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mercredi 4 avril 2018

Un palais d'épines et de roses (Sarah J. Maas)

telechargement.jpgCoupDeCoeur2016.pngDans un monde où les humains tentent de survivre à l'abri du mur qui les sépare du royaume des immortels, Feyre  est partie chasser pour nourrir sa famille. C'est ainsi qu'elle abat un loup, un geste qui  va lui coûter sa liberté. Sa proie n'était en réalité pas une simple bête mais un immortel  sous sa forme animale. Pour racheter son erreur, Feyre est condamnée à partir vivre à Prythian, de l'autre côté du mur. Là-bas, elle séjournera à la cour du printemps chez un  puissant seigneur qui se nomme Tamlin.

Si ce début d'histoire vous rappelle celui d'un conte célèbre, rien d'étonnant, car ce roman est librement inspiré de La belle et la bête. Cependant, il ne s'agit que d'un point de départ puisque le récit suit ensuite d'autres chemins.
Vous l'avez remarqué au petit logo ci-dessus, cette lecture a été un coup de cœur.  Non pas pour son originalité, mais pour son côté addictif. Un palais d'épines et de roses est typiquement le genre de livre que vous ne pouvez reposer une fois entamé, un page-turner pas excellence. Pour autant, j'ai eu conscience durant ma lecture que l'écriture était souvent redondante, que l'histoire contenait de nombreux clichés et que le suspense était parfois bien faiblard. Mais, parce qu'il y a un mais, au fil du roman, ces éléments négatifs que je viens de citer tendent à disparaître et l'effet d'addiction en est renforcé. 
J'ai aimé l'univers construit par l'auteur et je suis très curieuse de découvrir la suite (car oui, il s'agit d'une série !) . Je sens qu'elle en a encore sous le pied et que les tomes suivants nous révèleront bien des surprises. Pour ce qui est de ce premier opus, j'ai passé un moment génial et ne me suis pas ennuyée une minute. Si vous cherchez un roman dans le genre fantastique avec de l'action, des mystères et des créatures magiques, lisez celui-ci, détente garantie !

Titre original : A Court of Thorns and Roses
Traduit de l'anglais par Anne-Judith Descombey
De la Martinière Jeunesse, 524 pages, 2015 pour l'édition originale, 2017 pour l'édition française

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mercredi 7 mars 2018

La vague des albums #128

✿ ❤ ✿ ❤ ✿ ❤ Vague de douceur en vue ! ❤ ✿ ❤ ✿ ❤ ✿

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Des pages dans des tons de rouge et bleu qui jouent sur le contraste entre chaud et froid. L'histoire d'un ours polaire contraint  de quitter son igloo à cause de la fonte des glaces. Malgré un texte minimaliste, cet album permet d'aborder de nombreux sujets tels que le passage du temps, l'amour, ou encore le réchauffement climatique.
Les dessins sont doux comme le titre du livre, et très beaux. Un album à contempler, pour le plaisir des yeux ou pour réfléchir. 
Superbe.

Tout doux
Gaëtan Dorémus
Rouergue, 2018

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Énormément de douceur dans cet album qui nous parle d'amour. De jolis dessins colorés au style enfantin illustrent un texte porteur d'espoir et des vraies valeurs humaines. Une pluie d'amour porte bien son titre, c'est un livre qui donne à "voir" le pouvoir infini de l'amour sous toutes ses formes, et montre au lecteur combien il surpasse tout le reste dans la vie. Sans amour, on n'est rien, avec on peut affronter le monde.
Un album adorable porteur d'un message profond.

Une pluie d'amour
Helen Docherty, Ali Pye,
De La Martinière Jeunesse, 2018

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Le petit roi s'ennuie, et décide un beau matin d'organiser un cache-cache géant dans son royaume.
D'apparence innocente, et sous couvert d'une histoire simple, cet album aborde le sujet de la protection animale.
A la suite de l'histoire, on retrouvera en fin d'ouvrage deux double pages documentaires consacrées aux animaux disparus et aux animaux à protéger.
Sensibiliser les petits à la protection animale est une excellente idée, et quoi de mieux que de le faire par le biais d'un album ! 
 
Où êtes-vous ?
Barroux
Seuil Jeunesse, 2018

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Nouvelle histoire du célèbre duo Julia Donaldson et Axel Scheffler (auteurs de Gruffalo), celle d'un géant au grand cœur.  Mal fagoté, il décide de s'acheter de beaux vêtements mais va aussitôt les distribuer à d'autres qui sont dans le besoin. 
C'est une belle histoire tant par la forme (les jolis dessins) que par le fond (le message de partage).
A l'instar des autres albums des auteurs, celui-ci est encore une réussite, et offrira un moment de plaisir aux jeunes lecteurs (et à leurs parents). Qu'il est bon de retrouver dans la littérature de jeunesse autant de douceur et d'optimisme ! 

Le géant élégant
Julia Donaldson, Axel Scheffler
Gallimard Jeunesse, 2018

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Se séparer de son doudou, grandir et petit-à-petit, voler de ses propres ailes, cela n'est pas si facile ! Dans cet album, le lecteur va découvrir à travers l'histoire de Noé et de son doudou qu'il est normal de s'en détacher passé un certain âge. Avec un récit drôle et apaisant, non culpabilisant, cet album tout doux amène l'enfant à réfléchir sur sa relation avec son doudou et l'aide inconsciemment à s'en éloigner au fil du temps.
Intelligent et sensible.

Le jour où mon doudou a dit non
Virginy L. Sam, Jules

De La Martinière Jeunesse, 2018

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Dans un style qui rappelle les collections Mon imagier et Mes premières histoires animées de Kididoc chez Nathan, voici un documentaire tout carton. Une partie des images est en relief, l'enfant peut donc découvrir le livre avec les yeux mais aussi avec le bout des doigts. Cet album est consacré aux principaux animaux de la savane (éléphant, girafe, lion, zèbre et hippopotame). Chacun est présenté sur deux double pages, une première consacrée à l'image de l'animal seul avec son nom en regard, la seconde qui nous montre l'animal dans une scène plus large en compagnie de ses congénères avec un texte explicatif.
Un très joli documentaire pour le premier âge, solide et attrayant visuellement.

