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samedi 26 novembre 2011

Fuentes brothers T2 ~ Rules of attraction (Simone Elkeles)

Ma première rencontre avec les frères Fuentes fut un coup de coeur. Rules of attraction en est un également, et c'est même mon préféré de la trilogie

Dans ce deuxième tome, nous suivons Carlos, le cadet qui vient de quitter Mexico à la demande des siens pour rejoindre son aîné Alex dans le Colorado et y poursuivre sa scolarité. Carlos n'a aucune envie de quitter le Mexique mais on ne lui laisse pas le choix, on décide à sa place pour l'éloigner des gangs latinos et lui offrir la chance de se construire un avenir sans problèmes. Seulement le jeune homme ne l'entend pas de cette oreille et se rebelle contre tout et tous, il passe ses journées à résister, à se montrer sous son mauvais jour. Rien ni personne ne l'intéresse, il joue les ados capricieux et hérisse les poils du lecteur qui voudrait bien lui botter le derrière. Bien entendu, il se retrouve rapidement dans une situation délicate, en passe d'être renvoyé chez sa mère et viré du lycée. Mais Alex veut sauver son frère à tout prix et trouve une solution en le confiant à l'un de ses anciens professeurs. Kiara est la fille de ce dernier, elle fréquente le même établissement que Carlos et lui a même servi de guide lors de la première semaine de cours. La jeune fille agace profondément Carlos, elle lui a joué un vilain tour et la perspective de vivre chez elle ne l'enchante guère... Seulement voilà, mis au pied du mur il n'a pas d'autres choix et se voit du jour au lendemain partager la vie de cette famille sympathique mais qu'il décide d'emblée de ne pas aimer.

Kiara et Carlos n'ont pas grand-chose en commun à part peut-être leur amour des voitures. Carlos ne comprend pas cette fille qui s'habille mal, ne se préoccupe pas de son apparence et aime la randonnée. Pourtant, petit-à-petit naît une attirance entre ces deux-là que tout oppose. Leur relation n'a rien de conventionnel, point de guimauve ni de petites fleurs bleues, on a affaire à deux ados aux personnalités bien marquées qui se provoquent à tour de rôle et refusent de plaire à l'autre. Les dialogues sont jouissifs, leurs réflexion personnelles aussi, on ne peut que se délecter de cette histoire d'amour peu commune. On retrouve bien quelques clichés du genre dans cette histoire, mais qu'importe, on est pris dans le jeu des personnages, un peu comme si on partageait leur quotidien et leurs pensées. Encore une fois l'auteur sait à merveille cerner la personnalité de ses héros et nous les rendre irrésistibles.
Un petit bémol concernant la fin un peu vite expédiée et convenue, mais pour le reste c'est un vrai coup de coeur, un de ces romans qu'on ne lâche pas avant d'en avoir tourné la dernière page.

Lecture commune avec Pimpi

Les impressions de Clarabel et Cess

Walker & Company, 324 pages, 2010

mercredi 9 novembre 2011

A song of ice and fire T1 ~ A game of thrones (George R. R. Martin)

Voilà un roman qui entre directement au panthéon de mes lectures. Voilà ce qu'il faut retenir en peu de mots. Ruez-vous dans la première librairie, achetez-le, lisez-le et vous verrez, vous ne le regretterez pas. Maintenant si vous préférez lire mon billet jusqu'au bout, sachez que je vais très mal en parler car c'est un livre qui ne se résume pas à quelques lignes d'impressions forcément subjectives.

