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samedi 17 février 2018

Fangirl (Rainbow Rowell)

003739817.jpgCoupDeCoeur2016.pngDe Rainbow Rowell, j'avais déjà lu et eu un coup de cœur pour Eleanor & Park. Deuxième roman de l'auteur que je découvrais, donc, et deuxième coup de cœur ! Si cela n'est pas prometteur !...

Dans Fangirl, il y a une histoire d'amour et de rencontre entre deux personnages étonnants, mais c'est bien le seul point commun avec Eleanor & Park.
Dans ce roman, le thème principal (mais le roman ne se réduit pas à cela) est la fanfiction, et n'étant pas fan du genre moi-même, je me demandais si j'allais apprécier ce livre. Mes doutes se sont rapidement évanouis et j'ai compris dès les premières pages que j'allais adorer cette histoire, mieux, que ça deviendrait un coup de cœur.

Présentation de l'éditeur :

Cath et Wren sont des jumelles inséparables. Fans de Simon Snow, elles passent leur temps sur les forums consacrés à l’auteur. Mais la passion de Cath a tellement pris le pas sur sa vie que Wren lui annonce l’impensable : cette année, à la fac, elles feront chambre à part. L’une est prête à renoncer à ses rêves pour profiter dignement des joies de la vie estudiantine. L’autre est soudain projetée dans un univers hostile dans lequel tout le monde – ses profs, sa famille et sa colocataire – méprise la fanfiction. C’est alors qu’elle tombe sous le charme d’un obsédé de la littérature…

Ce roman, c'est donc à la fois un hommage à la fanfiction, un récit initiatique, une histoire d'amour hors normes, des personnages géniaux et énormément d'émotion.
Le récit de la vie de Cath à l'université est entrecoupé par des passages de fanfiction qu'elle écrit sur Simon Snow, et des passages de l'oeuvre originale dont elle s'inspire. On passe de l'un à l'autre sans transition et l'on découvre donc en parallèle les deux univers. D'un côté, Cath, jeune fille renfermée, angoissée, qui vit mal la séparation d'avec sa soeur et se réfugie dans l'écriture. De l'autre, les tribulations du jeune mage Simon Snow dans son école de magie aux côtés de son camarade de chambrée, Baz.
Les deux sont passionnants. J'ai aimé le personnage de Cath qui peine à entrer dans l'âge adulte, un peu paumée sans sa jumelle, en souffrance seule à l'université loin de chez elle. J'ai adoré découvrir l'univers de Simon Snow et celui de la fanfiction. J'ai trouvé l'écriture subtile, tout en suggestion. Les personnages - même secondaires - extrêmement bien campés et passionnants. Et j'ai totalement fondu avec l'histoire d'amour ! C'est un roman poignant, déroutant, addictif, qui vous plonge dans un autre monde dont on a du mal à s'extraire.

Titre original : Fangirl
Traduit de l'anglais par Cédric Degottex
Castelmore (version ebook), 429 pages, 2014 pour l'édition française, 2013 pour l'édition originale

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mercredi 17 janvier 2018

La vague des albums #125

Nouvelle vague avec deux albums pour adultes dont un coup de cœur !

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CoupDeCoeur2016.pngCoup de cœur pour ce magnifique ouvrage que l'on pourrait qualifier d'imagier-nuancier. Un petit format mais un gros volume pour présenter une palette de 133 couleurs dans des dégradés superbes. Une double-page par ton, avec, tout au long du livre, la même organisation : page de droite, un fond uni de la couleur mise en avant, page de gauche, une illustration et un court texte explicatif. Pour chaque couleur, on apprend des anecdotes étonnantes à travers une approche plus ou moins historique.
C'est un album absolument somptueux, les dessins sont très beaux (j'adore le style graphique), les textes intéressants, et l'idée de ce nuancier géniale. Un must à posséder dans sa bibliothèque et à lire par petites tranches pour découvrir le monde des couleurs sous un angle passionnant. Une pépite. (Un album à réserver plutôt aux grands enfants et aux adultes.)

