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mardi 18 décembre 2007

Dessine-moi un coq (Spôjmaï Zariâb)

J'aurais presque envie d'écrire simplement " A lire ! " et de poster ce billet, mais je ne suis pas certaine que cela suffirait à convaincre les foules ! Mais qu'écrire au sujet de Dessine-moi un coq ? Je me sens minuscule après les mots (et les maux aussi, tiens) de Spojmaï Zariâb...
Elle est afghane, exilée en France depuis 1991 avec son mari et ses enfants, et elle écrit en persan.
La particularité de ce recueil est de rassembler sept nouvelles écrites sur une longue période (1978-2002) ; un choix de Spojmaï Zariâb qui souhaitait que ses nouvelles soient regroupées en fonction d'une thématique plutôt que chronologiquement.
Dessine-moi un coq aurait pour thème l'enfance, selon Didier Leroy (traducteur du texte en français). Une définition un peu réductrice de ces nouvelles, qui, s'il est vrai qu'elles mettent toutes en scène des enfants, traitent aussi et surtout d'autres thèmes essentiels aux yeux de l'auteur : la condition de la femme en Afghanistan, l'amour maternel, la cruauté, les difficultés de l'exil ...
J'ai aimé chaque nouvelle avec une préférence pour Dessine-moi un coq et Quand les chats deviennent des hommes. Une langue belle, poétique, pour conter la douleur, la tyrannie, mais aussi entre les lignes les joies et l'innocence de l'enfance. Un superbe recueil qui me conduira naturellement vers les autres ouvrages de cet auteur.

NB : je trouve magnifique la photo de la couverture, que j'ai admirée un instant à chaque fois que j'ai repris le livre ...

L'avis de Laurence qui m'a donné envie de lire ces nouvelles, merci pour cette jolie découverte.

Editions de l'Aube (collection L'aube poche) - 98 pages

mercredi 12 décembre 2007

L'enchanteur et illustrissime gâteau café-café d'Irina Sasson (Joëlle Tiano)

Un récit à trois voix ; celle de la narratrice, celle de Susan et celle de la grand-mère de Susan, Irina. Trois voix de femmes pour conter les années de cette vieille dame qui parvient au terme de la vie. Des senteurs, une atmosphère humide et chaude, de l'émotion, et surtout LE fameux gâteau qui a rythmé la vie d'Irina. Une langue qui coule, de la pudeur, un destin presque ordinaire mais si beau... Un petit voyage tout en douceur, un moment d'évasion. A déguster mais aussi à offrir, sans modération. Séduite, j'en ai acheté un exemplaire pour quelqu'un qui m'est cher.

Merci beaucoup Moustafette, d'avoir fait voyager ce livre.
Il repart à présent de chez moi après avoir fait des escales chez Valdebaz, Cathulu, Bellashi, Elfe, Tamara, Katell, Bibliomane, Yueyin et Anne !

Intervista (collection Les mues) - 145 pages

vendredi 30 novembre 2007

Harry Potter T6 ~ Harry Potter et le prince de Sang-Mêlé (J. K. Rowling)

Me voici enfin parvenue au terme de ma relecture des six premiers tomes de Harry Potter. Relecture qui n'a pas été inutile puisque j'avais oublié certains éléments de l'histoire, en particulier dans ce sixième tome. L'atmosphère y est moins oppressante et sombre que dans le tome précédent, et pourtant sa fin est tragique. Beaucoup de choses ont changé depuis la première année à Poudlard. On retrouve un Harry Potter qui a mûri et qui affirme ses opinions ouvertement, même face au ministre de la magie. On sent que les adultes qui l'entourent (pour certains) le considèrent maintenant d'égal à égal, il n'est plus l'enfant qu'on tentait de mettre à l'écart pour le protéger. Le temps s'accélère, et Voldemort se rapproche, l'insouciance des premiers tomes a disparu. On perçoit un Dumbledore vieilli et fatigué, mais plus proche que jamais de Harry Potter. On découvre au fil des pages l'histoire de Voldemort, et petit-à-petit les pièces du puzzle s'assemblent. Mais il subsiste des zones d'ombres. Je me suis posée bien des questions après avoir lu ce sixième volet. Comme beaucoup, j'imagine, je me suis interrogée entre autre sur la position du professeur Rogue, me demandant jusqu'à la toute dernière ligne de quel côté il était, refusant de croire en cette fin et cherchant des explications ailleurs. J'ai été touchée, j'y ai même laissé des larmes...
J'ai aimé l'idée de la potion de Felix Felicis, le fameux manuel de potions et les retours dans le passé de Voldemort pour reconstituer sa vie ; j'ai moyennement apprécié l'obsession d'Harry au sujet de Drago Malefoy (on a le sentiment qu'il passe tout son temps à le filer, et ça en devient lassant à force).


