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samedi 5 décembre 2009

Le chagrin du roi mort (Jean-Claude Mourlevat)

Laissez-moi tout d'abord m'attarder un instant sur la couverture que je trouve magnifique (et la photo ne lui rend pas justice, il y a du doré et un bleu métallisé que l'on ne distingue pas dessus). Une couverture qui me donnait déjà envie de lire ce roman avant même de savoir de quoi il parlait.
Et bien je peux vous dire que la prose de Mourlevat est à la hauteur de cette couverture (ou plutôt est-ce l'inverse ?!).
C'est un univers très particulier que celui du Chagrin du roi mort, empreint de merveilleux et de poésie. On y croise une sorcière friande de rats, deux frères jumeaux et complices, un nain musicien à ses heures, un roi qui vient de mourir, un pays entouré d'eau et recouvert de neige, un homme assoiffé de pouvoir et de sang... autant d'éléments qui s'assemblent pour en faire une superbe histoire où il sera question de fraternité, d'amour, de courage et d'espoir, mais aussi de trahison, de guerre et de mort.
Un roman relativement sombre, d'une beauté majestueuse, envoutant, bouleversant. On tourne les pages sans pouvoir s'arrêter, pour savoir ce qui va se passer, où l'aventure va nous conduire, et on referme le livre avec un sentiment de frustration immense (ceux qui ont lu ce roman doivent savoir à quoi je fais allusion, pour les autres je vous laisse le soin de la découverte).

Il me faut à présent découvrir les autres romans de Jean-Claude Mourlevat, une chose est certaine, je suis totalement séduite par sa plume enchanteresse.

Un extrait jubliatoire (qui n'est pas forcément représentatif de l'ensemble du roman) :

" Brit évalua rapidement la situation. Elle avait devant elle une grille fermée. De l'autre côté de cette grille se trouvait un garde qui en détenait la clé. Le garde n'ouvrirait pas et il ne donnerait pas la clé. La question était donc : comment faire passer la clé de ce côté-ci de la grille ? Et la réponse : en faisant passer  le garde tout entier, clé comprise. La question était : comment faire passer tout entier un garde de cent trente kilos entre des barreaux espacés de vingt centimètres ? Brit y apporta la réponse suivante, simple et radicale : en tirant fort.
- Tenez ça hu-hu..., dit-elle, et elle avança sa main entre les barreaux comme pour donner quelque chose.
Le garde ne se méfia pas. Qu'à-t-on à craindre d'une centenaire cassée en deux lorsqu'on est un homme dans la force de l'âge, et armé de surcroît ? Il baissa son arme et s'approcha.
- C'est quoi ? demanda-t-il.
- C'est ça..., répondit la sorcière.
Là-dessus, elle empoigna le malheureux par les cheveux, le souleva du sol et le tira vers elle, le forçant entre les barreaux comme on force le linge entre les rouleaux d'une essoreuse. Et lorsque le garde fut de l'autre côté de la grille, quelques courtes secondes plus tard, il était essoré et ... mort."


Merci à Sabrina de la boutique Alapage pour l'envoi de ce livre.

Les avis de Clarabel, Lael, Karine :), Théoma, Cuné, Fashion

Gallimard jeunesse - 402 pages

lundi 30 novembre 2009

Les orangers de Tahiti (Roxane Marie Galliez - Marie Diaz)

Ce n'est sans-doute pas la saison idéale pour présenter ce type d'album, j'en conviens, mais je viens de réaliser que je ne vous avais pas encore parlé de ce petit bijou acheté il y a maintenant plus d'un an... Comme je l'ai relu récemment avec mon matelot, j'en profite pour vous le présenter.

Les orangers de Tahiti, c'est une histoire d'amour entre la belle mais orgueilleuse Anani et le jeune Hangaroa. La jeune femme ne trouve aucun homme digne de l'épouser jusqu'au jour où le sage Tahua décide de la changer en arbre...
Cette légende transporte le lecteur au cœur de la Polynésie dans des paysages verdoyants parmi les fleurs et les fruits. C'est un hymne à la beauté de la nature, un livre sur le respect de l'autre. On y apprend au passage comment les orangers sont arrivés à Tahiti, et on ressort de cette lecture apaisé et émerveillé.

