The sun and her flowers (Rupi Kaur)

samedi 10 mars 2018

005245891.jpgThe sun and her flowers est un recueil de poésies dans la même veine que Milk and honey du même auteur.
Rupi Kaur est une femme engagée et cela se ressent dans ces textes. Ici, on retrouve des poèmes sur la féminité et l'amour mais aussi sur la notion de racines (au sens familial ou en tant qu'appartenance à une nation), ou encore sur l'estime de soi. Toujours envisagés sous l'angle féminin, les poèmes de Rupi Kaur sont à la fois beaux et crus, ils invitent à réfléchir sur la condition féminine, sur la tolérance et le respect d'autrui. Ces messages universels sont émouvants, parfois bouleversants. Ils provoquent l'introspection du lecteur, mais amènent également ce dernier à ouvrir son regard sur le monde.
Tout comme Milk and Honey, ce recueil est illustré par l'auteur. Son style est saisissant, en quelques traits elle représente des notions parfois abstraites. 
Un superbe ouvrage.

A noter que ce livre n'est pas encore traduit en français mais qu'il est accessible dans sa version originale aux lecteurs ayant un niveau intermédiaire en anglais. Par ailleurs, sachez que les illustrations étant réalisées en noir et blanc, il est tout à fait possible de lire ce recueil en version ebook, vous ne perdrez pas en qualité.

Simon & Schuster, 248 pages, 2017

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Milk and honey (Rupi Kaur)

mercredi 31 janvier 2018

9781449474256.jpgDepuis quelques temps, je voyais parfois passer sur les blogs et chaînes littéraires ce livre qui m'intriguait.
Milk and honey est un recueil de poèmes illustrés sur les thèmes de l'amour et de la féminité au sens large (on y parle aussi bien du sentiment amoureux que de la rupture, de l'abus sexuel ou encore de la reconstruction après un chagrin d'amour). Les poèmes sont plutôt très courts dans l'ensemble, et répartis en quatre sections qui s'intitulent The hurting (la souffrance), The loving (l'amour), The breaking (la rupture) et The healing (la guérison). Les illustrations sont de la main de l'auteur.

Je lis rarement de la poésie, mais la présentation et la thématique de cet ouvrage m'ont donné envie de m'y plonger. J'ai beaucoup apprécié cette lecture qui nous fait vivre tout un panel d'émotions avec une économie de mots. Certains textes sont extrêmement touchants. L'auteur a su trouver la juste combinaison entre un style d'écriture direct et pudique à la fois, et des dessins évocateurs aux lignes aériennes. Les deux - mots et images - se complètent à merveille et font de ce recueil un petit bijou.
A découvrir et à offrir. 

A noter que la version originale en anglais est accessible aux lecteurs intermédiaires, le vocabulaire et les tournures de phrases employés étant relativement simples.

Andrews McMeel, 204 pages, 2015

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La place royale (Pierre Corneille)

dimanche 29 janvier 2012

Je me rends compte en écrivant ce billet que c'est la première fois que je parle de théâtre dans ce salon. Il est vrai que j'en lis très peu et pourtant c'est un genre que j'apprécie.
C'est également la première fois que je lisais une pièce de Corneille. Ce n'est pas l'envie qui manquait, mais allez savoir pourquoi, c'est un auteur que je n'avais jamais lu. Si j'ai opté pour La place royale, c'est tout simplement parce que je suis allée voir jouer cette pièce récemment. D'habitude, je préfère lire le texte avant de le voir jouer mais cette fois j'ai fait l'inverse. 


Les personnages

Alidor, amant d’Angélique
Angélique, maîtresse d’Alidor et de Doraste
Cléandre, ami d’Alidor
Doraste, amoureux d’Angélique
Phylis, sœur de Doraste
Lysis, amoureux de Phylis
Polymas, domestique d’Alidor
Lycante, domestique de Doraste

* * *

La place royale est une pièce en alexandrins de cinq actes écrite en 1634. Elle traite de l'amour et de la liberté. Alidor aime Angélique mais veut se défaire de son attachement pour retrouver sa liberté. Pour détourner la jeune femme de lui, il fait semblant de lui être infidèle et tente de la pousser dans les bras de son ami Cléandre.

