Papa de papier (Nadia Coste)

mercredi 21 février 2018

9782748524888FS.gifAyrton a passé une belle journée au collège, il a même obtenu un 18 sur 20 pour son travail en arts plastiques. En lui rendant son dessin, le professeur lui a dit qu'il avait un don. Mais il y a don et don... Celui du jeune garçon est un peu particulier. A présent, il va falloir rentrer à la maison et affronter son paternel. Depuis qu'il est au chômage, ce dernier est devenu un maniaque du ménage et ne sort plus de chez lui. Pire, il est devenu aigri et profère parfois des paroles blessantes. Ayrton ne reconnaît plus son père.

Ce petit roman traite de la maltraitance avec pour point de départ une idée originale. Cette entrée en matière allège l'histoire malgré son thème difficile. Le récit est immersif, on se prend rapidement d'affection pour ce jeune garçon qui suscite l'empathie.
Un joli texte qui aborde avec habileté et sans pathos un sujet sensible.

Syros (Tempo), 121 pages, 2018

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Fangirl (Rainbow Rowell)

samedi 17 février 2018

003739817.jpgCoupDeCoeur2016.pngDe Rainbow Rowell, j'avais déjà lu et eu un coup de cœur pour Eleanor & Park. Deuxième roman de l'auteur que je découvrais, donc, et deuxième coup de cœur ! Si cela n'est pas prometteur !...

Dans Fangirl, il y a une histoire d'amour et de rencontre entre deux personnages étonnants, mais c'est bien le seul point commun avec Eleanor & Park.
Dans ce roman, le thème principal (mais le roman ne se réduit pas à cela) est la fanfiction, et n'étant pas fan du genre moi-même, je me demandais si j'allais apprécier ce livre. Mes doutes se sont rapidement évanouis et j'ai compris dès les premières pages que j'allais adorer cette histoire, mieux, que ça deviendrait un coup de cœur.

Présentation de l'éditeur :

Cath et Wren sont des jumelles inséparables. Fans de Simon Snow, elles passent leur temps sur les forums consacrés à l’auteur. Mais la passion de Cath a tellement pris le pas sur sa vie que Wren lui annonce l’impensable : cette année, à la fac, elles feront chambre à part. L’une est prête à renoncer à ses rêves pour profiter dignement des joies de la vie estudiantine. L’autre est soudain projetée dans un univers hostile dans lequel tout le monde – ses profs, sa famille et sa colocataire – méprise la fanfiction. C’est alors qu’elle tombe sous le charme d’un obsédé de la littérature…

Ce roman, c'est donc à la fois un hommage à la fanfiction, un récit initiatique, une histoire d'amour hors normes, des personnages géniaux et énormément d'émotion.
Le récit de la vie de Cath à l'université est entrecoupé par des passages de fanfiction qu'elle écrit sur Simon Snow, et des passages de l'oeuvre originale dont elle s'inspire. On passe de l'un à l'autre sans transition et l'on découvre donc en parallèle les deux univers. D'un côté, Cath, jeune fille renfermée, angoissée, qui vit mal la séparation d'avec sa soeur et se réfugie dans l'écriture. De l'autre, les tribulations du jeune mage Simon Snow dans son école de magie aux côtés de son camarade de chambrée, Baz.
Les deux sont passionnants. J'ai aimé le personnage de Cath qui peine à entrer dans l'âge adulte, un peu paumée sans sa jumelle, en souffrance seule à l'université loin de chez elle. J'ai adoré découvrir l'univers de Simon Snow et celui de la fanfiction. J'ai trouvé l'écriture subtile, tout en suggestion. Les personnages - même secondaires - extrêmement bien campés et passionnants. Et j'ai totalement fondu avec l'histoire d'amour ! C'est un roman poignant, déroutant, addictif, qui vous plonge dans un autre monde dont on a du mal à s'extraire.

