Sami Melody (Cathy Cassisy)

mercredi 18 septembre 2019

9782092582800-475x500-1.jpgSami Melody est la suite de Lexie Melody (que je n'ai pas chroniqué, inutile de chercher mon avis par ici, mais j'avais bien aimé ce premier tome). Cette série tourne autour de l'univers de la musique et raconte les tribulations d'un groupe d'adolescents qui décident de jouer ensemble. Chaque tome est centré sur un des principaux personnages. Dans ce second opus, nous faisons plus ample connaissance avec le mystérieux Sami.

Clairement, ce qui m'a plu dans Sami Melody, c'est le thème abordé par ce roman, à savoir celui des réfugiés. C'est donc un texte émouvant et assez triste qui s'offre à nous, mais sans sombrer totalement dans le pathos.
On retrouvera l'écriture fluide et imagée de Cathy Cassidy qui m'a touchée cette fois encore.

Titre original : Sami's silver lining
Traduit de l'anglais par Anne Guitton
Nathan, 272 pages, 2018 pour l'édition originale, 2019 pour la traduction française

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Mangez-le si vous voulez (Jean Teulé)

lundi 16 septembre 2019

005203111.jpgCela faisait bien longtemps que je n'avais pas lu de livre de Jean Teulé. A la faveur d'une rencontre avec l'auteur, j'ai acheté cet ouvrage, que je m'étais promis de découvrir un jour.
J'étais un peu craintive, sachant que les écrits de Teulé sont souvent rudes.

Mangez-le si vous voulez retrace un fait divers sordide connu sous l’appellation de "drame de Hautefaye". En 1870 dans ce petit village de Dordogne, le jeune aristocrate Alain de Monéys va être torturé des heures durant, puis assassiné par les habitants.

En effet, il fallait avoir les nerfs un minimum accrochés pour lire ce - pourtant court - volume, mais j'y suis parvenue. 
Jean Teulé nous met directement dans la peau de ce pauvre hère qui se rend innocemment à une foire et va y trouver la mort. Les événements prennent très vite une tournure dramatique et il est saisissant de constater à quel point l'élément déclencheur de cette sauvagerie est insignifiant. 
Une atrocité commise de manière collective qui nous rappelle que l'effet de la foule peut s'avérer désastreuse pour les individus.
Glaçant et remarquablement écrit.

Pocket, 114 pages, 2010

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Il est grand temps de rallumer les étoiles (Virginie Grimaldi)

vendredi 28 juin 2019

006259935.jpgAyant envie d'une lecture "facile" et reposante, je me suis tournée vers ce roman de Virginie Grimaldi qui me tentait depuis sa première parution en grand format. La sortie en poche (désolée pour l'affreux bandeau qui cache cette jolie couverture) a achevé de me convaincre. 

Présentation de l'éditeur :

Anna, trente-sept ans, croule sous le travail et les relances des huissiers. Ses filles, elle ne fait que les croiser au petit déjeuner. Sa vie défile, et elle l'observe depuis la bulle dans laquelle elle s'est enfermée.
À dix-sept ans, Chloé a renoncé à ses rêves pour aider sa mère. Elle cherche de l'affection auprès des garçons, mais cela ne dure jamais. Lily, du haut de ses douze ans, n'aime pas trop les gens. Elle préfère son rat, à qui elle a donné le nom de son père, parce qu'il a quitté le navire.
Le jour où elle apprend que ses filles vont mal, Anna prend une décision folle : elle les embarque pour un périple en camping-car, direction la Scandinavie. Si on ne peut revenir en arrière, on peut choisir un autre chemin.

J'ai passé un bon moment de lecture avec ce livre "feel good", exactement ce dont j'avais besoin à ce moment-là. Il est grand temps de rallumer les étoiles est construit à la manière d'un roman choral, les trois personnages féminins s'y exprimant en alternance. Lily, la benjamine, à travers son journal intime, Chloé à travers son blog et la mère, Anna, comme narratrice principale. Chacune apporte sa vision de l'histoire et les points de vue se complètent, la structure du récit est bien pensée et rend la lecture d'autant plus fluide. J'ai eu un petit coup de cœur en particulier pour Lily, son humour, son phrasé et sa tendance à détourner systématiquement les expressions (le résultat est parfois désopilant !). Avec sa candeur et sa gentillesse, ce personnage m'a vraiment touchée. 
L'histoire est jolie et apaisante, il suffit de se laisser porter et d'accompagner le trio dans son road trip en Islande. Où comment passer un agréable moment et voyager par procuration.

