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mercredi 10 mai 2017

La vague des albums #111

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CoupDeCoeur2016.pngLe festin des affreux est mon premier album coup de cœur de l'année. J'ai retrouvé avec bonheur le duo Meritxell Martí / Xavier Salomó qui m'avait fait forte impression dans L'histoire perdue
Ce soir, les pires monstres du monde viennent dîner à L'asperge pourrie, célèbre restaurant aux trois étoiles noires. 
Le chef a concocté un menu spécial pour chaque personnage que le lecteur découvre en soulevant les rabats page après page. 
J'ai adoré cette lecture malicieuse, emplie de détails et de clins d’œil. Chaque illustration mérite que l'on s'y arrête quelques instants et apporte une touche d'humour supplémentaire. Evidemmen, la fin offre une jolie chute fort appréciable !
Voilà pour mon avis d'adulte. Quant à mon petit matelot de 9 ans, il a également adoré cet album et je l'ai entendu glousser à chaque page lors de sa lecture !


Le festin des affreux
Meritxell Martí , Xavier Salomó
Seuil Jeunesse, 2017

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Inspiré de sa vie et écrit par lui-même, l'histoire de l'astronaute canadien Chris Hadfield raconte la naissance de sa vocation.
Alors qu'il regardait à la télévision Armstrong faire ses premiers pas sur la lune, Chris, alors enfant, comprend qu'il veut faire ce métier.
Les illustrations sont superbes et donnent vie à des scènes entre onirisme et infini de l'espace, l'effet est tout bonnement saisissant. J'ai adoré me plonger dans ces pages, le temps d'une courte évasion au pays des étoiles.
Un sublime album pour rêver, contempler le ciel et apprivoiser la peur du noir.

Le noir de la nuit
Chris Hadfield, Kate Fillion, The fan brothers
Editions des éléphants, 2017

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Avec une trame narrative et un scénario récurrents en littérature de jeunesse, La traversée n'est pas sans rappeler le célèbre conte russe La moufle, dans une version toutefois légèrement différente. Ici, en effet, les animaux ne se réfugient pas à l'intérieur d'un objet, mais s'empilent progressivement, jusqu'à former une pyramide au fragile équilibre. Incontestablement dans cet album, c'est le visuel qui accroche le lecteur. Les illustrations réalisées en linogravure sont jolies et colorées. Le format tout en hauteur renforce l'idée de déséquilibre de la pyramide et ravit les petits lecteurs qui n'attendent qu'une chose, la chute ! 
Une histoire à la trame classique, mais efficace et vitaminée.

La traversée
Véronique Massenot, Clémence Pollet
HongFei Editions, 2017

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Le dernier né de Matthieu Maudet est un excellent cru. Situation de départ : tenter d'attraper un animal pour en faire un compagnon de jeu. Notre jeune héros développe des stratagèmes plus élaborés les uns que les autres mais aucun piège ne fonctionne et les animaux lui filent entre les jambes. Cet album, avec sa chute à la fois tendre et drôle, séduira les jeunes lecteurs mais aussi leurs parents, en particulier les amoureux des livres. Car la fin de l'histoire cache un bien doux message.

Le piège parfait
Gilles Baum, Matthieu Maudet
Seuil Jeunesse, 2017


samedi 29 avril 2017

Sauveur & fils ~ Saison 3 (Marie-Aude Murail)

9782211232395.jpgCoupDeCoeur2016.pngMes retrouvailles avec Marie-Aude Murail et sa série Sauveur & fils se sont soldées par un nouveau coup de cœur après celui que j'avais eu pour le premier tome. Le deuxième m'avait beaucoup plu, mais tout de même moins que le précédent. Celui-ci m'a happée et je n'en ai fait qu'une bouchée !

Troisième saison donc, dans laquelle nous retrouvons ce cher Sauveur, homme au grand cœur, toujours prêt à sauver la veuve et l'orphelin. Dans son cabinet de thérapeute, il continue de recevoir et d'aider des jeunes en souffrance, et parfois leurs parents avec eux. 

Le style unique de l'auteur lui permet d'aborder des sujets graves sans plomber l'atmosphère, en conservant une touche de cynisme et d'humour bienvenus. C'est drôle et touchant à la fois. Les personnages nous font hausser les sourcils ou sourire, impossible de rester insensible à la prose de Madame Murail ! Ce nouveau tome est un véritable feu d'artifice, ça pétille, ça vit, on avance entre larmes et rires jusqu'à la dernière page. Une lecture forte de laquelle se dégage un sentiment mêlé d'optimisme et de nostalgie.