Titre original : Fangirl
Traduit de l'anglais par Cédric Degottex
Castelmore (version ebook), 429 pages, 2014 pour l'édition française, 2013 pour l'édition originale

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Rings #1 - Des perles en hiver (M. D. Haymel)

samedi 27 janvier 2018

9782414151943.jpgDes perles en hiver est le premier tome de la trilogie Rings, une série romantique et érotique.

L'histoire se déroule à Londres où nous faisons la connaissance de Samantha, une jeune femme passionnée par son métier de sage-femme. Charlie, sa meilleur amie, photographe de métier, va céder l'un de ses clichés lors d'une vente aux enchères réalisée au profit de la recherche contre le cancer. Au cours de cette soirée, Sam va rencontrer l'acquéreur de la photo de Charlie, un homme d'affaires imposant du nom de Tyler Cole.

Ce premier roman de l'auteur, s'il présente certes certaines maladresses, s'est révélé hautement addictif. Dans le premier tiers du livre, le style manque un peu de relief et reste quelque peu scolaire, mais par la suite, le ton de l'écriture change, on sent que la plume s'est déliée et la lecture gagne en fluidité. 
Ce que j'ai aimé dans ce roman, ce sont les touches personnelles qui transforment cette romance "classique" en une jolie histoire avec, en filigrane, des messages qui vont au-delà de la simple histoire d'amour.
J'ai aussi apprécié l'univers qui entoure l'héroïne, en particulier ses relations amicales, son travail et son implication auprès des enfants cancéreux. Tout cela concourt à faire de Sam un personnage auquel on a envie de s'attacher, même s'il est encore peu développé dans ce premier tome.
A ce propos, le récit courra sur les trois tomes et celui-ci ne peut être lu isolément, il appelle nécessairement une suite.

Globalement, j'ai passé un agréable moment de lecture, l'auteur maîtrise le schéma narratif et l'histoire est prenante, on a envie d'en connaître la suite !

Edilivre, 322 pages, 2017

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Une fois dans ma vie (Gilles Legardinier)

jeudi 28 décembre 2017

9782367624624-001-T.jpegPrésentation de l'éditeur :

Trois femmes, trois âges, trois amies que les hasards de l’existence et les épreuves ont rapprochées dans un lieu comme aucun autre. Trois façons d’aimer. Aucune ne semble conduire au bonheur. Séparément, elles sont perdues. Ensemble, elles ont une chance. Accrochées à leurs espoirs face aux tempêtes que leur réserve le destin, avec l’énergie et l’imagination propres à celles qui veulent s’en sortir, elles vont tenter le tout pour le tout. Personne ne dit que ça ne fera pas de dégâts…

J'aime assez cette présentation car elle  en dit peu et laisse le lecteur dans le flou. C'est dans cet état d'esprit que j'ai abordé le dernier roman en date de Gilles Legardinier. Je ne savais pas à quoi m'attendre et j'ai découvert au fil du temps de quoi il ressortait. 

Sachez simplement que si vous avez aimé les autres romans-feel good de l'auteur, celui-ci devrait vous plaire. Il y est question de théâtre, d'amitié, d'amour, d'entraide, de solidarité. J'ai retrouvé par moments dans ce récit le côté déjanté de Complètement cramé !  Cet aspect décalé, avec des personnages qui osent tout et partent dans des délires incontrôlés, ces répliques jouissives, cette soif de vie. 
Un roman qui est peut-être légèrement en-dessous des précédents mais qui offre un bon moment de lecture, un petit cocon de douceur hors du temps. J'ai beaucoup aimé. (Mention spéciale pour le personnage de Victor que j'ai adoré !)

Texte intégral lu par Valérie Marchant
Durée totale d'écoute : 10h55
Audiolib, 2017

Forbidden (Tabitha Suzuma)

mercredi 27 décembre 2017

004631742.jpgCoupDeCoeur2016.pngJ'ai enfin lu ce livre dont tout le monde parle. 