Un extrait que j'aime particulièrement :

ATTENTION, NE PAS LIRE CE QUI SUIT SI VOUS N'AVEZ PAS LU CE TOME ET PROJETEZ DE LE FAIRE

" Ils gravirent en silence l'escalier mobile et entrèrent dans le bureau circulaire. Harry ne savait pas très bien à quoi il s'était attendu : que la pièce, peut-être, soit drapée de noir, ou même que le corps de Dumbledore y ait été transporté. En fait, elle était presque exactement telle que Dumbledore et lui l'avaient quittée quelques heures auparavant : les instruments d'argent bourdonnaient en laissant échapper des volutes de fumée sur les tables aux pieds effilés, l'épée de Gryffondor luisait dans sa vitrine à la lueur du clair de lune, le Choixpeau magique était posé sur son étagère derrière le bureau. Le perchoir de Fumseck, en revanche, était vide. Le phénix chantait toujours sa longue plainte dans le parc du château. Et un nouveau portrait avait rejoint les rangs des anciens directeurs et directrices de Poudlard... Dumbledore somnolait dans un cadre d'or, au-dessus du bureau, ses lunettes en demi-lune perchées sur son nez aquilin, l'air paisible et serein "

Chapitre 29 ~ La lamentation du Phénix

Gallimard - 715 pages

dimanche 25 novembre 2007

Harry Potter T5 ~ Harry Potter et l'ordre du Phénix (J. K. Rowling)

Le cinquième et plus long tome de la saga Harry Potter... En le relisant, je me suis faite la même réflexion que lors de la relecture des deux tomes précédents, à savoir que c'était probablement celui que je trouvais le plus abouti et le plus réussi ! Mais si je m'en tiens uniquement à mon ressenti, ce n'est pas mon préféré. Bien que l'histoire soit palpitante, Harry Potter et l'odre du Phénix m'a laissée cette fois encore un sentiment de mal-être tout au long de sa lecture. Jusqu'à présent (n'ayant encore pas lu le dernier tome), il m'apparaît comme le plus noir de la série même si le suivant nous offre une fin tragique.
La tension va crescendo du début à la fin du récit, ne nous laissant que peu de moments pour souffler. Il y a bien de temps en temps des notes d'humour, notamment à travers l'attitude des frères Weasley qui ont décidé "d'égayer" un peu la vie à Poudlard, mais ce ne sont que de courts moments de répit dans un quotidien considérablement noirci. Le professeur Ombrage, nouvellement nommée à Poudlard, s'acharne sur Harry jusqu'à lui retirer un à un tous ses plaisirs. D'une grande cruauté, elle épie les moindres faits et gestes des élèves et rapidement cette "traque" va faire monter l'angoisse au sein de l'école. Le passage qui me marque le plus, c'est celui dans lequel Harry Potter se présente dans son bureau pour une première retenue. Je n'en dis pas davantage pour préserver ceux qui ne l'auraient pas lu, si ce n'est, que, pour la deuxième fois, en lisant ces pages, je me suis sentie très mal...
Dans ce tome, j'aime plus que jamais la droiture du personnage de Dumbledore, qui même dans les situations les plus critiques conserve son côté facétieux, sans toutefois jamais perdre sa dignité. J'aime les nouvelles trouvailles comme la discipline de l'occlumencie, la salle-sur-demande ou encore les créatures que l'on nomme sombrals. J'aime aussi particulièrement la solidarité entre les membres de l'ordre du Phénix, qui compense (un peu) l'extême solitude de Harry.
La fin est profondément triste, la réaction de Harry très humaine, je m'identifie complètement au personnage...


Un extrait que j'aime particulièrement :