Le livre de poche, 376 pages, 2019

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Les couleurs du ghetto (Aline Sax, Caryl Strzelecki)

lundi 17 juin 2019

006477495.jpgPrésentation de l'éditeur :

Varsovie, octobre 1940. Le quartier dans lequel vit Misja, sa soeur et ses parents, est transformé, sous l’occupation nazie, en ghetto. Tous les Juifs de la ville et de ses environs y sont enfermés. Les maladies, la faim et les expulsions éliminent lentement mais sûrement la population. Misja, lui, refuse la situation, il ne veut pas se laisser emmener à l’abattoir comme un agneau…

Il m'est difficile de vous parler de ce roman car il ne m'a pas plu, mais je me dois de le resituer par rapport au lectorat-cible, à savoir des adolescents. Peut-être en effet qu'à cet âge il m'aurait touchée et marquée. Malheureusement, ayant lu pas mal de titres sur ce sujet, celui-ci m'a paru fade.
Alors oui c'est bien écrit, et les illustrations sont sombres à souhait, mais pour autant je n'ai pas adhéré à ce texte. Peut-être est-ce en raison de sa longueur car c'est davantage une nouvelle qu'un roman, et sans doute aussi comme je viens de l'évoquer, en raison de mon âge.
Cela dit, j'ai lu aussi d'autres romans destinés aux adolescents sur le thème de la seconde guerre mondiale qui m'ont fait grande impressions (je pense en particulier à Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre, Max ou encore Il n'est si longue nuit), donc je ne sais pas véritablement pour quelle raison je n'ai pas accroché avec ce roman...

Titre original : De kleuren van het getto
Traduit du néerlandais par Maurice Lomré
La joie de lire (Encrage), 169 pages, 2011 pour l'édition originale et 2019 pour la traduction française

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Il n'est si longue nuit (Béatrice Nicodème)

lundi 10 juin 2019

005618537.jpgPrésentation de l'éditeur :

Sophie, Hugo, Magda, Jonas, Otto, Franz…
Ils sont jeunes, ils aiment la vie, ils ont le cœur plein de rêves. Hugo aime Magda, Sophie aime Otto, Franz ne vit que pour son piano, Jonas veut aider à bâtir un monde meilleur.
Le rêve d’Adolf Hitler est tout autre : il veut créer un empire qui dominera le monde pendant mille ans. Un empire dans lequel les hommes seront forts et inflexibles, les femmes soumises et fertiles. Dans lequel il n’y aura ni Juifs, ni communistes, ni homosexuels, ni malades. Ceux qui n’ont pas leur place dans ce Reich millénaire seront éliminés un par un jusqu’au dernier.
Comme tant d’autres ailleurs en Europe, dans le Berlin de 1940 ces jeunes doivent eux aussi choisir leur camp, hantés par ces questions que tous se posent : « Ai-je raison d’agir ainsi ? », « La lumière reviendra-t-elle un jour ? »

De Béatrice Nicodème j'avais lu la trilogie L'anneau de Claddagh que j'avais beaucoup aimée. Ici il s'agit d'un livre unique et le sujet est fort différent. Vous aurez peut-être remarqué que depuis quelques temps je lis régulièrement des ouvrages qui portent sur la seconde guerre mondiale, d'où mon désir de lire celui-ci. 
Il n'est si longue nuit est un roman choral prenant et bouleversant dont on a du mal à se défaire. J'ai trouvé géniale l'idée d'utiliser plusieurs personnages comme narrateurs. C'est un procédé d'écriture couramment utilisé, mais ici il prend tout son sens en permettant au lecteur de se mettre dans la peau de jeunes totalement différents. Ainsi on perçoit le point de vue de chacun et c'est pour le moins percutant. 
Durant ma lecture, j'ai souvent repensé aux paroles de la chanson de Jean-Jacques Goldman, Né en 17 à Leidenstadt :

Et si j'étais né en 17 à Leidenstadt
Sur les ruines d'un champ de bataille
Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens
Si j'avais été allemand ? 

Justement, Béatrice Nicodème dans son roman, nous offre la possibilité de découvrir plusieurs modes de pensée et visions du conflit, sans jugement, sans prendre parti. 
Un magnifique texte qui remue et fait réfléchir.

