Mot-clé - Colette Pellissier

Fil des billets - Fil des commentaires

dimanche 9 mars 2008

Colette Pellissier

Son premier roman est sorti il y a moins d'un an, en juin 2007. J'avais passé un fort agréable moment avec Le chat dans la gorge et j'ai eu envie de découvrir les pratiques d'écriture de l'auteur.

Colette Pelissier m'a livré un peu de ses "secrets" d'écrivain, et j'ai plaisir à partager avec vous ses mots.
Merci beaucoup Colette, en espérant faire d'autres voyages en lecture avec vous !


Avec quoi écrivez-vous ?

J’utilise un stylo plume d’une marque répandue qui accepte les cartouches standard.
Je l’ai choisi doté d’une plume large et l’usage en a poli la pointe de sorte que l’encre noire glisse en trait épais sans fatiguer la main.
Toutefois, récemment, pour fêter la parution de mon premier roman, mes amis m’ont offert un stylo élégant couleur soleil, rechargeable grâce à une petite pompe hélicoïdale, accompagné d’un flacon d’encre dorée.
Il m’arrive à présent de délaisser mon stylo banal pour le nouveau, me plaisant à rendre hommage à ces amis sans qu’ils n’en sachent rien, dans la solitude de l’écriture. Mais le stylo d’or n’a pas encore acquis cette patine qui rend le geste fluide.
Aussi, je reviens d’ordinaire à mon vieux compagnon, réservant au rival les instants d’exception. Le temps viendra !

Le type de papier sur lequel j’écris n’a aucune importance. Pour le premier jet, la feuille qui se présente fait l’affaire. Puis, très vite, je transfère mon écrit sur le clavier de l’ordinateur. J’en apprécie l’aspect pratique (corrections immédiates et lisibilité) et surtout la possibilité de relire la page imprimée, me donnant alors l’étrange impression de lire les mots d’un autre.

Quand écrivez-vous ?

Mes vies familiale et professionnelle me laissent peu de temps libre. Cet état de fait a le précieux avantage de me soustraire à l’angoisse de la page blanche. A la question : « Et en ce moment, vous écrivez ? » La réponse « Hélas non ! Si vous saviez combien je suis débordée actuellement !» ménage mon égo susceptible tandis que « Ah ! L’inspiration ! Ça va, ça vient! » pourrait trahir l’état de sécheresse de mon puits. L’écriture de fiction était un rêve d’enfant assoupi parmi d’autres. Jusqu’à récemment, je me contentais de m’appliquer parfois dans la rédaction d’une lettre, d’un mail pour un ami, ou à l’occasion de brefs enthousiasmes suscités par une occasion particulière, dans l’écriture d’un texte de chanson jamais mis en musique oud’un poème de circonstance. Bref, du court, du fugace, du fortuit!
Je ne sais aujourd’hui ce qui m’a amenée à écrire mon premier roman sur un temps très court, sinon le plaisir lu sur le visage de ma grande fille plongée dans ses devoirs de français. J’aimais l’école et l’exaltation que j’éprouvais alors à écrire ce que l’on appelait « rédaction » est revenue me chatouiller.
Je n’écris pas beaucoup plus aujourd’hui, mais je m’autorise à imaginer que d’autres puissent apprécier me lire. Alors, stimulée par quelque défi ou sans raison particulière, en fin d’après-midi ou en soirée lorsque l’animation de la maisonnée retombe, je prends ma plume !

Comment écrivez-vous ?

Pour initier un texte, j’aime sentir la vie autour de moi. Aussi, j’écris souvent dans la cuisine, partageant un thé avec mes enfants ou seule dans les parfums du repas en préparation.
Mais une fois que je tiens mon texte, j’ai besoin de silence et je me réfugie dans mon bureau. Ou si je reste à la cuisine, j’élève autour de moi un mur invisible qui me coupe des distractions extérieures. Mes proches s’en plaignent d’ailleurs ! « Maman ! t’écoutes jamais ce que je dis ! »
Puis je reviens dans le temps présent, non sans avoir auparavant sollicité l’un ou l’autre pour glaner quelque avis ou commentaire sur ce que je viens d’écrire. Enfin, je peux reprendre ma place dans le tourbillon familial.

Colette Pellissier

Pour en savoir davantage sur Colette Pellissier, je vous invite à visiter la "Page blanche" qui lui a été consacrée sur Mot compte double, le blog de l'auteur Françoise Guérin et de ses chroniqueurs.

mercredi 30 janvier 2008

Le chat dans la gorge (Colette Pellissier)

Un roman court, très court, mais intense. Emouvant. En une succession de brefs chapitres, Colette Pellissier raconte la vie d'une famille. Un mari, une femme, et leurs trois enfants. Tranches d'existences de gens  bien ordinaires, quotidien banal... c'est justement la force de ce texte qui nous est si proche et nous touche. Une plume concise, directe, poétique aussi. De l'émotion distillée au fil des pages. A lire, tout simplement parce que c'est BEAU.

L'avis de Clarabel et celui de Cathulu qui m'a donné envie de le lire. Merci Cath !


Delphine Montalant - 80 pages