L'inconnu de l'ascenseur et moi (Sophie S. Pierucci)

mercredi 15 août 2018

005532064.jpgCharlyne vit en colocation avec sa meilleure amie Vic et travaille comme cette dernière dans un club de nuit comme strip-teaseuse. Elle a aussi un voisin pas très sympathique et mystérieux, qui cache toujours son visage derrière un col roulé.

Voilà bien longtemps que je n'avais pas lu de romance, et si cela ne m'avait pas franchement manqué, j'ai apprécié d'y replonger.
Celle-ci ne brille pas par son originalité ni par son écriture, mais elle est agréable à lire et m'aura fait passer un bon moment.
C'est surtout la relation entre Charlyne et Matthew qui m'a plu, car elle n'est pas gnan-gnan. Les dialogues sont francs, souvent drôles et plutôt réalistes. 
Une romance sympa (en faisant abstraction de cette couverture mochissime...) qui remplit son office.

Addictives (Luv), 405 pages (version ebook), 2018

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Monsieur Origami (Jean-Marc Ceci)

mercredi 8 août 2018

005402420.jpgIl n'est pas aisé de parler de ce livre si particulier, au risque de l'écorcher. Pioché sur une table-présentoir de ma librairie préférée, embarqué dans le fond de la boutique pour le commencer en dégustant un thé, lu à moitié sur place, acheté, emporté puis terminé en rentrant chez moi. Telle fut la courte histoire de ma rencontre avec ce délicieux récit.

C'est l'histoire d'un maître de l'origami, Kurogiku, qui a quitté son pays et sa famille à la poursuite d'une chimère. Depuis des années, il attend devant une maison en ruine d'un village de Toscane en pliant et dépliant le washi qu'il prépare lui-même. Sa rencontre avec un jeune italien féru d'horlogerie va bousculer son quotidien.

C'est un petit livre par son nombre de pages, mais puissant et déroutant. J'ai été happée par les mots et le rythme qui s'impose malgré lui au lecteur. La lenteur et la contemplation sont de mise, on pénètre dans une bulle hors du temps et cela fait un bien fou. 
Un moment magique.

Folio, 160 pages, 2018

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L'étoile rebelle (Cathy Cassidy)

mercredi 1 août 2018

005504555.jpgCe roman fait suite à La belle étoile mais peut être lu indépendamment. L'histoire est centrée sur le personnage de Mouse. 
L'adolescent vit dans un quartier pauvre où il aime taguer les murs la nuit. Au hasard d'une visite chez son assistant social, il rencontre Cat, une jeune fille étrange qui l'attire.

Une fois encore, l'écriture de Cathy Cassidy m'a happée, et j'ai plongé dans ce roman à la vitesse de l'éclair. Chaque nouveau titre de l'auteur est pour moi l'occasion de m'émerveiller sur sa capacité à camper sur le papier des personnages touchants et tellement humains. Ses histoires sont toujours intéressantes, à la lisière entre douceur et amertume. On ne peut qu'embarquer dans ses livres et se laisser porter. L'étoile rebelle ne fait pas exception, c'est un récit beau et triste à la fois, mais duquel se dégage une lumière porteuse d'espoir.
Mouse est un garçon un peu paumé mais foncièrement bon, dont la rencontre avec Cat va chambouler son quotidien.
J'ai aimé ce tome-ci, davantage encore que le précédent.

Titre original : Lucky Star
Traduit de l'anglais par Anne Guitton
Nathan, 260 pages, 2007 pour l'édition originale, 2018 pour la traduction française

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La symphonie du hasard - Livre 1 (Douglas Kennedy)

lundi 25 juin 2018

9782367624389-001-T.jpegPrésentation de l'éditeur

La famille Burns, avec ses secrets, trahisons, amours et haines, ses croyances, serait-elle le miroir de la société américaine, d’hier et d’aujourd’hui ? Alice Burns, éditrice New-Yorkaise, rend visite à son frère Adam, ancien loup de Wall Street, maintenant en prison. Adam lui révèle alors un secret qui va la contraindre à relire douloureusement son roman familial. Entre petite et grande histoire, se glissant pour la première fois dans la peau d’une adolescente qui lui ressemble fort, Douglas Kennedy raconte les désordres de la jeunesse et l’insécurité de l’âge adulte de cette époque ; en toile de fond une Amérique des années 60 et 70 plongée dans ses contradictions : racisme, homophobie, sexisme d’un côté ; de l’autre, émergence du féminisme, du pacifisme et naissance d’une nouvelle conscience politique. Avec ce premier tome, Douglas Kennedy nous livre enfin «son» grand roman sur l’Amérique.