Colorama, Imagier des nuances de couleurs
Crushiform
Gallimard Jeunesse, 2017

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Autre album destiné aux adultes, celui-ci ravira les fans de Jane Austen. L'ouvrage est divisé en différentes parties qui correspondent à des salles du musée imaginaire, chacune portant sur l'un des romans de Jane Austen. Les six titres principaux de son oeuvre sont représentés : Orgueil et préjugés, Persuasion, L'abbaye de Northanger, Raison et sentiments, Emma et Mansfield Park. On trouvera aussi dans ce livre quelques informations relatives à Jane Austen (son oeuvre, sa vie, des anecdotes) et aux auteurs du livre.
Fabrice Colin rend hommage à cette grande dame en nous replongeant dans ses romans et en y ajoutant sa touche personnelle. En quelques mots il nous fait voyager dans le monde de Jane, partageant avec nous son amour pour ses textes. Un brin nostalgique, sa vision de l'oeuvre de la célèbre romancière est empreinte de respect et de poésie.
A l'illustration, on retrouve le pinceau de la flamboyante Nathalie Novi et chaque page est un plaisir pour les yeux. Dire que ses dessins sont magnifiques serait un euphémisme, cet album est un vrai bijou de beauté et de sensibilité.
Un splendide hommage à Jane Austen.

Le musée imaginaire de Jane Austen
Nathalie Novi, Fabrice Colin
Albin Michel Jeunesse, 2017

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Les lecteurs de ce salon auront remarqué que j'aime énormément le travail de Dedieu et que ses livres sont toujours pour moi  le synonyme d'un grand plaisir de lecture. Or, pour une fois, la déception était au rendez-vous et je dois reconnaître que je n'ai pas été emballée par cette histoire.
Visuellement tout d'abord, j'ai trouvé que ce n'était pas beau, en particulier concernant le choix des couleurs. Chaque double-page possède un fond de couleur différent, dont l'association avec les couleurs du dessin n'est pas des plus heureuses. Je suppose que c'est un parti pris de l'auteur, mais pour ma part, je n'ai pas adhéré à ce choix.
Ensuite, pour ce qui est de l'histoire, j'ai trouvé  que celle-ci manquait de subtilité et que la narration était  pauvre. Dedieu nous a habitués à des récits subtils, tout en nuances, et a montré à de multiples reprises qu'il n'était pas seulement un illustrateur de grand talent, mais aussi un excellent conteur et scénariste. Or, cette fois-ci, j'ai trouvé que cela manquait singulièrement de profondeur.
Première déception avec cet auteur, j'en suis bien  attristée.

Le Roy qui voyageait avec son royaume
Dedieu
Seuil Jeunesse, 2017

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Un format à l'italienne qui convient parfaitement à cette histoire dans laquelle le visuel compte beaucoup. A chaque page, il faut observer  et repérer les nombreux détails pour en comprendre  la trame. Ainsi, cet album m'a rappelé  La fête d'anniversaire ou encore La course au gâteau de Thé  Tjong-Khing. Ici, il y a tout de même un peu de texte, mais il est minimaliste car ce sont les dessins qui racontent. 
Une version moderne  et fantaisiste du Petit chaperon rouge fort plaisante à lire.

L'autobus
Marianne Dubuc
De La Martinière Jeunesse, 2017

mercredi 27 décembre 2017

Forbidden (Tabitha Suzuma)

004631742.jpgCoupDeCoeur2016.pngJ'ai enfin lu ce livre dont tout le monde parle. 

Pour présenter le sujet, les mots de l'éditeur :

Maya et Lochan ne sont pas des adolescents comme les autres. Élevés par une mère alcoolique et instable, ils sont livrés à eux-mêmes et n'ont d'autre choix que d'élever seuls le reste de la fratrie. Forcés de devenir adultes plus tôt que prévu, ils se soutiennent dans l'adversité et finissent par tomber amoureux. Lochan se sent seul au monde, et Maya est la seule à pouvoir le comprendre. Conscient de la monstruosité de cet amour, Lochan est prêt à tout pour bâillonner le désir et les sentiments que sa sœur lui inspire. Mais comment résister alors que Maya a besoin de lui autant qu'il a besoin d'elle ? Est-ce un crime de s'aimer si fort ?