Magnifique.

Ecole des loisirs (Médium), 317 pages, 2017

samedi 4 mars 2017

The book of Ivy - The revolution of Ivy (Amy Engel)

51iWgy5AGHL.jpgCoupDeCoeur2016.pngCoup de cœur pour cette dystopie en seulement deux tomes, parce que les séries courtes, c'est bien aussi ! Je l'ai découverte après tout le monde mais sans en savoir grand chose, avec juste l'intuition que j'allais aimer, et c'était vrai !! L'avantage, c'est que j'ai pu enchaîner avec le second tome à peine le premier terminé, ce qui m'a évité une trop grande frustration. J'ai pensé aux lecteurs qui avaient dû attendre la sortie de la suite, ça a dû être terrible !

Dans un monde post-apocalyptique, nous découvrons une société divisée en deux camps, celui du président et celui de ses opposants. Depuis deux générations, chaque année des mariages arrangés ont lieu entre les jeunes gens issus des deux grandes familles, la famille du Président, les Lattimer, et celle des "perdants", les Westfall, dans une tentative de ramener la paix sur ce qu'il reste de la nation. Ivy quant à elle, est une Westfall et doit prochainement épouser le fils du Président, Bishop. Depuis l'enfance, elle a été élevée dans une haine viscérale vis-à-vis de la famille présidentielle, pis, depuis qu'elle est promise à son fils on lui a confié la mission de le tuer. Ce geste, si elle parvient à le faire, permettra de renverser enfin le pouvoir.

Le premier tome débute donc avec le mariage de Ivy et Bishop. Très vite, le jeune couple s'installe dans un pavillon indépendant, pas trop loin des parents de Bishop. Ivy garde de loin en loin des contacts furtifs avec son père et sa sœur51ySeeEbG0L.jpg aînée, Callie, qui ne se soucient que d'une chose, optimiser ses chances de mener à bien la difficile mission qui lui a été confiée. Avant d'assassiner son époux, Ivy doit d'abord obtenir sa confiance et dénicher quelques informations cruciales pour la suite des événements. En attendant le moment fatal, comment s'y prendre pour vivre avec ce jeune homme qu'elle ne connaît pas ?... Elle s'imaginait avoir affaire à une brute, or Bishop semble aussi désemparé qu'elle et au lieu de lui compliquer les choses, il tente d'adoucir son quotidien.
Ivy ne s'attendait pas à ce que Bishop se comporte comme un allié...

Certes, l'idée de départ et le déroulement de l'histoire ne présentent rien qui n'ait déjà été proposé dans ce genre littéraire. Et pourtant, quel page-turner ! J'ai lu les deux tomes d'affilée et d'une traite, avide de découvrir comment tout cela allait se terminer. L'intrigue est bien ficelée, bien pensée, et réserve quelques surprises malgré tout. Mais surtout, ce qui m'a séduite ici dans cette série, c'est le rapport au bien et au mal. Les deux personnages centraux, Ivy et Bishop, se posent de réelles questions, et à travers eux, le lecteur. Quelle est la part de l'acquis et de l'inné ? Sommes-nous le produit formaté de nos parents ? Ne pouvons-nous pas penser par nous mêmes et parfois nous élever contre leurs idées ? Ivy et Bishop grandissent et mûrissent au cours du récit, et c'est cette évolution de leurs caractères qui est passionnante. Sans compter que l'auteur a construit autour d'eux un univers à la fois crédible et mystérieux qui achève de capter totalement l'attention du lecteur.

Une lecture hautement addictive qui vous plonge dans un monde dont on ne ressort pas indemne.

Tome 1 : The book of Ivy
Titre original : The book of Ivy
Traduit de l'anglais par Anaïs Goacolou
Lumen, 342 pages, 2015 pour l'édition française et 2014 pour l'édition originale

Tome 2 : The revolution of Ivy
Titre original : The revolution of Ivy
Traduit de l'anglais par Anaïs Goacolou
Lumen,322 pages, 2015 pour l'édition française et l'édition originale

samedi 25 février 2017

Petits secrets, grands mensonges (Liane Moriarty)

9782367622859-001-X.jpgCoupDeCoeur2016.pngC'est le deuxième roman que je lis de l'auteur après Le secret du mari, et le deuxième coup de cœur. Liane Moriarty est en passe de figurer parmi mes auteurs chouchous, je vous le dis !