Pour présenter le sujet, les mots de l'éditeur :

Maya et Lochan ne sont pas des adolescents comme les autres. Élevés par une mère alcoolique et instable, ils sont livrés à eux-mêmes et n'ont d'autre choix que d'élever seuls le reste de la fratrie. Forcés de devenir adultes plus tôt que prévu, ils se soutiennent dans l'adversité et finissent par tomber amoureux. Lochan se sent seul au monde, et Maya est la seule à pouvoir le comprendre. Conscient de la monstruosité de cet amour, Lochan est prêt à tout pour bâillonner le désir et les sentiments que sa sœur lui inspire. Mais comment résister alors que Maya a besoin de lui autant qu'il a besoin d'elle ? Est-ce un crime de s'aimer si fort ?

A l'instar de bon nombre de lecteurs, j'ai pris une immense claque avec ce roman qui m'a fait vivre bien des émotions et m'a laissée  totalement sonnée.
Âmes sensibles, s'abstenir. Si vous voulez un feel-good book, passez votre chemin et revenez vers Forbidden lorsque vous serez dans une phase joie de vivre et paillettes. Mais revenez-y, car il ne faut pas passer à côté.
Vous l'avez lu dans la présentation ci-dessus, le thème de ce roman - l'inceste entre un frère et une sœur - n'est pas facile à traiter. Je m'attendais à être heurtée, voire choquée, or il n'en a rien été. Tabitha Suzuma prend le parti dans ce roman de choisir deux personnages abîmés par la vie. C'est un choix, et il s'avère que compte tenu du contexte du roman qui est glauque au possible, l'aspect incestueux "passe mieux". Je ne sais pas si je m'explique clairement. Ce que je veux dire, c'est qu'une relation incestueuse avec les mêmes personnages mais dans autre cadre de vie, m'aurait peut-être gênée. C'est le reproche que l'on peut faire à l'auteur, d'avoir délibérément choisi de placer ses personnages dans un milieu difficile, comme pour mieux faire passer la pilule de l'inceste au lecteur.
Ceci étant dit, je dois avouer que même si je me suis interrogée là-dessus, j'ai eu un immense coup de cœur pour ce livre étonnant et déroutant. Il y a une sensibilité exacerbée chez Tabitha Suzuma et son histoire oscille en permanence entre beauté et cruauté. On est malmené de la première à la dernière page, le roman se dévore en apnée et laisse une impression de vide et de douleur absolue. Quand je disais que ce n'est pas une lecture facile, je pèse mes mots, parce que franchement, on ne ressort pas indemne de ce livre.
Les personnages de Lochan et Maya sont magnifiques et suscitent d'emblée l'empathie. On voudrait les aider, les sortir de cette galère. L'insouciance de la jeunesse leur est interdite, ils ont des responsabilités bien trop lourdes pour leurs frêles épaules. Cette situation familiale terriblement injuste est pesante, chaque nouvelle scène qui révèle encore un peu plus la défaillance de cette mère alcoolique met les nerfs en pelote. On voudrait hurler, crier notre horreur et prendre ces enfants par la main pour leur trouver un foyer décent et aimant. Les voir s'enfoncer un peu plus chaque jour est très éprouvant.
Une lecture coup de poing, nécessaire et superbe.

Titre original  : Forbidden
Traduit de l'anglais par Florence Moreau
Milady (New Adult), 315 pages (version ebook), 2010 pour l'édition originale et 2017 pour la présente traduction

Le secret de la dame en rouge (Béatrice Bottet)

samedi 23 décembre 2017

9782367404868FS.gifDepuis la parution de sa merveilleuse duologie Rose-Aimée, j'attendais la sortie d'un nouveau roman de Béatrice Bottet. Ici, il s'agit a priori d'un tome unique et c'est bien là tout le défaut de cette histoire qui est trop courte à mon goût ! 