A l'instar de bon nombre de lecteurs, j'ai pris une immense claque avec ce roman qui m'a fait vivre bien des émotions et m'a laissée  totalement sonnée.
Âmes sensibles, s'abstenir. Si vous voulez un feel-good book, passez votre chemin et revenez vers Forbidden lorsque vous serez dans une phase joie de vivre et paillettes. Mais revenez-y, car il ne faut pas passer à côté.
Vous l'avez lu dans la présentation ci-dessus, le thème de ce roman - l'inceste entre un frère et une sœur - n'est pas facile à traiter. Je m'attendais à être heurtée, voire choquée, or il n'en a rien été. Tabitha Suzuma prend le parti dans ce roman de choisir deux personnages abîmés par la vie. C'est un choix, et il s'avère que compte tenu du contexte du roman qui est glauque au possible, l'aspect incestueux "passe mieux". Je ne sais pas si je m'explique clairement. Ce que je veux dire, c'est qu'une relation incestueuse avec les mêmes personnages mais dans autre cadre de vie, m'aurait peut-être gênée. C'est le reproche que l'on peut faire à l'auteur, d'avoir délibérément choisi de placer ses personnages dans un milieu difficile, comme pour mieux faire passer la pilule de l'inceste au lecteur.
Ceci étant dit, je dois avouer que même si je me suis interrogée là-dessus, j'ai eu un immense coup de cœur pour ce livre étonnant et déroutant. Il y a une sensibilité exacerbée chez Tabitha Suzuma et son histoire oscille en permanence entre beauté et cruauté. On est malmené de la première à la dernière page, le roman se dévore en apnée et laisse une impression de vide et de douleur absolue. Quand je disais que ce n'est pas une lecture facile, je pèse mes mots, parce que franchement, on ne ressort pas indemne de ce livre.
Les personnages de Lochan et Maya sont magnifiques et suscitent d'emblée l'empathie. On voudrait les aider, les sortir de cette galère. L'insouciance de la jeunesse leur est interdite, ils ont des responsabilités bien trop lourdes pour leurs frêles épaules. Cette situation familiale terriblement injuste est pesante, chaque nouvelle scène qui révèle encore un peu plus la défaillance de cette mère alcoolique met les nerfs en pelote. On voudrait hurler, crier notre horreur et prendre ces enfants par la main pour leur trouver un foyer décent et aimant. Les voir s'enfoncer un peu plus chaque jour est très éprouvant.
Une lecture coup de poing, nécessaire et superbe.

Titre original  : Forbidden
Traduit de l'anglais par Florence Moreau
Milady (New Adult), 315 pages (version ebook), 2010 pour l'édition originale et 2017 pour la présente traduction

mercredi 6 décembre 2017

Journal d'un vampire en pyjama (Mathias Malzieu)

9782367624365-001-T.jpegCoupDeCoeur2016.pngJe viens d'achever l'écoute de ce livre merveilleux, et il fallait que j'en parle de suite. De Mathias Malzieu, je n'avais jusqu'à présent lu qu'un seul roman, La mécanique du cœur, que j'avais trouvé superbe. 
Journal d'un vampire amoureux n'est pas une fiction, il s'agit d'un journal d'hospitalisation. En 2013, Mathias Malzieu apprend qu'il est atteint d'une aplasie médullaire (en gros, c'est un dysfonctionnement de la moelle osseuse) et doit subir une greffe de moelle osseuse.
Il va devoir effectuer plusieurs séjours à l'hôpital, dont deux de plusieurs semaines en chambre stérile. Pour tenir le coup, il plonge dans la création artistique et quelques années plus tard, ce journal ainsi qu'un album éponyme réalisé avec son groupe - Dionysos - verront le jour.
J'insiste sur le thème de création, car Journal d'un vampire amoureux n'est pas qu'une simple autobiographie d'une période douloureuse dans la vie de l'artiste. Ce dernier mêle en effet à la réalité son imagination débordante, ce qui donne lieu a un texte poétique d'une grande beauté. On retrouve ainsi l'univers de Mathias Malzieu qui ne se contente pas de décrire ce qu'il vit mais y adjoint ses remarques, ses envies et même ses rêves. Le style est très particulier, c'est un peu comme lire un conte de fées moderne. La fantaisie et la poésie transpirent de ce journal et lui confèrent un esprit d'optimisme étonnant. 
Les émotions sont fortes, parfois le cœur se serre, d'autres fois le sourire revient. Le dernier chapitre arrive et l'on a le sentiment d'avoir partagé un moment étrangement intime avec l'auteur, de mieux le connaître et l'apprécier, comme un ami qu'on découvrirait.
Un gros coup de cœur.

Dans cette superbe version audio (texte lu par l'auteur lui-même), Journal d'un vampire amoureux est suivi d'un autre texte, Carnet de Board, récit d'un voyage en Islande à skate. Ce carnet de bord est en quelque sorte la cerise sur le gâteau, puisque c'est le (court) récit de la réalisation d'un rêve de l'auteur après sa guérison. 

