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vendredi 9 novembre 2012

La vague des albums #15

coupdecoeur.pngAttention, pépites droit devant ! J'ai découvert par le plus grand des hasards (bon, ok, les deux albums étaient exposés au rayon nouveautés !) deux magnifiques albums lors de mon dernier passage à la bibliothèque. Avant de vous les présenter, une petite note d'explication s'impose. 

Ces deux albums font partie de la collection Caldecott éditée chez Le genévrier.
La Caldecott Medal est une distinction qui est décernée chaque année depuis 1938 par l’Association des bibliothécaires américains pour la jeunesse. Elle est remise à l’artiste qui a créé l’album pour enfants le plus remarquable publié au cours des douze mois précédents.  Rien que ça ! C'est donc dire la qualité de ces albums.
Or, il s'avère que la plupart de ces titres sont malheureusement inédits en France. Et c'est là que l'éditeur Le genévrier entre en scène avec la merveilleuse idée de faire connaître quelques uns de ces inédits : " L’objet de la présente collection, fruit d’une rigoureuse sélection limitant l’ensemble à quelque 50 albums, est de constituer une anthologie patrimoniale de la production des livres d'images venus d'Outre-Atlantique. Le tout, hommage graphique oblige, dans le respect le plus rigoureux de la pagination, du format, de la reliure et de la jaquette de l’édition originale. "

Mais trêves de bavardages, voici sans plus attendre les deux albums qui m'ont conquise.


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Tour à tour sur un fil
Mordicai Gerstein
Le genévrier, 2011

Un album-hommage. Hommage d'abord au jeune funambule français Philippe Petit qui marcha pendant presque une heure sur un câble tendu entre les deux tours du World Trade Center en 1974. Hommage également à ces mêmes tours disparues le 11 septembre 2001. 
C'est donc une histoire "vraie" que nous raconte en mots et images Mordicai Gerstein. Alors que la construction du World Trade Center s'achevait, Philippe Petit décida de réaliser un exploit, celui de marcher sur un câble qui relierait les deux tours. 400 m de hauteur, pas de protection, juste un balancier pour tenir l'équilibre. Une histoire un peu folle, de courage et de poésie aussi, admirablement servie par ces dessins aux couleurs bleutées.
Grand matelot et moi-même avons aimé (et c'est un euphémisme) ce voyage insolite. 

Feuilleter quelques pages sur le site de l'éditeur.

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* * * * * 

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Joseph avait un petit manteau
Simms Taback
Le genévrier, 2011

Joseph a un petit manteau vieux et râpé, alors il en fait une veste. Quand la veste devient à son tour vieille et râpée, il en fait un gilet... et ainsi de suite, vous connaissez sans-doute le principe, structure répétitive, un évènement en enchaîne un deuxième qui débouche sur un troisième qui... C'est typiquement le genre d'histoire qui plaît aux petits mais pour une fois elle a davantage séduit la maman que les matelots, allez savoir pourquoi. J'ai été conquise par les illustrations qui sont de toute beauté, savant mélange de découpages-collages et de dessins, couleurs chaudes, bref un enchantement. MA-GNI-FI-QUE.

Feuilleter quelques pages sur le site de l'éditeur.

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samedi 27 octobre 2012

Charles prisonnier du cyclope (Alex Cousseau & Philippe Turin)

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Souvenez-vous de Charles, cet adorable dragonnet qui prenait son envol pour la première fois ? Le voilà de retour pour mon notre plus grand plaisir ! Et là... attention les yeux ! Monsieur Turin a encore fait très fort et nous a sorti de son sac à malices de nouveaux dessins absolument époustouflants.
Jugez par vous-même, lorsque vous ouvrirez cet album, vous tomberez nez à nez (ou plutôt nez à oeil, oserais-je dire) avec :

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Ouvrez grand l'album, demandez à quelqu'un de le tenir délicatement et reculez de quelques pas, observez. Le résultat est saisissant, n'est-ce pas ? Avec mes matelots, on s'est amusés à observer cet oeil à distance et à tour de rôle, c'est impressionnant ! 

Mais, me direz-vous, que devient Charles dans ce nouvel album ? Et bien Charles se porte comme un charme, seulement il manque d'amis pour lui tenir compagnie durant ses promenades aériennes. Il part donc en quête d'amitié mais c'est dans les bras du cyclope qu'il finira prisonnier.

