vie, il pourra sculpter tout ce qu'il souhaite à mains nues.
A travers cet album monumental de plusieurs centaines de pages, l'auteur nous propose une adaptation du mythe de Faust. 
Les dessins sont à couper le souffle et nous plongent littéralement dans l'histoire, par moments on oublie qu'on est à l'extérieur de l'histoire tant c'est prenant ! 
L'histoire est passionnante, anxiogène et étonnante.
A découvrir.

Le sculpteur
Scott McCloud
Rue de Sèvres, 2018

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mercredi 17 janvier 2018

La vague des albums #125

Nouvelle vague avec deux albums pour adultes dont un coup de cœur !

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CoupDeCoeur2016.pngCoup de cœur pour ce magnifique ouvrage que l'on pourrait qualifier d'imagier-nuancier. Un petit format mais un gros volume pour présenter une palette de 133 couleurs dans des dégradés superbes. Une double-page par ton, avec, tout au long du livre, la même organisation : page de droite, un fond uni de la couleur mise en avant, page de gauche, une illustration et un court texte explicatif. Pour chaque couleur, on apprend des anecdotes étonnantes à travers une approche plus ou moins historique.
C'est un album absolument somptueux, les dessins sont très beaux (j'adore le style graphique), les textes intéressants, et l'idée de ce nuancier géniale. Un must à posséder dans sa bibliothèque et à lire par petites tranches pour découvrir le monde des couleurs sous un angle passionnant. Une pépite. (Un album à réserver plutôt aux grands enfants et aux adultes.)

Colorama, Imagier des nuances de couleurs
Crushiform
Gallimard Jeunesse, 2017

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Autre album destiné aux adultes, celui-ci ravira les fans de Jane Austen. L'ouvrage est divisé en différentes parties qui correspondent à des salles du musée imaginaire, chacune portant sur l'un des romans de Jane Austen. Les six titres principaux de son oeuvre sont représentés : Orgueil et préjugés, Persuasion, L'abbaye de Northanger, Raison et sentiments, Emma et Mansfield Park. On trouvera aussi dans ce livre quelques informations relatives à Jane Austen (son oeuvre, sa vie, des anecdotes) et aux auteurs du livre.
Fabrice Colin rend hommage à cette grande dame en nous replongeant dans ses romans et en y ajoutant sa touche personnelle. En quelques mots il nous fait voyager dans le monde de Jane, partageant avec nous son amour pour ses textes. Un brin nostalgique, sa vision de l'oeuvre de la célèbre romancière est empreinte de respect et de poésie.
A l'illustration, on retrouve le pinceau de la flamboyante Nathalie Novi et chaque page est un plaisir pour les yeux. Dire que ses dessins sont magnifiques serait un euphémisme, cet album est un vrai bijou de beauté et de sensibilité.
Un splendide hommage à Jane Austen.

Le musée imaginaire de Jane Austen
Nathalie Novi, Fabrice Colin
Albin Michel Jeunesse, 2017

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Les lecteurs de ce salon auront remarqué que j'aime énormément le travail de Dedieu et que ses livres sont toujours pour moi  le synonyme d'un grand plaisir de lecture. Or, pour une fois, la déception était au rendez-vous et je dois reconnaître que je n'ai pas été emballée par cette histoire.
Visuellement tout d'abord, j'ai trouvé que ce n'était pas beau, en particulier concernant le choix des couleurs. Chaque double-page possède un fond de couleur différent, dont l'association avec les couleurs du dessin n'est pas des plus heureuses. Je suppose que c'est un parti pris de l'auteur, mais pour ma part, je n'ai pas adhéré à ce choix.
Ensuite, pour ce qui est de l'histoire, j'ai trouvé  que celle-ci manquait de subtilité et que la narration était  pauvre. Dedieu nous a habitués à des récits subtils, tout en nuances, et a montré à de multiples reprises qu'il n'était pas seulement un illustrateur de grand talent, mais aussi un excellent conteur et scénariste. Or, cette fois-ci, j'ai trouvé que cela manquait singulièrement de profondeur.
Première déception avec cet auteur, j'en suis bien  attristée.

Le Roy qui voyageait avec son royaume
Dedieu
Seuil Jeunesse, 2017

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Un format à l'italienne qui convient parfaitement à cette histoire dans laquelle le visuel compte beaucoup. A chaque page, il faut observer  et repérer les nombreux détails pour en comprendre  la trame. Ainsi, cet album m'a rappelé  La fête d'anniversaire ou encore La course au gâteau de Thé  Tjong-Khing. Ici, il y a tout de même un peu de texte, mais il est minimaliste car ce sont les dessins qui racontent. 
Une version moderne  et fantaisiste du Petit chaperon rouge fort plaisante à lire.

L'autobus
Marianne Dubuc
De La Martinière Jeunesse, 2017

lundi 27 décembre 2010

Bal de givre à New Yok (Fabrice Colin)

Premier contact avec la plume de Fabrice Colin et un gros coup de coeur pour son écriture et la construction totalement maîtrisée de ce roman si particulier. 

Anna, jeune lycéenne new-yorkaise se fait renverser par une une limousine blanche avec à son bord le plus charmant jeune homme dont elle puisse rêver. De cet accident, aucune séquelle si ce n'est qu'Anna a tout oublié de sa vie d'avant. Petit-à-petit elle va remonter le fil du temps avec les quelques indices dont elle dispose et redécouvrir qui elle est. En parallèle, le jeune homme à la limousine, Wynter, la courtise. Est-ce pour se faire pardonner de l'avoir renversée ? Comment un jeune homme si parfait peut s'intéresser à elle ? Malgré ses doutes, Anna cède rapidement aux charmes irrésistibles de Wynter.
Mais dans la  ville, rôde le Masque, un individu qui fait la une des journaux...

Ça commence comme un conte de fée, puis l'histoire évolue de manière troublante. Au fil des pages des évènements étranges surviennent sans aucune explication pour les accompagner. Subrepticement, des éléments transforment la romance du départ en un récit glacé. L'atmosphère change, et alors que tout est merveilleux en apparence, le lecteur a le sentiment d'étouffer, sensation de mal-être, comme si quelque chose ne tournait pas rond dans cette histoire.
De bout en bout, Fabrice Colin mène sa barque tel un virtuose et nous le suivons, avides de connaître le dénouement de ce Bal de givre étonnant.

La fin arrive dans les toutes dernières pages et tombe tel un couperet. J'avais imaginé un épilogue qui était bien éloigné de celui-ci. Attention, pour les curieux qui aiment lire la fin avant de commencer un livre, surtout ne pas le faire avec Bal de Givre à New York, sinon la lecture en sera faussée.

Un roman à l'écriture magistrale qui donne l'effet d'une claque lorsqu'on a tourné la dernière page.


Lu aussi par Leiloona, Clair de jour, Yueyin, Mango, Ori 


Albin Michel (Wiz), 293 pages, 5 janvier 2011