Texte intégral lu par l'auteur
Durée totale d'écoute : 4h58
Audiolib, 2017

samedi 25 novembre 2017

Everything, everything (Nicola Yoon)

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CoupDeCoeur2016.pngComme bon nombre de lecteurs, il ne m'a pas échappé que ce roman faisait le buzz. Ce que je savais de l'histoire m'avait donné envie de le lire, et puis, comme toujours, le temps a passé... Il m'aura finalement fallu attendre sa sortie en poche pour m'y plonger.

Madeline souffre d'une maladie aussi rare que grave, le DICS pour Déficit Immunitaire Combiné Sévère, plus communément appelé "maladie de l'enfant-bulle". Pour faire simple, son système immunitaire est tellement faible, qu'elle ne peut vivre normalement et passe son existence recluse chez elle depuis toute petite. La journée, une infirmière à domicile veille sur elle, le soir sa mère prend le relais lorsqu'elle rentre du travail. La maison est équipée de façon à protéger au maximum Madeline des germes extérieurs (traitement de l'air, sas à l'entrée...) et cette dernière n'en sort jamais. En presque 18 années, elle n'a pas mis une fois le pied dehors. Elle suit des cours par correspondance, lit beaucoup et fait de temps en temps des soirées-pyjama avec sa mère.
Un beau jour, une nouvelle famille emménage dans le voisinage. Madeline découvre alors par sa fenêtre Olly, un beau jeune homme tout de noir vêtu.

J'ai lu quasiment d'une traite ce roman que j'ai trouvé prenant et touchant. A travers les yeux de Madeline, on imagine ce que peut être la vie lorsqu'on est enfermé et c'est un sentiment très étrange. On se demande comment la jeune fille tient le coup, comment elle supporte cette "captivité".
L'écriture de ce roman n'est pas linéaire, elle est ponctuée de notes diverses de la main de Madeline et de petits dessins/schémas (réalisés par le mari de l'auteur). La narration à la première personne renforce encore davantage l'effet d'immersion dans ce récit bouleversant. 
Un huis clos étonnant.

Titre original : Everything, everything
Traduit de l'américain par Eric Chevreau
Illustré par David Yoon
Le Livre de Poche Jeunesse, 361 pages, 2015 pour l'édition originale et 2017 pour la présente édition

mercredi 22 novembre 2017

Billet 100% Agnès Ledig

9782367623009-001-T.jpegUn soir de juin, par un temps de grand vent et une pluie battante, on frappe à la porte de Valentine.
Un homme lui demande de l’aide pour sa fille malade. Les deux inconnus vont profiter de l’hospitalité offerte jusqu’à ce que la petite Anna-Nina soit rétablie. Le temps pour les adultes de faire connaissance, et pour Valentine de découvrir qu’Anna et son père vivent en roulotte sur la route depuis des années, depuis que la mère de l'enfant est morte.

J’ai découvert la plume d’Agnès Ledig avec Juste avant le bonheur, un roman qui m’avait émue. On regrettera plus tard est dans la même veine. Des âmes brisées, des gens heurtés par la vie qui essayent de recoller les morceaux. Des relations improbables et réparatrices qui se nouent. Une ode à l’espoir et à la vie qui se cache derrière une histoire douloureuse.

Beau et touchant. Une suite est sortie depuis ma lecture, hâte de la découvrir.

On regrettera plus tard
Texte intégral lu par Mathieu Buscatto et Isabelle Miller
Durée totale d'écoute : 7h02
Audiolib, 2017

515uoL1SR8L._SL300_.jpgRoméo, pompier professionnel, chute de huit étages lors d’une opération de sauvetage dans un incendie.
Juliette est infirmière au service de réanimation dans lequel le jeune homme a été transféré.
Ces deux êtres vont se sauver l’un l’autre, chacun à sa manière. Roméo va devoir reconstruire son corps en miettes, Juliette, elle, à d’autres démons à affronter.

Une fois encore, j’ai été totalement prise par l’écriture envoûtante d’Agnès Ledig. Finalement, on peut se dire que ses histoires n’ont rien de transcendant, mais c’est la sensibilité et l’humanité qu’elle y injecte qui sont étonnantes. Sa façon de traiter les personnages, de façonner des personnalités profondes et justes , c’est là sa grande force. 