D'abord, il y a ma rencontre avec ce livre. Une certaine Florence m'a dit innocemment un jour au détour d'un mail qu'elle avait passé des mois sur cette série extraordinaire et qu'à présent elle n'avait plus le goût de lire. Puis une certaine miss Pimpi m'a proposé de lire le premier tome en même temps qu'elle. J'ai essayé. J'ai lu 60 pages en français avant de jeter l'éponge, écoeurée par la traduction mais pourtant accrochée par l'histoire. Comme elle a de la suite dans les idées, Pimpi m'a suggéré de tenter en anglais. J'hésitais, j'avais peur de ne pas être au niveau. Puis j'ai tenté, quelques pages en ligne, pour voir. Ce n'était pas aussi difficile que je l'aurais cru. J'ai alors commandé le premier tome. Un pavé, lourd, une taille de caractères tellement petite que j'en avais mal à la tête d'avance. A peu près dans le même temps j'ai fait l'acquisition d'une liseuse électronique. Et dans la foulée j'ai donc racheté le premier tome (les quatre premiers pour être exacte) en version électronique. Ce qu'il y a de bien avec les livres électroniques, c'est qu'il y a un dictionnaire qui permet de traduire directement les mots que l'on ne comprend pas. Et me voilà lancée ! Entre-temps j'avais regardé la saison 1 de la série TV adaptée du premier tome. Une série sublime qui m'a donné encore plus envie de me jeter sur le livre. Sauf que depuis, Pimpi était déjà passée au tome deux ! Finalement ça a quand-même été une lecture commune avec Sandy, alias binomette. Sauf que la miss a mis le turbo et que de mon côté je suis partie en vacances et j'ai moins lu. Au final, j'aurais mis quatre mois pour lire ce roman, avec de nombreuses interruptions, parfois de plusieurs semaines. Pour autant, et alors même que je connaissais toute l'histoire après avoir vu la série TV, je n'ai jamais eu envie d'abandonner. Et j'ai éprouvé durant cette lecture un plaisir indicible.

La série A song of ice and fire compte à l'heure actuelle 5 tomes sortis en VO dont 4 sont traduits en français. Entamée en 1996, elle a suivi un rythme de croisière, les derniers tomes étant à chaque fois espacés de 5/6 ans. C'est donc une série qui se mérite, mais elle vaut largement cette attente ! Au final, 7 tomes sont prévus.
L'histoire se situe dans un univers médiéval-fantastique avec un ton résolument réaliste, du moins en ce qui concerne le premier tome. Ainsi, les éléments fantastiques sont disséminés avec parcimonie au début de la saga même s'ils font partie intégrante de l'histoire et ont toute leur importance. 

L'intrigue se déroule sur le continent imaginaire de Westeros, dans le royaume des Sept couronnes. Ce royaume est partagé entre différentes maisons ou familles, et l'une d'entre elles détient le pouvoir royal. Au début de l'histoire, c'est le roi Robert Baratheon qui règne sur les Sept couronnes après avoir renversé la dynastie des Targaryens. La main du roi (son premier ministre en quelque sorte) vient de mourir et Robert offre à son ami Eddard (dit Ned) Stark de devenir la nouvelle Main.
Dans le même temps, le fils bâtard de Ned, Jon Snow, rejoint la Garde de la nuit, un ordre chargé de surveiller la frontière nord du royaume qui est protégée par un immense mur. Au-delà vivent des peuples sauvages et dit-on dangereux. 
Enfin, sur le continent Est, les deux derniers survivants de la maison des Targaryens, Daenerys et Viserys, projettent de reconquérir le trône.
Voilà le début de l'histoire, en quelques mots. De la suite je ne dirai bien évidemment rien car je ne veux pas gâcher la surprise du lecteur.

Que dire qui n'a déjà été dit sur la série et sur ce premier tome en particulier ? 
Dire que j'ai aimé serait un doux euphémisme. Le trône de fer, c'est une histoire qui prend aux tripes et se lit en apnée ou presque. Ce sont des retournements de situation, des évènements bouleversants, une tension qui monte, des personnages qui meurent, d'autres qui souffrent. Des conflits, des manigances, des tricheries, des jeux de pouvoir. Un univers infiniment complexe dont on ne perçoit semble-t-il qu'une fraction avec ce premier tome. Des personnages (il y en a à foison !) qui ne laissent pas insensibles, chacun avec ses qualités et ses défauts, ses faiblesses. Nul n'est parfait et Le trône de fer va bien au-delà d'une simple opposition entre le bien et le mal, les relations sont plus sybillines que cela n'y paraît et le lecteur est ballotté entre des sentiments contradictoires. Le risque est grand de s'attacher à des personnages mais il l'est tout autant de les voir disparaître car Martin est un auteur qui n'a peur de rien et surtout pas de supprimer ses personnages. C'est un livre qu'on lit avec le coeur, parce qu'il est quasiment impossible de garder sa raison et de ne pas ressentir de la colère à certains moments
Je l'ai déjà dit et répété maintes fois en ce salon, j'aime qu'un auteur me bouscule. Dans ce domaine, Martin est le roi.

Gros, gros, gros coup de coeur. Un bijou A LIRE DE TOUTE URGENCE si ce n'est déjà fait. Quant à moi, je poursuivrai l'aventure en janvier prochain toujours avec Sandy. Je tremble à l'avance de découvrir ce que nous réserve l'auteur dans le tome 2.