" Les élèves formaient un grand cercle le long des murs (certains d'entre eux , remarqua Harry, étaient couverts d'une substance qui ressemblait à s'y méprendre à de l'empestine). Les enseignants et les fantômes étaient également présents. Bien visibles dans la foule, on reconnaissait les membres de la brigade inquisitoriale qui affichaient un air satisfait. Peeves voletait au-dessus des têtes en regardant fixement Fred et George. Debout au milieu du cercle, tous deux avaient l'expression caractéristique de quelqu'un qu'on vient de prendre la main dans le sac.
- Bien ! dit Ombrage d'un air triomphant.
Harry s'aperçut qu'elle se tenait devant lui, quelques marches plus bas. Cette fois encore, elle contemplait sa proie avec délectation.
- Alors, vous trouvez amusant de transformer un couloir de l'école en marécage, n'est-ce pas ?
- Très amusant, oui, répondit Fred qui leva le regard vers elle sans manifester le moindre signe de frayeur.
Rusard joua des coudes pour s'approcher d'Ombrage. Il pleurait presque de bonheur.
- J'ai le formulaire, madame la directrice, dit-il d'une voix rauque en brandissant le morceau de parchemin que Harry l'avait vu prendre dans le tiroir du bureau d'Ombrage. J'ai le formulaire et les fouets sont prêts... Oh, s'il vous plaît, donnez-moi l'autorisation de le faire tout de suite...
- Très bien, Argus, dit Ombrage. Vous deux, ajouta-t-elle en regardant Fred et George, vous allez voir ce qui arrive dans mon école aux canailles de votre espèce.
- Eh bien, moi, je crois qu'on ne va rien voir du tout, répliqua Fred.
Il se tourna vers son frère jumeau.
- George, dit-il, je pense que nous n'avons plus l'âge de faire des études à plein temps.
- Oui, c'est bien ce qui me semblait, répondit George d'un ton léger.
- Le moment est venu d'exercer nos talents dans le monde réel, tu ne crois pas ? reprit Fred.
- Sans aucun doute, approuva son frère.
Et avant que le professeur Ombrage ait pu dire un mot, ils levèrent leurs baguettes et s'écrièrent d'une même voix :
- Accio balais !
Harry entendit un grand bruit quelque part dans le château. Il jeta un coup d'oeil sur sa gauche et eut tout juste le temps de se baisser. Les balais de Fred et de George, l'un traînant toujours derrière lui la lourde chaîne et le piton de fer auquel Ombrage les avait attachés, fonçaient dans le couloir en direction de leurs propriétaires légitimes. Ils virèrent sur leur gauche, plongèrent le long de l'escalier et s'arrêtèrent net devant les jumeaux, la chaîne cliquetant bruyamment sur les dalles du sol.
- Au plaisir de ne plus vous revoir, dit Fred au professeur Ombrage en passant une jambe par-dessus le manche de son balai.
- Oui, ne vous donnez pas la peine de prendre de nos nouvelles, ajouta George qui enfourcha également le sien.
Fred jeta un regard circulaire aux élèves rassemblés en une foule attentive et silencieuse.
- Si quelqu'un a envie d'acheter un Marécage Portable semblable à celui dont nous avons fait la démonstration là-haut, rendez-vous au 93, Chemin de Traverse, chez Weasley, Farces pour sorciers facétieux, dit-il d'une voix sonore. Nos nouveaux locaux !
- Réduction spéciale pour les élèves de Poudlard qui jurent d'utiliser nos produits pour se débarrasser de cette vieille grenouille, ajouta George en montrant du doigt le professeur Ombrage.
- ARRÊTEZ-LES ! hurla Ombrage d'une voix suraiguë.
Mais il était trop tard. "

Chapitre 29 ~ Conseils d'orientation

Gallimard - 975 pages

lundi 12 novembre 2007

Harry Potter T4 ~ Harry Potter et la coupe de feu (J. K. Rowling)

Ce quatrième tome de la série marque, à mon sens, une véritable rupture avec les précédents. Rupture qui était déjà amorcée dans Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban avec une atmosphère qui s'assombrissait. Même si l'histoire est parsemée d'anecdotes qui nous font rire, l'heure n'est plus à la légèreté. Harry Potter est maintenant directement confronté à la mort et lui-même menacé. Ce volume est nettement plus long que les précédents et sa construction est différente des premiers dans lesquels l'action principale vient conclure l'année scolaire des élèves de Poudlard. Ici, au contraire, elle se déroule tout au long de l'année, avec bien sûr une accélération vers la fin et une intensité qui va crescendo. Il y a du suspense, et l'on est véritablement absorbé par le roman (ce qui m'a valu de rater quelques bus cette semaine !). Harry Potter apparaît plus que jamais comme terriblement "humain", donc fragile, et attachant. Ses amis sont tout pour lui et cela va d'ailleurs lui jouer des tours. Le trio Hermione-Ron-Harry fonctionne à merveille, chacun avec sa personnalité propre, ses défauts et ses qualités.
J'aime dans ce tome : la description de la coupe du monde de quidditch (on s'y croirait), la brouille et la réconciliation de Harry et Ron (l'amitié c'est tellement beau !), les trouvailles comme le portoloin, la plume à papote ou la pensine, le déroulement des épreuves du tournoi des trois sorciers.
Etant plus long que les premiers tomes, celui-ci est peut-être plus achevé, en tout cas on  passe plus de temps à le lire et c'est d'autant plus de plaisir !