Pars avec lui est superbe et bouleversant par bien des aspects. J’ai passé un après-midi enfermée avec Roméo et Juliette et j’en suis sortie dans un état second.

Pars avec lui
Texte intégral lu par Anne-Sophie Nallino
Durée totale d'écoute : 6h28
Audible, 2017

61coKcYho9L._SL300_.jpgCoupDeCoeur2016.pngOlivier, lieutenant de gendarmerie, vient d'être muté en Ariège. Lors de la première enquête qu'il va mener, il va croiser le chemin de Marie, agricultrice, qui vit seule avec sa fille Suzie dans un coin reculé. 

Ce roman est le premier d'Agnès Ledig, mais pour ma part, c'était le quatrième de l'auteur que je lisais. Marie d'en haut est un coup de coeur. Cette histoire m'a énormément touchée et j'ai trouvé les personnages formidables. Olivier, homme solitaire qui porte des blessures en lui, artiste caché, devenu gendarme par nécessité. Marie, femme forte, piquante, volontaire, active. Antoine, l'ami et voisin de Marie, doux, drôle, attentionné. Et Suzie, la fillette intelligente et espiègle, qui comprend mieux la vie que certains adultes. Agnès Ledig est parvenue à tisser autour de ces quatre êtres une histoire belle et touchante. On trouvera dans ce récit de l'amour, de l'humour, de la nostalgie, de la poésie, de la sensualité et des chagrins. Tous les ingrédients pour en faire une histoire riche et intense autour d'une trame pourtant banale en apparence.
J'ai adoré.

Marie d'en haut
Texte intégral lu par Marie Bouvier
Durée totale d'écoute : 7h33
Audible, 2016

mercredi 1 novembre 2017

La vague des albums #121

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CoupDeCoeur2016.pngJe commence cette vague d'albums par mon dernier coup de cœur. Ce fut d'autant plus surprenant pour moi qui n'aime guère le rose ! Un tout petit format, beaucoup de rose, donc, et surtout des dessins totalement craquants. J'ai adoré le style de Kitty Crowther que je ne connaissais pas. A la fois naïves et tendres, ces illustrations m'ont tapé dans l’œil. Quelques mots tout de même, sur l'histoire... Petit ours réclame pas moins de trois histoires à sa mère avant de dormir. Ce sont ces histoires qui composent l'album ; il y a celle "qui dit qu'il faut dormir", celle de "la petite fille avec son épée qui s'était perdue" et celle du "monsieur avec son grand manteau qui a perdu son sommeil". Trois histoires fantastiques qui amènent tranquillement au sommeil.
Adorable.

Petites histoires de nuits
Kitty Crowther
L'école des loisirs (Pastel), 2017

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Toujours sur le thème du sommeil, voici Graou, une petite oursonne malicieuse qui ne veut pas hiberner comme les autres ours. 
Les dessins sont très jolis, ils me font penser au style d'Eric Carle. L'histoire est classique, l'idée n'a rien d'original et a déjà été traitée maintes fois en littérature de jeunesse, mais elle fonctionne bien. A noter qu'une application Graou permet de prolonger la lecture en alliant papier et numérique.
Un joli album.

Graou n'a pas sommeil
Kaisa Happonen, Anne Vasko
Nathan, 2017

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Le titre résume bien l'idée de cet album, on voyage véritablement au pays des rêves. Tout y est possible et même l'idée la plus loufoque prend forme pour le plus grand plaisir des yeux. Les dessins d'Ana de Lima au style japonisant sont doux et acidulés, j'aime beaucoup !
Vous l'aurez compris, pas de véritable histoire, ici il s'agit simplement de suivre le fil des rêves.
Une belle invitation au voyage.

Voyage au pays des rêves
Mia Cassany, Ana de Lima
Nathan, 2017

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J'ai déjà chroniqué plusieurs albums d'André Bouchard ici et les lecteurs de ce salon savent que j'aime énormément son humour et le style décalé qu'il apporte en littérature de jeunesse. Pourtant cette fois, j'ai été moins convaincue.
Dans ce conte, ce sont les méchants qui sont les héros. Léon est un gros monsieur antipathique, sale, méchant et misanthrope, qui épouse la sorcière Gertrude. Ces deux êtres abjects vont couler des jours heureux jusqu'à ce qu'ils décident de partir en voyage de noces.
Il y a bien des scènes drôles et les dessins sont toujours aussi géniaux, mais globalement j'ai trouvé cet album moins réussi que les précédents.