Je peux vous dire que cet album a été attendu dans notre maisonnée avec une espèce d'euphorie qui s'est prolongée lorsque ledit ouvrage est enfin arrivé parmi nous ! Petits et grands on une nouvelle fois été conquis par ce jeune dragon irrésistible. Quel bonheur de retrouver sa moue à la fois drôle et attendrissante, ces dessins sublimes (il n'existe pas de qualificatifs à la hauteur de ceux-ci, croyez, moi !), ce texte jubilatoire mais toujours poétique, cet immense format (idéal pour une lecture en classe, je m'en vais le tester très bientôt).

Un album magnifique, intelligent, qui fait rêver et sourire. Que demander de plus ?
Chapeau bas aux auteurs, merci pour ce superbe voyage.

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Le billet d'Emmyne

Seuil jeunesse, 2012

samedi 29 septembre 2012

Cavale (Holly Goldberg Sloan)

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coupdecoeur.pngCavale est un immense coup de coeur, peut-être le plus grand de 2012 à ce jour. J'ai été totalement envoûtée par ce roman qui m'a touchée plus que je ne saurais le dire.

C'est l'histoire de deux frères, Sam et Riddle, élevés par un père violent et fou qui les traîne derrière lui depuis des années. Ils vont de ville en ville, ils ne restent jamais bien longtemps au même endroit, pas assez pour créer des liens avec l'extérieur. Les frangins ont appris à se débrouiller tous seuls et ne comptent que sur eux-même.
Mais un jour, la route de Sam croise celle d'Emily, et sa (leur) vie bascule.

Créer un lien avec quelqu'un peut se révéler l'expérience la plus flippante de votre vie.
Sam venait de le découvrir.
Il avait frôlé des serpents à sonnette. Sauté d'un pont pour éviter un train. Passé des nuits entières à frissonner de fièvre sans le moindre médicament pour le soulager. Il s'était fait emporter par le courant en pleine mer. Il avait esquivé les coups de son père. Un nombre incalculable de fois. 
Mais ça, c'était bien plus effrayant. 

Il y a tout dans ce livre. De l'émotion (beaucoup), de l'humour, de la poésie aussi... Le destin de Sam et Riddle est très sombre et les premières pages se révèlent oppressantes, mais la beauté du récit prend le pas sur le reste et page après page, on parvient à s'extirper de toute cette noirceur. 
Je suis ressortie de cette lecture un peu étourdie, à la fois troublée et émue.
C'est un roman magnifique, porteur d'espoir et de rêves, véritable ode à la vie.
Comment rester insensible à ces personnages ? J'ai ressenti une indicible affection pour ces deux frères qui malgré leur quotidien continuent d'élever leurs âmes et ne renoncent pas.

Cavale m'a emportée dans son sillage et me marquera durablement. J'espère du fond du coeur qu'il saura émouvoir d'autres lecteurs.

Coup de coeur déniché chez Clarabel

Titre original : I'll be there
Traduit de l'anglais par Nathalie Peronny
Gallimard jeunesse,  330 pages, 2011 pour l'édition originale, 2011 pour l'édition française

jeudi 13 septembre 2012

Le retour de l'aube (Malorie Blackman)

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Troisième coup de coeur sur quatre tomes, on ne pourra pas dire que cette série m'aura laissée de marbre !
Le retour de l'aube est donc le dernier volet de l'histoire entamée avec Callum et Sephy dans Entre chiens et loups. Ensuite, il y a eu La couleur de la haine, peut-être le tome que j'ai le moins aimé des quatre mais qui est tout de même très bon. Puis, l'arrivée du personnage de Callie dans Le choix d'aimer qui m'avait bouleversée. Cette fois-ci, nous retrouvons de nouveau Callie pour clore cette saga familiale ô combien douloureuse et amère.

