La machine à explorer le temps (Herbert George Wells)

lundi 29 octobre 2012

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Me voilà fort embêtée pour parler de ce roman car je ne saurais dire si je suis passée à côté, si j'ai manqué d'indulgence à son égard ou peut-être les deux à la fois...
Wells est considéré comme l'un des pères fondateurs de la science fiction actuelle et nombre de ses romans ont été reçus comme des chefs-d'oeuvre. C'est donc forte d'un a priori ultra positif que j'ai entamé cette lecture. Hélas, j'ai eu le sentiment que ce que je lisais ne collait pas avec la réputation de l'auteur et de son oeuvre. J'ai trouvé l'écriture remarquable (et la traduction, donc), mais pour le reste, mes attentes ont été déçues. 

L'histoire, pour ceux et celles qui ne la connaissent pas, est celle d'un savant qui conçoit une machine à voyager dans le temps et qui va l'utiliser pour se rendre dans un futur fort éloigné, en l'an 802 701. Rendu à cette époque, il va y trouver une société divisée en deux groupes descendants des hommes, les Eloïs d'une part, les Morlocks de l'autre. Les premier sont de petits êtres androgynes simplets et pacifiques, les seconds des êtres albinos ressemblant à des singes qui vivent sous la terre et sont agressifs. Le narrateur de l'histoire est un gentleman et ami du savant, il va donc rapporter le fameux voyage de ce dernier dans le futur.

On a prêté à Wells pour ce roman des intentions politiques, entre autres l'expression de son point de vue socialiste, notamment à travers la description de cette société dégénérée qui serait le résultat d'un capitalisme porté à l'excès. J'avoue que pour ma part, j'ai trouvé le trait assez grossier et l'imagination bien décevante dans ce roman, j'aurais aimé au contraire davantage de réflexions sur l'évolution de la société et son devenir. Rappelons toutefois que ce roman a été écrit en 1895 et que c'est un précurseur du genre. Pour autant, je ne lui ai rien trouvé d'extraordinaire et cette lecture m'a semblé bien fade, malheureusement.

Par contre, je suis allée au théâtre en voir l'adaptation de Sydney Bernard que j'ai trouvé fabuleuse et je ne saurais que vous recommander de la voir à votre tour si elle passe dans votre région.
En voici la présentation :

Titre original : The time machine
Traduit de l'anglais par Henry D. Davray
Folio SF, 166 pages, 2012 pour la présente édition française

Nox T1 ~ Ici-bas (Yves Grevet)

mardi 23 octobre 2012

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Je l'attendais au tournant ce roman ! Tellement conquise par la série Méto, j'avais peur d'être déçue par Nox.

La nox, c'est un brouillard opaque lié à la pollution qui plonge la ville basse dans le noir. Il y a ceux d'en-bas, les pauvres, les travailleurs, à l'espérance de vie réduite. Et puis il y a ceux d'en-haut, les nantis, les bien portants, qui souvent ignorent l'existence de ceux d'en-bas. Deux mondes que tout oppose, une ville dans l'obscurité, l'autre dans la lumière. Les trois narrateurs du roman sont issus de ces deux mondes et vont être amenés à se croiser au cours de l'histoire. Pourquoi et comment, vous le saurez en lisant Ici-bas !

J'ai mis un peu de temps à m'imprégner des lieux, à pénétrer dans cette atmosphère tellement étrange. Puis petit-à-petit, j'ai fait connaissance avec ces personnages écorchés et j'ai fini par me sentir des leurs, d'une certaine façon. 
C'est un roman d'anticipation et de dystopie si l'on veut, mais j'ai plutôt envie de parler de roman social avec ces différentes castes au sein de la société. Une fois encore, Yves Grevet nous gratifie d'un style net et sans fioritures, il va à l'essentiel et le lecteur ressort forcément marqué par cette lecture. Comme nombre de premiers tomes, on a affaire à un volume qui pose les jalons de l'histoire. Une histoire qui devrait connaître des rebondissements  par la suite vu la fin d'Ici-bas.
Voilà une nouvelle série prometteuse, sans crier au coup de coeur, je suis amplement convaincue par ce premier tome et suis avide de connaître la suite.