Fin XIXème siècle, Paris. Violette Baudoyer est une fille ordinaire le jour, mais la nuit elle se transforme en la talentueuse et mystérieuse voyante Madame Euryale. Grâce à son don, Violette devient sous la houlette de Madame Bouteloup qui l'a prise sous son aile, la coqueluche du Tout-Paris. Depuis l'enfance, et sans qu'elle puisse l'expliquer, elle parvient en effet à lire dans l'eau et à faire des prédictions. Alors que sa renommée va grandissant, c'est son passé qui d'un coup, la rattrape. Pendant ce temps, Florimond Valence, journaliste, enquête sur le meurtre d'une femme retrouvée le crâne ouvert dans une rue de la capitale.

Je le disais en préambule, le seul défaut que je trouve à ce roman, c'est le fait qu'il soit bien trop court. L'univers est riche, passionnant, et pourtant on se retrouve à la dernière page en un rien de temps. J'aurais aimé davantage de longueur pour ce texte, prendre le temps de l'immersion, creuser certains personnages que j'ai adorés mais dont on connaît que peu de choses. L'écriture est toujours aussi belle, travaillée, soignée, documentée. Le roman historique est un genre qui va bien à Béatrice Bottet, elle sait projeter son lecteur dans le Paris du XIXème en l'espace de quelques lignes. Elle campe une intrigue originale, qui, elle aussi, aurait pu être déployée sur davantage de pages. 
Voilà de belles retrouvailles avec Béatrice Bottet, maintenant j'espère que d'autres titres verront le jour, ou pourquoi pas une suite à celui-ci ?!

Scrineo, 405 pages, 2017

Tortues à l'infini (John Green)

mercredi 13 décembre 2017

9782075097444FS.gifLes visiteurs réguliers de ce salon savent à quel point Nos étoiles contraires, ma première rencontre avec l'oeuvre de John Green, a été pour moi une grande claque et un immense coup de cœur. Pour autant, je ne me suis pas précipitée pour découvrir d'autres titres de l'auteur, j'ai préféré prendre mon temps. J'ai donc lu l'an dernier Looking for Alaska (Qui es-tu Alaska ?) que j'ai beaucoup aimé. Et cette année, j'ai eu envie de lire son tout dernier roman. Sorti cinq ans après Nos étoiles contraires, Tortues à l'infini était très attendu par les millions de lecteurs de l'auteur, dont je fais partie. 

Il ne s'agit pas d'un livre comme les autres dans la biographie de John Green, mais de l'aboutissement d'un cheminement personnel. Ce récit, certes fictif, est bâti autour d'un sujet difficile, une maladie dont souffre l'auteur, le trouble obsessionnel compulsif. A travers ce livre, il s'est donc d'une certaine manière mis à nu, et son écriture n'a pas dû être simple ; on comprend mieux la longue attente avant cette publication.

Aza Holmes est une jeune lycéenne en apparence ordinaire, qui souffre d'une pathologie psychique. Des pensées obsessionnelles lui pourrissent l'existence et l'empêchent d'avoir des relations avec autrui. Même sa meilleure amie Daisy a parfois du mal à supporter son comportement.  Lorsque l'histoire débute, Aza apprend que le père d'un ancien copain vient de disparaître mystérieusement. Comme il s'agit d'un milliardaire, une prime de cent mille dollars est en jeu, et Daisy décide de mener l'enquête avec Aza.

Si mon résumé vous donne l'impression que Tortues à l'infini est un roman policier, détrompez-vous, car ici la partie enquête n'est qu'un prétexte pour la suite et passe rapidement au second plan. En réalité, c'est un roman centré sur la quête d'identité et la douleur psychique. Pas très gai me direz-vous. Mais avec John Green, tous les sujets, même les plus graves, sont traités sans pathos. La pilule de la gravité passe mieux avec son écriture décalée et cynique. 