1/8


Lecture commune (mais décalée dans le temps !) avec Sandy
Ce qu'en a pensé Pimpi 
Dix raisons de lire Le trône de fer selon Theoma

Bantam books, 774 pages, 1996

* * * * *


LA SERIE TV

Il s'agit d'une série télévisée américaine adaptée de la saga de George Martin.
Au départ diffusée aux USA et au Canada sur HBO et HBO Canada à partir d'avril 2011, elle a ensuite été diffusée en France sur la chaîne Orange cinéchoc à partir de juin 2011.
Pour l'instant une seule saison est sortie mais une deuxième est en préparation et prévue pour le printemps 2012.
La bonne nouvelle c'est que la saison 1 sera bientôt disponible en DVD (pensez au Père-Noël...). 

La saison 1 correspond au premier tome et comprend 10 épisodes de 60 minutes chacun.
C'est une série absolument époustouflante (probablement la meilleure que j'ai vue) qui peut se mesurer à de grands films.
Le casting est parfait, les décors superbes, la trame est très fidèle au livre, on y retrouve la dimension dramatique mais aussi l'humour, les dialogues... bref c'est une série à ne manquer sous aucun prétexte. La bande originale est superbe (j'ai acheté le CD et je l'écoute en boucle), le générique est très beau, bref, que du bon !
Gros coup de coeur pour l'acteur qui incarne Tyrion Lannister (frère de la reine), Peter Dinklage. Je n'aurais pas imaginé le personnage autrement, il est juste fabuleux dans son rôle.  
Mais il n'y a pas que lui, tous les acteurs sont excellents.

Un morceau de la BO

Le trailer de la saison 1




Voilà, si vous n'êtes pas convaincus, tant pis pour vous ! ;-)

vendredi 21 octobre 2011

Fuentes brothers T1 ~ Perfect chemistry (Simone Elkeles)

Oh My God. I'm seventeen again !
Que j'aime l'écriture de Simone Elkeles. Voilà c'est dit, j'adore ces romances adolescentes qui me font oublier mon âge et lire en anglais ! 
Ladies and gentlemen ladies, let me introduce you Alejandro ! Dit Alex. Le bad boy dans toute sa splendeur, membre d'un gang latino, avec ses fêlures, sa moto rafistolée qu'il a baptisée Julio (je n'invente rien) et ses nombreuses conquêtes féminines. J'ai perdu avec ces quelques mots le peu de crédibilité qu'il me restait dans ce salon, et par avance je m'excuse auprès de mes lectrices (celles qui n'ont pas encore pris la fuite) pour ce billet qui sera totalement subjectif et niais. Que voulez-vous, on n'a pas tous les jours 20 ans, et encore moins 18, alors j'en profite !

Alex disais-je donc... beau brun à la peau mate, à mi chemin entre l'homme de Néandertal et le parfait gentleman, macho mais pas trop, intelligent mais indiscipliné. Pfiou, que calor !
Pour lui faire face, une bimbo blonde aux yeux de saphir (je n'invente toujours rien !) qui soigne son apparence déjà parfaite pour cacher une vie familiale compliquée. Leader des pom-pom girls du lycée, elle sort avec... je vous le donne en mille, le capitaine de l'équipe de foot ! Plus cliché tu meurs. Colin est un beau parti que lui jalousent toutes les filles entrées dans la puberté. Sauf qu'en réalité, c'est un crétin, mais ça, on ne le sait pas de suite ! Ne pas se fier aux apparences, on me l'a toujours dit...
Vous voulez encore du cliché ? L'histoire commence lorsque nos deux héros sont assignés à des places voisines en cours de chimie ! Twilight quand tu nous tiens... Si vous êtes arrivées à ce stade, vous devez vous demander comment une histoire aussi surfaite a pu devenir un coup de coeur alors que je m'amuse à la disséquer tranquillement. La réponse est tout simple, aimer ne signifie pas être aveugle aux défauts.

C'est l'écriture de l'auteur qui fait tout le sel de cette histoire, comme dans la série The summer I turned pretty. Sa façon d'alterner les points de vue en utilisant la narration à la première personne d'Alex et Brittany. C'est efficace et rythmé, on entre tout de suite dans l'intimité des personnages et on va au-delà des faits. Simone Elkeles est très forte pour poser une atmosphère et un cadre en quelques pages. Il n'y a pas de distanciation, on devient partie intégrante de l'histoire, qui, de banale, devient intense et prenante.
Dire que j'ai aimé serait un euphémisme, j'ai dévoré ce roman avec un large sourire béat, retrouvant mes années adolescentes et les premiers émois amoureux. 