Encore une fois j'ai été séduite par les mots de Roxane Marie Galliez et sa sensibilité, mais j'ai aussi découvert une illustratrice de talent en la personne de Marie Diaz. Des illustrations à couper le souffle qui encensent un texte magnifique, bref l'association parfaite pour faire rêver petits et grands.

Pour en savoir davantage sur ce superbe album, je vous renvoie à présent vers une vidéo sur laquelle vous pourrez voir des extraits en images et entendre la douce et envoutante voix de Roxane Marie Galliez qui nous raconte son amour pour la Polynésie et présente l'histoire des Orangers de Tahiti.

Les billets de Clarabel et Lilibook

Balivernes

dimanche 29 novembre 2009

Magasin général T5 ~ Montréal (Régis Loisel - Jean-Louis Tripp)

Cinquième tome de la série et cinquième coup de cœur, décidément cette fresque québécoise est un vrai bijou.
A chaque fois la rencontre est bien trop courte, et depuis l'hiver dernier j'attendais la suite... Elle est à la hauteur de mes espérances et des premiers tomes.
Même qualité dans le travail des expressions des personnages, des teintes, des dialogues aussi, toujours aussi croustillants et drôles.
L'histoire prend un tournant un peu différent dans ce nouveau tome puisqu'une partie se déroule à Montréal. Le talent des auteurs peut alors s'exprimer dans un tout autre univers que celui de la campagne profonde et le résultat est superbe. Le Magasin général c'est vraiment une bande dessinée d'ambiance, quand on la lit on est d'un seul coup happé par les images et la magie opère, on ressent de l'empathie pour les personnages tous plus caustiques les uns que les autres.
La question que je me pose à présent, c'est comment les auteurs vont parvenir à clore la série en un tome (en principe six tomes sont prévus) alors que tellement de pistes sont ouvertes... Affaire à suivre... l'an prochain !

Casterman - 75 pages

Magasin général T4 ~ Confessions (Régis Loisel - Jean-Louis Tripp)

J'avais lu cet album à sa sortie il y a presque un an, mais n'avais pas pris le temps d'en parler ici comme j'étais en plein déménagement.
Avec l'arrivée du cinquième et nouveau tome de la série du Magasin général, j'ai relu Confessions pour me remettre en mémoire l'histoire là où je l'avais laissée.

Après avoir été perçu comme un étranger qui dérange, Serge est maintenant totalement accepté par la communauté et l'on parle même de le marier avec Marie... Mais les choses ne sont pas si simples.

Les personnages sont de plus en plus attachants, ils prennent vie sous les traits de crayon des auteurs et les relations qui se nouent sont à la fois drôles et touchantes. Mention spéciale pour la scène sur le bateau avec Noël, Serge et le curé, tout simplement désopilant.
La fin est terriblement frustrante, on se demande ce qu'il va bien pouvoir se passer à présent dans La paroisse de Notre-Dame-des-lacs.
Mais chut ! Je n'en dis pas davantage, il faut lire cet album comme les précédents, c'est un régal !
Drôle, intelligent, émouvant, je ne m'en lasse pas !

Casterman - 69 pages

samedi 14 novembre 2009

The hunger games T2 ~ Catching fire (Suzanne Collins)

Et voilà, à mon tour de me sentir orpheline... J'ai fait durer le plaisir, traîné le plus possible sur les dernières pages mais il fallait bien que la dernière soit tournée tôt ou tard... Le livre est refermé, j'ai des images plein la tête, le cerveau un peu embrumé et j'ai du mal à revenir sur terre. Pendant quelques jours j'ai partagé le quotidien de Katniss et Peeta, j'ai retrouvé Gale, Prim et la mère de Katniss, tous ces personnages si attachants...