Les animaux de la savane
Philippe Jalbert
Seuil Jeunesse (Les docs emboîtés), 2018

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Je ne sais pas pour vous, mais en voyant cette couverture, j'ai de suite pensé à Une fois encore ! d'Emily Gravett. Dans Fergus est furieux !, on retrouve un petit dragon comme héros. Un héros fort sympathique mais pas très patient et même colérique. Rien à faire, lorsque Fergus est contrarié, il ne peut s'empêcher de cracher des flammes.
Jusqu'au jour où ses amis en ont assez...
Présenté comme "le livre anti-colère", cet album permet d'aborder avec humour et douceur un sujet qui touche petits et grands.
Des dessins irrésistibles pour une jolie histoire qui fait réfléchir.

Fergus est furieux !
Robert Starling
Gallimard Jeunesse, 2018

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CoupDeCoeur2016.pngEt pour terminer cette vague, un coup de cœur ! Pour célébrer la venue du printemps et l'arrivée d'un bébé, voici l'album qu'il vous faut ! Attention les yeux, vous allez être éblouis. Colorés, tendres, fantaisistes, les dessins de cette histoire sont superbes. 
Dans la famille blaireau, avec l'arrivée du printemps, leur maison se transforme, bourgeonne, grandit, verdit... Dans le même temps, le ventre de la maman s'arrondit. Une bien jolie métaphore pour illustrer la grossesse, ce merveilleux moment qui chamboule tout dans la vie. 
A offrir à tous les futurs grands frères et grandes soeurs, pour partager un instant  magique.

Bonjour printemps
Didier Lévy, Fleur Oury
Seuil Jeunesse, 2018

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mercredi 28 février 2018

Série L'épouvanteur (Joseph Delaney)

Il y a quelques années de cela, j'ai lu le premier tome de la saga de L'épouvanteur que j'ai adoré. Pourtant, mystérieusement, je ne me suis jamais plongée dans la suite. L'année dernière, j'ai eu envie de relire le premier tome et de découvrir la suite. Accompagnée de ma copine Claire, j'ai donc lu l'intégralité de la série sur une période d'un peu plus d'un an, à raison d'un tome en moyenne par mois.
Pour ne pas perdre le fil, j'ai écrit mes impressions de lecture au fur et à mesure dans ce billet qui vous présentera l'ensemble de la série (j'entends par là le premier cycle de 13 volumes, car si un 14ème est sorti en français, en réalité il s'agit en version originale du premier tome d'un nouveau cycle), y compris les deux tomes spéciaux, Le bestiaire de L'épouvanteur et Les sorcières de L'épouvanteur. Je n'ai pas retouché ces notes afin qu'elles conservent une certaine spontanéité et reflètent ce que j'ai pensé de chacun de ces tomes à l'issue de ma lecture.

Maintenant, concernant mon impression générale après la lecture des treize tomes principaux et des deux hors série :

L'épouvanteur est une excellente série qui s'inscrit dans la durée. Sur treize volumes, j'ai eu trois coups de cœur et une seule déception. L'univers est original, l'écriture (et la traduction !) est géniale et l'histoire passionnante. Joseph Delaney a un style incroyable, il crée une intensité dans son récit et embarque le lecteur en quelques lignes. Les personnages sont finement travaillés, au fil de l'intrigue on les découvre et l'on s'aperçoit qu'ils ont chacun une personnalité qui va influencer le destin d'une manière ou d'une autre. Dans L'épouvanteur, le monde n'est pas manichéen mais au contraire décliné en de multiples nuances. Les personnages se trompent, doutent, pèchent par orgueil, aiment, souffrent, font preuve de courage, ont peur... Rien n'est complètement écrit, chacun a son rôle à jouer.
Si vous aimez le fantastique, L'épouvanteur est une série incontournable que je vous recommande chaudement. Désormais, elle fait partie de mes séries préférées du genre.

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CoupDeCoeur2016.pngDans ce premier tome, le lecteur pénètre dans l'univers de la série et fait connaissance entre autres avec L'épouvanteur et son nouvel apprenti, Thomas Ward. A travers les yeux de Thomas, on découvre le rôle de L'épouvanteur et sa difficile condition. L'effet d'immersion est fort, dès les premières pages on est embarqué dans l'histoire et on retient son souffle tout en étant parfois agacé par la naïveté de Thomas. Ce qui est intéressant, c'est que déjà, en l'espace d'un tome, sa personnalité évolue et s'affirme. Coup de cœur pour cette entrée en manière efficace et prenante.

Tome 1 - L'apprenti Epouvanteur
Titre original : The Spook's Apprentice
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 275 pages, 2004 pour l'édition originale, 2005 pour l'édition française

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Thomas Ward poursuit son apprentissage auprès de L'épouvanteur. Son chemin va de nouveau croiser celui d'Alice qui est décidément un bien mystérieux personnage. A présent que l'introduction a été faite, le lecteur commence à découvrir quelques éléments du passé, en particulier concernant la mère de Thomas et M. Gregory. On sent que l'auteur maîtrise son histoire et ne distille les informations qu'au compte-goutte. La lecture est toujours aussi passionnante, le rythme soutenu nous tient en haleine.

Tome 2 - La malédiction de L'épouvanteur
Titre original : The Spook's Curse
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 361 pages, 2005 pour l'édition originale, 2006 pour l'édition française

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Le secret de Lépouvanteur est un excellent tome qui possède toutes les qualités des précédents. De l'action, une intrigue maîtrisée de bout en bout, des personnages toujours plus fascinants qui conservent une part de mystère, du suspense, des frissons. La recette fonctionne à merveille dans cette nouvelle histoire qui donne simplement envie de se jeter sur la suite ! L'ambiance, quant à elle, s'assombrit légèrement au cours du récit, rendant la série encore plus intense.