J'ai aimé cette pièce pour la beauté du texte, sensible une nouvelle fois à la virtuosité de cette écriture théâtrale en alexandrins. Joué c'est encore mieux, mais c'est un vrai bonheur à lire. Les mots forment dans la tête une musique, c'est de toute beauté.
L'histoire, quant à elle, m'a moins convaincue. J'ai trouvé que les personnages manquaient un peu de profondeur, les sentiments amoureux et la perte de l'être aimé ne m'ont pas touchée comme je m'y attendais. Je me suis délectée des mots pour leur musicalité mais n'ai pas vibré avec Alidor et Angélique, restant étrangère à leurs émois. 

C'est donc mon premier contact avec l'oeuvre de Corneille, je ne sais pas si cette pièce est généralement appréciée des lecteurs, mais elle m'a donné envie de découvrir enfin l'oeuvre de ce célèbre dramaturge. Quelle(s) pièce(s) me conseilleriez-vous ?


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Lu dans la version électronique proposée par Ebooks Libres & Gratuits

Les grands maîtres du haïku (Bashô, Issa, Buson, Shiki, Taïgi)

dimanche 12 juillet 2009

Repéré il y a maintenant près de deux ans chez Allie je me suis enfin procuré ce recueil.
Mon avis sur cet ouvrage est un avis plus que partagé.

Le livre est très beau avec des pages en papier glacé et une présentation à la fois sobre et esthétique parfaitement en accord avec le thème traité. La présentation historique du haïku ainsi que les introductions biographiques des cinq maîtres japonais est intéressante et le panel de haïkus retenus est suffisamment riche pour donner un aperçu de leur œuvre. Un petit livre, donc, sans prétention mais qui se révèle une excellente introduction au haïku.

Seulement, malgré ces qualités indéniables, je déplore une trop grande négligence dans la conception de ce livre. Je passe sur le niveau d'écriture des introductions biographiques consacrées aux auteurs et notamment sur un usage plus que douteux des temps de conjugaison pour ne m'attacher qu'à la partie consacrée aux haïkus eux-mêmes... Certains d'entre eux sont d'une banalité affligeante et dépourvus de toute esthétique... Je ne me permettrais pas de remettre en cause le talent reconnu depuis des siècles à de grands maîtres japonais, aussi je me tourne naturellement vers les traducteurs et je m'interroge sur la qualité de leur travail.
Puis je découvre que des haïkus sont imprimés en double dans l'ouvrage, dont un poème de Issa qui apparaît sous deux traductions légèrement différentes :

Quand je partirai,
gardez bien ma tombe,
sauterelles.

Quand je mourrai
soyez les gardiens de ma tombe,
sauterelles.

Quelle version faut-il retenir ? Laquelle est la plus proche du texte original ?

Bref, ce manque de sérieux et de rigueur m'a pour le moins refroidie et j'ai, je l'avoue, énormément de mal à accepter ce type de faiblesse dans un ouvrage d'à peine une centaine de pages. Une simple relecture aurait suffi à détecter les défauts que j'ai relevés...

Malgré cette déception, j'ai noté quelques haïkus qui m'ont touchée (mais je serais curieuse de les lire dans un autre ouvrage pour comparer les traductions...) :

Bashô

Le nid
abandonné des corbeaux
Un arbre à plumes.

Première neige.
Juste pour ployer les feuilles
des jonquilles.

Buson

Avalant les nuages,
rejetant des pétales,
les montagnes de Yoshino.

Issa

Après-midi d'automne,
assis,
comme un bouddha.

Juste avant le jour,
le ciel
change de vêtement.

Dervy (collection chemins de sagesse) - 111 pages