J'appréhendais un peu la lecture de ce deuxième tome. Après le récit si palpitant et rythmé de Hunger games, je me demandais où l'aventure allait me conduire, comment l'auteur relèverait le défi d'emporter encore une fois son lectorat alors que les jeux organisés par le Capitole étaient bouclés. Suzanne Collins ne manque pas d'imagination, c'est le moins que l'on puisse dire ! Même si mon coup de cœur est un peu moins fort que pour le premier volume, même si je n'ai pas vibré autant (mais la comparaison est dure tellement le premier opus est excellent), il n'empêche que cette histoire reste captivante. L'intrigue met un peu plus de temps à se mettre en place, on n'est pas happés par l'action dès le début mais bien vite le rythme s'accélère et on retrouve le côté "enflammé" (le jeu de mots est involontaire, mais je trouve que l'adjectif convient bien ici) du premier tome. Une fois encore il y a des rebondissements, des étincelles, on croit deviner où tout ça nous mène, et puis finalement on est surpris, on a pas tout vu venir, et on est bluffé.
De l'histoire je ne parlerai pas car il est bien difficile d'en donner des bribes sans dévoiler le plus important. Simplement dire que le personnage de Katniss gagne encore en profondeur, devient de plus en plus intéressant. De manière générale ce deuxième tome permet l'épanouissement de la psychologie des personnages qui sont tous pourvus d'un charisme assez incroyable. Les relations qui se tissent sont passionnantes, ouvrent des perspectives, et mon Dieu, je me demande bien comment tout cela va pouvoir évoluer et prendre fin en un seul tome !

Me reste plus qu'à attendre sa publication, que ça va être long... On devrait commercialiser des patchs pour les lecteurs en manque !


L'avis d'une autre orpheline...
  (encore merci pour cette magnifique découverte)


Scholastic press - 391 pages

dimanche 8 novembre 2009

The hunger games T1 ~ The hunger games (Collins Suzanne)

Vous est-il déjà arrivé de lire en retenant votre respiration ?
J'ai eu quelques fois l'occasion de retenir mon souffle alors que j'étais plongée dans une lecture.
Mais lire un roman entier en apnée, c'était une première pour moi.

Je vous en prie, ne vous arrêtez surtout pas à cette couverture proprement hideuse et laissez-vous tenter par The hunger games !

L'histoire.
Le lecteur est parachuté dans le futur, une centaine d'années après notre époque dans ce qui a remplacé les Etats-Unis. De ce gigantesque état il ne reste qu'un échantillon de population répartie dans les douze districts asservis par le fameux Capitole qui contrôle l'ensemble.
Chaque année sont organisés les jeux de la faim, une émission de télé-réalité qui met en scène 24 jeunes gens âgés de 12 à 18 ans. Un seul vainqueur à la fin du jeu, celui qui aura survécu. Tous les coups sont permis. Une fois lancés dans l'arène grandeur nature, les concurrents sont livrés à eux-mêmes et doivent survivre aux autres mais aussi à l'environnement dans lequel ils se trouvent.
Le roman narré à la première personne par Katniss, une jeune fille de 16 ans issue du douzième (et plus pauvre) district, n'est autre que le récit des 74èmes Hunger games auxquels elle participe avec son pair Peeta.

Une fois brièvement plantés le décor et les personnages centraux, on plonge très rapidement dans le cœur de l'action qui va crescendo jusqu'aux toutes dernières pages du livre. Pas le temps de reprendre son souffle, donc, comme je le disais, les événements s'enchaînent les uns après les autres et ne laissent aucun répit. Alors bien sûr on se doute un peu de l'issue du jeu mais pourtant on ne décolle pas de ce roman qui est totalement hypnotisant.
La narration au temps présent qui m'a quelque peu déroutée au départ rajoute finalement à l'intensité du récit et permet de pénétrer complètement dans le personnage de Katniss au demeurant extrêmement attachante.
Alors certes, le thème n'a sans-doute rien de très original, mais ce qui l'est, c'est la façon dont l'auteur s'en empare et le traite. Si l'action est omniprésente dans ce roman, l'histoire n'est pas dénuée de profondeur pour autant et soulève des questionnements intéressants en même temps qu'elle offre au lecteur deux personnages fascinants.

