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samedi 23 janvier 2016

Tant que nous sommes vivants (Anne-Laure Bondoux)

9782070653799FS.gifD'Anne-Laure Bondoux, je ne connaissais que le roman Et je danse, aussi écrit à quatre mains avec Jean-Claude Mourlevat. Après cette découverte coup de cœur, j'avais envie de lire autre chose de l'auteur et j'ai jeté mon dévolu sur Tant que nous sommes vivants. Je dois confesser que la sublime couverture (la plus belle je crois, dans ma bibliothèque !) a été une des raisons de ce choix.
Je ne savais pas à quoi m'attendre en ouvrant ce livre, j'avais voulu en savoir le moins possible pour garder la surprise.
Après lecture, j'ai réalisé que, quand bien-même j'aurais cherché à connaître le sujet de ce roman, je n'en aurais pas perçu la teneur tant il est unique et étrange.
Je vais donc à mon tour, tenter de vous le présenter, mais j'en dirai peu, préférant vous livrer mes impressions. De toutes façons, je ne suis pas douée pour résumer un livre.

C'est donc l'histoire de Bo et Hama qui travaillent dans la même usine, elle de nuit, lui de jour. Dès le premier regard, ils sont tombés amoureux et depuis lors, chaque matin, alors qu'Hama s'apprête à quitter l'usine et que Bo arrive pour prendre son service, ils se croisent, le temps d'échanger un baiser et un sourire. Tous les matins c'est ainsi, jusqu'au jour de la catastrophe.

C'est un roman remuant et étonnant, dont l'histoire s'ancre dans un univers réaliste mais avec des éléments fantastiques et une narration qui rappelle celle des contes. Conte moderne en quelque sorte, ou roman initiatique, je ne saurais dire, car c'est un récit qui touche à plusieurs genres.
Un roman qui aurait pu être un coup de cœur, qui l'est peut-être dans le fond, car depuis que je l'ai refermé, je ne cesse d'y penser. Je ne saurais dire si je l'ai véritablement aimé pourtant, mais apprécié, assurément. Je m'explique. Ce livre m'a mise mal à l'aise, il m'a fait sortir de ma zone de confort, m'a dérangée, perturbée. Je ne sais pas si j'ai aimé toutes ces émotions par lesquelles je suis passée, ce que j'ai ressenti, mais je ne parvenais pas à me détacher de ma lecture. C'est un roman brillant, à l'écriture magnifique et bouleversante, un de ceux dont on ne ressort pas indemne, indifférent. 
Quelle curieuse aventure que cette lecture ! Alors non, je ne peux pas affirmer que c'est un coup de cœur, tant je me suis sentie mal à certains moment, mais bon sang, il faut le lire, parce que c'est une vraie pépite.

Gallimard Jeunesse, 297 pages, 2014

jeudi 19 novembre 2015

Et je danse, aussi (Jean-Claude Mourlevat, Anne-Laure Bondoux)

9782265098800FS.gifEncore un ouvrage qui devrait être remboursé par la sécurité sociale tant il fait de bien à l'âme !

Ce roman épistolaire écrit à quatre mains retrace la correspondance improbable entre Pierre-Marie, romancier à succès, et Adeline Parmelan, une lectrice.
L'histoire commence lorsque Pierre-Marie reçoit par la poste une volumineuse enveloppe. Croyant qu'il s'agit d'un manuscrit, il décide d'éconduire gentiment mais fermement son expéditrice.  Seulement, cette dernière ne l'entend pas de cette oreille, et revient à la charge. Ainsi démarre entre les deux protagonistes une correspondance qui va s'étendre sur plusieurs mois. 
J'avais un a priori positif en démarrant cette lecture car j'aime les romans épistolaires, et surtout, j'adore la plume de Jean-Claude Mourlevat. Pourtant je ne m'attendais pas à ce coup de coeur.
C'est un roman-doudou qui se savoure et se lit avec délice, un de ceux dans lesquels on aime revenir, s'y lover, ne plus en sortir. Il y a de la tendresse dans ces pages, de l'humour, de l'espièglerie même, bref cette lecture m'a fait passer un merveilleux moment.
J'ai adoré suivre ces échanges, voir la complicité s'installer entre ces deux êtres au départ étrangers l'un pour l'autre.
C'est un texte remarquablement écrit, vivant, pétillant. Un bijou.

Fleuve Editions, 279 pages, 2015

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