Tout commence avec un mort dont on ne connaîtra l'identité qu'à la fin du livre. Dès les premières pages, donc, on apprend que quelqu'un est mort lors d'une soirée quizz organisée dans une école par les parents d'élèves. Au fil des pages, en remontant le temps, on découvre ce qui s'est déroulé avant cette fête à l'issue tragique, et ce qui a fait que cet événement a pu se produire. La narration, qui alterne entre les témoignages dans le cadre de l'enquête policière et le récit du quotidien de trois femmes, déroule un fil conducteur qu'il est tout bonnement impossible de lâcher jusqu'à la dernière révélation fracassante.

L'histoire commence avec l'emménagement à Sydney de Jane, jeune mère célibataire d'un petit garçon. A peine installée, elle va rencontrer Madeline, remariée et mère de trois enfants, et Céleste, beauté éblouissante et maman de jumeaux. 
Les enfants de ces trois femmes vont fréquenter la même classe de maternelle, et lorsqu'un incident survient, qui place Jane dans une mauvaise posture, ses deux nouvelles amies vont la prendre sous leur aile.

A l'instar du Secret du mari, la construction du roman est parfaitement huilée et le suspense maintenu jusqu'au bout. Les personnages sont remarquablement étudiés, d'un réalisme parfois glaçant. Entre humour et cynisme, se déroule sous nos yeux une histoire captivante prenant place dans une communauté quasi ordinaire qui va pourtant défrayer la chronique. Les ragots, le chantage, la violence, la jalousie, l'adultère, le harcèlement... autant de sombres aspects qui sont traités ici sous une apparente légèreté mais font aussi grincer des dents. On croirait lire un scénario de Desperate housewives, c'est tout simplement jubilatoire et addictif.

Concernant la version audio de ce livre, j'ai particulièrement apprécié l'interprétation que fait Danièle Douet des différents personnages. Elle parvient en changeant de voix à incarner chaque personnalité sans forcer le trait ni paraître grotesque. Une excellente lecture.

Cerise sur le gâteau, pour prolonger un peu la lecture, on pourra bientôt regarder la série télévisée HBO adaptée du roman.

Texte intégral lu par Danièle Douet
Durée totale d'écoute : 15h32
Audiolib, 2017

mercredi 15 février 2017

Les petites reines (Clémentine Beauvais)

Couv_Les-petites-reines.jpgCoupDeCoeur2016.pngDepuis trois ans, Mireille Laplanche est élue Boudin d’Or de son lycée. Or, cette année, immense déception, elle n'obtient que la troisième place, Boudin de Bronze, derrière Hakima (Boudin d'Argent) et Astrid (Boudin d'Or). 
Les trois jeunes filles se rencontrent, et, par un concours de circonstances, décident de se lancer dans un projet un peu fou, celui de se rendre au palais de l'Elysée à Paris pour le 14 juillet à vélo... et en vendant du boudin !

Premier coup de cœur de cette année, Les petites reines confirme que, décidément, j'aime la plume de Clémentine Beauvais. Après Songe à la douceur, c'est donc le deuxième roman que je lis d'elle, et mon deuxième coup de cœur. Inutile de vous dire que j'ai bien l'intention de lire ses autres romans !

C'est un roman qui part d'une situation triste et écœurante, mais qui, curieusement, se révèle lumineux. A travers le personnage haut en couleur de Mireille, l'histoire, qui, au début, fait frémir, prend un tournant inattendu et drôle. L'auteur parvient à nous faire rire tout en dénonçant et en traitant un sujet grave. L'idée de départ est originale et donne l'impression au lecteur de découvrir un roman unique du genre, qui se démarque du lot.

Les petites reines, c'est un roman atypique et bourré d'humour, à la plume virevoltante. Un tourbillon de bonne humeur pour un thème sensible et sérieux.