Gulf Stream (Electrogène) 381 pages, 2018

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Comment mon père est mort deux fois (Yves Grevet)

lundi 3 juin 2019

006179970.jpgLes habitués de ce salon savent que je suis une fan de l'écriture d'Yves Grevet depuis pratiquement la première heure avec la découverte de sa série Méto. Je crois que depuis, j'ai lu quasiment tous ses nouveaux romans, et certains avec plus de plaisir que d'autres. Malheureusement cette lecture fut en demi-teinte.

Dans ce récit, nous suivons deux personnages avec deux temporalités. Sur l'île de la Réunion, Soën, qui vient de perdre son père dans un accident de voiture étrange. En Turquie, trente ans auparavant, son père, jeune enseignant en coopération. Soën va tenter de remonter le passé pour comprendre ce qui est réellement arrivé à son père, pour essayer de prouver qu'il a été victime d'un assassinat.
J'ai aimé la construction du roman, l'alternance des points de vue et des époques, des lieux. L'atmosphère qui s'en dégage. Je ne connais pas la Turquie et j'ai apprécié ce dépaysement. J'ai aussi accroché avec certains personnages, le style de l'écriture, encore différent de celui utilisé dans les précédents romans d'Yves Grevet.
Mais, parce qu'il y a un mais, je n'ai pas vraiment adhéré à l'intrigue. Je trouve qu'elle manque de clarté et que la résolution de l'énigme est un peu expéditive, qu'il manque des liens entre les chapitres qui se succèdent parfois de manière trop superficielle.
Une petite déception pour moi.

Syros, 352 pages, 2019

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L'aventure de Castle Rock (Natasha Farrant)

lundi 25 février 2019

product_9782075120050_244x0.jpgJe suis plus que ravie de vous présenter ce roman que j'ai lu complètement par hasard et qui m'a fait passer un excellent moment.
Déjà, arrêt sur image, la couverture est superbe (la photo ne rend pas justice aux couleurs de l'illustration).

Présentation de l'éditeur :

Alice, Jesse et Fergus avaient encore un long chemin à parcourir avant de devenir de vrais amis. Il leur faudrait en passer par deux trahisons, quelques mensonges, et frôler la mort à une ou deux reprises. Mais cela, ils ne le savaient pas encore...

D'emblée, j'ai aimé le style de Natasha Farrant qui s'adresse directement au lecteur et vient régulièrement le titiller en lui annonçant ce qui va arriver prochainement aux personnages. L'effet de teasing est maîtrisé et ajoute une touche de dynamisme au récit pourtant déjà bien vivant.
L'aventure de Castle Rock est un vrai roman d'aventure à l'image des Club des cinq que je lisais enfant. Plonger dans ce livre, c'est entrer dans un univers génial et intriguant, suivre les pérégrinations d'Alice dans son pensionnat, rencontrer ses nouveaux amis, visiter l'Ecosse, prendre le bateau, affronter une météo capricieuse, respirer le grand air. Cet ouvrage est un bain de jouvence, une bulle de détente et un moment d'ivresse délicieuse.
Un pur régal, j'ai adoré !

Titre original : The Children of Castle Rock
Traduit de l'anglais par Marie Leymarie
Gallimard Jeunesse, 278 pages, 2018 pour l'édition originale et 2019 pour l'édition française

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(existe aussi en ebook)

La fille du monstre (Florence Aubry)

vendredi 15 février 2019

product_9782075118880_244x0.jpgC'est le troisième roman de l'auteur que je lis après les géniaux Titan noir et Le royaume des cercueils suspendus.
Si La fille du monstre n'est pas un coup de cœur comme ce fut le cas des deux autres titres, une chose est sure, Florence Aubry est entrée au panthéon de mes auteurs préférés. 
Dans ce court texte, elle traite une fois encore un sujet difficile. Depuis la tentative de suicide ratée de son père, le monde de Tess a basculé. Comment vivre auprès d'un parent qui n'a pas trouvé la force de vivre, qui reste défiguré à tout jamais ? Très vite, car les enfants ne sont pas des anges, Tess devient "la fille du monstre" et n'assume plus la présence de son père.
Avec pudeur, Florence Aubry nous plonge dans l'intimité de cette jeune fille qui tente de surmonter l'horreur, la tragédie familiale. Le ton est juste et l'on ressent de l'empathie pour Tess mais aussi pour son père. Tess qui passe par tout un panel d'émotions, qui en veut à son père, se montre parfois odieuse avec lui. Pour autant, on comprend ses réactions même si l'on est pris de pitié pour son père.
Un sujet douloureux traité avec brio, un roman qui claque.

