Simple (Marie-Aude Murail)

lundi 29 octobre 2018

003498384.jpgCoupDeCoeur2016.pngEt hop ! Deuxième coup de cœur d'affilée pour un roman de Marie-Aude Murail ! Quand je disais qu'elle a de l'or dans son stylo !

De tous les romans que j'ai lus d'elle, Simple est sans doute celui dont le sujet est le plus difficile. Et pourtant, elle parvient encore à nous faire rire tout au long du livre.

Simple, c'est le pseudonyme d'un jeune homme (dont j'ai oublié le véritable prénom !) de vingt-deux ans, déficient mental. Sur la couverture, c'est Monsieur Pinpin, son doudou et complice de ses (nombreuses) bêtises. Simple vit avec son frère cadet Kléber, pas encore majeur. Le hic, c'est que lorsque Kléber se rend au lycée, Simple est livré à lui-même. La situation devient alors très compliquée à gérer. Mais Kléber est bien décidé à trouver une solution pour éviter à tout prix que Simple ne soit placé en institution.

Attention, superbe texte, mais à lire dans un moment faste, parce que mine de rien, si on rit souvent au fil des pages, on a aussi régulièrement le cœur serré et les larmes au coin des yeux.
Le procédé de narration de l'autrice, à savoir faire parler le doudou de Simple (via Simple), rend l'histoire encore plus immersive et crée un effet très particulier. On a le sentiment d'être dans la tête de Simple, et c'est assez déroutant, mais incroyablement réaliste.

Cette histoire est totalement bouleversante et j'ai été plus que touchée par la magnifique relation entre les deux frères, à la fois sans concession et très tendre.

L'école des loisirs (Médium Poche), 203 pages, 2017 pour la présente édition

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Maïté coiffure (Marie-Aude Murail)

vendredi 26 octobre 2018

003498381.jpgCoupDeCoeur2016.pngMarie-Aude Murail figure sans doute dans le top 10 de mes auteurs chouchous. J'aime plus que tout sa plume, sa capacité à écrire des histoires dures sans pathos, parvenant même à faire rire le lecteur. Plusieurs de ses romans sont déjà des coups de coeur, et je suis chaque fois étonnée d'en avoir des nouveaux au fur et à mesure que je découvre son oeuvre. Louis, élève de troisième, doit effectuer un stage d'une semaine, mais ne sait pas où. Ses parents ont de beaux projets pour lui, mais Louis, qui n'aime pas l'école, n'est pas vraiment sur la même longueur d'ondes qu'eux. Finalement, par l'intermédiaire de sa grand-mère, il va dégoter un stage chez Maïté Coiffure. Ce qu'il considère au départ comme un choix ringard, va se transformer petit-à-petit dans l'esprit du garçon.

Alors déjà, mention spéciale pour le salon de coiffure plus vrai que nature, je me suis délectée de la description qu'en fait l'autrice. Tout y est, les personnages, les dialogues, les clients... On s'y croirait !
Ensuite, il y a Louis et sa vie, émouvante et triste, mais comme toujours chez Marie-Aude Murail, sans pathos. D'une histoire ordinaire en apparence, elle parvient à créer un univers captivant, et elle embarque le lecteur aux côtés de ses personnages, dans leur quotidien peu reluisant.

Voilà, une fois encore j'ai été bluffée par son talent, et j'ai passé un très beau moment de lecture. 

L'école des loisirs (Médium Poche), 227 pages, 2017 pour la présente édition

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Un caillou dans la poche (Marie Chartres, Jean-Luc Englebert)

lundi 22 octobre 2018

005720422.jpgTino est un petit garçon pas comme les autres, qui vit sur une un île de 216 âmes. Son quotidien lui semble ennuyeux, et Tino rêve qu'un événement extraordinaire brise un jour cette vie monotone. 
Cet événement aura bien lieu, mais pas sous la forme qu'il espérait...

De prime abord, j'ai craqué pour l'illustration de la couverture et pour l'autrice de ce roman. Et j'ai eu raison, car j'ai passé ma foi un fort joli moment.
Une histoire qui se déroule dans un environnement qui m'est à la fois familier et plaisant, la mer, une île, la Bretagne. Un héros attachant et étonnant. Un récit embelli par les adorables dessins de Jean-Luc Englebert.
Si vous cherchez un roman original et bien écrit pour un jeune lecteur, optez pour celui-ci, bonne pioche assurée ! 
Idéal pour une première lecture de qualité.