Tome 3 - Le secret de L'épouvanteur
Titre original : The Spook's Secret
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 371 pages, 2006 pour l'édition originale, 2007 pour l'édition française

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La situation est de plus en plus complexe pour l'apprenti Epouvanteur qui est souvent livré à lui-même, seul face aux ennuis. Loin de perdre en intensité, la série, au contraire, en gagne de tome en tome et celui-ci se lit d'une traite. Dans Le combat de L'épouvanteur j'ai surtout apprécié d'en apprendre davantage sur les origines de Tom du côté maternel. Certains mystères sont levés, d'autres subsistent. J'aime aussi énormément le personnage d'Alice qui est décidément fascinant. Une jeune femme forte, étrange, ni foncièrement bonne ni totalement mauvaise, un caractère atypique qui cache encore bien des surprises.
Un superbe quatrième opus !

Tome 4 - Le combat de L'épouvanteur
Titre original : The Spook's Battle
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 406 pages, 2007 pour l'édition originale, 2008 pour l'édition française

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Nouvelle aventure aux côtés de Tom qui poursuit son apprentissage mais change de maître pour quelques temps. John Gregory l'envoie dans le nord auprès d'un autre Epouvanteur, Bill Arkwright. Le bonhomme n'est pas commode mais Tom a beaucoup à apprendre de lui.  Dans le même temps, le Malin refait surface et charge sa propre fille, une puissante sorcière d'eau, d'anéantir Tom. Autant dire que le quotidien n'est pas de tout repos !
Un cinquième tome qui, à l'instar des précédents, se lit avec grand plaisir et facilité et se termine sur une révélation étonnante !

Tome 5 - L'erreur de L'épouvanteur
Titre original : The Spook's Mistake
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 393 pages, 2008 pour l'édition originale, 2009 pour l'édition française

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Comme de nombreuses séries de jeunesse, celle de L'épouvanteur s'assombrit de tome en tome. Pourtant, dès le premier, le ton est donné, on est dans un univers envahi par des créatures de l'obscur. Mais avec ce 6ème opus, l'auteur repousse les limites encore plus loin. Menée tambours battants, l'histoire poursuit un rythme effréné. Le pauvre Tom, déjà plusieurs fois malmené dans le passé, va vivre des moments difficiles avec la présence du Malin qui se fait de plus en plus pesante. 
J'ai adoré ce nouveau tome, l'écriture est toujours aussi fluide et géniale et dès les premières pages, on est emporté par le roman.

Tome 6 - Le sacrifice de L'épouvanteur
Titre original : The Spook's Sacrifice
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 322 pages, 2009 pour l'édition originale, 2010 pour l'édition française

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Nouveau virage dans cette série avec ce septième tome encore plus intense et prenant que les précédents. Loin de s'essouffler, l'histoire connaît des rebondissements qui la rend véritablement passionnante. Le cauchemar de l'Epouvanteur replace en son cœur une sorcière charismatique déjà rencontrée auparavant, Lizzie l'Osseuse. Le lien de cette dernière avec Alice corse davantage le récit et montre, une fois encore, toute la richesse des personnages créés par Joseph Delaney. Un moment de lecture haletant.

Tome 7 - Le cauchemar de L'épouvanteur
Titre original : The Spook's Nightmare
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 350 pages, 2010 pour l'édition originale, 2011 pour l'édition française

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Si le tome précédent est sans doute le meilleur à ce stade dans la série, celui-ci en revanche serait peut-être le moins bon. Sans être mauvais pour autant, Le destin de L'épouvanteur est un tome qui manque d'intensité et se révèle légèrement ennuyeux dans sa première moitié. On n'y retrouve pas le rythme effréné auquel Joseph Delaney nous a habitués et surtout, l'histoire n'est guère passionnante. Peut-être ce ressenti est-il également dû au fait que les personnages d'Alice et de L'épouvanteur sont aux abonnés absents pendant une bonne partie du livre. Cela étant, la seconde moitié parvient à captiver de nouveau l'intérêt du lecteur et le récit s'achève, une fois encore, sur un événement qui pose question pour la suite.

Tome 8 - Le destin de L'épouvanteur
Titre original : The Spook's Destiny
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 306 pages, 2011 pour l'édition originale, 2012 pour l'édition française

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CoupDeCoeur2016.pngDepuis que j'ai entamé cette série, à part le premier tome, celui de la découverte, qui fut un coup de cœur, et le huitième qui fut une légère déception, j'ai (beaucoup) aimé de la même manière l'ensemble de la série. Mais ce tome 9, si différent des autres, est un nouveau coup de cœur. Si je dis qu'il est spécial, c'est pour deux raisons. D'abord parce que, pour la première fois dans la série, Tom n'est pas le narrateur, cette fois c'est Grimalkin qui raconte l'histoire. Ensuite parce que ce tome porte exclusivement sur Grimalkin, Tom et son maître sont totalement absents de ce neuvième opus. Le personnage de Grimalkin me plaisait déjà beaucoup, aussi, quelle ne fut pas ma joie de découvrir qu'un tome entier lui était consacré ! Ici, il s'agit donc de la fuite de la célèbre sorcière qui tente d'échapper à ses poursuivants pour mettre à l'abri la tête du malin dont elle est depuis le tome précédent la gardienne. Les partisans du mal cherchent à la lui reprendre pour la remettre sur son corps et le faire ainsi revenir à la vie. Les trois cents et quelques pages sont consacrées à cette course-poursuite menée tambour battant, sans temps mort. Même si l'action est prépondérante, on apprend également à mieux connaître Grimalkin et son passé. De la première à la dernière page, ce fut un régal ! Peut-être à ce stade, le meilleur tome de la série.

Tome 9 - Grimalkin et L'épouvanteur
Titre original : Spook's, I am Grimalkin
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 315 pages, 2011 pour l'édition originale, 2013 pour l'édition française

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Il n'a pas forcément été évident de retrouver Tom comme narrateur après mon coup de cœur pour le le neuvième tome. Non pas que cette nouvelle aventure ne soit pas intéressante, au contraire, mais le personnage de Grimalkin m'a beaucoup manqué, même si on la retrouve dans la dernière partie du roman. 
Dans cette nouvelle histoire, il est toujours question de cacher et protéger la tête du malin afin qu'elle ne tombe pas dans les mains des ennemis, mais en parallèle, on suit Tom et son maître dans un voyage un peu particulier. Suite à sa destruction, la maison de L'épouvanteur est en reconstruction et il est question de regarnir les rayons de la bibliothèque, les ouvrages qu'elle contenait ayant été brûlés. Un message est un jour adressé à John Gregory. Une certaine Dame Fresque l'invite à venir consulter sa collection d'ouvrages à Todmorden. Elle se dit prête à lui en céder plusieurs à un prix raisonnable. Ce voyage en apparence anodin va placer Tom et son maître dans une fâcheuse posture.
Un excellent tome dans lequel l'intrigue gagne une fois de plus en intensité, on sent le dénouement proche.