MERCI CLARABEL !!!

Ma complice de lecture : Pimpi (à quand la suite ?)

Ce roman a fait des ravages : ClarabelKarineCécileAdalana et Lily pour ne citer qu'elles...



Walker & Company, 359 pages, 2009

dimanche 9 octobre 2011

Et rester vivant (Jean-Philippe Blondel)

Une fois de plus Blondel est venue me cueillir avec ses mots. Coup de coeur. Dès la première page, j'ai été absorbée par le texte et je n'ai plus lâché le livre. 
Un ouvrage sur la couverture duquel on peut lire l'inscription "roman", sauf que ça n'en est pas vraiment un... L'auteur livre ici une tranche de sa vie, l'un de ces moments intimes et denses, si difficiles à raconter. 

L'histoire démarre avec le décès de son père. Il a alors vingt-deux ans et quatre ans auparavant, sa mère et son unique frère ont été tués dans un accident de voiture. Quatre petites années et il se retrouve seul et sans attaches.
Jean-Philippe Blondel s'excuse presque de cette situation improbable :
C'est ridicule.
Personne ne perd son frère et sa mère, puis quatre ans plus tard, son père - à l'âge de vingt-deux ans.
Ça n'arrive jamais, ce genre de choses. Même dans les romans. Il y a une limite à l'indécence, quand même. Le romancier plonge son héros dans la tragédie, il ne va pas en rajouter une couche. Il est sur le point d'ajouter un troisième décès, et puis il se reprend : " Ah non, honnêtement, c'est impossible, il faut que je trouve autre chose. "

Sauf qu'ici il ne s'agit pas de fiction.
Après le décès de son père, l'auteur n'a plus qu'une idée en tête, partir. Aller en Californie et se rendre à Morrow Bay, une ville dont parle Lloyd Cole dans sa chanson Rich qu'il écoute en boucle à l'époque.
Et le voilà de l'autre côté de l'Atlantique avec son ex petite amie et son meilleur ami, Laure et Samuel. 

C'est à la fois le récit d'un voyage sur un autre continent et celui d'un voyage intérieur qui nous sont relatés en une dizaine de courts chapitres. 
J'ai déjà lu plusieurs romans de Jean-Philippe Blondel et c'est sans hésitation que j'ai emprunté celui-ci à la bibliothèque. Je l'ai vu et je me suis dit : " chic, un nouveau Blondel ". Sauf que je ne me souvenais plus que c'était un roman autobiographique. J'ai eu une petite appréhension et puis je l'ai ouvert. Et je ne l'ai plus refermé, enfin si, à la fin. J'ai aimé découvrir ce passé même s'il est triste. J'ai aimé, que dis-je, j'ai adoré cette écriture. Un style parfaitement juste. L'auteur explique dans plusieurs interviews la difficulté qu'il a eue et le temps qu'il a mis avant de trouver le bon ton, celui qui saurait énoncer ces instants tragiques sans sombrer dans le pathos. Mission réussie. Pas de pathos mais une véritable émotion, une pureté dans les mots, ces phrases courtes, ces métaphores si parlantes. Il n'y a pas de descriptions exhaustives, d'insistance sur les sentiments ressentis. Blondel ne s'embarrasse pas de cela, il va à l'essentiel et délivre son message sans détour. On peut ne pas aimer ce style. Moi il me transporte, me happe des les premières lignes. Je ne sais pas comment exprimer ce que j'ai éprouvé en lisant ce livre, mais j'ai eu l'impression d'entrer en communion avec lui. C'est simple, mais tellement bien écrit.

Et rester vivant est un roman intime, très personnel. Il ne touchera pas tous les lecteurs mais il déversera sa douce magie sur quelques uns. Il apporte un éclairage sur les romans précédents de l'auteur et vient en quelque sorte boucler un cycle d'écriture. Un livre qui n'a pas dû être évident à écrire mais qu'il aurait été dommage de garder sous silence. 