Le résultat est un roman dense, palpitant, émouvant, haletant, bref un grand, très grand coup de cœur.
Je vais enchaîner très rapidement avec la suite dont la traduction en français est prévue pour courant 2010. Au final ce sera une trilogie, pour l'instant seuls les deux premiers tomes ont été édités.


Le billet de Clarabel par qui tout a commencé, ceux de Fashion, Emmyne, Laurence et Cuné qui vient juste de le lire.


Scolastic - 454 pages

lundi 2 novembre 2009

Blue Cerises Saison 1 ~ Octobre (Baffert - Payet - Rippert - Roumiguière)

Bon. Ce n'est pas une mince affaire que de parler de cet OLNI (Objet Littéraire Non Identifié).
Surtout après le sublime billet d'une certaine miss E.
D'ailleurs c'est de sa faute, à elle, si j'ai cédé une fois de plus à la tentation...

Les Blue Cerises, kesako ? Une bande de jeunes, quatre adolescents âgés de seize ans, deux filles, deux garçons. Amos, Satya, Zik et Violette. Quatre amis unis par un secret, un événement qui a bouleversé l'été de leurs quatorze ans.
Quatre personnages, quatre petits livres, quatre auteurs et quatre blogs. Ça semble superficiel, ça sent le produit marketing à plein nez... Mais qu'est-ce que c'est réussi !!!

Je dis chapeau.
Chapeau pour la cohérence entre les quatre récits qui, vous l'aurez compris, n'en font qu'un à quatre voix. Chapeau pour cette écriture de qualité, homogène, un sacré tour de force quand on sait que derrière chaque texte se cache une plume différente.

Quatre carnets tout minces qui racontent le quotidien de ces adolescents. On retrouve donc naturellement des thèmes universels, l'amour, le racisme, la sexualité, etc. Un quotidien raconté d'une telle façon que l'on ne s'ennuie pas une seconde. Le style est vivant, enlevé, c'est frais sans être creux, drôle, émouvant. Les héros de ces journaux intimes sont terriblement attachants, touchants.
En résumé, une vraie lecture-doudou à déguster de 15 à 99 ans.

Cette histoire va, semble-t-il s'étendre sur plusieurs saisons. Les quatre premiers volumes que je présente ici sont ceux de la saison 1 (octobre) dont l'action se déroule pendant les vacances de la Toussaint. Une saison 2 intitulée novembre est déjà parue, inutile de préciser que je vais rapidement me la procurer pour la lire !

J'oubliais, chaque volume coûte, devinez... 4 euros ! 

Quand je découvre ce genre de pépite sous un concept si sympathique et original, j'applaudis des deux mains. Jeunes ou moins jeunes, lisez, les Blue Cerises !


Emmyne
, un grand merci pour cette jolie découverte !

Le site de la série des Blue Cerises


Milan (collection Macadam)

Saison 1 / Octobre








Violette ~ L'amour basta ! (Cécile Roumiguière) - 56 pages
Amos ~ Cibles mouvantes (Sigrid Baffert) - 58 pages
Zik ~ L'ange des toits (Maryvonne Rippert) - 54 pages
Satya ~ L'attentat (Jean-Michel Payet) - 62 pages

mercredi 30 septembre 2009

Garulfo (Alain Ayroles - Bruno Maïorana)

Après avoir lu la série De cape et de crocs, il me fallait, sur les conseils avisés de miss Fashion lire celle de Garulfo.

Ces deux séries ont en commun le scénariste Alain Ayrolles, mais pas seulement. Elles ont aussi, n'ayons pas peur des mots, du génie !