Tome 10 - Le sang de L'épouvanteur
Titre original : The Spook's Blood
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 328 pages, 2012 pour l'édition originale, 2014 pour l'édition française

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Un parallèle peut être fait entre ce onzième tome et le neuvième - Grimalkin et L'épouvanteur -, car ce sont pour le moment les deux seuls tomes dont le narrateur n'est pas Tom et dans lesquels Tom est absent. Cela étant, Le pacte de Sliter, en plus de l'absence de Tom comme narrateur et personnage de l'histoire, se déroule dans un tout autre univers, éloigné géographiquement et culturellement de celui de L'épouvanteur. Le narrateur et héros de ce récit est un mage Kobalos, une créature à l'apparence de loup mais qui se déplace sur deux pattes. Le début est un peu déstabilisant après avoir lu 10 tomes dans l'univers de L'épouvanteur, mais finalement on rentre facilement dans l'histoire qui s'avère originale et addictive. Ce n'est que très tardivement dans le roman que l'on comprend enfin le lien entre Sliter et le monde de L'épouvanteur. J'ai apprécié, comme ce fut le cas dans le tome consacré à Grimalkin, d'avoir un autre narrateur que Tom aux commandes, c'est plaisant de changer de style tout en conservant ce merveilleux talent de conteur que possède Joseph Delaney. Un excellent tome.

Tome 11 - L'épouvanteur, Le pacte de Sliter
Titre original : Spook's Slither's Tale
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 306 pages, 2012 pour l'édition originale, 2014 pour l'édition française

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Le titre ne trompe pas, ce douzième tome est consacré au personnage d'Alice, mon préféré après celui de Grimalkin. Et c'est donc le troisième dans la série à ne pas avoir Tom pour narrateur, après les tomes 9 et 11. J'ai adoré ces deux derniers, justement parce qu'ils brisaient le schéma habituel de la série et nous emmenaient vers de nouveaux horizons. 
Je partais donc doublement confiante, persuadée de trouver ce tome génial. Or, et cela me fend le coeur de l'admettre, c'est le premier tome de cette série qui me déçoit. Le premier tiers est ennuyeux, pire, on a par moment le sentiment que l'auteur fait du remplissage... Alice se retrouve dans l'obscur, en quête d'un objet précis, et pendant une bonne centaine de pages, on assiste à une succession d'événements qui s'enchaînent sans temps mort, mais sonnent faux. Le talent de Joseph Delaney est incontestable. Depuis le premier tome, il suscite l'empathie et la curiosité chez le lecteur en maintenant en permanence ses personnages sur un fil prêt à se rompre, et en donnant une vraie intensité et un rythme à son récit. Malheureusement, tout cela est absent du début du douzième tome. Par la suite, l'intrigue et l'écriture retrouvent un nouvel élan, et la fin de cette lecture est prenante et agréable, mais le début "raté" de ce tome laisse au final une impression mitigée. Dommage.

Tome 12 - Alice et L'épouvanteur
Titre original : Spook's : Alice
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 325 pages, 2013 pour l'édition originale, 2015 pour l'édition française

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CoupDeCoeur2016.pngDernier tome de ce premier cycle qui fut riche en péripéties ! Après la déception occasionnée par le tome 12, je craignais un mauvais final, heureusement mes craintes ont été vite balayées. On retrouve ici avec bonheur le style de Joseph Delaney, passionnant et hautement addictif. Les actions s'enchaînent tambour battant et il se passe énormément de choses dans ce dernier volume. Cette fin est plus que satisfaisante, elle confirme que L'épouvanteur est une série de qualité.
J'ai lu d'une traite ce roman et ce fut un coup de cœur. Maintenant il me tarde de me tourner vers le nouveau cycle...

Tome 13 - La revanche de L'épouvanteur
Titre original : The Spook's revenge
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 348 pages, 2013 pour l'édition originale, 2017 pour l'édition française

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* * *

Je termine ce billet sur le monde de L'épouvanteur en vous présentant les deux hors-séries qui ont été écrits par Joseph Delaney en cours de série. Dans leur version originale, ils ont été publiés la même année que les tomes 6 et 7, le premier paru étant celui sur Les sorcières. Pour ma part, j'ai attendu d'avoir lu le tome 8 de la saga avant de m'y intéresser, mais on peut tout à fait le faire avant, du moment qu'on a au moins lu les six premiers tomes. Ceci dit, lire Les sorcières de L'épouvanteur avant de s'attaquer à la série peut aussi être une façon de découvrir l'univers de Delaney. On se spoilera certes un peu sur certains éléments de la série, mais ce n'est pas très gênant. En revanche, je trouve préférable de lire Le bestiaire de L'épouvanteur plus tard, car pour le coup, il révèle pas mal d'informations sur ce qui se passe dans les premiers tomes.

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Il s'agit d'un recueil de 5 nouvelles (Meg Skelton, Dora la Cracheuse, Grimalkin, Alice et le mangeur de cerveaux, La Banshie) consacré aux sorcières, dont certaines sont des personnages de la série.