Gallimard Jeunesse (Scripto), 192 pages, 2019

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(existe aussi en ebook)

Orphelins 88 (Sarah Cohen-Scali)

lundi 28 janvier 2019

005660050.jpgOrphelins 88 est le troisième roman que je lis de l'auteur. Après Max, l'autrice s'intéresse une nouvelle fois au Lebensborn. Cependant, si les deux ouvrages traitent du programme eugéniste des nazis, ici l'histoire se situe dans l'après-guerre.

Juillet 1945 à Munich, un jeune garçon errant parmi les décombres est trouvé par les alliés et envoyé dans un orphelinat.
Baptisé Josh par ses "sauveurs", il ignore son prénom de naissance et son âge. Aidé par Ida, la directrice, il va tenter de retrouver son identité. 
Le point de vue adopté par Sarah Cohen-Scali est très intéressant, car si le Lebensborn est un sujet peu connu, celui du Lebensborn de l'après-guerre l'est encore moins. Que sont devenus tous ces enfants élevés et conditionnés pour servir une patrie qui a perdu la guerre ? Ces enfants séparés de leurs familles, qui ont tout oublié de leur culture d'origine ?
A travers Josh, on découvre combien la période qui a suivi la guerre a été difficile pour tous ces jeunes qui n'avaient plus de racines et de famille. C'est une quête longue et douloureuse, parfois impossible. 
A l'instar de Max, c'est un roman qui prend aux tripes et ne laisse pas insensible. Le climat ambiant est extrêmement bien rendu, l'effet d'immersion est immédiat, dès les premières pages. 
Un roman nécessaire et bouleversant.

Robert Laffont (R), 429 pages, 2018

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(existe aussi en ebook)

Calpurnia (Jacqueline Kelly)

vendredi 11 janvier 2019

003336272.jpgUne fois n'est pas coutume, j'ai lu ce roman après avoir découvert son excellente adaptation en bande dessinée.

Présentation de l'éditeur :

Calpurnia Tate a onze ans. Dans la chaleur de l’été, elle s’interroge sur le comportement des animaux autour d’elle. Elle étudie les sauterelles, les lucioles, les fourmis, les opossums.
Aidée de son grand-père, un naturaliste fantasque et imprévisible, elle note dans son carnet d’observation tout ce qu’elle voit et se pose mille questions. Pourquoi, par exemple, les chiens ont-ils des sourcils ? Comment se fait-il que les grandes sauterelles soient jaunes, et les petites, vertes ? Et à quoi sert une bibliothèque si on n’y prête pas de livres ?
On est dans le comté de Caldwell, au Texas, en 1899. Tout en développant son esprit scientifique, Calpurnia partage avec son grand-père les enthousiasmes et les doutes quant à ses découvertes, elle affirme sa personnalité au milieu de ses six frères et se confronte aux difficultés d’être une jeune fille à l’aube du XXe siècle. Apprendre la cuisine, la couture et les bonnes manières, comme il se doit, ou se laisser porter par sa curiosité insatiable ? Et si la science pouvait ouvrir un chemin vers la liberté ?

J'avais donc beaucoup aimé l'adaptation BD, et, sans surprise, j'ai aussi beaucoup aimé le roman. L'avantage de ce format, ce sont bien sûr tous les détails et péripéties qui ne peuvent être restitués dans un album de quelques dizaines de pages. D'autant que Calpurnia est un roman relativement long et dense, bien que l'histoire ne se déroule que sur une seule année.
Quatre saisons au cours desquelles nous suivons Calpurnia, son quotidien, ses aspirations, la relation extrêmement touchante qu'elle tisse avec son grand-père, sa découverte des sciences.
L'atmosphère est bien rendue, on s'imagine volontiers dans une plantation de coton  à l'aube du XXème siècle, dans une société encore rétrograde et conservatrice où les femmes et les gens de couleur n'ont que peu de droits. Pour autant, le récit n'est pas sombre, il est plutôt empreint de légèreté à l'image de sa jeune héroïne. 
Un très bon premier roman qui m'a donné envie de lire la suite (même si celui-ci peut se lire comme un tome unique).

Titre original : The Evolution of Calpurnia Tate
Traduit de l'anglais par Diane Ménard
L'école des loisirs (Médium poche), 494 pages, 2009 pour l'édition originale, 2015 pour la présente édition française

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(existe aussi en grand format et en ebook)

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