Garulfo se déroule dans univers totalement différent de celui de Cape et de crocs. Point de fleurets, les duels ici se font à l'épée puisque nous sommes dans le monde des châteaux et des princesses. J'ai vraiment retrouvé le style de Alain Ayrolles, son humour, ce côté déjanté et cette écriture superbe.

Garulfo est une grenouille fort cultivée qui est fascinée par le monde des hommes et décide d'aller voir une sorcière pour lui demander de devenir l'un d'entre eux.
S'ensuivent une série de quiproquos qui n'en finissent plus.
L'histoire se veut une parodie des contes classiques avec de nombreuses références à ces derniers.

La lecture est totalement jubilatoire, et même si j'ai préféré la série De cape et de crocs qui me semble supérieure, j'ai eu un coup de cœur pour celle-ci aussi.

Delcourt (collection Terres de légendes)

T1 ~ De mares en châteaux - 48 pages
T2 ~ De mal en pis - 48 pages
T3 ~ Le prince aux deux visages - 48 pages

T4 ~ L'ogre aux yeux de cristal - 48 pages
T5 ~ Preux et prouesses - 48 pages

T6 ~ La belle et les bêtes - 48 pages

samedi 29 août 2009

De cape et de crocs (Alain Ayroles - Jean-Luc Masbou)

Je lis peu de BD et donc, quand cela m’arrive, je demande des conseils aux connaisseurs du genre. Bien souvent ils se révèlent utiles car j'ai ainsi fait d’heureuses découvertes.
De cape et de crocs en est une merveilleuse.
J’en avais entendu parler pour la première fois par Fashion et le billet de Doriane publié quelques mois plus tard a agi comme une piqûre de rappel. Peu de temps après je trouvais les huit volumes édités à ce jour à la bibliothèque et les empruntais sur le champ.

Quels délicieux moments de lecture ! Mais combien il est difficile d’évoquer cette série de façon juste. Véritablement tombée sous le charme, je me suis empressée d’en parler autour de moi, et il faut croire que je n’ai pas su vanter les mérites de cette bande dessinée car mes interlocuteurs semblaient plutôt refroidis. Incapable de leur communiquer la magie qui opère lorsqu’on ouvre ces albums, je leur avais donné l’impression d’une histoire pour le moins loufoque ; j’espère être plus convaincante à l'écrit…

De cape et de crocs c’est une bande dessinée infiniment riche qui touche à plusieurs univers tout en restant cohérente pour le lecteur. Deux personnages principaux, un loup et un renard, le reste des protagonistes ayant figure humaine (si l’on excepte le petit lapin qui accompagne nos deux héros et qui est absolument adorable, mais là je m’égare). Cet élément qui me gênait a priori m'a finalement beaucoup plu. Nos deux compères s’intègrent parfaitement dans l’histoire et leur apparence animale permet d’y ajouter une dimension à la fois comique et fantastique. Mais là n’est pas leur seule particularité… ces deux personnages sont des gentilshommes qui manient avec dextérité le fleuret et s’expriment en vers. Si les dessins sont magnifiques, le texte est incroyablement travaillé, regorgeant de références à la littérature (en particulier celle du 17ème siècle), et les dialogues sont un pur régal. Lire du théâtre et de la poésie en bande dessinée, c’est possible ! Quant au scénario, c’est également une réussite. L'intrigue connaît de nombreux rebondissements, on voyage parmi les pirates qu’on délaisse ensuite pour se rendre sur la lune, on assiste à des représentations de la commedia dell’arte, à des duels, on rit, on rêve, on a quitté la vie réelle qu’on a oubliée l’espace d'un instant pour se retrouver transporté dans ces pages sublimes.

Bref, vous l’aurez compris, un vrai coup de cœur pour cette BD proprement fascinante et foisonnante, à lire et à relire pour savourer pleinement les mots dont je crains avoir manqué une partie tant j’étais emportée par l’histoire et avide d'en connaître la suite.