La première nouvelle nous raconte la rencontre entre Meg Skelton et L'épouvanteur. C'est un personnage que l'on connaît déjà un peu dans la série et j'ai trouvé très intéressant de découvrir le début de la relation étrange qui unit cette sorcière à L'épouvanteur.
La deuxième est consacrée à Dora la Cracheuse, un personnage qui a priori, n'apparaît pas dans la série. L'histoire est emplie de suspense et apporte en outre des informations sur les sorcières qui viennent compléter et illustrer les propos du bestiaire. Une nouvelle à la fois instructive et plaisante à lire.
La troisième consacrée à Grimalkin nous en apprend davantage sur ce personnage qui est l'un de mes préférés de la série. On comprend enfin sa personnalité et son rapport avec Tom. C'est un personnage fascinant.
La quatrième est consacrée à Alice, elle revient sur sa jeunesse, en particulier son séjour chez sa tante Lizzie l'Osseuse chargée de son instruction en sorcellerie. On découvre une Alice en danger, malmenée, et l'on comprend mieux après avoir lu cette nouvelle, la dureté et froideur dont fait parfois preuve la jeune sorcière.
La cinquième et dernière nouvelle (celle sur La Banshie) est la seconde du recueil qui est écrite du point de vue de L'épouvanteur après celle sur Meg Skelton. Celle-ci est racontée par Tom. Il s'agit du récit d'une mission qu'il a vécue en compagnie de Bill Arkwright, L'épouvanteur chez lequel il est envoyé en stage dans le tome 5. Une aventure bonus en quelque sorte.

Voilà donc un excellent recueil pour qui veut découvrir l'univers de L'épouvanteur, ou au contraire pour prolonger la série. Mes deux nouvelles préférées sont celles consacrées à Grimalkin et à Alice.

Les sorcières de L'épouvanteur
Titre original : The Spook's Stories - Witches
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 216 pages, 2009 pour l'édition originale, 2011 pour l'édition française

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Autre hors-série passionnant, celui-ci se présente comme une encyclopédie illustrée présentant les créatures fantastiques de la série. Il est divisé en dix parties, dont huit consacrées aux créatures (Gobelins, Anciens Dieux, Sorcières, Mages, Morts sans repos, Démons, Créatures aquatiques, et Elémentaux). En préambule, on trouvera une partie sur la façon générale d'affronter l'obscur. Pour conclure, une dernière partie s'attache à trois cas de morts mystérieuses dans le Comté ; elle est suivie d'une courte conclusion.

Bien que ce hors-série se présente sous la forme d'un "documentaire", les textes sont écrits de manière vivante et à la première personne par L'épouvanteur, ce qui en rend la lecture très fluide et passionnante. Certaines descriptions sont étayées de courts récits d'aventures et anotés par les différents apprentis de L'épouvanteur. La mise en page est particulièrement soignée, le fond des pages donne l'impression que le texte a été écrit sur du parchemin, des insectes écrasés ou des taches d'encre y ont été ajoutés pour faire encore plus vrai ! L'ensemble des textes est richement illustré par Julek Heller. Les dessins sont en noir et blanc, probablement réalisés au crayon ou fusain. Ils sont très beaux et réalistes, parfois même effrayants !
En résumé, un superbe hors-série que tout fan de la série se doit de posséder. 

Le bestiaire de L'épouvanteur
Titre original : The Spook's Bestiary
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 236 pages, 2010 pour l'édition originale, 2013 pour l'édition française

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samedi 17 février 2018

Fangirl (Rainbow Rowell)

003739817.jpgCoupDeCoeur2016.pngDe Rainbow Rowell, j'avais déjà lu et eu un coup de cœur pour Eleanor & Park. Deuxième roman de l'auteur que je découvrais, donc, et deuxième coup de cœur ! Si cela n'est pas prometteur !...

Dans Fangirl, il y a une histoire d'amour et de rencontre entre deux personnages étonnants, mais c'est bien le seul point commun avec Eleanor & Park.
Dans ce roman, le thème principal (mais le roman ne se réduit pas à cela) est la fanfiction, et n'étant pas fan du genre moi-même, je me demandais si j'allais apprécier ce livre. Mes doutes se sont rapidement évanouis et j'ai compris dès les premières pages que j'allais adorer cette histoire, mieux, que ça deviendrait un coup de cœur.

Présentation de l'éditeur :

Cath et Wren sont des jumelles inséparables. Fans de Simon Snow, elles passent leur temps sur les forums consacrés à l’auteur. Mais la passion de Cath a tellement pris le pas sur sa vie que Wren lui annonce l’impensable : cette année, à la fac, elles feront chambre à part. L’une est prête à renoncer à ses rêves pour profiter dignement des joies de la vie estudiantine. L’autre est soudain projetée dans un univers hostile dans lequel tout le monde – ses profs, sa famille et sa colocataire – méprise la fanfiction. C’est alors qu’elle tombe sous le charme d’un obsédé de la littérature…

Ce roman, c'est donc à la fois un hommage à la fanfiction, un récit initiatique, une histoire d'amour hors normes, des personnages géniaux et énormément d'émotion.
Le récit de la vie de Cath à l'université est entrecoupé par des passages de fanfiction qu'elle écrit sur Simon Snow, et des passages de l'oeuvre originale dont elle s'inspire. On passe de l'un à l'autre sans transition et l'on découvre donc en parallèle les deux univers. D'un côté, Cath, jeune fille renfermée, angoissée, qui vit mal la séparation d'avec sa soeur et se réfugie dans l'écriture. De l'autre, les tribulations du jeune mage Simon Snow dans son école de magie aux côtés de son camarade de chambrée, Baz.
Les deux sont passionnants. J'ai aimé le personnage de Cath qui peine à entrer dans l'âge adulte, un peu paumée sans sa jumelle, en souffrance seule à l'université loin de chez elle. J'ai adoré découvrir l'univers de Simon Snow et celui de la fanfiction. J'ai trouvé l'écriture subtile, tout en suggestion. Les personnages - même secondaires - extrêmement bien campés et passionnants. Et j'ai totalement fondu avec l'histoire d'amour ! C'est un roman poignant, déroutant, addictif, qui vous plonge dans un autre monde dont on a du mal à s'extraire.

Titre original : Fangirl
Traduit de l'anglais par Cédric Degottex
Castelmore (version ebook), 429 pages, 2014 pour l'édition française, 2013 pour l'édition originale

Acheter Fangirl (VF) sur Les Libraires.fr

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mercredi 17 janvier 2018

La vague des albums #125

Nouvelle vague avec deux albums pour adultes dont un coup de cœur !