Syros, 417 pages, 2012

La sélection (Kiera Cass)

samedi 11 août 2012

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Exprimer mon ressenti durant cette lecture ne sera pas chose aisée. Je l'ai lu d'une traite mais en fronçant les sourcils à plusieurs reprises. Impression mitigée, donc. 
Avant toute chose, j'aimerais apporter une précision qui a son importance, ce roman tient davantage de Cendrillon que de la dystopie. Etant donné qu'il était présenté comme le premier tome d'une trilogie dystopique, j'ai eu très envie de lire et je dois dire que mes attentes de ce côté-là ont été totalement déçues. Donc, si vous recherchez de la dystopie, passez votre chemin et penchez-vous sur Hunger games, Méto, Saba ou Shatter me. Pour les autres, voici ce que j'ai pensé de ce roman.

L'histoire se situe dans un futur hypothétique aux Etats-Unis, devenus une monarchie organisée en castes. America Singer (bonjour l'originalité pour les choix des prénoms dans ce roman) est une numéro 5, ce qui signifie que pour elle la vie n'est pas rose tous les jours mais qu'elle n'est pas non plus réduite à la mendicité comme les 8. Les 5 sont des artistes et America est musicienne et chanteuse, elle gagne sa vie en se produisant en compagnie de sa mère lors de récitals et autres manifestations organisées par les castes supérieures. A l'opposé, nous avons le prince Maxon, qui cherche un coeur à prendre. A chaque nouvelle génération, l'héritier du trône trouve son épouse grâce à un jeu de télé-réalité qui s'intitule La sélection. 35 jeunes femmes âgées entre 16 et 20 ans sont sélectionnées dans tout le pays et invitées au palais royal pour y passer plusieurs semaines en compagnie du prince. A la fin, comme dans tous les jeux de ce type, il n'en reste qu'une seule qui deviendra l'épouse du prince et la future reine. Pour la plupart des jeunes filles, La sélection est l'occasion de leur vie, celle de changer leur destin à tout jamais et pour celles des castes inférieures de mettre leurs familles à l'abri du besoin puisque ces dernières reçoivent une compensation financière le temps du jeu. Mais pour America qui est amoureuse d'Aspen, un 6, la perspective de participer à La sélection est davantage un cauchemar qu'un rêve. Pourtant, sous la pression de sa mère et de son petit ami, elle va s'inscrire...

Qu'est-ce qui ne m'a pas plu dans ce roman ? 
Tout d'abord, aucune crédibilité dans les sentiments et les attitudes des personnages qui sont de vraies girouettes. 
Autre point, aucun suspense dans ce premier tome où tout est cousu de fil blanc, tellement prévisible que c'en est lassant par moment (et pourtant je suis bon public et je tombe facilement dans les pièges d'un auteur).
Enfin, et c'est, selon moi, la faille principale de La sélection, le récit manque cruellement de profondeur et l'écriture reste trop en surface à mon goût pour que ce soit un bon roman. J'expliquais en préambule que cette histoire n'avait rien à voir avec de la dystopie, et justement, il est fort dommage que l'idée de départ que je trouvais intéressante, n'ait pas été davantage creusée. Les descriptions de ce monde organisé en castes et de son Histoire sont très maigres et l'essentiel du bouquin tourne autour des filles de La sélection et des belles robes qu'elles portent. C'est une évidence qu'il fallait mettre l'accent sur le caractère superficiel du jeu, mais là encore, l'auteur ne creuse pas assez le sujet, et on reste dans une histoire très conventionnelle, sans surprises, avec des personnages sans charisme

Malgré ces défauts qui dénotent une maladresse et un manque de maturité dans l'écriture, La sélection est un roman qui se laisse bien lire et que j'ai apprécié, sans trop savoir pourquoi ! Je lirai la suite en espérant que le deuxième tome soit plus engagé.
Pas un must read, mais s'il croise votre chemin, vous pouvez toujours tenter l'aventure.

Pour une fois, fait suffisamment rare pour être noté, je n'étais pas sur la même longueur d'ondes que Clarabel

Titre original : The selection
Traduit de l'américain par Madeleine Nasalik
Robert Laffont (R), 343 pages, 2012 pour l'édition originale, 2012 pour l'édition française

Birth marked T2 ~ Bannie (Caragh M. O'Brien)

samedi 21 juillet 2012

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Je pressentais déjà à la lecture du premier tome que cette série avait un fort potentiel, ce deuxième opus me l'a confirmé. 