Un extrait que j'aime particulièrement :

" Il entendit une faible détonation dans la cheminée et n'eut pas besoin de se retourner pour savoir que Sirius était reparti. Il regarda l'escalier en colimaçon en se demandant qui donc avait décidé d'aller se promener à une heure du matin, juste au moment ou Sirius s'apprêtait à lui dire comment faire pour neutraliser un dragon.
C'était Ron. Vêtu de son pyjama violet, il se figea sur place en voyant Harry et jeta un coup d'oeil autour de la salle.
- A qui tu parlais ? demanda-t-il.
- Ca te regarde ? grogna Harry. Qu'est-ce que tu fais là à cette heure-ci ?
- Je me demandais où tu ...
Ron s'interrompit et haussa les épaules.
- Ca ne fait rien, je remonte me coucher, dit-il.
- Tu voulais simplement venir fouiner ? s'écria Harry.
Il savait que Ron n'avait aucune idée de ce qu'il découvrirait en descendant dans la salle commune, il savait qu'il ne l'avait pas fait exprès, mais tant pis : en cet instant, il détestait cordialement tout ce qui avait trait à Ron, même ses chevilles qui dépassaient de son pyjama trop court.
- Désolé, répliqua Ron, le visage rougissant de colère. J'aurais dû savoir que tu ne voulais pas être dérangé. Je vais te laisser t'entraîner en paix pour ta prochaine interview.
Harry saisit sur la table l'un des badges qui portaient les mots A BAS L'AFFREUX POTTER et le jeta de toutes ses forces à travers la pièce. Le badge atteignit Ron au front, rebondit et tomba par terre.
- Voilà quelque chose que tu pourras porter mardi prochain. Peut-être même que tu auras une cicatrice, maintenant, si tu as de la chance... C'est ça que tu veux, non ?
Il traversa la salle en direction de l'escalier, espérant vaguement que Ron l'arrêterait. Il aurait même voulu qu'il lui donne un coup de poing, mais Ron se contenta de rester immobile dans son pyjama trop court et Harry monta les marches quatre à quatre. Furieux, il resta longtemps étendu dans son lit sans dormir et n'entendit pas Ron remonter dans le dortoir. "

Chapitre 19 ~ Le Magyar à pointes

Gallimard - 651pages

jeudi 8 novembre 2007

Nicki et les animaux de l'hiver (Jan Brett)

Un coup de cœur pour cette version d'un conte traditionnel russe, La moufle.

Quelque part en Ukraine, un enfant - Nicki - perd une de ses moufles dans la neige. Elle va alors servir de nid douillet aux animaux qui vont venir s'y réfugier les uns après les autres... jusqu'à ce que la souris pointe le bout de son nez museau !
Ce qui m'a d'abord séduite ce sont les illustrations tout simplement magnifiques. Par un jeu de "fenêtres", deux aspects du récit sont présentés en parallèle : au centre de la double page la scène principale avec l'animal qui approche de la moufle ; sur les côtés l'enfant qui recherche sa moufle ainsi que le prochain animal qui va arriver.
La structure répétitive du conte est parfaitement adaptée aux plus petits, et cette idée délirante de faire s'entasser des animaux plus gros les uns que les autres dans une minuscule moufle les fascine et les amuse.

Du poétique, de l'humour, de la neige... un plaisir de livre et peut-être une idée de cadeau pour Noël ?

Je voulais aussi vous dire un mot au sujet de la collection de ce livre.... 
Il s'agit de la collection Les petits Gautier (éditée par Gautier-Languereau) qui propose les albums cartonnés de l'éditeur en petit format broché. Je l'ai découverte il y a peu et mon fils en possède maintenant trois albums dont celui-ci.
Cette collection est comparable à celle des Lutin de poche de L'école des loisirs ou encore aux albums brochés du Père Castor.
MAIS, bien que j'apprécie ces deux dernières collections, j'ai un faible pour celle des Petits Gautier.
La qualité de l'impression et du papier est superbe, les illustrations ont quasiment le même rendu que dans le format cartonné.
Sur la tranche de chaque ouvrage un code permet de déterminer à quel public il s'adresse : * pour les petits, ** pour les plus grands.
Sur la quatrième de couverture, on retrouve les thèmes principaux de l'histoire (par exemple pour Nicki et les animaux de l'hiver, les thèmes indiqués sont l'hiver, l'entraide et les animaux).
Enfin, il semble que les albums de cette collection soient tous  (pour ce qui est de ceux que j'ai consultés en tout cas) merveilleusement illustrés. Bref, pour résumer, de beaux livres en petit format !