Une fois encore, c'est ce que j'ai apprécié dans ce nouveau livre. John Green a un style unique et une acuité incroyable qui rendent ses histoires plus percutantes que si elles étaient écrites par un autre. Cela ne signifie pas que j'aime tout ce qu'il écrit, mais que je trouve toujours son écriture exceptionnelle, quel que soit le roman. Ce fut donc ici le cas, j'ai éprouvé un vif plaisir à "relire du John Green" alors que dans le fond, j'ai moyennement aimé ce roman.

Au moment d'écrire cette chronique et de réfléchir aux arguments que j'allais avancer pour expliquer le sentiment de légère déception que j'ai ressenti au sortir de cette lecture, j'ai eu dû mal à mettre précisément le doigt sur ce qui m'a déplu ou manqué.
Je crois que j'ai eu du mal à m'attacher aux personnages alors qu'ils ne sont pourtant pas banals. Disons que, étant donné le sujet du roman, je m'attendais à un ascenseur émotionnel à l'instar de Nos étoiles contraires. Or, cela n'a pas été le cas, j'ai mis les deux tiers du bouquin avant de  ressentir de vraies émotions et de l'empathie pour Aza. Jusque-là, je suis restée en dehors, incapable de m’immerger dans le récit. Et je ne sais pas pourquoi, car très honnêtement, l'écriture de John Green est percutante comme dans ses autres romans.
Dans la dernière partie, j'ai ressenti une intensité grandissante et beaucoup aimé la fin. Malheureusement, cela n'a pas suffi à "compenser" le reste.

C'est donc un avis mitigé que j'émets vis-à-vis de ce roman.
Un sujet difficile traité avec pudeur et brio, une écriture incroyable, un univers étonnant, des personnages forts, Tortues à l'infini possède tout cela, c'est un très bon livre, mais je suis restée en dehors pendant la majeure partie du temps.

Si vous aussi vous l'avez lu, j'aimerais échanger avec vous sur cette lecture. Qu'en avez-vous pensé, qu'est-ce qui vous a plu/déplu ?

Vous avez peut-être déjà été amoureux. Je veux dire vraiment amoureux, d'un amour que ma grand-mère décrivait en citant la Première Lettre de saint Paul aux Corinthiens qui dit que l'amour est patient et plein de bonté, qu'il n'est point envieux ni vantard, qu'il croit tout, qu'il espère tout, qu'il supporte tout. Je n'aime pas trop balancer le mot "amour" à tort et à travers ; c'est un sentiment trop merveilleux, trop rare, pour le dévaloriser par un usage abusif du terme. On peut vivre une bonne vie sans jamais connaître le véritable amour (dans la version corinthienne du sens, je veux dire). Mais j'ai eu la chance  de le rencontrer avec Harold.
Harold était une Toyota Corolla vieille de seize ans de couleur turquoise.

Titre original : Turtles All the Way Down
Traduit de l'américain par Catherine Gibert
Gallimard Jeunesse, 340 pages, 2017 pour l'édition originale, et pour l'édition française

Everything, everything (Nicola Yoon)

samedi 25 novembre 2017

9782016265345FS.gif
CoupDeCoeur2016.pngComme bon nombre de lecteurs, il ne m'a pas échappé que ce roman faisait le buzz. Ce que je savais de l'histoire m'avait donné envie de le lire, et puis, comme toujours, le temps a passé... Il m'aura finalement fallu attendre sa sortie en poche pour m'y plonger.