* * * SPOILERS SUR LE TOME PRECEDENT * * * Pour rappel, Gaia, après s'être échappée de l'Enclave (où ses parents ont été exécutés) avec sa petite soeur, est partie à la recherche de sa grand-mère dans la Forêt morte, laissant derrière elle Léon fait prisonnier. * * * FIN DES SPOILERS * * *

Ce deuxième tome prend une nouvelle orientation et nous plonge dans un monde totalement différent du premier mais non pas moins dur. Gaia dont on avait déjà perçu la force de caractère dans Rebelle va se transcender dans ce tome-ci. Jeune femme forte et obstinée, elle va au bout de ses convictions même lorsque le prix à payer est lourd. C'est une héroïne étonnante qui ne fascine pas que le lecteur, plusieurs personnages lui tournent autour. J'avoue qu'un instant, j'ai eu peur d'un énième triangle (en réalité ici on a même un quatuor !) amoureux comme on en voit tant dans les romans actuels. Heureusement, Bannie ne sombre pas dans la facilité, et s'il y a une place aussi pour l'amour dans cette série, ce n'est clairement pas sa vocation première. 

Je ne rentrerai pas dans les détails de l'histoire afin d'en révéler le moins possible sur ce qui attend Gaia, mais sachez que ce deuxième tome est remarquable. On y retrouve cette même atmosphère étrange et si particulière qui m'avait happée dans le premier. Les personnages ne sont pas lisses, ils sont pour certains brisés par la vie, emprunts de multiples défauts. Il n'y a pas de barrière infranchissable entre le bien et le mal, chacun possède un peu des deux, et c'est justement l'évolution et l'interaction entre ces êtres qui est passionnante. On se surprend à ressentir de l'empathie pour celui qui est cruel, on frémit devant certains choix de Gaia, on se demande ce que l'on aurait fait à sa place... 

Bannie fait partie de ces romans dans lesquels on est totalement immergé, plongé jusqu'au cou dans un récit qui absorbe toutes les contingences matérielles du monde réel. Je ne le redirai jamais assez, c'est pour cela que j'aime lire, pour ces romans qui me parachutent dans un univers autre.

Titre original : Prized
Traduit de l'américain par Juliette Saumande
Mango, 380 pages, 2011 pour l'édition originale, 2012 pour la traduction française

Papa, maman, mon clone et moi (Christophe Lambert)

mardi 15 mai 2012

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Décidément, cette collection nous réserve de bien jolies surprises ! 

Les parents de Charly ont adhéré au programme Sécurité enfant + qui propose de cloner leur enfant au cas où celui-ci viendrait à mourir. C'est ainsi que, depuis la naissance de Charly, son jumeau attend sagement dans un caisson d'hibernation entreposé au sous-sol de la maison ! 

Voilà un roman d'anticipation bien ficelé qui mêle habilement humour et réflexion. L'histoire, je n'en doute pas, devrait plaire aux enfants.
Les jeunes lecteurs ne manqueront pas de s'identifier au malicieux Charly qui a trouvé une super parade pour réussir ses contrôles au collège en réveillant son clone ! N'allez pas croire que je dévoile quoique ce soit de l'intrigue, c'est un fait qui est énoncé dès les toutes premières lignes, non sans humour d'ailleurs ! 

Le mois dernier, j'ai sorti Charly 2 du congélateur.
Charly 2 n'est pas un poisson pané ni une nouvelle marque de glace.
Charly 2 est mon clone à moi, Charly. 

Si vous voulez initier vos enfants (élèves) à la science fiction, n'hésitez pas à piocher dans la collection Mini Syros Soon qui est, je le répète, une valeur sure.
Et pourquoi ne pas opter pour ce titre qui aborde des thèmes passionnants, à savoir ceux de l'identité, du clonage et de son aspect éthique ? 
Testé et approuvé par grand matelot (8 ans) et moi-même.

 Syros (Mini Syros Soon), 41 pages, 2012

Shatter me (Tahereh Mafi)

lundi 16 janvier 2012

Bonne pioche pour ce roman de dystopie déniché chez Clarabel !