J'ai découvert récemment l'auteur Douglas Kennedy avec Piège nuptial, que j'ai enchaîné avec L'homme qui voulait vivre sa vie, tous deux des coups de cœur.

Je me réjouissais donc à l'idée de lire un nouveau roman de lui, qui plus est dans un autre univers.
Malheureusement, je crains être passée à côté de La symphonie du hasard.
C'est une histoire dense, qui aborde de nombreux sujets de société et offre un portrait au vitriol de l'Amérique des sixties et seventies, et pourtant, je me suis profondément ennuyée tout au long de cette lecture, ne m'attachant pas aux personnages et ne m'intéressant pas au récit que j'ai trouvé somme toute assez creux. 
Ce fut donc une déception qui m'a chagriné, tant j'ai adoré les deux autres titres cités plus haut. 

Texte intégral lu par lIngrid Donnadieu
Audiolib, 2018
Durée totale d'écoute : 8h48

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La dame en rouge règle ses comptes (Béatrice Bottet)

vendredi 22 juin 2018

005479290.jpgA la fin de l'année dernière, j'ai eu le plaisir de retrouver Béatrice Bottet dans un roman envoûtant. Je me demandais alors si une suite verrait le jour, et mes souhaits ont été exaucés !

On peut néanmoins lire La dame en rouge règle ses comptes de manière indépendante, même si la lecture préalable du Secret de la dame en rouge me semble apporter un plus à l'histoire.

Dans ce tome-ci, Violette conserve ses nouvelles habitudes parisiennes. Hydromancienne la nuit, fille adoptive à la Faisandière le jour, toujours éprise de Florimond et désireuse de gagner son indépendance. Son paternel continue de la rechercher, décidé à lui faire épouser un vieux type richissime qui permettrait à la famille Baudoyer d'éponger ses dettes. 

La lecture de de second opus m'a moins enthousiasmée que celle du précédent, même si je l'ai apprécié. J'ai regretté que le récit stagne et se focalise pendant près de quatre cent pages sur un seul élément, à savoir la perspective d'enlèvement de Violette. Tout au long du roman, on navigue entre Violette qui craint de se faire enlever de force par les sbires de son père, et ce dernier qui n'a qu'une idée en tête, la retrouver. Alors certes, c'est très bien écrit et donc agréable à lire, mais au final, on a le sentiment d'avoir quelque peu tourné en rond. C'est sans doute la raison pour laquelle j'ai fait traîner cette lecture bien trop longtemps, ne parvenant pas à l'achever rapidement. J'en ressors avec un sentiment mitigé, celui d'avoir lu un livre plaisant avec une belle plume, mais qui m'a laissée sur ma faim.

Scrineo, 405 pages, 2018

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Le célèbre catalogue Walker & Dawn (Davide Morosinotto)

lundi 18 juin 2018

telechargement.jpgPrésentation de l'éditeur :

P'Tit Trois, Eddie, Min et Julie ne pourraient pas être plus différents, et en même temps plus amis. Ils partagent un catalogue de vente par correspondance, trois dollars à dépenser et un grand désir de découvrir le monde. Et quand, au lieu du revolver qu'ils ont commandé arrive une vieille montre qui ne fonctionne même pas, les quatre n'hésitent pas une seconde et partent vers Chicago pour récupérer leur revolver.
Au cours de leur voyage, ils rencontreront des tricheurs professionnels, des flics véreux, des méchants qui semblent gentils et des gentils qui ne le sont pas du tout... un crime non résolu et beaucoup, beaucoup d'argent...