Sarbacane (Exprim'), 270 pages, 2015

mardi 20 décembre 2016

Phobos (Victor Dixen)

CoupDeCoeur2016.pngAvant la fin du mois, il fallait que je vous parle de ma nouvelle addiction, j'ai nommé la série Phobos !
Comme beaucoup de séries qui font parler d'elles, celle-ci me lorgnait du coin de l’œil mais j'hésitais à tenter l'aventure par peur d'être déçue. Finalement, j'ai démarré ma lecture en mode audio avec le premier tome et j'ai enchaîné illico sur le deuxième avant de repasser au format papier pour le tome intermédiaire Origines, et enfin le troisième et dernier tome de la série. Retour, donc, sur cette expérience de lecture ! 

Phobos est une série de science fiction basée sur une idée de départ assez géniale, à savoir une émission de télé-réalité dans l'espace. 

Six prétendantes.
Six prétendants.
Six minutes pour se rencontrer.
L'éternité pour s'aimer. 

La Nasa a été rachetée au gouvernement surendetté des Etats-Unis par le fonds d'investissement multinational Atlas Capital. Pour accélérer la conquête spatiale, Atlas Capital lance le programme Genesis qui allie un projet spatial (la conquête de Mars) à une émission de télé-réalité. Douze jeunes gens (six filles et six garçons) ont été sélectionnés pour un aller simple vers la planète rouge où ils devront établir la première colonie humaine. Les deux groupes voyagent séparément mais peuvent se rencontrer lors de séances de speed-dating à bord du vaisseau spatial. A l'issue du voyage, en fonction des préférences affichées par les uns et les autres, six couples seront formés. Les candidats ont entre 17 et 20 ans et sont originaires de différents pays. 

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Le premier tome est consacré au voyage vers Mars et l'action se déroule donc dans un vaisseau spatial. Le lecteur fait connaissance avec les douze prétendants et découvre la vie à bord. Et puis, bien sûr, il y a les séances de speed-dating puisque l'émission démarre quand les candidats embarquent dans le vaisseau. Dès cet instant, ils seront filmés en permanence. La narration est alternée entre ce qui se passe à bord du vaisseau et sur Terre. Dans l'espace, c'est à travers les yeux de Léonor, la prétendante française, que l'on suit l'histoire.
C'est une entrée en matière fracassante, on est d'emblée plongé au cœur du programme Genesis et bien évidemment, l'émission ne va pas se dérouler comme prévu. L'intrigue est bien ficelée et le suspense maintenu jusqu'au bout. L'écriture de Victor Dixen est parfaite, la narration alterne selon des plans qui se succèdent, comme si on était dans l'oeil de la caméra. On a parfois même l'impression de lire un scénario de film tellement c'est visuel. 

Phobos
Robert Laffont (R), 432 pages, 2015

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Le deuxième tome est consacré à l'arrivée et à l'installation sur Mars. Changement de décor, les couples sont à présent formés et vont découvrir la base où ils vivront désormais. Un élément majeur annoncé à la fin du premier tome a modifié l'état d'esprit des pionniers de Mars qui sont en danger. Toujours autant de suspense et une intrigue qui se complique au fil du temps. Une bonne partie du récit est aussi consacrée à deux personnages sur Terre qui sont en lien indirect avec les prétendants. L'écriture est toujours aussi vivante et maîtrisée, ce nouvel opus s'engloutit comme le premier.

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Robert Laffont (R), 489 pages, 2015

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Phobos Origines, comme son nom l'indique, est consacré aux origines de l'histoire et s'intéresse à la vie des six prétendants avant le programme Genesis. Qui sont-ils et pourquoi ont-ils candidaté pour l'émission ? Il est possible de lire ce tome avant de démarrer la série, mais je trouve plus intéressant de le lire après le premier tome, c'est-à-dire une fois que l'on a fait connaissance avec l'ensemble des personnages. Ainsi, on conserve l'effet de surprise. L'ouvrage est divisé en six parties, une pour chaque prétendant, et dans chacune d'entre elles, on retrouve une scène commune qui rassemble les personnages. C'est un tome qui n'est certes pas indispensable mais qui apporte un éclairage nouveau sur les six garçons et permet de mieux comprendre certains éléments de l'histoire. 