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CoupDeCoeur2016.pngCoup de cœur pour ce magnifique ouvrage que l'on pourrait qualifier d'imagier-nuancier. Un petit format mais un gros volume pour présenter une palette de 133 couleurs dans des dégradés superbes. Une double-page par ton, avec, tout au long du livre, la même organisation : page de droite, un fond uni de la couleur mise en avant, page de gauche, une illustration et un court texte explicatif. Pour chaque couleur, on apprend des anecdotes étonnantes à travers une approche plus ou moins historique.
C'est un album absolument somptueux, les dessins sont très beaux (j'adore le style graphique), les textes intéressants, et l'idée de ce nuancier géniale. Un must à posséder dans sa bibliothèque et à lire par petites tranches pour découvrir le monde des couleurs sous un angle passionnant. Une pépite. (Un album à réserver plutôt aux grands enfants et aux adultes.)

Colorama, Imagier des nuances de couleurs
Crushiform
Gallimard Jeunesse, 2017

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Autre album destiné aux adultes, celui-ci ravira les fans de Jane Austen. L'ouvrage est divisé en différentes parties qui correspondent à des salles du musée imaginaire, chacune portant sur l'un des romans de Jane Austen. Les six titres principaux de son oeuvre sont représentés : Orgueil et préjugés, Persuasion, L'abbaye de Northanger, Raison et sentiments, Emma et Mansfield Park. On trouvera aussi dans ce livre quelques informations relatives à Jane Austen (son oeuvre, sa vie, des anecdotes) et aux auteurs du livre.
Fabrice Colin rend hommage à cette grande dame en nous replongeant dans ses romans et en y ajoutant sa touche personnelle. En quelques mots il nous fait voyager dans le monde de Jane, partageant avec nous son amour pour ses textes. Un brin nostalgique, sa vision de l'oeuvre de la célèbre romancière est empreinte de respect et de poésie.
A l'illustration, on retrouve le pinceau de la flamboyante Nathalie Novi et chaque page est un plaisir pour les yeux. Dire que ses dessins sont magnifiques serait un euphémisme, cet album est un vrai bijou de beauté et de sensibilité.
Un splendide hommage à Jane Austen.

Le musée imaginaire de Jane Austen
Nathalie Novi, Fabrice Colin
Albin Michel Jeunesse, 2017

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Les lecteurs de ce salon auront remarqué que j'aime énormément le travail de Dedieu et que ses livres sont toujours pour moi  le synonyme d'un grand plaisir de lecture. Or, pour une fois, la déception était au rendez-vous et je dois reconnaître que je n'ai pas été emballée par cette histoire.
Visuellement tout d'abord, j'ai trouvé que ce n'était pas beau, en particulier concernant le choix des couleurs. Chaque double-page possède un fond de couleur différent, dont l'association avec les couleurs du dessin n'est pas des plus heureuses. Je suppose que c'est un parti pris de l'auteur, mais pour ma part, je n'ai pas adhéré à ce choix.
Ensuite, pour ce qui est de l'histoire, j'ai trouvé  que celle-ci manquait de subtilité et que la narration était  pauvre. Dedieu nous a habitués à des récits subtils, tout en nuances, et a montré à de multiples reprises qu'il n'était pas seulement un illustrateur de grand talent, mais aussi un excellent conteur et scénariste. Or, cette fois-ci, j'ai trouvé que cela manquait singulièrement de profondeur.
Première déception avec cet auteur, j'en suis bien  attristée.

Le Roy qui voyageait avec son royaume
Dedieu
Seuil Jeunesse, 2017

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Un format à l'italienne qui convient parfaitement à cette histoire dans laquelle le visuel compte beaucoup. A chaque page, il faut observer  et repérer les nombreux détails pour en comprendre  la trame. Ainsi, cet album m'a rappelé  La fête d'anniversaire ou encore La course au gâteau de Thé  Tjong-Khing. Ici, il y a tout de même un peu de texte, mais il est minimaliste car ce sont les dessins qui racontent. 
Une version moderne  et fantaisiste du Petit chaperon rouge fort plaisante à lire.

L'autobus
Marianne Dubuc
De La Martinière Jeunesse, 2017

mercredi 27 décembre 2017

Forbidden (Tabitha Suzuma)

004631742.jpgCoupDeCoeur2016.pngJ'ai enfin lu ce livre dont tout le monde parle. 

Pour présenter le sujet, les mots de l'éditeur :

Maya et Lochan ne sont pas des adolescents comme les autres. Élevés par une mère alcoolique et instable, ils sont livrés à eux-mêmes et n'ont d'autre choix que d'élever seuls le reste de la fratrie. Forcés de devenir adultes plus tôt que prévu, ils se soutiennent dans l'adversité et finissent par tomber amoureux. Lochan se sent seul au monde, et Maya est la seule à pouvoir le comprendre. Conscient de la monstruosité de cet amour, Lochan est prêt à tout pour bâillonner le désir et les sentiments que sa sœur lui inspire. Mais comment résister alors que Maya a besoin de lui autant qu'il a besoin d'elle ? Est-ce un crime de s'aimer si fort ?

A l'instar de bon nombre de lecteurs, j'ai pris une immense claque avec ce roman qui m'a fait vivre bien des émotions et m'a laissée  totalement sonnée.
Âmes sensibles, s'abstenir. Si vous voulez un feel-good book, passez votre chemin et revenez vers Forbidden lorsque vous serez dans une phase joie de vivre et paillettes. Mais revenez-y, car il ne faut pas passer à côté.
Vous l'avez lu dans la présentation ci-dessus, le thème de ce roman - l'inceste entre un frère et une sœur - n'est pas facile à traiter. Je m'attendais à être heurtée, voire choquée, or il n'en a rien été. Tabitha Suzuma prend le parti dans ce roman de choisir deux personnages abîmés par la vie. C'est un choix, et il s'avère que compte tenu du contexte du roman qui est glauque au possible, l'aspect incestueux "passe mieux". Je ne sais pas si je m'explique clairement. Ce que je veux dire, c'est qu'une relation incestueuse avec les mêmes personnages mais dans autre cadre de vie, m'aurait peut-être gênée. C'est le reproche que l'on peut faire à l'auteur, d'avoir délibérément choisi de placer ses personnages dans un milieu difficile, comme pour mieux faire passer la pilule de l'inceste au lecteur.
Ceci étant dit, je dois avouer que même si je me suis interrogée là-dessus, j'ai eu un immense coup de cœur pour ce livre étonnant et déroutant. Il y a une sensibilité exacerbée chez Tabitha Suzuma et son histoire oscille en permanence entre beauté et cruauté. On est malmené de la première à la dernière page, le roman se dévore en apnée et laisse une impression de vide et de douleur absolue. Quand je disais que ce n'est pas une lecture facile, je pèse mes mots, parce que franchement, on ne ressort pas indemne de ce livre.
Les personnages de Lochan et Maya sont magnifiques et suscitent d'emblée l'empathie. On voudrait les aider, les sortir de cette galère. L'insouciance de la jeunesse leur est interdite, ils ont des responsabilités bien trop lourdes pour leurs frêles épaules. Cette situation familiale terriblement injuste est pesante, chaque nouvelle scène qui révèle encore un peu plus la défaillance de cette mère alcoolique met les nerfs en pelote. On voudrait hurler, crier notre horreur et prendre ces enfants par la main pour leur trouver un foyer décent et aimant. Les voir s'enfoncer un peu plus chaque jour est très éprouvant.
Une lecture coup de poing, nécessaire et superbe.