Avant de parler de l'histoire, il me faut préciser que ce roman est un ouvrage à l'esthétique particulièrement soignée. Des illustrations précèdent chaque chapitre, la mise en page est belle et aérée, bref, visuellement déjà, c'est un livre qui donne envie d'être lu.
Le récit, quant à lui, se révèle être une jolie balade aventureuse du Bayou jusqu'à la Nouvelle-Orléans au siècle dernier. C'est pittoresque, dépaysant, drôle, bref on ne s'ennuie pas un instant aux côtés de nos quatre héros malgré eux. Ce roman n'est pas sans rappeler les célèbres aventures de Tom Sawyer et Huckleberry Finn de Mark Twain que j'avais adorées, enfant. C'est un univers que j'aime, avec de jeunes personnages qui vivent d'improbables péripéties et entraînent le lecteur dans leur sillage.
Un bon moment de lecture.

Titre original : Il rinomato catalogo Walker & Dawn
Traduit de l'italien par Marc Lesage
L'école des loisirs (Médium), 336 pages, 2016 pour l'édition originale, 2018 pour la traduction française

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Ma gorille et moi (Myriam Gallot)

lundi 4 juin 2018

9782748525151.jpgAprès la lecture de Titan Noir, ce roman jeunesse m'a attirée. On y retrouve la même thématique, à savoir la maltraitance animale et les animaux en captivité. 

Présentation de l'éditeur

La maison de Jeanne se trouve au cœur d’un zoo. Le zoo de ses parents ! Quand Jeanne était bébé, ils ont accueilli chez eux une petite gorille, Mona, que sa mère avait rejetée à la naissance. Mona et Jeanne ont grandi ensemble. Mais Mona, qui est maintenant adulte, doit être transférée au zoo de Milan. Alors qu’un groupe de jeunes militants s’insurge et manifeste devant le zoo, Jeanne découvre le discours des défenseurs de la liberté animale. Peut-elle aimer Mona et vouloir la garder auprès d’elle ?

Ici, comparé à Titan Noir, le traitement du sujet est plus "simpliste" et le ton du roman moins grave, ce qui n'est guère étonnant car les deux livres ne sont pas dédiés au même type de lectorat. Dans Ma gorille et moi, en effet, le propos est adressé à des enfants de fin de primaire/début de collège, tandis que la collection Doado au Rouergue, comme son nom l'indique, concerne des ouvrages pour adolescents. Ainsi, dans Ma gorille et moi, l'écriture est plus légère et accessible, et donc ce livre n'a pas eu sur moi l'effet de Titan Noir. Cela dit, le thème est abordé avec intelligence et une prise de distance intéressante, l'auteur ne prenant pas parti et se contentant de proposer une réflexion au lecteur. D'un côté Jeanne a vécu avec Mona comme si elles étaient sœurs, elle l'aime et la respecte, de l'autre elle vit dans un zoo... Comme la jeune fille est curieuse et ouverte d'esprit, elle s'interroge sur le bien fondé de maintenir des animaux en captivité. C'est avec elle que nous doutons, avec elle que nous partageons ses états d'âme.
Un roman bien ficelé que les jeunes lecteurs devraient lire pour être sensibilisés à la cause animale.

Syros (Tempo), 151 pages, 2018

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Vingt-quatre heures dans l'incroyable bibliothèque de M. Lemoncello (Chris Grabenstein)

lundi 28 mai 2018

005209984.jpgJ'avais très envie de lire ce roman depuis la parution du billet de Clarabel, et j'ai eu la jolie surprise de me le voir offrir quelques temps après. Par la suite, nous en avons fait une lecture commune avec ma bienfaitrice (où comment faire de moi une lectrice comblée !). Bref, ce roman a été une source presque intarissable de plaisir, depuis le moment où je l'ai découvert jusqu'à la dernière ligne lue. 
D'abord, il y a la couverture qui m'a attirée comme du miel attire une mouche... Le titre (proposez-moi un livre avec bibliothèque dans le titre et je suis cuite !), les illustrations, c'était déjà une promesse en soi. Ensuite, l'histoire qui tourne donc autour d'une bibliothèque. Pour autant, en ouvrant ce bouquin, j'étais quelque peu fébrile, craignant la déception tant mes attentes étaient immenses. Que nenni ! J'ai englouti ce livre et passé un moment absolument divin. Si ! Si !

