Le célèbre catalogue Walker & Dawn (Davide Morosinotto)

lundi 18 juin 2018

telechargement.jpgPrésentation de l'éditeur :

P'Tit Trois, Eddie, Min et Julie ne pourraient pas être plus différents, et en même temps plus amis. Ils partagent un catalogue de vente par correspondance, trois dollars à dépenser et un grand désir de découvrir le monde. Et quand, au lieu du revolver qu'ils ont commandé arrive une vieille montre qui ne fonctionne même pas, les quatre n'hésitent pas une seconde et partent vers Chicago pour récupérer leur revolver.
Au cours de leur voyage, ils rencontreront des tricheurs professionnels, des flics véreux, des méchants qui semblent gentils et des gentils qui ne le sont pas du tout... un crime non résolu et beaucoup, beaucoup d'argent...

Avant de parler de l'histoire, il me faut préciser que ce roman est un ouvrage à l'esthétique particulièrement soignée. Des illustrations précèdent chaque chapitre, la mise en page est belle et aérée, bref, visuellement déjà, c'est un livre qui donne envie d'être lu.
Le récit, quant à lui, se révèle être une jolie balade aventureuse du Bayou jusqu'à la Nouvelle-Orléans au siècle dernier. C'est pittoresque, dépaysant, drôle, bref on ne s'ennuie pas un instant aux côtés de nos quatre héros malgré eux. Ce roman n'est pas sans rappeler les célèbres aventures de Tom Sawyer et Huckleberry Finn de Mark Twain que j'avais adorées, enfant. C'est un univers que j'aime, avec de jeunes personnages qui vivent d'improbables péripéties et entraînent le lecteur dans leur sillage.
Un bon moment de lecture.

Titre original : Il rinomato catalogo Walker & Dawn
Traduit de l'italien par Marc Lesage
L'école des loisirs (Médium), 336 pages, 2016 pour l'édition originale, 2018 pour la traduction française

Ma gorille et moi (Myriam Gallot)

lundi 4 juin 2018

9782748525151.jpgAprès la lecture de Titan Noir, ce roman jeunesse m'a attirée. On y retrouve la même thématique, à savoir la maltraitance animale et les animaux en captivité. 

Présentation de l'éditeur

La maison de Jeanne se trouve au cœur d’un zoo. Le zoo de ses parents ! Quand Jeanne était bébé, ils ont accueilli chez eux une petite gorille, Mona, que sa mère avait rejetée à la naissance. Mona et Jeanne ont grandi ensemble. Mais Mona, qui est maintenant adulte, doit être transférée au zoo de Milan. Alors qu’un groupe de jeunes militants s’insurge et manifeste devant le zoo, Jeanne découvre le discours des défenseurs de la liberté animale. Peut-elle aimer Mona et vouloir la garder auprès d’elle ?

Ici, comparé à Titan Noir, le traitement du sujet est plus "simpliste" et le ton du roman moins grave, ce qui n'est guère étonnant car les deux livres ne sont pas dédiés au même type de lectorat. Dans Ma gorille et moi, en effet, le propos est adressé à des enfants de fin de primaire/début de collège, tandis que la collection Doado au Rouergue, comme son nom l'indique, concerne des ouvrages pour adolescents. Ainsi, dans Ma gorille et moi, l'écriture est plus légère et accessible, et donc ce livre n'a pas eu sur moi l'effet de Titan Noir. Cela dit, le thème est abordé avec intelligence et une prise de distance intéressante, l'auteur ne prenant pas parti et se contentant de proposer une réflexion au lecteur. D'un côté Jeanne a vécu avec Mona comme si elles étaient sœurs, elle l'aime et la respecte, de l'autre elle vit dans un zoo... Comme la jeune fille est curieuse et ouverte d'esprit, elle s'interroge sur le bien fondé de maintenir des animaux en captivité. C'est avec elle que nous doutons, avec elle que nous partageons ses états d'âme.
Un roman bien ficelé que les jeunes lecteurs devraient lire pour être sensibilisés à la cause animale.