* * * ATTENTION SPOILERS SUR LE TOME PRECEDENT * * *  Callie a changé, elle s'est réconciliée avec sa mère et a cessé ses activités de terrorisme au sein de la milice. Elle ne s'est pas encore remise du décès de sa grand-mère Jasmine et ne se pardonne pas d'avoir fabriqué la bombe qui en est la cause. Mais la vie continue et Callie doit affronter le présent avec ce sentiment de culpabilité omniprésent. Heureusement, Tobey, son meilleur ami est là pour la soutenir. * * * FIN DES SPOILERS * * *  

On retrouve en Callie et Tobey un couple similaire à celui de Callum et Sephy. Callie est de sang mêlé mais elle est tout de même considérée davantage comme une prima tandis que Tobey est un nihil. Ils sont voisins et fréquentent le même lycée mais le quotidien de Tobey est plus compliqué que celui de Callie. Tobey n'a pas une existence confortable, il n'a pas un sou en poche et ça le mine. Ça le mine tellement, qu'à un moment donné, il va faire un mauvais choix, celui de la facilité. A partir de là, c'est une lente mais inexorable descente aux enfers.
Une fois encore, l'écriture de Malorie Blackman m'a totalement happée. Le personnage de Tobey est fascinant parce qu'il est à la fois intelligent et vulnérable, terriblement humain dans sa façon de réagir et d'agir. Ce roman, à l'image des précédents, n'est pas simplement basé sur un rapport entre bien et mal, l'auteur va bien plus loin que cela et place ses personnages dans des positions très inconfortables. Quels que soient leurs choix, le chemin qu'ils suivront ne sera pas simple mais au contraire pavé d'épreuves à surmonter. A chaque virage, on ne peut s'empêcher de se demander pourquoi Tobey prend telle ou telle direction et comment il va affronter la réalité, quelle sera la prochaine étape. Au fil des pages, l'intensité va crescendo et d'un coup on se retrouve à un point de non retour, Tobey est coincé et c'est terriblement angoissant de le voir ainsi. Si je parle beaucoup de Tobey dans ce billet, c'est tout simplement parce que Callie est moins présente dans ce tome même si elle a aussi un rôle important à jouer. 

J'avais lu quelque part que ce quatrième tome était "le tome en trop", dispensable et inutile dans la série. J'avais même hésité à le lire. Heureusement, ma curiosité a été la plus forte et je ne partage absolument pas cet avis, ce dernier tome m'a profondément remuée à l'instar des précédents et a, à mon sens, toute sa place dans la saga. 
Le dénouement m'a tiré des larmes et j'ai refermé ce livre le coeur gros. 
Une série magnifique qui ne faiblit à aucun moment, elle me marquera durablement.

Titre original : Double cross
Traduit de l'anglais par Amélie Sarn
Milan (Macadam), 436 pages, 2009 pour l'édition française et 2008 pour l'édition originale

jeudi 19 juillet 2012

Easy (Tammara Webber)

Easy.jpgcoupdecoeur.pngComment vous dire ? Comment exprimer l'effet qu'a eu sur moi ce roman tout en restant (un peu) crédible dans ce salon ? 
Tout cela, c'est la faute de Cess (comme c'est bon de rejeter la faute sur les autres !). Parce que lorsqu'elle a un coup de coeur pour une romance YA, croyez-moi, c'est que c'est du lourd, il ne faut plus hésiter une seconde et se procurer ledit livre séance tenante ! Ce qui, avec la magie des livres électroniques est à présent possible. La lectrice compulsive peut être satisfaite dans la minute, si c'est pas beau la technologie. 

J'ai commencé innocemment ce roman un soir. Envie de légèreté, idéal me disais-je, pour lire tout en passant des vacances en famille et pouvoir profiter des uns et des autres. Le genre de lecture qui ne souffre pas d'être régulièrement interrompue.
Erreur. En fait Easy, il te prend par la main et ne te lâche plus, il t'empêche d'avoir une quelconque vie sociale à côté, il te fait oublier que tu as des enfants qui attendent d'être nourris.

Parfois dans la vie il faut faire des choix.

Je me suis donc isolée et j'ai lu, jusqu'à plus soif, enfin jusqu'à la dernière page, quoi !

 ♥ ♥ ♥ LUCAS ♥ ♥ ♥

J'ai retrouvé mes 15 ans... Ou peut-être que je ne les ai jamais quittés.

Faut-il vraiment que je vous parle de l'histoire ? Franchement je n'en ai pas envie, je préfère vous laisser la surprise de la découverte.
Je vais juste vous dire que c'est une superbe romance, pas fleur bleue, vraie, humaine, juste. La relation entre les deux protagonistes est magnifique. 
Le potentiel masculin de ce livre surpasse la plupart de ses concurrents de papier, et je peux vous dire qu'il est très difficile (je n'ose dire impossible) de résister à son charme. 