A ce jour huit tomes ont été édités, mais il semble que la série ne soit pas encore complète et c’est tant mieux !
Merci Fashion et Doriane de m’avoir fait découvrir ce bijou ! Voilà une série idéale pour réconcilier les fâchés avec la BD.

Delcourt (collection Terres de légendes)

T1 ~ Le secret du janissaire - 47 pages
T2 ~ Pavillon noir ! - 47 pages
T3 ~ L'archipel du danger - 47 pages
T4 ~ Le mystère de l'île étrange - 47 pages
T5 ~ Jean sans lune - 47 pages
T6 ~ Luna incognita - 47 pages
T7 ~ L'archipel du danger - 47 pages
T8 ~ L'archipel du danger - 47 pages

samedi 18 juillet 2009

Les âmes vagabondes (Stéphenie Meyer)

J'ai longtemps attendu avant de me décider enfin à ouvrir ce roman. A l'instar de Clarabel, je redoutais ce moment... d'abord parce que j'avais peur d'être déçue après la série Twilight, ensuite parce que je ne suis pas particulièrement fan de SF.

C'est indéniable, Stephenie Meyer possède un véritable talent de romancière. Elle sait capter l'attention du lecteur pour le balader dans l'histoire et le tenir en haleine.

Alors certes, d'aucuns diront que le scénario est parfois prévisible, que cette idée d'âmes qui envahissent successivement différentes planètes est peu crédible et la description des autres mondes farfelue, que la médecine pratiquée par les aliens est peu convaincante... on pourrait sans doute rajouter d'autres éléments à cette liste de faiblesses qui parsèment le livre.
Et pourtant... que dire d'un roman qui m'a tenue éveillée la nuit jusqu'à des heures indécentes, un roman que j'ai lu jusqu'à m'en écorcher les yeux, que je ne parvenais plus à poser, et dont l'histoire continuait de m'habiter dans le quotidien.
Quand un bouquin me fait cet effet, je ne lui en demande pas plus (de toutes façons, que demander de plus !) et je déclare haut et fort que c'est un coup de cœur.

A celles et ceux qui ne seraient pas tentés parce que non amateurs de SF, je répondrai que le genre choisi par l'auteur pour ce roman n'est qu'un prétexte et que l'on oublie vite le côté futuriste pour plonger dans l'histoire. En réalité, Les âmes vagabondes n'est ni plus ni moins qu'une histoire d'amour d'un genre unique. Mais ne vous méprenez pas, il n'est pas ici question que d'amour...

Au rayon des qualités  (car elles sont nombreuses) de cet ouvrage, il y a l'incroyable panel de personnages dont la psychologie est admirablement rendue. Le système de double narration et de dialogues "internes" entre Vagabonde et son hôte s'intègrent parfaitement à l'histoire, et loin de l'alourdir, participent de ce rythme soutenu tout au long du livre. De prime abord gênante, cette situation étrange devient pour le lecteur totalement fascinante. Imaginez un corps que doivent se partager deux âmes ; qui prend les décisions, comment préserver des zones d'intimité et un espace personnel... ? J'ai trouvé très intéressante cette idée qui soulève de nombreuses questions dont celle de l'importance du physique chez un individu. Finalement, que sommes-nous avant tout ? Une enveloppe charnelle ou une âme ? Peut-on faire abstraction de la première pour ne s'intéresser qu'à la seconde ? Derrière ces questions se profile rapidement la difficulté de vivre une relation amoureuse et la naissance d'une relation pour le moins complexe entre Vagabonde/Melanie et deux humains de la communauté des rebelles : Ian et Jared, l'ancien amour de Melanie. Je n'ai pu m'empêcher de faire le parallèle dans cette relation triangulaire entre Ian et Edward et Jared et Jacob, je sais, c'est maladif, mais un je ne sais quoi rappelle étrangement un jeune vampire et un fougueux loup-garou...

Quant au dénouement, et bien pour le connaître il vous faudra lire Les âmes vagabondes ! Je vous promets un excellent moment de lecture.

JC Lattès - 617 pages

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