L'école des loisirs (Neuf), 128 pages, 2018

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Danny, champion du monde (Roald Dahl)

lundi 15 octobre 2018

003737876.jpgMoment d'émotion, je m'aperçois, au moment où j'écris ce billet, que je n'avais encore jamais chroniqué de roman de mon auteur chouchou.
Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir parlé de Roald Dahl, mais point de billet de lecture.
J'ai lu Danny, champion du monde - comme la plupart des romans jeunesse de l'auteur - lorsque j'étais enfant, et j'en gardais le souvenir d'un merveilleux moment, sans toutefois me rappeler de quoi il était question. Cela faisait quelques temps que j'y repensais de temps à autre, désireuse de le relire pour me remettre en mémoire cette histoire.
Et pour faire d'une pierre deux coups, j'ai décidé de partager cette lecture avec mon petit matelot. Nous avons donc suivi les tribulations du petit Danny et de son père plusieurs soirs de rang...
Danny et son père vivent seuls dans une vieille roulotte de gitan. Un jour, l'enfant découvre que son paternel lui cache un secret, sa passion pour le braconnage.

Si j'ai un peu tiqué au départ en (re)découvrant le thème du livre, j'ai vite été rassurée, car avec Roald Dahl, évidemment, on ne peut pas s'attendre à ce qu'il soit fait l'éloge du massacre d'animaux. Bien entendu, le récit va prendre une tournure burlesque et palpitante à la fois, et l'on se surprend à trouver du suspense dans ce texte pour enfants.
Comme toujours, l'auteur parvient à ferrer le lecteur avec trois fois rien, c'est tout bonnement délicieux.

Titre original : Danny, the champion of the world
Traduit de l'anglais par Jean-Marie Léger
Le livre de poche Jeunesse, 281  pages 2015 pour la présente édition française, 1975 pour l'édition originale

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Moi, Simon 16 ans Homo Sapiens (Becky Albertalli)

vendredi 12 octobre 2018

9782367626918-001-T.jpegCoupDeCoeur2016.pngIl y a eu tant de battage autour de ce roman, lors de sa sortie, puis, plus tard, lors de son adaptation au cinéma, que j'ai fini par ne plus avoir envie de le lire. Le temps a passé et un beau jour je me suis décidée (pour la version audio, d'ailleurs excellente). Les premières pages m'ont laissée dubitative, j'ai bien cru laisser tomber, et finalement l'histoire m'a accrochée et je l'ai terminée en un rien de temps.
Alors oui, c'est un roman ado, oui, l'auteur ne nous épargne pas quelques clichés, mais franchement, cela ne m'a pas gênée le moins du monde. 
J'ai pris tellement de plaisir à découvrir l'univers de Simon, ses amis, sa famille, son lycée. A le découvrir lui aussi, ses états d'âme, son humour, sa sensibilité. Les échanges épistolaires avec Blue m'ont passionnée, j'ai cherché bien sûr, pendant tout le bouquin, pour tenter de débusquer qui se cachait derrière ce pseudonyme. Quand son identité m'a été révélée, j'ai eu envie de relire le livre pour prêter davantage attention à certains détails.
Bref, j'ai eu un coup de coeur pour cette belle histoire empreinte de sincérité et de douceur. Un roman-doudou par excellence.

Titre original : Simon vs. The Homo Sapiens Agenda
Traduit de l'anglais par Mathilde Tamae-Bouhon
Texte intégral lu par Gauthier Battoue
Audiolib, 2018
Durée totale d'écoute :  5h51

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Trilogie Kauri (Sarah Lark)

lundi 1 octobre 2018

Après avoir lu la trilogie du Nuage blanc, j'ai eu envie de découvrir l'autre série de l'auteur qui se déroule également en Nouvelle-Zélande.

51xm5fptyZL._SL300_.jpgL'histoire débute à l'hiver 1846 en Irlande, lors de la grande famine. Kathleen et Michael sont jeunes et amoureux, insouciants ; ils veulent partir en Amérique pour y chercher fortune. Malheureusement, leur rêve va tourner court alors que Michael est arrêté pour vol, et envoyé au bagne en Australie. Kathleen, enceinte de lui, se retrouve alors dans une situation délicate et va être plus ou moins contrainte d'accepter la demande en mariage de Ian Coltrane, un vendeur de bétail. Une fois mariés, les deux jeunes époux vont partir pour la Nouvelle-Zélande.