Titre original  : Forbidden
Traduit de l'anglais par Florence Moreau
Milady (New Adult), 315 pages (version ebook), 2010 pour l'édition originale et 2017 pour la présente traduction

mercredi 6 décembre 2017

Journal d'un vampire en pyjama (Mathias Malzieu)

9782367624365-001-T.jpegCoupDeCoeur2016.pngJe viens d'achever l'écoute de ce livre merveilleux, et il fallait que j'en parle de suite. De Mathias Malzieu, je n'avais jusqu'à présent lu qu'un seul roman, La mécanique du cœur, que j'avais trouvé superbe. 
Journal d'un vampire amoureux n'est pas une fiction, il s'agit d'un journal d'hospitalisation. En 2013, Mathias Malzieu apprend qu'il est atteint d'une aplasie médullaire (en gros, c'est un dysfonctionnement de la moelle osseuse) et doit subir une greffe de moelle osseuse.
Il va devoir effectuer plusieurs séjours à l'hôpital, dont deux de plusieurs semaines en chambre stérile. Pour tenir le coup, il plonge dans la création artistique et quelques années plus tard, ce journal ainsi qu'un album éponyme réalisé avec son groupe - Dionysos - verront le jour.
J'insiste sur le thème de création, car Journal d'un vampire amoureux n'est pas qu'une simple autobiographie d'une période douloureuse dans la vie de l'artiste. Ce dernier mêle en effet à la réalité son imagination débordante, ce qui donne lieu a un texte poétique d'une grande beauté. On retrouve ainsi l'univers de Mathias Malzieu qui ne se contente pas de décrire ce qu'il vit mais y adjoint ses remarques, ses envies et même ses rêves. Le style est très particulier, c'est un peu comme lire un conte de fées moderne. La fantaisie et la poésie transpirent de ce journal et lui confèrent un esprit d'optimisme étonnant. 
Les émotions sont fortes, parfois le cœur se serre, d'autres fois le sourire revient. Le dernier chapitre arrive et l'on a le sentiment d'avoir partagé un moment étrangement intime avec l'auteur, de mieux le connaître et l'apprécier, comme un ami qu'on découvrirait.
Un gros coup de cœur.

Dans cette superbe version audio (texte lu par l'auteur lui-même), Journal d'un vampire amoureux est suivi d'un autre texte, Carnet de Board, récit d'un voyage en Islande à skate. Ce carnet de bord est en quelque sorte la cerise sur le gâteau, puisque c'est le (court) récit de la réalisation d'un rêve de l'auteur après sa guérison. 

Texte intégral lu par l'auteur
Durée totale d'écoute : 4h58
Audiolib, 2017

samedi 25 novembre 2017

Everything, everything (Nicola Yoon)

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CoupDeCoeur2016.pngComme bon nombre de lecteurs, il ne m'a pas échappé que ce roman faisait le buzz. Ce que je savais de l'histoire m'avait donné envie de le lire, et puis, comme toujours, le temps a passé... Il m'aura finalement fallu attendre sa sortie en poche pour m'y plonger.

Madeline souffre d'une maladie aussi rare que grave, le DICS pour Déficit Immunitaire Combiné Sévère, plus communément appelé "maladie de l'enfant-bulle". Pour faire simple, son système immunitaire est tellement faible, qu'elle ne peut vivre normalement et passe son existence recluse chez elle depuis toute petite. La journée, une infirmière à domicile veille sur elle, le soir sa mère prend le relais lorsqu'elle rentre du travail. La maison est équipée de façon à protéger au maximum Madeline des germes extérieurs (traitement de l'air, sas à l'entrée...) et cette dernière n'en sort jamais. En presque 18 années, elle n'a pas mis une fois le pied dehors. Elle suit des cours par correspondance, lit beaucoup et fait de temps en temps des soirées-pyjama avec sa mère.
Un beau jour, une nouvelle famille emménage dans le voisinage. Madeline découvre alors par sa fenêtre Olly, un beau jeune homme tout de noir vêtu.

J'ai lu quasiment d'une traite ce roman que j'ai trouvé prenant et touchant. A travers les yeux de Madeline, on imagine ce que peut être la vie lorsqu'on est enfermé et c'est un sentiment très étrange. On se demande comment la jeune fille tient le coup, comment elle supporte cette "captivité".
L'écriture de ce roman n'est pas linéaire, elle est ponctuée de notes diverses de la main de Madeline et de petits dessins/schémas (réalisés par le mari de l'auteur). La narration à la première personne renforce encore davantage l'effet d'immersion dans ce récit bouleversant. 
Un huis clos étonnant.

Titre original : Everything, everything
Traduit de l'américain par Eric Chevreau
Illustré par David Yoon
Le Livre de Poche Jeunesse, 361 pages, 2015 pour l'édition originale et 2017 pour la présente édition

mercredi 22 novembre 2017

Billet 100% Agnès Ledig

9782367623009-001-T.jpegUn soir de juin, par un temps de grand vent et une pluie battante, on frappe à la porte de Valentine.
Un homme lui demande de l’aide pour sa fille malade. Les deux inconnus vont profiter de l’hospitalité offerte jusqu’à ce que la petite Anna-Nina soit rétablie. Le temps pour les adultes de faire connaissance, et pour Valentine de découvrir qu’Anna et son père vivent en roulotte sur la route depuis des années, depuis que la mère de l'enfant est morte.