Syros (Tempo), 151 pages, 2018

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Vingt-quatre heures dans l'incroyable bibliothèque de M. Lemoncello (Chris Grabenstein)

lundi 28 mai 2018

005209984.jpgJ'avais très envie de lire ce roman depuis la parution du billet de Clarabel, et j'ai eu la jolie surprise de me le voir offrir quelques temps après. Par la suite, nous en avons fait une lecture commune avec ma bienfaitrice (où comment faire de moi une lectrice comblée !). Bref, ce roman a été une source presque intarissable de plaisir, depuis le moment où je l'ai découvert jusqu'à la dernière ligne lue. 
D'abord, il y a la couverture qui m'a attirée comme du miel attire une mouche... Le titre (proposez-moi un livre avec bibliothèque dans le titre et je suis cuite !), les illustrations, c'était déjà une promesse en soi. Ensuite, l'histoire qui tourne donc autour d'une bibliothèque. Pour autant, en ouvrant ce bouquin, j'étais quelque peu fébrile, craignant la déception tant mes attentes étaient immenses. Que nenni ! J'ai englouti ce livre et passé un moment absolument divin. Si ! Si !

Un milliardaire excentrique et concepteur de jeux, décide de financer la construction de la nouvelle bibliothèque de sa ville. Le jour de l'inauguration, il invite un groupe d'enfants tirés au sort à y passer vingt-quatre heures et à participer à un jeu un peu fou. Le but de la partie : trouver un moyen de sortir de la bibliothèque en trouvant des indices parmi les livres. 
Le récit se déroule donc à huis clos sur une période de vingt-quatre heures, et pourtant il va s'en passer des choses, sur cette si courte durée ! Ce roman qui n'est pas sans rappeler le merveilleux Charlie et la chocolaterie entraîne le lecteur dans une chasse au trésor au paradis des livres. On trouvera de nombreuses similitudes avec le roman de Roald Dahl, mais cela ne m'a pas gênée, car l'auteur impose assez rapidement un univers qui lui est propre. Les rebondissements sont nombreux, le rythme soutenu, le style fluide et addictif. C'est un vrai plaisir de suivre les cogitations des personnages et de tenter de résoudre avec eux les énigmes qui leur sont posées. C'est ainsi quasiment une lecture interactive, avec en prime un récit très visuel, digne d'un scénario de film (une adaptation existe, mais je ne l'ai pas encore vue). Toute l'intrigue repose sur la littérature et le monde des livres en général, le texte est bourré de clins d’œil et références qui m'ont bien sûr enchantée (et dont je suis persuadée d'avoir raté la moitié, une relecture s'impose !).
Si vous êtes un amoureux des livres et si vous avez aimé Charlie et la chocolaterie, je vous conseille de foncer vous procurer cette pépite, plaisir de lecture garanti !

Et la bonne nouvelle, c'est que la suite sort en août en France ! Je sais ce que je vais lire cet été !! :-)

Titre original : Escape from Mr. Lemoncello's Library
Traduit de l'anglais par Anath Riveline
Milan, 304 pages, 2013 pour l'édition originale, 2017 pour l'édition française

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Titan Noir (Florence Aubry)

vendredi 25 mai 2018

005394974.jpgCoupDeCoeur2016.pngDe Florence Aubry, je n'avais lu jusqu'alors que Le royaume des cercueils suspendus, l'un de mes coups de cœur de 2014.
Ici, on la retrouve dans un tout autre genre, puisqu'il s'agit d'une fiction basée sur une histoire vraie. En fin d'ouvrage, l'auteur explique qu'après avoir regardé un reportage sur une orque en captivité, elle a été bouleversée a eu envie d'écrire sur la souffrance des animaux en captivité, en particulier des animaux marins qui sont utilisés comme vedettes dans des parcs d'attraction. 

Titan est une orque qui a été pêchée et placée dans un parc aquatique très jeune, c'est un mâle aux dimensions imposantes qui a la particularité d'être intégralement noir.
Elfie, à peine le bac en poche, va trouver un emploi de caissière dans un parc aquatique proche de chez elle. Ce qui au départ, ne devait être qu'un job d'été, va se transformer en emploi stable. Rapidement, Elfie va passer du simple statut de caissière aux entrées à celui de dresseuse d'orque. Elle est bonne nageuse et sportive, cela suffit au directeur du parc pour lui proposer cette promotion. 
Tandis que nous découvrons à travers les yeux d'Elfie l'apprentissage de son métier si particulier, une autre voix s'intercale dans la narration, celle d'une personne qui nous présente l'envers du décor. Matériellement parlant, les pages du livre changent de couleur en même temps que le récit change de narrateur. Blanc pour Elfie, noir pour le narrateur anonyme.