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Lucas est l'homme idéal. Il est intelligent, sensible, drôle, beau (pas comme le type de la couverture), fort, protecteur, doux, attentionné... Il ne lui manque rien, absolument rien vous dis-je !
Mais il n'y a pas que Lucas dans ce roman. Il y a aussi la meilleure amie de Jacqueline, Erin. Celle que tout le monde rêve d'avoir, loyale, marrante, complice, droite dans ses bottes. 

Voilà, j'ai bien conscience d'être plus qu'évasive dans ce billet et de frôler le ridicule, mais comme il ne tue pas, je vais oser cliquer sur "enregistrer" en espérant simplement que j'aurais convaincu au moins une personne de lire Easy. Un coup de coeur, ça se partage.


If someone had asked, How does this compare to kissing Kennedy ?  I would have answereed, "Who?"

 * * *

Without pausing, he walked straight over and stood next to me. "You okay?"
I'd grown addicted to that sentence from him, and the way he said it, his voice steel under velvet.

 * * * 

He laughed softly, holding the warm smile in place, and I leaned toward him like a flower to sunlight.

 * * *

"It's officially winter break. We should probably use it to take a break from each other as well."


Et s'il vous faut davantage d'arguments, allez lire Cess, Sandy et Mlle P !

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Tammara Webber, 233 pages électroniques, 2012

vendredi 15 juin 2012

Jolene (Shaïne Cassim)

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coupdecoeur.pngEncore un coup de coeur ce mois-ci, et pas des moindres ! J'ai été chanceuse, car j'ai lu ce roman juste après avoir découvert le superbe Le faire ou mourir. Deux coups de coeur successifs, mais deux romans bien différents.

Jolene n'est pas un roman léger non plus même s'il en a l'air, mais il est malgré tout lumineux et porteur d'espoir. C'est l'histoire d'Aurélien, plus vraiment ado mais pas totalement homme non plus. Jolene, c'est un pan de sa vie, ou la découverte de l'amour avec un grand A. Aurélien ne veut pas s'embarrasser d'une petite amie, il accumule les conquêtes, trop indépendant pour se lier à quelqu'un mais trop honnête pour briser le coeur des filles sans culpabiliser. Aurélien, c'est le grand-frère protecteur, le garçon au grand coeur, le joueur d'armonica. Avec ses santiags et son chapeau il est parfait dans le rôle du cow-boy, d'ailleurs il aime la musique country, le blues, toutes ces sonorités du grand continent à l'ouest. Aurélien c'est tout cela et bien plus encore. C'est un personnage irrésistible, attachant et émouvant. 

Ce roman, c'est avant tout une magnifique histoire d'amour mais ce n'est pas que cela, c'est une ode à la vie et à la musique, à l'humain dans tout ce qu'il a de bon et de généreux. C'est un livre qui chante, qui vous prend avec des mots doux par les tripes, vous embarque et ne vous lâche plus. Du bonheur en pages.


Elle m'a donné envie de le lire : Clarabel


Ecole des loisirs (Médium), 179 pages, 2012

dimanche 10 juin 2012

Le faire ou mourir (Claire-Lise Marguier)

coupdecoeur.pngIl est rare que j'écrive un billet à chaud après une lecture. Le plus souvent, c'est par paresse que je laisse le temps filer avant de venir en parler dans ce salon.
Mais parfois, un livre me bouleverse tellement que c'en est viscéral, je dois au plus vite exprimer mes impressions. Au risque que cela paraisse si fade en comparaison du roman en question, mais tant pis, il faut que ça sorte.

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Ce besoin viscéral d'écrire, d'exorciser les choses, on le ressent très fortement dans Le faire ou mourir. C'est un texte court mais terriblement dense. Pas de mise en page, les mots et les phrases se suivent à une vitesse folle, pas de chapitre, de saut de ligne. A l'image de son histoire, c'est un texte qui prend à la gorge, vous ôte le souffle et se fait toujours plus pressant au fil des pages. Impossible de le reposer, j'ai essayé pourtant à plusieurs reprises, pour reprendre ma respiration, m'extraire de ces mots violents et puis malgré moi j'y suis retournée, incapable de m'arrêter en cours de route. Jusqu'à la toute dernière phrase, j'ai lu en apnée, suffoquée par tant de douleur mais aussi de justesse dans l'écriture.