Juliette a 17 ans. Elle n'a pas vu la lumière du jour depuis 264 jours. 264 jours enfermée dans un asile, seule dans sa cellule, sans voir ni parler à personne. Quelques années auparavant ses parents l'ont reniée parce qu'elle est une anomalie de la nature, un phénomène, un danger pour les autres, un monstre. Sa peau, son simple toucher est une arme mortelle. 
264 jours dans cette cellule où elle compte les objets, le temps qui passe. Puis un beau jour, comme cela, sans crier gare, on lui impose un compagnon de cellule, Adam. Un peu plus tard, voilà qu'on l'arrache à sa cellule pour l'emmener au devant de Warner, un jeune homme qui occupe un poste important au sein du reestablishment, l'entité qui fait office de gouvernement. Warner est dangereux et sournois, il veut faire de Juliette son arme personnelle et plus si affinité. Alors qu'on l'a rejetée depuis la plus tendre enfance, Juliette devient l'objet de désir de ce personnage inquiétant. 

L'atmosphère pesante et oppressante qui saisit le lecteur dès les premières pages est étonnamment bien rendue et ce qui est le plus remarquable dans ce roman c'est son écriture si particulière. Des mots barrés, des répétitions, de nombreuses métaphores, un style percutant qui m'a hypnotisée dès le départ. On est plongé d'emblée dans les pensées de Juliette et l'on découvre à travers son regard ce monde anéanti, où les oiseaux ne volent plus, où le ciel n'a plus la même couleur, où les hommes ne mangent plus à leur faim, où le reestablishment a droit de vie et de mort sur chaque être humain. Une réalité effrayante que l'on découvre petit-à-petit, sans trop savoir où l'on va ni ce qu'on va trouver.
Les personnages sont bien campés mais pas totalement développés non plus dans ce premier tome, laissant des zones d'ombres qui éveillent naturellement la curiosité. Warner est sans doute celui qui m'a le plus fascinée. Il est à la fois attirant et effrayant, cruel et sensuel et je me demande quel rôle il jouera par la suite. Le personnage de Kenji m'a beaucoup plu également dans un tout autre registre, il donne à l'histoire une touche d'humour et de légèreté bienvenue. Adam a du charme, c'est indéniable, mais à l'image de Juliette, on n'en sait pas encore beaucoup à son sujet.
L'histoire suit un rythme relativement lent mais à aucun moment je ne me suis ennuyée. Seule la toute dernière partie m'a déçue. ***ATTENTION SPOILERS*** Alors qu'on baigne dans un univers sombre et clos depuis les premières lignes du roman avec une tension grandissante, la fin m'a fait l'effet d'un mélange entre les 4 fantastiques et Xmen et le côté héros aux supers pouvoirs m'a gênée. Ce changement total d'univers ne m'a pas plu et j'ai trouvé cette fin peu crédible et trop vite expédiée. ***FIN DES SPOILERS***

Au bout du compte, j'ai trouvé ce premier roman réussi malgré mon bémol concernant la fin. Dommage, sans cela je n'étais pas loin du coup de coeur. Vivement la suite !

One word, two lips, three four five fingers form a fist.
One corner, two parents, three four five reasons to hide.
One child, two eyes, three four seventeen years of fear.
A broken broomstick, a pair of wile faces, angry whispers, locks on my door.

I'm oxygen and he's dying to breathe.



Lecture commune avec Cess, Evenusia et Mlle P. 

Harper Collins, 352 pages, novembre 2011

Les chemins de poussière T1 ~ Saba ange de la mort (Moira Young)

mardi 27 décembre 2011

Amateurs de dystopie, voilà un roman pour vous ! A ceux à qui cette référence rappellera quelque chose, il m'a fait penser visuellement parlant à des scènes du film Mad Max avec Mel Gibson, vous voyez ?

Nous sommes dans un monde post-apocalyptique. L'histoire démarre en plein désert avec Saba, son frère jumeau Lugh, sa petite soeur Emmi et leur père. D'emblée, le cadre est posé, on est dans un environnement hostile et aride, la famille de Saba vit dans le dénuement le plus total et attend la pluie comme le messie. La maman est morte quelques années auparavant en mettant au monde la benjamine et depuis Saba en veut à sa soeur qu'elle considère comme un boulet. Avec son frère, au contraire, elle a une relation totalement fusionnelle, il est pour elle le seul, l'unique, son référent depuis que le père perd la boule et croit lire dans les étoiles.