* * *

Deux interviews de l'auteur à propos de Et rester vivant : celle réalisée par la librairie Mollat, celle réalisée par France Culture

Les impressions de SylireLaure et Laurence

Buchet Chastel
244 pages, septembre 2011

mardi 6 septembre 2011

Entre chiens et loups (Malorie Blackman)

Comme un fait exprès, j'ai ouvert par hasard ce roman en même temps qu'Afirik. Même thème mais une façon différente de le traiter. Ici, nous sommes dans un récit qui ne s'inscrit ni dans le temps ni dans l'espace, c'est une fiction qui pourrait se dérouler dans le futur ou dans le passé et dans n'importe quel pays. Si je précise cela, c'est justement parce que c'est cette absence de détails qui fait toute la force de ce roman. Finalement, on se fiche de savoir où et quand on est, ce qui nous importe ce sont les personnages.
On est dans un monde où les noirs sont riches et les blancs pauvres et où les deux communautés s'affrontent bien que l'esclavage soit aboli. Dans ce monde aux allures d'apartheid, Callum et Sephie s'aiment en secret. Parce qu'il est né blanc et pauvre, parce qu'elle est née noire dans une famille influente, être ensemble leur est interdit. Prisonniers de leurs milieux respectifs, ils tentent de lutter à leur niveau, mais que faire face à l'impossible ? Des gouttes d'eau dans un océan. Pourtant, on ne peut s'empêcher d'y croire à cette histoire. Parce qu'il est impensable que l'amour ne puisse exister simplement pour une différence de couleur, parce qu'on ne peut pas accepter qu'un pareil monde existe. Et pourtant, l'Histoire nous a montré plus d'une fois que la frontière entre fiction et réalité est bien mince. 
Dès le début, j'ai été happée par les mots, portée par ce style simple, direct et incisif. J'ai eu la gorge serrée, j'ai pleuré aussi. J'ai encaissé les coups les uns après les autres. Quelle claque ! Magistral.
A mettre entre les mains des ados (mais pas trop jeunes quand-même, certaines scènes sont difficiles) pour ne pas oublier que la violence n'est jamais loin et que malheureusement, l'égalité entre les hommes dans le monde reste une utopie.
Gros coup de coeur.

Entre chiens et loups a une et même plusieurs suites, 4 tomes en tout composent cette série qui est intégralement traduite en français.

Lecture commune avec Lael

Elles l'ont lu aussi : Cécile et Azilys

Titre original : Noughts and Crosses
Traduit de l'anglais par Amélie Sarn
Milan (Macadam), 396 pages, 2005 pour l'édition française et 2001 pour l'édition originale

samedi 9 juillet 2011

Rose-Aimée T2 ~ Le marin perdu dans la brume (Béatrice Bottet)

Rappelez-vous, en février dernier je tombais amoureuse de Martial, le marin qui jouait de l'accordéon.
J'attendais avec impatience de le retrouver et de découvrir la fin de cette merveilleuse histoire. 
J'ai ouvert le livre et il était là, le Martial ! Mais ce n'était plus le même homme, il avait changé. De drôle et fougueux il était devenu triste et et atone. Qu'est-ce qu'il m'a agacée à se morfondre ainsi, à pleurnicher sur lui-même ! J'avais envie de lui botter les fesses... où était passé le garçon courageux qui allait de l'avant ? Puis on est passé de l'autre côté de l'Atlantique, direction Paris pour retrouver Rose-Aimée. Allons bon, elle aussi n'était plus que l'ombre d'elle-même depuis le départ de son amoureux. Mais bon sang, que n'agissaient-ils au lieu de pleurer leur amour perdu ?!
Heureusement, pour redonner un peu de piquant à l'histoire il y avait Fidelia et un nouveau personnage auquel je me suis de suite attachée, Bruce, l'irlandais qui aime la bagarre.

Puis au fil des pages, j'ai retrouvé toute l'intensité et l'émotion qui m'avaient séduite dans le premier tome, cette écriture qui vous prend et ne vous lâche plus, cet univers de fiction plus vrai que nature qui vous fait oublier tout le reste.
La dernière partie du roman est juste sublime avec son lot de douleurs et d'espérance, on est happé par le texte, on souffre pour les personnages et j'ai profondément aimé la direction choisie par l'auteur. Rose-Aimée et Martial ne forment pas un couple banal, et à leur image, il fallait que leur histoire sorte des sentiers battus.
Pari réussi pour Béatrice Bottet qui nous offre un second tome remarquable.