Un milliardaire excentrique et concepteur de jeux, décide de financer la construction de la nouvelle bibliothèque de sa ville. Le jour de l'inauguration, il invite un groupe d'enfants tirés au sort à y passer vingt-quatre heures et à participer à un jeu un peu fou. Le but de la partie : trouver un moyen de sortir de la bibliothèque en trouvant des indices parmi les livres. 
Le récit se déroule donc à huis clos sur une période de vingt-quatre heures, et pourtant il va s'en passer des choses, sur cette si courte durée ! Ce roman qui n'est pas sans rappeler le merveilleux Charlie et la chocolaterie entraîne le lecteur dans une chasse au trésor au paradis des livres. On trouvera de nombreuses similitudes avec le roman de Roald Dahl, mais cela ne m'a pas gênée, car l'auteur impose assez rapidement un univers qui lui est propre. Les rebondissements sont nombreux, le rythme soutenu, le style fluide et addictif. C'est un vrai plaisir de suivre les cogitations des personnages et de tenter de résoudre avec eux les énigmes qui leur sont posées. C'est ainsi quasiment une lecture interactive, avec en prime un récit très visuel, digne d'un scénario de film (une adaptation existe, mais je ne l'ai pas encore vue). Toute l'intrigue repose sur la littérature et le monde des livres en général, le texte est bourré de clins d’œil et références qui m'ont bien sûr enchantée (et dont je suis persuadée d'avoir raté la moitié, une relecture s'impose !).
Si vous êtes un amoureux des livres et si vous avez aimé Charlie et la chocolaterie, je vous conseille de foncer vous procurer cette pépite, plaisir de lecture garanti !

Et la bonne nouvelle, c'est que la suite sort en août en France ! Je sais ce que je vais lire cet été !! :-)

Titre original : Escape from Mr. Lemoncello's Library
Traduit de l'anglais par Anath Riveline
Milan, 304 pages, 2013 pour l'édition originale, 2017 pour l'édition française

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Titan Noir (Florence Aubry)

vendredi 25 mai 2018

005394974.jpgCoupDeCoeur2016.pngDe Florence Aubry, je n'avais lu jusqu'alors que Le royaume des cercueils suspendus, l'un de mes coups de cœur de 2014.
Ici, on la retrouve dans un tout autre genre, puisqu'il s'agit d'une fiction basée sur une histoire vraie. En fin d'ouvrage, l'auteur explique qu'après avoir regardé un reportage sur une orque en captivité, elle a été bouleversée a eu envie d'écrire sur la souffrance des animaux en captivité, en particulier des animaux marins qui sont utilisés comme vedettes dans des parcs d'attraction. 

Titan est une orque qui a été pêchée et placée dans un parc aquatique très jeune, c'est un mâle aux dimensions imposantes qui a la particularité d'être intégralement noir.
Elfie, à peine le bac en poche, va trouver un emploi de caissière dans un parc aquatique proche de chez elle. Ce qui au départ, ne devait être qu'un job d'été, va se transformer en emploi stable. Rapidement, Elfie va passer du simple statut de caissière aux entrées à celui de dresseuse d'orque. Elle est bonne nageuse et sportive, cela suffit au directeur du parc pour lui proposer cette promotion. 
Tandis que nous découvrons à travers les yeux d'Elfie l'apprentissage de son métier si particulier, une autre voix s'intercale dans la narration, celle d'une personne qui nous présente l'envers du décor. Matériellement parlant, les pages du livre changent de couleur en même temps que le récit change de narrateur. Blanc pour Elfie, noir pour le narrateur anonyme.

Lorsqu'elle commence à travailler au sein du parc, Elfie est toute jeune et totalement inexpérimentée. Elle a des doutes et des craintes, mais elle ose, elle s'adapte. Il y a bien des choses qui la chagrinent un peu, mais dans le fond elle aime son job et le trouve formidable. Puis, petit-à-petit, elle évolue et commence à se poser des questions. En parallèle, le narrateur anonyme révèle, à nous autres lecteurs, la triste réalité qui se cache derrière ces spectacles féeriques. Et au fil des pages, la tension monte, on se sent oppressé. Le grand tour de force de Florence Aubry, c'est qu'elle ne prend pas vraiment parti, même si son intention première est évidemment de dénoncer les pratiques cruelles sur les orques. Ses deux personnages sont terriblement humains et leurs réflexions font évoluer le lecteur avec eux. Elle ne nous matraque pas avec des images insoutenables dès le départ, elle ne dévoile pas non plus d'emblée le traitement infligé aux orques en captivité, non, tout cela, on le découvre en même temps qu'Elfie découvre son métier. C'est presque pédagogique et l'écriture sert le propos admirablement. Le style est assez sec, incisif, mais très beau. On lit ce roman en apnée, en passant par tout un panel d'émotions, et je peux vous dire que ce texte va me hanter pendant longtemps.
Un roman magnifique, difficile, mais nécessaire.