Phobos Origines
Robert Laffont (R), 299 pages, 2016

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Que dire enfin, de ce troisième tome, sans vous spoiler ? Sans doute celui que j'ai préféré, le plus abouti, le plus sombre, le plus intense. On est bien loin de l'image idyllique de ces douze jeunes gens censés faire rêver le spectateur (et le lecteur !). Si l'on remonte au tout début de l'histoire, au moment de leur embarquement pour Mars, on réalise tout le chemin qui a été parcouru. Les personnages ont évolué au fil du temps, pas toujours comme on s'y attendait, et leurs préoccupations aussi. J'ai eu peur lorsque j'ai abordé la dernière partie, je me suis demandé comment l'auteur allait parvenir à boucler le récit et à répondre à toutes les questions d'ici la fin du livre. Et pourtant, Victor Dixen a réussi à nous offrir un final à la hauteur de la série, jusqu'au bout il maîtrise l'intrigue et la narration, chaque phrase est posée, les mots sonnent juste. 

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Robert Laffont (R), 619 pages, 2016

Phobos est une série géniale qui peut concurrencer les séries à succès américaines sans aucun complexe !

mercredi 7 décembre 2016

Songe à la douceur (Clémentine Beauvais)

71Qq4c92TOL.jpgCoupDeCoeur2016.pngRetour à la douceur avec cet OVNI littéraire, j'ai nommé Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais. On a beaucoup parlé de ce livre sur le net ces derniers temps, et pourtant lorsque je l'ai ouvert, je n'en savais pas grand-chose. 
A vous aussi, chers lecteurs, je voudrais offrir le luxe de découvrir ce texte sans trop en savoir. Sachez simplement que l'auteur s'est inspiré, pour l'écrire, du roman en vers d'Alexandre Pouchkine, Eugène Onéguine. Si vous ne connaissez pas ce dernier (ce qui était mon cas), cela n'a pas d'importance et ne vous empêchera pas d'apprécier Songe à la douceur. Il vous suffira de retenir qu'il est écrit, lui aussi, sous la forme d'un poème. Si je vous précise ceci, c'est parce que j'ai lu à plusieurs reprises qu'il s'agissait d'une histoire d'amour, ce que je trouve très réducteur. Si vous ouvrez ce livre en espérant une romance, vous serez déçus, car en réalité, ce roman va bien au-delà de la simple histoire d'amour. Il vous fera vivre une expérience de lecture différente, unique. 
Le commencer, c'est prendre le risque de se faire happer dès les premiers mots et de ne plus pouvoir s'en détacher.
Il m'est difficile d'exprimer ce que j'ai ressenti... la plume de Clémentine Beauvais est tout simplement magique, envoûtante. Les phrases s'enchaînent et nous emportent dans leur tourbillon. Impossible de leur échapper. 
Sublime.

Sarbacane (Exprim'), 237 pages, 2016

mardi 21 juin 2016

Profession du père (Sorj Chalandon)

91ge3fAymVL.jpgCoupDeCoeur2016.pngTroisième titre que je lis de l'auteur, et deuxième grand coup de cœur. Si j'insiste avec l'adjectif "grand", c'est parce que, à l'image du Quatrième mur, ce texte est un de ces coups de cœur qui perdurent à travers le temps et laissent une empreinte derrière eux.
Publié comme roman, cet ouvrage est en réalité une autobiographie de l'auteur, à peine romancée. Pour avoir eu la chance de rencontrer Sorj Chalandon peu de temps après ma lecture, j'ai ainsi appris qu'à deux ou trois détails près, l'intégralité du texte est vraie. Cela en rend la lecture encore plus bouleversante.
Profession du père, c'est le récit de ce père mythomane et fou auprès duquel l'auteur a grandi. Un père violent, à la fois physiquement et psychologiquement, un personnage qui s'inventait des vies, des professions toujours plus extraordinaires (d'où le titre), un homme qui a marqué l'enfance et l'adolescence de Sorj Chalandon, surtout dans le pire.
Longtemps, l'enfant qu'il était a cru les délires de ce père malade, avant d'enfin comprendre que sa vie, leur vie de famille, reposait sur un tissu de mensonges. Ce n'est que très tard, après la mort de son père, que Sorj Chalandon a enfin pu coucher sur le papier ce qu'il avait vécu, ce qui l'a tant tourmenté. 
Dès les premières lignes, le lecteur identifie et reconnaît le style unique de l'auteur, cette plume si précise où chaque mot est pesé, ces phrases courtes qui claquent.
Un témoignage bouleversant, un récit de vie qui ne peut laisser insensible même si parfois certaines scènes font sourire. Car, loin de s’appesantir sur son sort, Chalandon aborde le sujet à travers le regard naïf de l'enfant qu'il était alors, en lui conférant un aspect drôle et décalé.
Un tout petit peu moins fort émotionnellement que Le quatrième mur, mais tout de même une grosse claque. Magistral.