De prime abord, cette nouvelle série semble très proche de la précédente. Le récit se déroule en Nouvelle-Zélande à la même période et l'on retrouve donc les mêmes thématiques : la ruée vers l'or, l'élevage de moutons, la culture maorie. Au début, j'ai un peu boudé mon plaisir, ayant l'impression de replonger dans un univers que j'avais certes, beaucoup aimé, mais dont l'attrait s'était un peu tari. 

Finalement, Sarah Lark a encore fait mouche et nous propose une histoire à part entière avec des personnages travaillés en profondeur et une intrigue haletante et passionnante. Alors oui, on a une légère impression de déjà vu, mais au final ce roman se dévore et on brûle d'en connaître la suite. 

Un premier tome excellent autour d'une nouvelle saga familiale en Nouvelle-Zélande.

Les rives de la terre lointaine
Texte intégral lu par Ludmila Ruoso
Durée totale d'écoute : 20h52
Audible, 2017

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51LWZ3qlUJL._SL500_.jpgCe deuxième tome démarre une génération après le premier, nous sommes en 1875 en Nouvelle-Zélande. Cette fois, l'histoire est principalement centrée sur les personnages de Matariki et Violette. Comme toujours, l'auteur construit son récit autour d'héroïnes fortes aux destins incroyables. 
Auprès de Matariki et Violette, gravitent de nombreux personnages que nous avons découverts dans Les rives de la terre lointaine et prenons plaisir à retrouver
Ici, s'ajoute, aux thèmes récurrents dans les romans de Sarah Lark (l'élevage des moutons, l'orpaillage), celui des chevaux de course, et à travers lui une des facettes de l'évolution de la société en Nouvelle-Zélande en cette fin de 19ème siècle. Comme précédemment, ce livre richement documenté offre une plongée dans un pays et un univers inconnus, c'est vraiment passionnant.
Pour ce qui est de la petite histoire dans la grande, j'ai beaucoup aimé cette suite qui apporte son lot de rebondissements et de dépaysement.

A l'ombre de l'arbre Kauri
Texte intégral lu par Ludmila Ruoso
Durée totale d'écoute : 22h48
Audible, 2017

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51JmalpBTfL._SL500_.jpgPour ce dernier opus, l'action se concentre autour des personnages - féminins, toujours - d'Atamarie et de Roberta, respectivement filles de Matariki et Violette, elles-mêmes héroïnes du tome 2.
Roberta est une jeune femme sage et réservée, secrètement amoureuse de Kevin, le fils de Lizzie et Michael. Tandis que ce dernier s'engage dans l'armée pour partir au front en Afrique du Sud, Roberta achève ses études pour devenir institutrice.
Atamarie, quant à elle, est passionnée et audacieuse, première femme a être admise à l'université de Christchurch pour y suivre des études d'ingénieur.

A l'instar du deuxième tome, cette fin de trilogie voit apparaître une thématique supplémentaire dans l'histoire, celle de l'aviation, en particulier des premiers vols motorisés. Comme à son habitude, l'auteure s'est documentée et l'on apprend énormément au fil de cette lecture. 
Ce dernier  opus m'a très agréablement surprise, et c'est même celui de la trilogie que j'ai préféré. Le bonheur de retrouver des personnages connus, de les avoir vus évoluer sur plusieurs décennies, de découvrir la suite de ce magnifique récit. Celui, aussi, de voyager en des terres inconnues, de côtoyer des cultures et des mondes différents.
Les romans de Sarah Lark sont denses et longs, mais ils se savourent. 
Une superbe fin.

Les larmes de la déesse Maorie
Texte intégral lu par Ludmila Ruoso
Durée totale d'écoute : 21h51
Audible, 2018

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L'inconnu de l'ascenseur et moi (Sophie S. Pierucci)

mercredi 15 août 2018

005532064.jpgCharlyne vit en colocation avec sa meilleure amie Vic et travaille comme cette dernière dans un club de nuit comme strip-teaseuse. Elle a aussi un voisin pas très sympathique et mystérieux, qui cache toujours son visage derrière un col roulé.

Voilà bien longtemps que je n'avais pas lu de romance, et si cela ne m'avait pas franchement manqué, j'ai apprécié d'y replonger.
Celle-ci ne brille pas par son originalité ni par son écriture, mais elle est agréable à lire et m'aura fait passer un bon moment.
C'est surtout la relation entre Charlyne et Matthew qui m'a plu, car elle n'est pas gnan-gnan. Les dialogues sont francs, souvent drôles et plutôt réalistes. 
Une romance sympa (en faisant abstraction de cette couverture mochissime...) qui remplit son office.