Madeline souffre d'une maladie aussi rare que grave, le DICS pour Déficit Immunitaire Combiné Sévère, plus communément appelé "maladie de l'enfant-bulle". Pour faire simple, son système immunitaire est tellement faible, qu'elle ne peut vivre normalement et passe son existence recluse chez elle depuis toute petite. La journée, une infirmière à domicile veille sur elle, le soir sa mère prend le relais lorsqu'elle rentre du travail. La maison est équipée de façon à protéger au maximum Madeline des germes extérieurs (traitement de l'air, sas à l'entrée...) et cette dernière n'en sort jamais. En presque 18 années, elle n'a pas mis une fois le pied dehors. Elle suit des cours par correspondance, lit beaucoup et fait de temps en temps des soirées-pyjama avec sa mère.
Un beau jour, une nouvelle famille emménage dans le voisinage. Madeline découvre alors par sa fenêtre Olly, un beau jeune homme tout de noir vêtu.

J'ai lu quasiment d'une traite ce roman que j'ai trouvé prenant et touchant. A travers les yeux de Madeline, on imagine ce que peut être la vie lorsqu'on est enfermé et c'est un sentiment très étrange. On se demande comment la jeune fille tient le coup, comment elle supporte cette "captivité".
L'écriture de ce roman n'est pas linéaire, elle est ponctuée de notes diverses de la main de Madeline et de petits dessins/schémas (réalisés par le mari de l'auteur). La narration à la première personne renforce encore davantage l'effet d'immersion dans ce récit bouleversant. 
Un huis clos étonnant.

Titre original : Everything, everything
Traduit de l'américain par Eric Chevreau
Illustré par David Yoon
Le Livre de Poche Jeunesse, 361 pages, 2015 pour l'édition originale et 2017 pour la présente édition

Billet 100% Agnès Ledig

mercredi 22 novembre 2017

9782367623009-001-T.jpegUn soir de juin, par un temps de grand vent et une pluie battante, on frappe à la porte de Valentine.
Un homme lui demande de l’aide pour sa fille malade. Les deux inconnus vont profiter de l’hospitalité offerte jusqu’à ce que la petite Anna-Nina soit rétablie. Le temps pour les adultes de faire connaissance, et pour Valentine de découvrir qu’Anna et son père vivent en roulotte sur la route depuis des années, depuis que la mère de l'enfant est morte.

J’ai découvert la plume d’Agnès Ledig avec Juste avant le bonheur, un roman qui m’avait émue. On regrettera plus tard est dans la même veine. Des âmes brisées, des gens heurtés par la vie qui essayent de recoller les morceaux. Des relations improbables et réparatrices qui se nouent. Une ode à l’espoir et à la vie qui se cache derrière une histoire douloureuse.

Beau et touchant. Une suite est sortie depuis ma lecture, hâte de la découvrir.

On regrettera plus tard
Texte intégral lu par Mathieu Buscatto et Isabelle Miller
Durée totale d'écoute : 7h02
Audiolib, 2017

515uoL1SR8L._SL300_.jpgRoméo, pompier professionnel, chute de huit étages lors d’une opération de sauvetage dans un incendie.
Juliette est infirmière au service de réanimation dans lequel le jeune homme a été transféré.
Ces deux êtres vont se sauver l’un l’autre, chacun à sa manière. Roméo va devoir reconstruire son corps en miettes, Juliette, elle, à d’autres démons à affronter.

Une fois encore, j’ai été totalement prise par l’écriture envoûtante d’Agnès Ledig. Finalement, on peut se dire que ses histoires n’ont rien de transcendant, mais c’est la sensibilité et l’humanité qu’elle y injecte qui sont étonnantes. Sa façon de traiter les personnages, de façonner des personnalités profondes et justes , c’est là sa grande force. 

Pars avec lui est superbe et bouleversant par bien des aspects. J’ai passé un après-midi enfermée avec Roméo et Juliette et j’en suis sortie dans un état second.

Pars avec lui
Texte intégral lu par Anne-Sophie Nallino
Durée totale d'écoute : 6h28
Audible, 2017

61coKcYho9L._SL300_.jpgCoupDeCoeur2016.pngOlivier, lieutenant de gendarmerie, vient d'être muté en Ariège. Lors de la première enquête qu'il va mener, il va croiser le chemin de Marie, agricultrice, qui vit seule avec sa fille Suzie dans un coin reculé. 