Alors j'ai décidé de faire le voyage. J'y suis allé comme ça, trois mois plus tard, sans prévenir. J'ai pris le train en sens inverse, une boule d'enfance dans le ventre. Et je me suis assis sur le banc, en face de leur immeuble.

Le billet de Mara, grâce à laquelle j'ai pu découvrir ce merveilleux roman. 

Grasset, 315 pages, 2015

lundi 13 juin 2016

Dis-moi si tu souris (Eric Lindstrom)

0ba0781f-fb85-4a90-a518-89fbe321e9d0.jpgCoupDeCoeur2016.pngParker, seize ans, est aveugle depuis un triste accident de voiture qui lui a également enlevé sa mère. Aveugle, mais pas idiote, comme elle se plaît à le dire. Pour vivre avec ce handicap, elle a établi quelques règles que son entourage ne doit pas transgresser. La plus importante de toutes : "Il n'y a AUCUNE seconde chance. La trahison est impardonnable." C'est ce que son ex petit-ami, Scott, a appris à ses dépens... 

Ouvert par curiosité et lu d'une traite, ce roman m'a fait grand effet. La plongée dans cet univers particulier m'a envoûtée et je n'ai plus lâché mon livre avant la fin. A travers la perception de Parker, on découvre un monde différent et captivant. Cette héroïne forte et bouleversante à la fois m'a fascinée, j'ai suivi son histoire avec une empathie mêlée d'admiration. La magie de Dis-moi si tu souris, c'est que l'auteur parvient à nous faire nous glisser dans la peau de Parker. 
A l'originalité du thème, s'ajoute une belle histoire d'amour/amitié émouvante et juste.

Un magnifique livre pour un récit simple mais beau et touchant.

Titre original : Not if I see you first
Traduit de l'anglais par Anne Delcourt
Nathan, 392 pages, 2015 pour l'édition originale, 2016 pour l'édition française

jeudi 5 mai 2016

Le Comte de Monte-Cristo (Alexandre Dumas)

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CoupDeCoeur2016.pngSans prétention aucune, j'avais envie de vous parler de cette rencontre magique avec un monument de la littérature, j'ai nommé Le Comte de Monte-Cristo. Sur les conseils avisés de Clarabel, je me suis lancée dans la lecture audio de cette oeuvre et je n'ai pas regretté ce choix un seul instant. Il faut dire que si c'est un classique déjà vieux de presque deux siècles, son écriture est résolument moderne.
J'ai testé pour l'occasion les livres audio de l'éditeur Sixtrid et je suis pleinement satisfaite de l'enregistrement réalisé pour le Comte de Monte-Cristo. Le lecteur, Eric Herson Macarel, n'est autre que la voix française de Daniel Craig, pour vous donner une idée... J'avais déjà écouté des romans dont il était le lecteur chez Audiolib, notamment ceux de la série de Camilla Läckberg, donc je connaissais son style et je savais que je ne serais pas déçue.
En effet, je ne l'ai pas été, et j'ai même particulièrement apprécié cette lecture sublimée (si cela était possible !) par le ton et le timbre de voix du lecteur.

Concernant l'oeuvre elle-même, car c'est quand-même ce dont je voulais vous parler en priorité, il va m'être difficile de lui rendre pleinement justice. Mes propres mots seront bien faibles et pauvres pour vous décrire l'état d'émerveillement dans lequel j'ai été plongée durant cette lecture. Je connaissais la trame de l'histoire comme beaucoup, sans en connaître les détails ni la fin, et j'ai découvert un texte incroyable.
L'écriture est un pur délice, littéraire mais accessible.
L'intrigue est géniale.
Les personnages sont incroyablement travaillés, le héros extraordinaire.
C'est un roman long et dense mais magnifique et prenant, un de ces ouvrages que j'emporterais sur une île déserte.

Un chef d'oeuvre, pas moins.

Le superbe billet de Cécile

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Texte intégral
Lu par Eric Herson Macarel
Décembre 2015, Sixtrid
Livre 1 : 25h05, Livre 2 : 24h40

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