Des personnages écorchés, un milieu inhospitalier, et voilà le récit qui est lancé. Dès les premières pages, on est parachuté dans ce roman qui nous entraîne sans attendre dans l'action. Tout démarre avec l'enlèvement de Lugh sous les yeux de sa famille et, dans la foulée, le départ de Saba qui part à sa recherche. Ce premier tome de la trilogie Les chemins de poussière est donc centré sur la quête de Saba pour retrouver son frère. Pour y parvenir, elle devra surmonter des épreuves, endurer de multiples souffrances, à la fois physiques et morales et se remettre en question plus d'une fois. On a en quelque sorte affaire à un parcours initiatique. Saba est une jeune fille courageuse mais pas dénuée de défauts, son personnage évolue tout au long de l'histoire et passe par différents stades de prise de conscience. Ce qui est intéressant c'est qu'elle a des comportements terriblement humains, qu'elle est loin d'être parfaite mais que pourtant, elle est une véritable héroïne. Il faut souligner qu'elle est illettrée, et que, puisque c'est elle qui raconte l'histoire, l'écriture est très particulière, dans un style haché et direct avec des phrases courtes et souvent incorrectes d'un point de vue grammatical. Une écriture qui ne m'a point gênée car elle met en exergue cet univers totalement dévasté. J'ai même regretté que l'accent ne soit pas suffisamment mis sur la pauvreté de la langue de Saba dans la traduction française. Les extraits que j'ai pu lire en anglais versaient davantage encore dans un langage familier. 

Alors évidemment, quand on parle d'une héroïne forte et de dystopie, on ne peut s'empêcher de penser à la série des Hunger games, ce qui pourtant est une erreur car les deux histoires sont bien différentes. Saba ange de la mort est un excellent premier tome qui m'a énormément plu et s'est révélé un véritable page-turner. Je lui ai néanmoins trouvé d'infimes défauts ce qui fait que je suis passée à côté du coup de coeur, mais j'ai vraiment pris du plaisir avec cette lecture. C'est un roman bien construit, bien pensé, qui distille ça et là quelques éléments pour la suite de la série et donne très envie de savoir comment les choses vont tourner. Une très belle surprise pour terminer cette année 2011.


Lecture commune pas du tout commune (désolée !) avec Cess

Les impressions de Lael, Clarabel, Theoma

Titre original : Blood read road
Traduit de l'anglais par Laetitia Devaux
Gallimard jeunesse, 348 pages, 2011 pour l'édition originale, 2011 pour la traduction française

L'enfant-satellite (Jeanne-A Debats)

vendredi 19 août 2011

Toujours dans la collection Mini Syros, un autre titre de Jeanne-A Debats que j'ai lu après L'envol du dragon, texte qui m'avait énormément touchée. D'ailleurs je n'ai pas fini de vous parler de cet auteur car deux autres de ses ouvrages m'attendent encore sagement dans ma PAL. 

Dans l'Envol du dragon, que j'avais pourtant classé dans la catégorie SFFF, l'histoire flirtait avec la science fiction sans vraiment appartenir au genre. En revanche ici, le doute n'est pas permis et il s'agit bel et bien d'un récit de science-fiction. L'histoire est celle de SkEye 001, un être plus ou moins humain issu de manipulations génétiques qui vit depuis sa naissance dans un satellite espion. Sa mission : observer l'ennemi et rapporter les activités louches. Un beau jour, une survivante rescapée par miracle d'une attaque apparaît sur l'écran. SkEye 001 observe la petite orpheline qui s'égare dans le désert...

Le moins que l'on puisse dire c'est que Jeanne-A Debats ne manque pas d'imagination. En une quarantaine de pages à peine, elle parvient à planter un décor qui prend vie dans l'inconscient du lecteur, et à immerger ce dernier dans une atmosphère étrange et prenante. L'histoire est oppressante, angoissante, mais une fois encore j'ai retrouvé toute la sensibilité de cette plume et sa poésie aussi. Un texte fort que je n'ai pas non plus confié à grand matelot (à la base j'avais acheté L'envol du dragon pour lui et puis je me suis ravisée, il me semble trop jeune pour comprendre cette histoire) car il me paraît trop compliqué pour lui. Tant pis, je mets de côté ces mini romans pour lui pour plus tard et en attendant c'est moi qui fais de belles découvertes.

Syros (Mini Syros Soon), 40 pages, 2010

Birth marked T1 ~ Rebelle (Caragh M. O'Brien)

vendredi 15 juillet 2011

Après ma lecture de Divergent, j'ai eu envie de rester dans l'univers de la dystopie. Je me voyais mal passer sans transition à une lecture légère et ce titre s'est avéré être un excellent choix puisqu'il s'inscrit dans le genre mais avec moins de violence et de dureté que dans Divergent.