Par contre, un bémol, j'ai découvert une coquille dans l'album dont je vous parle ici et j'avoue que ça m'a un peu gâché le plaisir. J'ai contacté l'éditeur à ce sujet et j'attends une réponse. Autant dans un roman volumineux je pardonne facilement les fautes d'orthographes, autant dans un album pour la jeunesse j'ai du mal.... L'erreur est humaine, certes, mais plusieurs relectures éviteraient ce genre de désagrément au lecteur.

EDIT du 4 février 2008 : j'avais manifestement envoyé mon courrier à la mauvaise adresse, et je l'ai donc renvoyé il y a quelques jours à la maison d'édition dont la réponse ne s'est pas faite attendre. La directrice éditoriale a noté la coquille et m'assure de sa correction. Voilà qui dénote du sérieux de cet éditeur.

Gautier Languereau (collection Les petits Gautier)

jeudi 1 novembre 2007

Harry Potter T3 ~ Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban (J. K. Rowling)

Troisième tome de Harry Potter. L'un de ceux que j'aime le plus dans la série, notamment parce qu'il place les sentiments - et surtout la fidélité à l'égard de ceux que l'on aime - au coeur de l'aventure et donne un peu d'espoir dans la vie de Harry. Parallèlement, c'est aussi à partir de ce tome que l'atmosphère se noircit et me fait penser que la série s'adresse davantage au lectorat adulte. Harry Potter est directement menacé de mort, il est question de meurtres à plusieurs reprises, l'hippogriffe de Hagrid est condamné à être décapité ... Plus "noir" encore, l'introduction de nouveaux personnages que sont les terribles détraqueurs, ces êtres qui se nourrissent du bonheur et des joies d'autrui et vous "vident l'âme ". Bref, vous l'aurez compris, l'ambiance n'est pas des plus légères !
Malgré cela, l'humour de J. K. Rowling est toujours présent ; son style reste sensiblement le même, si ce n'est qu'elle s'intéresse davantage à la psychologie de ses personnages.
Dans ce tome, j'aime  : l'idée qu'Harry n'est plus totalement seul et qu'il a enfin un protecteur désigné en la personne de son parrain (même si Dumbledore est présent depuis le début de l'histoire aux côtés de Harry à chaque fois que celui-ci se retrouve en difficulté), la prescription chocolatée après une mauvaise rencontre avec un détraqueur, la carte du maraudeur, le professeur Trelawney et à travers elle la carricature des astrologues et voyants, le sortilège de Patronus ... Dans Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban, davantage que dans les deux tomes précédents, on "vit" les aventures des personnages et partage leurs joies et peines. La relation de Harry avec Sirius Black m'émeut particulièrement.
En revanche, ce qui me gêne un peu, c'est les nombreuses "piqûres de rappel" dans chaque tome visant à expliquer au lecteur  les origines de Harry, les principes du jeu de Quidditch, le fonctionnement du collège de Poudlard, etc. Ces passages sont certes utiles pour un lecteur qui n'aurait pas lu les tomes précédents (mais quel est l'intérêt de démarrer une série au milieu ?!), mais un peu pénible pour qui lit la série dans son intégralité.


Un extrait que j'aime particulièrement :

" Harry jeta un coup d'oeil au-dehors. Une petite boule grise venait d'apparaître derrière la vitre. Il se leva pour mieux voir : c'était un minuscule hibou qui portait une lettre beaucoup trop grande pour lui. Le hibou était si petit qu'il avait peine à voler dans les remous d'air provoqués par la vitesse du train. Harry se hâta d'ouvrir la fenêtre, tendit le bras et attrapa l'oiseau. On aurait dit un Vif d'or en peluche. Le hibou laissa tomber la lettre sur la banquette et se mit à voleter d'un air joyeux dans le compartiment comme s'il était très fier d'avoir accompli sa mission. Hedwige fit claquer son bec en signe de désapprobation. Pattenrond se leva et suivit l'oiseau de ses grands yeux jaunes. Ron attrapa alors le hibou pour le protéger.
La lettre était adressée à Harry. Il ouvrit l'enveloppe et s'exclama :
- C'est Sirius !
- Quoi ? s'écrièrent Ron et Hermione d'une même voix. Lis-nous ça !

Cher Harry,
J'espère que cette lettre te parviendra avant que tu n'arrives chez ton oncle et ta tante. J'ignore s'ils ont l'habitude de recevoir du courrier par hibou postal.
Buck et moi, nous nous cachons. Je ne te dirai pas où, au cas où cette lettre tomberait en de mauvaises mains. Je ne sais pas si on peut faire confiance à ce hibou, mais c'est le seul que j'ai trouvé et il avait l'air très content de faire ce travail.
Je crois que les Détraqueurs me cherchent toujours, mais ils ne me trouveront jamais ici. Je vais m'arranger pour que des Moldus m'aperçoivent bientôt très loin de Poudlard afin que les mesures de sécurité du château soient levées.
Il y a quelque chose que je n'ai pas eu le temps de te dire quand nous nous sommes vus. C'est moi qui t'ait envoyé l'Eclair de Feu...