Lu en même temps que Cécile


Nouvel Angle, 512 pages, juin 2011

mercredi 29 juin 2011

Comment (bien) rater ses vacances (Anne Percin)

Quel bonheur que ce roman ! Attirée par son titre prometteur et l'extrait désopilant proposé sur la quatrième de couverture, je l'ai emprunté à la bibliothèque pour voir... à peine ouvert et j'étais déjà sous le charme de la prose de l'auteur

Maxime, 17 ans, ne veut pas suivre ses parents en Corse. Pour les vacances, il a choisi de rester chez sa grand-mère pour "glander". Mais les les choses ne vont pas se dérouler comme prévu...

J'ai le sourire-banane rien que de repenser à ma lecture. J'ai ri du début à la fin et me suis délectée de ce texte croustillant. L'histoire est racontée à la première personne par Maxime, un ado qui est loin d'être sot et n'a pas sa langue dans sa poche. A travers son regard, une vision acide de certains aspects du quotidien et de la vie en général. Tout est disséqué avec un humour incroyable et un sens de la formule totalement jouissif
Maxime est un personnage que l'on prend d'emblée en amitié et que l'on voudrait rencontrer tant il est drôle et touchant. Car sous son côté baba-cool qui tourne tout en dérision, le jeune homme dégage une réelle émotion qui m'a énormément touchée.

L'écriture d'Anne Percin fait mouche et ce roman se dévore en un clin d'oeil. C'est une vraie bouffée d'oxygène, un livre qui devrait être remboursé par la sécurité sociale pour lutter contre la morosité ambiante. Quel talent


Des extraits :

" J'ai nourri le chat, avant de me nourrir moi-même d'un paquet de chips et d'une grande quantité de fromage. Repas qui m'a paru de prime abord assez équilibré. 
Evidemment, il aurait été préférable de ne pas boire un litre de soda là-dessus... Surtout de soda à zéro calorie au sucre de synthèse qui attaque les voies digestives au bout du troisième verre (quatrième verre : anesthésie du foie ; cinquième verre : mort subite du nourrisson). Je suis remonté dans ma chambre en me promettant de faire un effort le lendemain pour me préparer un repas complet répondant aux lois sacrées de la diététique.
Ou, à défaut, d'aller chez le vendeur de pizzas qui fait le coin entre la rue Berteaux et la nationale.
Ca ne pouvait pas être pire que des chips à l'aspartame. "

" Bon alors, les aubergines, que je vous explique : c'est très bon, quand c'est cuit. Cru, il faut éviter. Même si ça met (très) longtemps à cuire, faut pas paniquer. C'est du slow food. Ensuite, il faut savoir que la peau, si on la fait griller, se transforme en couenne imputrescible. C'est tout à fait fascinant. On dirait un matériau issu de la recherche spatiale. La NASA doit être sur le coup, à mon avis. "


Ils l'ont lu aussi : ICB, Clara, Laurence et Laure 


Rouergue (doAdo), 185 pages, novembre 2010

jeudi 23 juin 2011

Filles de lune T3 ~ Le talisman de Maxandre (Elisabeth Tremblay)

Ceux d'entre vous qui ont lu mon billet sur les deux premiers tomes de cette série ne seront sans-doute pas surpris de découvrir que cette suite est à nouveau un coup de coeur.
Déjà largement convaincue par les tomes précédents, je constate avec bonheur que Filles de lune est une superbe série qui gagne en intensité au fil du temps.

Avec Le talisman de Maxandre, on monte encore d'un cran si cela était possible et l'on retrouve nos deux héros, d'un côté Naïla, de l'autre Alix, en très mauvaise posture. Le deuxième tome s'achevait de manière abrupte et laissait le lecteur dans l'attente de la suite, tremblant pour le destin de la fille de lune qui avait de graves ennuis.
Une fois encore, l'auteur m'a bluffée. Je m'attendais à une résolution au moins partielle des problèmes rencontrés par Naïla, or il se trouve qu'en réalité, la situation, loin de s'améliorer ne fait que se compliquer. Et il en va de même pour Alix. Bref, on tourne les pages (enfin elles se tournent d'elles-mêmes au bout d'un moment) le souffle court en tentant de se rassurer, de trouver une issue un peu plus douce que ce vers quoi on est entrain de s'acheminer. Elisabeth Tremblay n'aime pas la facilité et c'est tant mieux, elle offre à cette histoire magique une évolution des plus étonnantes et s'acharne avec férocité sur ces pauvres personnages que l'on voudrait tant pouvoir aider. Dans le même temps l'intrigue avance, se complique, on poursuit notre découverte de ces mondes étranges et en particulier de celui de la Terre des anciens. Il y a une infinité de possibles qui se profilent  l'horizon, dès le début du premier tome j'avais pressenti toute la richesse de cette série mais j'étais encore loin du compte. Ce troisième tome possède un glossaire en fin d'ouvrage qui est le bienvenu, sans cela on est vite perdu !