Une si charmante verrue sur le nez
André Bouchard
Seuil Jeunesse, 2017

samedi 21 octobre 2017

Piège nuptial / L'homme qui voulait vivre sa vie (Douglas Kennedy)

CoupDeCoeur2016.pngAu détour d'une discussion avec mon neveu sur nos lectures, il m'a chaudement recommandé Piège Nuptial de Douglas Kennedy, un auteur que je n'avais encore jamais lu. Quelques temps après j'ai donc décidé de découvrir ce roman et ce fut un coup de cœur. Puis j'ai eu envie de lire un autre roman de Douglas Kennedy et j'ai jeté mon dévolu sur L'homme qui voulait vivre sa vie, conseillé également, cette fois par une amie. Re-coup de cœur !

* * *

9782356410498-T.jpgPiège nuptial

Initialement paru sous le titre Cul de sac, ce roman a bénéficié d'une nouvelle traduction et été réédité sous le nouveau titre Piège nuptial. C'est cette nouvelle traduction que j'ai "lue".

Nick, un journaliste américain un peu désabusé par la vie a récemment plaqué son job et décidé de partir en Australie pour découvrir ce pays qui le fascine. Il atterrit d'abord à Darwin, une ville qui lui déplaît, avant de mettre une nouvelle fois les voiles. Cette fois, après avoir acheté d'occase un combi Volkswagen, il prend la route du bush. Malheureusement, une nuit il percute un kangourou, et cet événement va marquer un point de non retour dans cet étrange voyage.

Avant toute chose, si vous avez l'intention de plonger dans ce roman, je vous déconseille fortement de lire la présentation de l'éditeur qui en dévoile beaucoup trop sur l'intrigue. Pour ma part je ne l'avais pas lue et c'est tant mieux, ainsi ma surprise a été totale.
Ce roman, que l'on pourrait qualifier de "noir" m'a tenue en haleine du début à la fin. Ce que vit Nick au cours de ce voyage est tout bonnement hallucinant et l'auteur parvient à nous faire ressentir les choses à sa place, comme si on y était. L'atmosphère est oppressante, la tension palpable, la situation s'enlise et Nick se retrouve dans une impasse, bref, le récit est proprement stupéfiant. Avis aux amateurs de voyages et de contrées étrangères, si vous choisissez de lire ce livre pour son contexte - l'Australie -, vous risquez d'être déçus ! Après cette lecture, je peux vous garantir que vous aurez une sainte horreur des kangourous ! Redoutablement efficace.

Texte intégral lu par Tony Joudrier
Traduit par Bernard Cohen
Durée totale d'écoute : 6h00
Audiolib, 2009

9782714442017FS.gifL'homme qui voulait vivre sa vie

Dans un tout autre style, mais non moins efficace, L'homme qui voulait vivre sa vie raconte l'histoire d'un golden boy dont la vie va peu à peu tourner au cauchemar. Ben Bradford a réussi professionnellement (avocat dans l'un des plus grands cabinets de Wall Street) et sentimentalement (marié et heureux père de deux magnifiques garçons). Sa vie trop parfaite ne le comble pourtant pas. Sa véritable ambition était de devenir photographe, alors à défaut d'exercer ce métier, il collectionne les appareils hors de prix qu'il peut s'offrir grâce à son gros salaire. Question couple, ce n'est pas non plus la joie, depuis quelques temps sa femme s'éloigne de lui, pire, il la soupçonne d'avoir un amant.

Là aussi, l'histoire est vertigineuse. Passé le premier tiers du roman, peut-être un peu long mais sans doute nécessaire pour planter le décor, le récit prend un virage à 180 degrés et la suite est juste hypnotique. On ressent de l'empathie et l'on tremble pour Ben qui a pourtant fait une belle connerie. On croirait un scénario de film, chaque scène est admirablement ficelée et les rebondissements multiples. J'ai adoré !

Titre original : The big picture
Traduit de l'américain par Bernard Cohen
Belfond, 353 pages, 1997 pour l'édition originale et 1998 pour la traduction française

mercredi 21 juin 2017

Follow me #1 - Seconde Chance (Fleur Hana)

9782755630558ORI-509x800.jpgCoupDeCoeur2016.pngA 17 ans, Lise et Ange étaient amoureux, ils étaient tout l'un pour l'autre. A 18 ans Lise est partie pour voir si l'herbe était plus verte ailleurs, mais elle n'a pas cessé de l'aimer. Lui, ne l'a jamais oublié même s'il a refait sa vie entre temps.
Des années plus tard, ils se retrouvent par hasard.