Addictives (Luv), 405 pages (version ebook), 2018

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Monsieur Origami (Jean-Marc Ceci)

mercredi 8 août 2018

005402420.jpgIl n'est pas aisé de parler de ce livre si particulier, au risque de l'écorcher. Pioché sur une table-présentoir de ma librairie préférée, embarqué dans le fond de la boutique pour le commencer en dégustant un thé, lu à moitié sur place, acheté, emporté puis terminé en rentrant chez moi. Telle fut la courte histoire de ma rencontre avec ce délicieux récit.

C'est l'histoire d'un maître de l'origami, Kurogiku, qui a quitté son pays et sa famille à la poursuite d'une chimère. Depuis des années, il attend devant une maison en ruine d'un village de Toscane en pliant et dépliant le washi qu'il prépare lui-même. Sa rencontre avec un jeune italien féru d'horlogerie va bousculer son quotidien.

C'est un petit livre par son nombre de pages, mais puissant et déroutant. J'ai été happée par les mots et le rythme qui s'impose malgré lui au lecteur. La lenteur et la contemplation sont de mise, on pénètre dans une bulle hors du temps et cela fait un bien fou. 
Un moment magique.

Folio, 160 pages, 2018

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L'étoile rebelle (Cathy Cassidy)

mercredi 1 août 2018

005504555.jpgCe roman fait suite à La belle étoile mais peut être lu indépendamment. L'histoire est centrée sur le personnage de Mouse. 
L'adolescent vit dans un quartier pauvre où il aime taguer les murs la nuit. Au hasard d'une visite chez son assistant social, il rencontre Cat, une jeune fille étrange qui l'attire.

Une fois encore, l'écriture de Cathy Cassidy m'a happée, et j'ai plongé dans ce roman à la vitesse de l'éclair. Chaque nouveau titre de l'auteur est pour moi l'occasion de m'émerveiller sur sa capacité à camper sur le papier des personnages touchants et tellement humains. Ses histoires sont toujours intéressantes, à la lisière entre douceur et amertume. On ne peut qu'embarquer dans ses livres et se laisser porter. L'étoile rebelle ne fait pas exception, c'est un récit beau et triste à la fois, mais duquel se dégage une lumière porteuse d'espoir.
Mouse est un garçon un peu paumé mais foncièrement bon, dont la rencontre avec Cat va chambouler son quotidien.
J'ai aimé ce tome-ci, davantage encore que le précédent.

Titre original : Lucky Star
Traduit de l'anglais par Anne Guitton
Nathan, 260 pages, 2007 pour l'édition originale, 2018 pour la traduction française

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La symphonie du hasard - Livre 1 (Douglas Kennedy)

lundi 25 juin 2018

9782367624389-001-T.jpegPrésentation de l'éditeur

La famille Burns, avec ses secrets, trahisons, amours et haines, ses croyances, serait-elle le miroir de la société américaine, d’hier et d’aujourd’hui ? Alice Burns, éditrice New-Yorkaise, rend visite à son frère Adam, ancien loup de Wall Street, maintenant en prison. Adam lui révèle alors un secret qui va la contraindre à relire douloureusement son roman familial. Entre petite et grande histoire, se glissant pour la première fois dans la peau d’une adolescente qui lui ressemble fort, Douglas Kennedy raconte les désordres de la jeunesse et l’insécurité de l’âge adulte de cette époque ; en toile de fond une Amérique des années 60 et 70 plongée dans ses contradictions : racisme, homophobie, sexisme d’un côté ; de l’autre, émergence du féminisme, du pacifisme et naissance d’une nouvelle conscience politique. Avec ce premier tome, Douglas Kennedy nous livre enfin «son» grand roman sur l’Amérique.

J'ai découvert récemment l'auteur Douglas Kennedy avec Piège nuptial, que j'ai enchaîné avec L'homme qui voulait vivre sa vie, tous deux des coups de cœur.

Je me réjouissais donc à l'idée de lire un nouveau roman de lui, qui plus est dans un autre univers.
Malheureusement, je crains être passée à côté de La symphonie du hasard.
C'est une histoire dense, qui aborde de nombreux sujets de société et offre un portrait au vitriol de l'Amérique des sixties et seventies, et pourtant, je me suis profondément ennuyée tout au long de cette lecture, ne m'attachant pas aux personnages et ne m'intéressant pas au récit que j'ai trouvé somme toute assez creux. 
Ce fut donc une déception qui m'a chagriné, tant j'ai adoré les deux autres titres cités plus haut. 

Texte intégral lu par lIngrid Donnadieu
Audiolib, 2018
Durée totale d'écoute : 8h48

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