Voilà, c'est un billet totalement décousu, j'en ai bien conscience, et probablement subjectif aussi, mais bon sang que j'aime cette série ! C'est une découverte que je voudrais partager avec tous les lecteurs qui aiment la fantasy.
Il est rare de tout apprécier dans un livre, l'écriture, les personnages, la structure du récit, l'histoire, les dialogues. C'est le cas de Filles de lune, j'ai tout aimé dans ce troisième tome, de la première à la dernière page.
Le talisman de Maxandre possède une fin en soi, il clôt en quelque sorte un premier cycle dans l'histoire mais bien entendu la dernière phrase laisse dans l'idée qu'on n'a encore rien vu et que le pire (je n'ose y croire) serait à venir ! L'attente va être longue...

* * *

Le tome suivant sortira en octobre en France et s'intitulera Quête d'éternité

Lire en ligne le début du tome 3

Le billet de Pimpi


Mortagne Fantasy, 539 pages, juin 2011

 

mardi 7 juin 2011

Filles de lune T1/T2 ~ Naïla de Brume/La montagne aux sacrifices (Elisabeth Tremblay)

La tâche n'est pas aisée de vous parler de ces deux tomes sans trop en dire. Filles de lunes est une série de fantasy écrite en français par la québécoise Elisabeth Tremblay qui sevrait compter au final 5 tomes. Comme les publications se font en décalage en France, le tome 3 est sorti hier alors qu'au Canada les lecteurs ont déjà pu lire le tome 4.

L'histoire
Naïla est une jeune femme brisée par deux deuils successifs, celui de sa petite fille puis celui de son conjoint. A 25 ans, alors qu'elle n'attend déjà plus grand-chose de la vie, elle aide sa tante Hilda à rénover une demeure familiale. En faisant du tri parmi de vieilles affaires, elle tombe par hasard sur des document étranges qui remettent en question son identité et lui ouvrent la voie vers un destin d'exception.

Tome 1 ~ Naïla de Brume
Le récit commence de manière classique, on est sur la Terre dans notre monde contemporain avant de basculer dans un monde parallèle, celui de la Terre des anciens. Rien d'extraordinaire donc, dans cette entrée en matière,  mais bien vite j'ai eu le sentiment que ce livre cachait bien des surprises et je ne me suis pas trompée. Amis lecteurs, autant vous prévenir tout de suite, la première partie de ce tome 1 est longue et peut se révéler un peu laborieuse à la lecture, mais elle est néanmoins un préambule nécessaire à ce qui va se passer ensuite. Il vous faudra donc vous armer de patience pour passer ce cap et je vous promets que votre peine sera récompensée au-delà de vos espérances. Autre conseil, armez-vous d'un crayon et d'un carnet pour accompagner votre lecture car assez rapidement les noms de personnages, de lieux et d'objets, les sorts ou les prophéties vont venir submerger votre cerveau, et à moins d'être dotés d'une mémoire sans faille, vous risquez de vous perdre dans cette généalogie et ces univers complexes. 
Une fois que les premiers jalons de l'histoire sont posés et que l'on a une esquisse de l'univers dans lequel on s’apprête à voyager, on passe effectivement de l'autre côté et là on entre directement dans le vif du sujet, l'action prenant le pas sur la réflexion qui était omniprésente jusque-là. Changement d'univers et de rythme, le récit prend une autre dimension et gagne en intensité, ça y est, vous êtes accros à une nouvelle série, j'ai nommé Filles de lune ! Et quelle série ! Il y a une richesse incroyable dans cet univers qui reprend l'ensemble des codes du genre fantasy. On y retrouvera le bestiaire de différentes mythologies, on fera connaissance avec de multiples personnages plus mystérieux les uns que les autres et l'on s'attachera à Alix certains davantage qu'à d'autres. Il y a les très méchants, les gentils, les "entre-deux", ceux qui sont morts mais dont on parle encore, ceux qui sont attendus, ceux qui ont des pouvoirs extraordinaires, ceux qui ont du courage à revendre... Les destins se croisent, des vies sont prises, d'autres retrouvées, le danger est partout et notre héroïne Naïla qui est nouvelle sur la Terre des anciens se trouve d'emblée dans une situation des plus critiques. La fin de Naïla de Brume prend un tournant inattendu et laisse son lecteur secoué et en état de choc. Vite, le tome 2 !