- Ah ! dit Hermione d'un air triomphant.Tu vois, je te l'avais dit que c'était lui !
- Oui, mais il ne l'avait pas ensorcelé fit remarquer Ron. Aïe !
Le minuscule hibou qui hululait allégrement dans la main de Ron lui avait mordillé un doigt dans ce qu'il pensait être un geste d'affection.

C'est Pattenrond qui a apporté le bon de commande à la poste de Pré-au-lard. J'ai indiqué ton nom, mais je leur ai dit de prendre l'or dans le coffre 711 de Gringotts. C'est le mien. Considère qu'il s'agit d'un cadeau de ton parrain pour tes treize ans
Je voudrais aussi te demander pardon pour la frayeur que j'ai dû te faire le soir où tu as quitté la maison de ton oncle. Je voulais simplement t'apercevoir un bref instant avant de continuer ma route vers le nord, mais je crois bien que tu as eu peur en me voyant.
Je t'envoie également quelque chose qui devrait te faciliter la vie à Poudlard, l'année prochaine.
Si jamais tu as besoin de moi, écris-moi, ta chouette saura où me trouver.
Je t'écrirai bientôt une autre lettre.
Sirius


Harry s'empressa de regarder dans l'enveloppe et y trouva un autre morceau de parchemin. Lorsqu'il l'eut parcouru, il éprouva la même sensation de chaleur que s'il avait bu d'un coup une bouteille de Bièraubeurre.

Je, soussigné, Sirius Black, parrain de Harry Potter, donne, par la présente l'autorisation à mon filleul de se rendre à Pré-au-lard le week-end.

- Ca suffira pour Dumbledore dit Harry d'un ton joyeux. Il y a un P.-S ...

J'ai pensé que ton ami Ron aurait peut-être envie de garder ce hibou puisque c'est à cause de moi qu'il n'a plus de rat.

Ron écarquilla les yeux. Le minuscule hibou continuait de hululer avec ardeur au creux de sa main.
- Le garder ? dit Ron, indécis.
Il examina attentivement l'oiseau pendant un moment puis, à la grande surprise de Harry et d'Hermione, il le tendit à Pattenrond pour que celui-ci puisse le flairer.
- Qu'est-ce que tu en penses ? demanda Ron au chat. Un hibou, ça te va ?
Pattenrond se mit alors à ronronner.
- Pour moi, c'est d'accord, dit Ron, d'un air ravi. Ce hibou est à moi.
Harry lut et relut la lettre de Sirius jusqu'à l'arrivée du train à la gare de King's Cross. Il la tenait toujours bien serrée dans sa main lorsqu'il franchit en compagnie de Ron et d'Hermione la barrière magique du quai 9 3/4. "

Chapitre 22 ~ Encore du courrier

Gallimard - 349 pages

lundi 29 octobre 2007

Harry Potter T2 ~ Harry Potter et la chambre des secrets (J. K. Rowling)

Deuxième tome de la saga Harry Potter, à peine un peu plus long que le précédent. Nous retrouvons Harry qui passe ses vacances d'été chez son oncle et sa tante, ces deux affreux moldus qui, avec leur fils, lui pourrissent l'existence. A cela, s'ajoute l'intrusion de l'elfe de maison Dobby qui est décidé à tenter l'impossible pour empêcher Harry de retourner à Poudlard. La rentrée en deuxième année au collège des sorciers semble bien compromise ...
Ce deuxième tome approfondit les relations entre les différents personnages en nous les rendant familiers : l'amitié que lie Harry avec Ron et Hermione, son "rapprochement" avec Dumbledore, le cynisme et la méchanceté (oui, je sais, je suis bon public !) de Drago Malefoy et de Severus Rogue, le caractère attachant d'Hagrid le garde-chasse... A noter l'entrée à Poudlard de Ginny, la petite soeur de Ron qui va devenir un personnage important dans Harry Potter.
Harry Potter et la chambre des secrets nous plonge également un peu plus en avant dans la magie, qui, cette fois, est au coeur de l'action tout au long du livre. C'est aussi dans ce livre que nous est révélé la véritable identité de "celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom".
Je continue de me régaler dans ma relecture, au chaud sous la couette à déguster les moindres détails. J'aime les hiboux-facteurs, le personnage du ridicule professeur Gilderoy Lockhart, la voiture volante et capricieuse des Weasley, le journal intime et "vivant" de Jedusor, l'entêtement de Dobby, le courage de Harry Potter ...