Rouergue (doado), 187 pages, 2018

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A celles et ceux qui souhaitent en tenter la lecture, je conseille également vivement le fameux reportage qui a inspiré ce livre à l'auteur. 
Il s'agit de Blackfish, réalisé par Gabriela Cowperthwaite. 
Ce film documentaire porte sur la vie de Tilikum, une orque qui fut capturée très jeune, passa de parc en parc et devint une tueuse, conséquence probable de la maltraitance qu'elle subit pendant des années. Ce reportage dénonce les traitements infligés aux orques dans les parcs d'attraction, mais également les conditions de travail des employés. Ce n'est pas un sujet facile, mais ça ouvre les yeux.

The Hate U Give (Angie Thomas)

vendredi 11 mai 2018

61WVCkI61YL.jpgPrésentation de l'éditeur :

Starr a seize ans, elle est noire et vit dans un quartier difficile, rythmé par les guerres entre gangs, la drogue et les descentes de police. Tous les jours, elle rejoint son lycée blanc situé dans une banlieue chic ; tous les jours, elle fait le grand écart entre ses deux vies, ses deux mondes. Mais tout vole en éclats le soir où son ami d'enfance Khalil est tué. Sous ses yeux, de trois balles dans le dos. Par un policier trop nerveux. Starr est la seule témoin. Et tandis que son quartier s'embrase, tandis que la police cherche à enterrer l'affaire, tandis que les gangs font pression sur elle pour qu'elle se taise, Starr va apprendre à surmonter son deuil et sa colère ; et à redresser la tête. 

Ce roman fait le buzz depuis sa sortie aux Etats-Unis l'an dernier et continue de faire parler de lui avec sa sortie en français le mois dernier. Présenté comme un texte coup de poing portant sur les sujets sensibles du racisme et de l'intégration, il a, paraît-il, bousculé l'Amérique. Il me semble qu'en Europe, il ne fera peut-être pas écho de la même manière en raison de la différence de cultures. 
Pour ma part, j'attendais énormément de ce livre et j'ai été déçue. L'histoire est prenante et l'effet d'immersion immédiat, on se retrouve aux côtés de Starr, cette jeune fille qui navigue entre deux univers et ne sait plus où est sa place véritable. Le texte est rythmé, l'auteur colle au plus près de ses personnages en adoptant leur langage, et en cela j'ai trouvé le roman réussi.
Mais, car il y a un mais, je crains être passée totalement à côté de l'essence même du récit. Je n'ai pas été touchée par ce que traverse Starr, aussi horrible que soit le point de départ du livre, je suis restée simple spectatrice. Peut-être est-ce dû à la vision somme toute assez caricaturale donnée par l'auteur. Le sujet délicat du racisme méritait à mon sens d'être un peu plus creusé, ou au moins abordé autrement qu'à travers ce regard très manichéen. Pour faire bonne figure et donner un souffle d'espoir au livre, Angie Thomas affuble Starr d'un petit ami blanc vertueux, mais même là, cela sonne faux. Certains dialogues m'ont horrifiée et donné l'impression que finalement, tout le monde dans l'histoire était, d'une certaine manière, raciste. Chaque personnage appréhende les autres d'abord par sa couleur de peau, et j'avoue que je n'ai pas trouvé cela crédible ou touchant, mais exagéré et maladroit.
J'ai donc lu The Hate U Give sans réelle conviction et n'y ai pas trouvé ce qui a enthousiasmé bien des lecteurs.

Titre original : The Hate U Give
Traduit de l'anglais par Nathalie Bru
Nathan, 496 pages, 2017 pour l'édition originale, 2018 pour l'édition française

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