J’ai découvert la plume d’Agnès Ledig avec Juste avant le bonheur, un roman qui m’avait émue. On regrettera plus tard est dans la même veine. Des âmes brisées, des gens heurtés par la vie qui essayent de recoller les morceaux. Des relations improbables et réparatrices qui se nouent. Une ode à l’espoir et à la vie qui se cache derrière une histoire douloureuse.

Beau et touchant. Une suite est sortie depuis ma lecture, hâte de la découvrir.

On regrettera plus tard
Texte intégral lu par Mathieu Buscatto et Isabelle Miller
Durée totale d'écoute : 7h02
Audiolib, 2017

515uoL1SR8L._SL300_.jpgRoméo, pompier professionnel, chute de huit étages lors d’une opération de sauvetage dans un incendie.
Juliette est infirmière au service de réanimation dans lequel le jeune homme a été transféré.
Ces deux êtres vont se sauver l’un l’autre, chacun à sa manière. Roméo va devoir reconstruire son corps en miettes, Juliette, elle, à d’autres démons à affronter.

Une fois encore, j’ai été totalement prise par l’écriture envoûtante d’Agnès Ledig. Finalement, on peut se dire que ses histoires n’ont rien de transcendant, mais c’est la sensibilité et l’humanité qu’elle y injecte qui sont étonnantes. Sa façon de traiter les personnages, de façonner des personnalités profondes et justes , c’est là sa grande force. 

Pars avec lui est superbe et bouleversant par bien des aspects. J’ai passé un après-midi enfermée avec Roméo et Juliette et j’en suis sortie dans un état second.

Pars avec lui
Texte intégral lu par Anne-Sophie Nallino
Durée totale d'écoute : 6h28
Audible, 2017

61coKcYho9L._SL300_.jpgCoupDeCoeur2016.pngOlivier, lieutenant de gendarmerie, vient d'être muté en Ariège. Lors de la première enquête qu'il va mener, il va croiser le chemin de Marie, agricultrice, qui vit seule avec sa fille Suzie dans un coin reculé. 

Ce roman est le premier d'Agnès Ledig, mais pour ma part, c'était le quatrième de l'auteur que je lisais. Marie d'en haut est un coup de coeur. Cette histoire m'a énormément touchée et j'ai trouvé les personnages formidables. Olivier, homme solitaire qui porte des blessures en lui, artiste caché, devenu gendarme par nécessité. Marie, femme forte, piquante, volontaire, active. Antoine, l'ami et voisin de Marie, doux, drôle, attentionné. Et Suzie, la fillette intelligente et espiègle, qui comprend mieux la vie que certains adultes. Agnès Ledig est parvenue à tisser autour de ces quatre êtres une histoire belle et touchante. On trouvera dans ce récit de l'amour, de l'humour, de la nostalgie, de la poésie, de la sensualité et des chagrins. Tous les ingrédients pour en faire une histoire riche et intense autour d'une trame pourtant banale en apparence.
J'ai adoré.

Marie d'en haut
Texte intégral lu par Marie Bouvier
Durée totale d'écoute : 7h33
Audible, 2016

mercredi 1 novembre 2017

La vague des albums #121

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CoupDeCoeur2016.pngJe commence cette vague d'albums par mon dernier coup de cœur. Ce fut d'autant plus surprenant pour moi qui n'aime guère le rose ! Un tout petit format, beaucoup de rose, donc, et surtout des dessins totalement craquants. J'ai adoré le style de Kitty Crowther que je ne connaissais pas. A la fois naïves et tendres, ces illustrations m'ont tapé dans l’œil. Quelques mots tout de même, sur l'histoire... Petit ours réclame pas moins de trois histoires à sa mère avant de dormir. Ce sont ces histoires qui composent l'album ; il y a celle "qui dit qu'il faut dormir", celle de "la petite fille avec son épée qui s'était perdue" et celle du "monsieur avec son grand manteau qui a perdu son sommeil". Trois histoires fantastiques qui amènent tranquillement au sommeil.
Adorable.

Petites histoires de nuits
Kitty Crowther
L'école des loisirs (Pastel), 2017

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Toujours sur le thème du sommeil, voici Graou, une petite oursonne malicieuse qui ne veut pas hiberner comme les autres ours. 
Les dessins sont très jolis, ils me font penser au style d'Eric Carle. L'histoire est classique, l'idée n'a rien d'original et a déjà été traitée maintes fois en littérature de jeunesse, mais elle fonctionne bien. A noter qu'une application Graou permet de prolonger la lecture en alliant papier et numérique.
Un joli album.

Graou n'a pas sommeil
Kaisa Happonen, Anne Vasko
Nathan, 2017

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Le titre résume bien l'idée de cet album, on voyage véritablement au pays des rêves. Tout y est possible et même l'idée la plus loufoque prend forme pour le plus grand plaisir des yeux. Les dessins d'Ana de Lima au style japonisant sont doux et acidulés, j'aime beaucoup !
Vous l'aurez compris, pas de véritable histoire, ici il s'agit simplement de suivre le fil des rêves.
Une belle invitation au voyage.

Voyage au pays des rêves
Mia Cassany, Ana de Lima
Nathan, 2017

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J'ai déjà chroniqué plusieurs albums d'André Bouchard ici et les lecteurs de ce salon savent que j'aime énormément son humour et le style décalé qu'il apporte en littérature de jeunesse. Pourtant cette fois, j'ai été moins convaincue.
Dans ce conte, ce sont les méchants qui sont les héros. Léon est un gros monsieur antipathique, sale, méchant et misanthrope, qui épouse la sorcière Gertrude. Ces deux êtres abjects vont couler des jours heureux jusqu'à ce qu'ils décident de partir en voyage de noces.
Il y a bien des scènes drôles et les dessins sont toujours aussi géniaux, mais globalement j'ai trouvé cet album moins réussi que les précédents.

Une si charmante verrue sur le nez
André Bouchard
Seuil Jeunesse, 2017

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