Un extrait que j'aime particulièrement :

" Jedusor ouvrit la bouche, puis il se figea soudain. Une musique venait de retentir. Il regarda autour de lui : la Chambre était déserte. La musique s'intensifia. C'était une mélodie étrange, effrayante, qui provoquait des frissons le long de l'échine. Les cheveux de Harry se dressèrent sur sa tête et il lui sembla que son coeur avait doublé de volume. Bientôt, la musique atteignit une telle intensité que Harry la sentait vibrer dans sa poitrine. Des flammes surgirent alors au sommet du pilier le plus proche.
Un oiseau écarlate, de la taille d'un cygne, venait d'apparaître et lançait son chant étrange sous la voûte de la Chambre. Les plumes de sa queue, aussi longues que celles d'un paon, brillaient d'une lueur dorée. Dans ses serres couleur d'or, il tenait une boule de chiffon.
Un instant plus tard, l'oiseau vola droit vers Harry, laissa tomber la boule de chiffon à ses pieds et se posa lourdement sur son épaule. Il avait un long bec pointu et doré, et de petits yeux étincelants.
L'oiseau s'arrêta alors de chanter et regarda fixement Jedusor. Harry sentait sa chaleur contre sa joue.
- C'est un phénix, dit Jedusor en fixant à son tour l'oiseau dans les yeux.
- Fumseck ? Murmura Harry.
Il sentit les serres de l'oiseau presser doucement son épaule.
- Et ça ... dit Jedusor qui regardait à présent la boule de chiffon aux pieds de Harry, ça, c'est le vieux Choixpeau magique.
C'était vrai. Usé, rapiécé, crasseux, le chapeau était étalé sur le sol.
Jedusor éclata de rire une nouvelle fois. Son rire était si sonore que l'écho le renvoyait dans toute la Chambre, comme si dix personnes avaient ri en même temps.
- Et c'est ça que Dumbledore t'envoie pour te défendre ! Un oiseau chanteur et un vieux chapeau ! Voilà qui devrait te donner du courage Harry Potter  ! Tu dois te sentir rassuré à présent !
Harry ne répondit pas. Il ne voyait peut-être pas à quoi Fumseck et le chapeau pouvaient bien lui servir, mais il ne se sentait plus seul et il attendit avec un courage grandissant que Jedusor ait fini de rire. "

Chapitre 17 ~ L'héritier de Serpentard

Gallimard - 273 pages

lundi 22 octobre 2007

Harry Potter T1 ~ Harry Potter à l'école des sorciers (J. K. Rowling)

La saga Harry Potter a déjà fait couler beaucoup d'encre et en fera probablement couler encore ... Je ne peux néanmoins m'empêcher de vous faire part de mon sentiment à la relecture de ces livres... Une relecture qui, à ma grande surprise, me procure autant de plaisir que la toute première fois, et ce, bien que je n'ai plus le bénéfice du suspense. Je peux maintenant m'attacher aux détails que je n'avais pas perçus auparavant, m'arrêter sur certains passages, en relire d'autres et profiter pleinement de l'histoire.
Ce que j'aime chez J. K. Rowling, c'est avant tout son humour et sa capacité à nous rapprocher des personnages en nous livrant leurs réflexions les plus intimes. Certains nous inspirent le dégoût, la colère, un sentiment d'injustice ; d'autres sont à la fois drôles et touchants, au point que l'on se surprend à s'identifier à eux. Harry Potter nous est présenté comme un sorcier somme toute bien ordinaire, dont les pouvoirs le dépassent. Finalement, sa vraie force, c'est son courage et l'amour qu'il porte aux êtres qu'il aime. On retrouve dans ce roman l'opposition classique entre le bien et le mal - finalement rassurante ! - mais l'histoire ne sombre pas dans la banalité pour autant. L'autre qualité de J. K. Rowling, à mon sens, c'est son imagination si fertile. Si elle reprend certains "clichés" que l'on l'on connaît du monde des sorciers, ce n'est que pour en rire et s'en détacher. Il y a dans son écriture de véritables trouvailles (les personnages qui quittent leurs photographies, les différents bonbons "surprise" qui me font d'ailleurs penser à Charlie et la chocolaterie, le jeu de quidditch, les lieux de Poudlard, etc.) qui m'enchantent.