Ce roman, il m'a remuée jusqu'au tréfonds de l'âme, il m'a touchée d'une manière indicible. 

Damien est un adolescent qui exprime son mal-être par des scarifications répétées. Il a grandi dans l'indifférence générale, familiale et scolaire, jusqu'à sa rencontre avec la bande de Samy. Il nous raconte comment, le jour de ses seize ans, il est arrivé à un point de non retour avec la nécessité absolue de faire un choix.
L'histoire se déroule sur quelques mois à peine et Damien nous embarque dans son quotidien, ses souffrances mais aussi ses moments de bonheur auxquels le lecteur s'accroche comme à une bouée dans un océan déchaîné. On devient sans le vouloir son confident et le témoin de ce qu'il vit, bon ou mauvais.

C'est un texte éprouvant mais sublime à côté duquel il ne faut pas passer.


Ils m'ont donné envie de le lire : Theoma, Clarabel, ICB, Clara

Et pour prolonger un peu plus longtemps la lecture, une interview de l'auteur réalisée par ICB.

Rouergue (doAdo), 102 pages, septembre 2011


samedi 25 février 2012

Comment (bien) gérer sa love story (Anne Percin)


Ce roman est la suite des aventures de Maxime qui m'avaient tant fait rire. Je ne vous cacherai pas que j'avais une petite appréhension à lire ce nouvel opus, craignant la surenchère inutile après un début tellement jubilatoire. Que nenni ! J'ai pris un plaisir immense à lire Comment (bien) gérer sa love story. Les vacances sont terminées, Maxime a regagné la demeure familiale et par la même occasion le chemin du lycée. En quelques semaines sa misérable existence s'est considérablement améliorée puisque le jeune homme dispose à présent d'un smartphone, d'une guitare, et, surtout, d'une petite amie ! Mais avec Natacha, la vie n'est pas un long fleuve tranquille. 

Les passions de ma copine sont, dans l'ordre :
1-La psychologie (elle pousse le vice jusqu'à l'étudier)
2-Sortir avec ses amis trop-cool-qui-fument-des-ouinjes
3-Sauver la planète grâce à l'écologie militante altermondialiste
4-La world music ethno-engagée

Maxime, de son côté, est en classe de terminale et a pour ambition de décrocher son bac avec mention pour entrer à Sciences Po. Mais un lycéen qui bosse, ça n'est pas "in" et les potes de Maxime n'ont pas fini de se moquer de lui.

Oui, je bosse, et alors ? Quand on me fait remarquer que mes 18/20 me laissent des cernes sous les yeux et des auréoles sous les bras, je laisse dire. Je parviens même à sourire. Un exploit, quand on connaît le fond de mon caractère qui n'est pas franchement porté à la tolérance... Je me dis qu'après tout, quand je ferai de la politique pour de bon, j'aurai pas fini de côtoyer des cons. Ça me fait un stage.

Quand il ne bûche pas sur ses devoirs, Maxime supervise ceux de sa petite soeur Alice :

Depuis le mois de septembre, Alice n'arrêtait pas de se plaindre des cours de collège "hyper trop durs" - à l'entendre, on aurait cru qu'elle venait d'intégrer Polytechnique, alors que tout le monde sait que la cinquième, c'est juste une année que tu passes à étudier les châteaux forts.

Maxime joue de la guitare mais son talent n'est pas toujours apprécié, même par ses amis.

J'ai enfin osé tourner la tête vers le canapé où Alex et Kévin étaient restés scotchés. Personne ne disait rien. Pire : ils ne souriaient même pas. Alex s'est enfin dévouée pour résumer le sentiment général par un commentaire bref, mais efficace :
- On dirait Dark Vador qui s'est pris les couilles dans une porte.
On peut toujours compter sur elle pour apporter une touche de raffinement et de sophistication à une conversation.

Enfin, pour gagner un peu d'argent, Maxime s'occupe de Gédéon après la classe, un enfant atteint du syndrome d'Asperger, ce qui met en transe Natacha (qui est étudiante en psycho, rappelons-le).