Ce roman est le premier d'Agnès Ledig, mais pour ma part, c'était le quatrième de l'auteur que je lisais. Marie d'en haut est un coup de coeur. Cette histoire m'a énormément touchée et j'ai trouvé les personnages formidables. Olivier, homme solitaire qui porte des blessures en lui, artiste caché, devenu gendarme par nécessité. Marie, femme forte, piquante, volontaire, active. Antoine, l'ami et voisin de Marie, doux, drôle, attentionné. Et Suzie, la fillette intelligente et espiègle, qui comprend mieux la vie que certains adultes. Agnès Ledig est parvenue à tisser autour de ces quatre êtres une histoire belle et touchante. On trouvera dans ce récit de l'amour, de l'humour, de la nostalgie, de la poésie, de la sensualité et des chagrins. Tous les ingrédients pour en faire une histoire riche et intense autour d'une trame pourtant banale en apparence.
J'ai adoré.

Marie d'en haut
Texte intégral lu par Marie Bouvier
Durée totale d'écoute : 7h33
Audible, 2016

Le collège des éplucheurs de citrouilles (Laure Deslandes)

mercredi 8 novembre 2017

9782211231008.jpgParfois, la lecture d'un livre tient à pas grand chose... j'ai sorti celui-ci de ma PAL simplement parce que c'était l'automne et qu'il y avait le mot "citrouilles" dans le titre !

Présentation de l'éditeur :

En apprenant qu’il entrait en cinquième au collège des Museaux, Elliot avait trouvé le nom de l’établissement plutôt marrant, il s’était même dit qu’il allait pouvoir y changer de vie, en finir avec ses ennuis. Tu parles ! Il risque de trouver le temps long ici. Il n’y a pas de réseau et pas de WiFi. Des profs complètement barges, des élèves nourris au quinoa qui trouvent normal d’apprendre l’estonien en LV1 ou de grimper aux arbres en EPS. Sans parler de cette fille au prénom bizarre, Péline, une grande rousse qui s’est mis en tête d’accueillir les nouveaux internes… Elle le poursuit ! Elliot a pourtant intérêt à s’en faire une alliée. Quelqu’un a fouillé sa chambre, et il sait bien ce qu’on y cherchait : un objet précieux qu’il a caché dans ses bagages, un souvenir de son ancienne vie…

Une fois n'est pas coutume, je débute mon billet avec les mots de l'éditeur car ils donnent le ton de ce roman atypique.
Dans un collège de la deuxième chance un peu particulier, le nombre des élèves va augmenter de manière significative avec l'arrivée pour cette nouvelle rentrée d'un groupe d'internes. Ces adolescents qui viennent de la ville ne sont pas très sensibles à l'aspect rural-zen de l'établissement et vont rapidement y mettre le bazar, bousculant les habitudes des externes. Dans le panel de personnages, on va suivre principalement celui d'Elliot qui cache un secret, et celui de Péline, une "ancienne" du collège. Autour de ces deux ados, se construit une intrigue qui ferait penser de prime abord à un roman policier. Mais très vite, on comprend que Laure Deslandes offre au lecteur un roman différent qui pioche dans plusieurs genres. Fantaisiste mais pas fantastique, avec du suspense mais pas policier, drôle mais pas totalement léger... L'auteur bouleverse les codes et après une entrée en matière quelque peu perturbante, j'ai plongé avec délice dans ces pages. 
Ça ne ressemble à rien de ce que j'ai pu lire en jeunesse jusqu'alors, on dirait un patchwork de plusieurs styles et histoires. Le collège des éplucheurs de citrouilles est unique et très plaisant à lire. C'est drôle, étrange, prenant.
Une belle découverte.

L'école des loisirs (Médium), 293 pages, 2017

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