Coup de cœur pour ce premier tome de la série Follow me. J'ai aimé d'emblée l'écriture de Fleur Hana, directe, fluide et moderne. C'est une romance contemporaine qui change de ce que j'ai pu lire dans le genre. L'histoire est plausible, on n'est pas dans un conte de fées, et pourtant c'est beau et touchant. J'ai en particulier adoré Ange et sa vulnérabilité, son côté "anti-clichés". Ce n'est pas l'archétype du mâle dominateur, loin de là. Ici, c'est Lise qui mène la danse, en quelque sorte. J'ai également aimé le contexte, le milieu dans lequel évoluent les personnages, ce groupe d'infirmiers, leur quotidien, leur colocation. 

Un roman doudou pas prise de tête, une belle histoire qui donne des papillons dans le ventre et fait du bien.


Hugo Roman (New Romance), 334 pages, 2017


mercredi 10 mai 2017

La vague des albums #111

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CoupDeCoeur2016.pngLe festin des affreux est mon premier album coup de cœur de l'année. J'ai retrouvé avec bonheur le duo Meritxell Martí / Xavier Salomó qui m'avait fait forte impression dans L'histoire perdue
Ce soir, les pires monstres du monde viennent dîner à L'asperge pourrie, célèbre restaurant aux trois étoiles noires. 
Le chef a concocté un menu spécial pour chaque personnage que le lecteur découvre en soulevant les rabats page après page. 
J'ai adoré cette lecture malicieuse, emplie de détails et de clins d’œil. Chaque illustration mérite que l'on s'y arrête quelques instants et apporte une touche d'humour supplémentaire. Evidemmen, la fin offre une jolie chute fort appréciable !
Voilà pour mon avis d'adulte. Quant à mon petit matelot de 9 ans, il a également adoré cet album et je l'ai entendu glousser à chaque page lors de sa lecture !


Le festin des affreux
Meritxell Martí , Xavier Salomó
Seuil Jeunesse, 2017

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Inspiré de sa vie et écrit par lui-même, l'histoire de l'astronaute canadien Chris Hadfield raconte la naissance de sa vocation.
Alors qu'il regardait à la télévision Armstrong faire ses premiers pas sur la lune, Chris, alors enfant, comprend qu'il veut faire ce métier.
Les illustrations sont superbes et donnent vie à des scènes entre onirisme et infini de l'espace, l'effet est tout bonnement saisissant. J'ai adoré me plonger dans ces pages, le temps d'une courte évasion au pays des étoiles.
Un sublime album pour rêver, contempler le ciel et apprivoiser la peur du noir.

Le noir de la nuit
Chris Hadfield, Kate Fillion, The fan brothers
Editions des éléphants, 2017

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Avec une trame narrative et un scénario récurrents en littérature de jeunesse, La traversée n'est pas sans rappeler le célèbre conte russe La moufle, dans une version toutefois légèrement différente. Ici, en effet, les animaux ne se réfugient pas à l'intérieur d'un objet, mais s'empilent progressivement, jusqu'à former une pyramide au fragile équilibre. Incontestablement dans cet album, c'est le visuel qui accroche le lecteur. Les illustrations réalisées en linogravure sont jolies et colorées. Le format tout en hauteur renforce l'idée de déséquilibre de la pyramide et ravit les petits lecteurs qui n'attendent qu'une chose, la chute ! 
Une histoire à la trame classique, mais efficace et vitaminée.

La traversée
Véronique Massenot, Clémence Pollet
HongFei Editions, 2017

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Le dernier né de Matthieu Maudet est un excellent cru. Situation de départ : tenter d'attraper un animal pour en faire un compagnon de jeu. Notre jeune héros développe des stratagèmes plus élaborés les uns que les autres mais aucun piège ne fonctionne et les animaux lui filent entre les jambes. Cet album, avec sa chute à la fois tendre et drôle, séduira les jeunes lecteurs mais aussi leurs parents, en particulier les amoureux des livres. Car la fin de l'histoire cache un bien doux message.

Le piège parfait
Gilles Baum, Matthieu Maudet
Seuil Jeunesse, 2017


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