Tome 2 ~ La montagne aux sacrifices
J'ai donc mordu à l'hameçon et enchaîné avec le deuxième tome qui reprend l'histoire exactement là où nous l'avions laissée à la fin de Naïla de Brume. Fini l'introspection, La montagne aux sacrifices démarre à cent à l'heure et les évènements se succèdent à un rythme soutenu. De nouveaux personnages surgissent, ce qu'on croyait acquis dans le premier tome ne l'est plus et des révélations fracassantes viennent remettre des éléments importants en question. On avait pourtant eu notre lot de surprises dans le tome 1 mais là on passe un cran au-dessus. Certains personnages dévoilent un peu de leurs secrets, d'autres restent encore plongés dans l'ombre. On poursuit l'aventure avide de réponses, perpétuellement frustré de ne pas les trouver toutes ni tout de suite, c'est indéniablement le signe que la série nous a pris dans ses filets, et croyez-moi, vous n'êtes pas près d'en sortir !
Il y a dans cette histoire tous ce que j'aime dans un livre : des légendes, des personnages magiques, des destins contrariés, des qualités de courage et d’honneur, de la fraternité, de l'amitié, de l'amour, du désir... et tant d'autres choses encore. Je pourrais vous parler encore une heure durant de cette fabuleuse série qui a déjà achevé de me convaincre en deux tomes seulement et vous redire indéfiniment combien le fond de cette histoire est complexe, quel incroyable potentiel il y a déjà après seulement quelques centaines de pages... je serais encore loin de la vérité.
Je pourrais aussi vous dire que je suis tombée amoureuse d'Alix, que je rêve d'avoir un frère comme Madox, que décidément les sorcières ont plus d'un tour dans leur sac, que Foch est un personnage qui me fascine, que je brûle de faire la connaissance du père de Naïla, que... Plus simplement, je me dois de vous dire que j'aime maintenant cette série d'amour et que je me morfonds en attendant de pouvoir lire le troisième tome. 
Il faut découvrir les Filles de lune, après vous comprendrez.


Merci, chère Pimpi, oeil attentif derrière son clavier qui m'a accompagnée pendant ce voyage aux confins de l'imaginaire.
Et surtout, MERCI pour cette superbe découverte

Les avis des copines : Pimpi (tome 1 - tome 2) et Karine (tome 1 - tome 2)

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Le site officiel de la série sur lequel vous pourrez lire en ligne un extrait des trois premiers tomes sortis en France
Le blog d'Elisabeth Tremblay
La page de l'éditeur consacrée à l'auteur

Tome 1 - Naïla de Brume
Mortagne Fantasy, 430 pages, 2010

Tome 2 - La montagne aux sacrifices
Mortagne Fantasy, 461pages, 2011

mardi 31 mai 2011

Le livre noir des couleurs (Menena Cottin et Rosana Faría)

Coup de coeur pour cet album superbe et original.
Comme son titre l'indique, c'est un livre noir, tout noir. Pour voir les illustrations, il vous faudra toucher ou incliner la page et elles surgiront comme par enchantement !
C'est l'histoire d'un garçon aveugle qui raconte les couleurs et ce qu'elles évoquent pour lui. 
Pour chaque double page, le texte en français en blanc et en braille ton sur ton sur la page de gauche, et l'illustration en relief sur la page de droite.
A la fin de l'ouvrage, on retrouve l'alphabet en braille ainsi qu'un texte explicatif sur son invention.
C'est un ouvrage qui permet d'aborder le thème de la cécité avec les jeunes enfants en leur faisant directement comprendre ce que représente ce handicap. C'est magique, dès les premières pages, petits et grands tendent la main pour toucher les dessins et une espèce de connivence se crée.
Une découverte tout en douceur et en poésie. Un album fascinant et beau.


Merci Sandy !

Le billet d'Emmyne (ne dis rien, je sais !)


Titre original : El libro negro de los colores
Traduit et adapté de l'espagnol par Alain Serres
Rue du monde, 2006 pour l'édition originale, 2007 pour l'édition française

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