Un mercredi de décembre, j'étais de sortie avec Gédéon au Jardin des Plantes. Sa mère lui avait promis, s'il était bien sage, qu'il aurait le droit d'aller avec moi à la Galerie de Paléontologie.
On peut se demander ce que madame F. entendait par être bien sage, étant donné que Gédéon ne fait pas de colère, se lave les mains douze foiqs par jour, ne casse rien, ne tache jamais ses habits, fait tous ses devoirs à l'avance et va se coucher à huit heures après s'être lavé les dents pendant trois minutes, très exactement. 
Evidemment, il lui arrive de hurler à l'école, surtout quand il y a sport. Mais franchement, qui pourrait l'en blâmer ?

Voilà, vous l'aurez compris, ce bouquin c'est un condensé de bonne humeur et de rigolade, le tout servi par une écriture truculente. Maxime m'a fait rire pratiquement à chaque page et j'ai A-DO-RE ce deuxième tome.
Lisez cette suite si ce n'est déjà fait ou bien procurez-vous le premier tome de toute urgence, vous verrez, lire les aventures de Maxime c'est euphorisant et bon pour la santé.


Lu aussi par Clara, Clarabel et Laure


Rouergue (doAdo), 244 pages, novembre 2011

vendredi 3 février 2012

Le choix d'aimer (Malorie Blackman)

Le premier tome, Entre chiens et loups, m'avait bouleversée. Le deuxième tome, La couleur de la haine, m'avait remuée. Celui-ci, à mon humble avis, s'élève à la hauteur du premier et c'est un nouveau coup de coeur pour moi dans cette série qui me marquera durablement.

* * * Attention, spoilers sur les tomes précédents * * *

A la fin du tome 2, Sephie vient d'avoir une petite fille, Callie Rose, dont le père est Callum. Ce troisième tome est centré sur ce nouveau personnage, cette enfant née d'une mère noire et d'un père blanc. Comment grandir dans une société où le clivage entre les deux races est toujours présent alors que l'on porte en soi les deux couleurs ? Au-delà de ce problème d'appartenance à l'une ou l'autre des deux races, Callie doit aussi apprendre à se construire avec un passé familial douloureux. Callum a été pendu pour acte de terrorisme, le père de Sephy a quitté sa femme et rejette sa fille et sa petite fille "bâtarde", la maman de Sephy a longtemps été alcoolique, la mère de Callum fait du chantage affectif pour garder Sephy et Callie auprès d'elle et Jude, l'oncle maudit, a basculé dans la haine. Sephy, quant à elle, se remet à peine de la mort de Callum et ne parvient plus à aimer. Callie, 16 ans, se retrouve donc au milieu de tous ces membres de la famille plus ou moins cassés, chacun avec ses déboires et ses défauts. Longtemps, on a caché à Callie la véritable cause du décès de son père, elle l'a cru mort d'un accident de voiture depuis sa plus tendre enfance et s'est persuadée que sa mère ne l'aime pas. Un beau jour, la vérité éclate et Callie va devoir vivre avec cette nouvelle image paternelle pas très reluisante. 

Le choix d'aimer fait intervenir plusieurs narrateurs, Callie bien sûr, mais aussi Sephy, Jasmine, Meggie et Jude. Tour à tour, chacun de ces personnages nous raconte l'histoire de son point de vue et le roman est construit sur un va-et-vient entre passé et présent depuis la naissance de Callie jusqu'à ses 16 ans. Dès les premières pages on plonge dans le vif du sujet et la tension est à son maximum. Difficile de reposer le livre, difficile de respirer et de ne pas éprouver d'empathie pour ces êtres cabossés. La violence et les souffrances vécues par les parents de Callie ont rejailli sur elle. C'est une jeune fille intelligente et forte, qui s'est endurcie au fil des ans, a grandi en se forgeant une carapace qu'il lui est difficile de briser. Faire Le choix d'aimer, c'est renverser toutes les barrières qu'elle a érigées autour d'elle et changer son regard sur le monde. Peut-elle seulement y parvenir ? 

Encore une lecture coup de poing qui m'a laissée dans un état difficilement descriptible, à la fois émue, choquée, triste mais aussi avec un soupçon d'espoir, l'envie de croire qu'on peut quand-même surmonter l'horreur et trouver le bonheur au bout du tunnel, ne pas reproduire forcément les erreurs de ses parents et se faire sa propre expérience.

Lecture commune avec Lael
Theoma l'a lu aussi

Titre original : Checkmate
Traduit de l'anglais par Amélie Sarn
Milan (Macadam), 473 pages, 2006 pour l'édition française et 2005 pour l'édition originale