Gaia habite à l'extérieur de l'enclave, une ville entourée d'un mur hautement surveillé. A l'intérieur vivent les privilégiés. 
La mère de Gaia est sage-femme, et tous les mois elle doit "avancer" à l'enclave les trois premiers nouveaux-nés qu'elle a fait naître. Une fois l'accouchement terminé, elle a exactement 90 minutes pour apporter le bébé à la nursery de l'enclave. L'enfant sera alors adopté par une famille qui l'élèvera comme le sien. 
Gaia maintenant âgée de 16 ans assiste depuis quelques temps sa mère dans son rôle de sage-femme et bientôt elle se débrouillera toute seule. 
La vie suit tranquillement son cours malgré les difficultés du quotidien mais un soir, les parents de Gaia sont arrêtés et conduits dans l'enclave. De quoi les accuse-t-on et que va-t-il leur arriver derrière le mur ? Gaia est d'abord persuadé qu'ils vont vite rejoindre leur domicile, puis, les jours passant, elle perd espoir et décide d'aller les retrouver.

L'essentiel du roman tourne autour de ces naissances et de ce fameux quota de 3 bébés que chaque sage-femme doit avancer à l'enclave tous les mois. Pourquoi cet avancement existe-t-il et comment en est-on arrivé là ? En suivant Gaia et sa propre histoire, on découvre peu à peu le fonctionnement de l'enclave, ses dérives aussi. Gaia est une battante, une jeune fille intelligente et hardie, elle ose braver l'interdit et remettre en question un système que tout le monde accepte par habitude. 
Il se dégage une atmosphère particulière de ce premier tome qui m'a beaucoup touchée. Pas de tension très forte dans ce livre, mais tout de même des révélations qui bousculent et des évènements qui font mal. Ce n'est pas une histoire facile même si on y trouve parfois un peu de douceur.
La fin donne furieusement envie de lire et découvrir la suite. Ça tombe bien, le tome 2 est prévu pour l'automne.
Je poursuivrai cette série sans aucun doute, j'ai beaucoup apprécié cet univers.

PS : j'adore le ruban en bas de la couverture qui prend toute sa signification à la lecture.


L'avis de Miss Tentatrice number one !


Titre original : Birthmarked
Traduit de l'américain par Hélène Bury
Mango, 396 pages, 2010 pour l'édition originale, 2011 pour la traduction française

L'envol du dragon (Jeanne-A Debats)

mercredi 13 juillet 2011

J'ai découvert la plume de Jeanne-A Debats avec sa novella La vieille anglaise et le continent que j'avais adorée. L'autre jour, le billet de Laure m'a interpellée et j'ai eu envie de découvrir ce texte pour la jeunesse. 

Valentin est un jeune garçon condamné à court terme par un cancer incurable. Pour oublier ses souffrances et sa maladie, il joue dès qu'il le peut à un jeu vidéo en ligne qui s'intitule WorldOfDragons. Lorsque Valentin joue, il n'est plus le malade qui a du mal à se mouvoir et s'alimenter, il devient Val6, un jeune dragon qui apprend à voler. Dans le jeu, il a rencontré Mentor7, un joueur expérimenté qui l'a pris sous son aile. 

Valentin passe ses jours couchés à attendre la fin de sa vie. Les médecins ont accepté de le laisser rentrer chez lui et une infirmière vient tous les jours l'aider à faire sa toilette et lui prodiguer des soins. Son père est occupé par l'écriture d'un roman auquel il travaille à l'étage supérieur, et le jeune garçon est donc relativement seul. La découverte du jeu vidéo va changer son quotidien et l'aider à oublier qu'il est condamné.
Voilà un texte qui traite d'un sujet grave dans un univers aux frontières de la science-fiction (pour jouer à WorldOfDragons il faut se faire implanter une puce dans la nuque qui permet ensuite d'incarner son personnage comme si on y était) et l'approche de l'auteur m'a totalement séduite. En quelques pages à peine le décor est planté, on connaît déjà l'issue de l'histoire, mais c'est la façon dont elle est racontée qui est incroyable. Sont alternés les passages où Valentin est offline, dans son lit, et ceux où il incarne Val6, le jeune dragon. 
La fin est absolument magnifique et ce texte m'a bouleversée. 

L'envol du dragon fait partie de la collection Mini Syros, des romans très courts (40 pages) au prix mini (2, 95 €). 

Syros (Mini Syros Soon), 40 pages, 2011

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