Mais parlons plus précisément de ce premier tome.
Harry Potter à l'école des sorciers (je ne comprends toujours pas pourquoi le titre français est si éloigné du titre original, est-ce que "Harry Potter et la pierre philosophale" aurait été un titre moins vendeur en France ?) est le plus court de la série ; il pose les lieux et les différents personnages de l'histoire. Finalement, l'action principale - la recherche de cette fameuse pierre philosophale - n'occupe que les dernières pages du tome 1, le reste étant consacré à la présentation d'Harry Potter, son origine, et son entrée au collège des sorciers de Poudlard après qu'il ait appris qu'il est un sorcier. Cette première année "à l'école des sorciers" est pimentée par quelques événements qui en rythment son déroulement jusqu'à l'aventure finale. Dans ce premier tome, nous n'apprenons pas grand-chose en matière de sorcellerie ; sur l'ensemble de l'ouvrage je ne relève que quatre formules magiques ! Harry Potter et ses camarades ont encore beaucoup à apprendre ...
Harry Potter à l'école des sorciers n'est pas le meilleur de la série, mais il donne le ton et c'est déjà un coup de coeur pour moi. J'ai hésité à placer ce message dans la catégorie littérature de jeunesse ou dans celle des romans adultes, et j'ai finalement opté pour la seconde, car je trouve que les tomes suivants sont davantage destinés aux adultes.


Un extrait que j'aime particulièrement :

" Toi qui n'a jamais connu ta famille, tu l'as vue soudain devant toi. Ronald Weasley, qui a toujours vécu dans l'ombre de ses frères, s'est vu enfin tout seul, couvert de gloire et d'honneurs. Mais ce miroir ne peut nous apporter ni la connaissance, ni la vérité. Des hommes ont dépéri ou sont devenus fous en contemplant ce qu'ils y voyaient, car ils ne savaient pas si ce que le miroir leur montrait était réel, ou même possibe. Demain, le miroir sera déménagé ailleurs, et je te demande de ne pas essayer de le retrouver. Mais si jamais il t'arrive encore de tomber dessus, tu seras averti, désormais. Ca ne fait pas grand bien de s'installer dans les rêves en oubliant de vivre, souviens-toi de ça. Et maintenant, remets donc cette cape merveilleuse et retourne te coucher.
Harry se releva.
- Monsieur, dit-il. Est-ce que je peux vous demander quelque chose ?
- C'est ce que tu viens de faire, mais tu peux recommencer, si tu veux.
- Et vous, qu'est-ce que vous voyez quand vous regardez le miroir ?
- Moi ? Je me vois avec une bonne paire de chaussettes de laine à la main.
Harry ouvrit des yeux ébahis.
- On manque toujours de chaussettes. Noël vient de passer et je n'en ai même pas eu une seule paire. Les gens s'obstinent à m'offrir des livres.
Lorsqu'il eu rejoint son lit, Harry se demanda si Dumbledore lui avait bien répondu la vérité. Mais après tout, c'était peut-être une question un peu trop personnelle."

Chapitre 12 ~ Le miroir du Riséd

Gallimard - 232 pages

vendredi 19 octobre 2007

Premier de cordée (Roger Frison-Roche)

Il a fallu que j'attende 31 ans avant de découvrir Frison-Roche. Je suppose que pas mal d'entre vous connaissent déjà, mais pour moi c'est tout nouveau.

J'ai lu il y a quelques mois Premier de cordée que m'avait prêté une amie et je me suis régalée... Je connais peu la montagne mais j'en ai néanmoins quelques souvenirs qui remontent à l'enfance lorsque nous habitions dans les Pyrénées avec mes parents. En lisant ce livre j'ai eu comme l'impression de replonger dans quelque chose de déjà vécu.

Ca m'a donné envie de lire d'autres romans de l'auteur pour rester un peu plus longtemps dans cet univers... le côté à la fois mystérieux et fascinant de la montagne qui attire l'homme et peut se révéler être un réel danger ... un peu comme une drogue dont on ne parvient pas à se sevrer.


Quatrième de couverture :

Le mont Blanc, ses aiguilles acérées, ses failles abruptes, son pur silence... Pour celui qui entend l'appel de la montagne, c'est le corps à corps exaltant avec le roc, les joies périlleuses de la conquête. Et pourtant ...
" Assez d'un à s'exposer dans la famille, Pierre sera hôtelier ", a dit Jean Servettaz, un des meilleurs guides de Chamonix. Et Pierre, son fils, s'est incliné. La mort dans l'âme.
Il retrouvera cependant la montagne ... Par un jour tragique : pour tenter de lui arracher le corps de son père foudroyé dans les Drus. Une expédition dangereuse, désespérée. Pierre s'acharne et tombe.
Plus tard, guéri, il choisit sa voie : il sera guide, comme son père.

J'ai lu - 314 pages

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