Lorsqu'elle commence à travailler au sein du parc, Elfie est toute jeune et totalement inexpérimentée. Elle a des doutes et des craintes, mais elle ose, elle s'adapte. Il y a bien des choses qui la chagrinent un peu, mais dans le fond elle aime son job et le trouve formidable. Puis, petit-à-petit, elle évolue et commence à se poser des questions. En parallèle, le narrateur anonyme révèle, à nous autres lecteurs, la triste réalité qui se cache derrière ces spectacles féeriques. Et au fil des pages, la tension monte, on se sent oppressé. Le grand tour de force de Florence Aubry, c'est qu'elle ne prend pas vraiment parti, même si son intention première est évidemment de dénoncer les pratiques cruelles sur les orques. Ses deux personnages sont terriblement humains et leurs réflexions font évoluer le lecteur avec eux. Elle ne nous matraque pas avec des images insoutenables dès le départ, elle ne dévoile pas non plus d'emblée le traitement infligé aux orques en captivité, non, tout cela, on le découvre en même temps qu'Elfie découvre son métier. C'est presque pédagogique et l'écriture sert le propos admirablement. Le style est assez sec, incisif, mais très beau. On lit ce roman en apnée, en passant par tout un panel d'émotions, et je peux vous dire que ce texte va me hanter pendant longtemps.
Un roman magnifique, difficile, mais nécessaire.

Rouergue (doado), 187 pages, 2018

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A celles et ceux qui souhaitent en tenter la lecture, je conseille également vivement le fameux reportage qui a inspiré ce livre à l'auteur. 
Il s'agit de Blackfish, réalisé par Gabriela Cowperthwaite. 
Ce film documentaire porte sur la vie de Tilikum, une orque qui fut capturée très jeune, passa de parc en parc et devint une tueuse, conséquence probable de la maltraitance qu'elle subit pendant des années. Ce reportage dénonce les traitements infligés aux orques dans les parcs d'attraction, mais également les conditions de travail des employés. Ce n'est pas un sujet facile, mais ça ouvre les yeux.

The Hate U Give (Angie Thomas)

vendredi 11 mai 2018

61WVCkI61YL.jpgPrésentation de l'éditeur :

Starr a seize ans, elle est noire et vit dans un quartier difficile, rythmé par les guerres entre gangs, la drogue et les descentes de police. Tous les jours, elle rejoint son lycée blanc situé dans une banlieue chic ; tous les jours, elle fait le grand écart entre ses deux vies, ses deux mondes. Mais tout vole en éclats le soir où son ami d'enfance Khalil est tué. Sous ses yeux, de trois balles dans le dos. Par un policier trop nerveux. Starr est la seule témoin. Et tandis que son quartier s'embrase, tandis que la police cherche à enterrer l'affaire, tandis que les gangs font pression sur elle pour qu'elle se taise, Starr va apprendre à surmonter son deuil et sa colère ; et à redresser la tête. 

Ce roman fait le buzz depuis sa sortie aux Etats-Unis l'an dernier et continue de faire parler de lui avec sa sortie en français le mois dernier. Présenté comme un texte coup de poing portant sur les sujets sensibles du racisme et de l'intégration, il a, paraît-il, bousculé l'Amérique. Il me semble qu'en Europe, il ne fera peut-être pas écho de la même manière en raison de la différence de cultures. 
Pour ma part, j'attendais énormément de ce livre et j'ai été déçue. L'histoire est prenante et l'effet d'immersion immédiat, on se retrouve aux côtés de Starr, cette jeune fille qui navigue entre deux univers et ne sait plus où est sa place véritable. Le texte est rythmé, l'auteur colle au plus près de ses personnages en adoptant leur langage, et en cela j'ai trouvé le roman réussi.
Mais, car il y a un mais, je crains être passée totalement à côté de l'essence même du récit. Je n'ai pas été touchée par ce que traverse Starr, aussi horrible que soit le point de départ du livre, je suis restée simple spectatrice. Peut-être est-ce dû à la vision somme toute assez caricaturale donnée par l'auteur. Le sujet délicat du racisme méritait à mon sens d'être un peu plus creusé, ou au moins abordé autrement qu'à travers ce regard très manichéen. Pour faire bonne figure et donner un souffle d'espoir au livre, Angie Thomas affuble Starr d'un petit ami blanc vertueux, mais même là, cela sonne faux. Certains dialogues m'ont horrifiée et donné l'impression que finalement, tout le monde dans l'histoire était, d'une certaine manière, raciste. Chaque personnage appréhende les autres d'abord par sa couleur de peau, et j'avoue que je n'ai pas trouvé cela crédible ou touchant, mais exagéré et maladroit.
J'ai donc lu The Hate U Give sans réelle conviction et n'y ai pas trouvé ce qui a enthousiasmé bien des lecteurs.

Titre original : The Hate U Give
Traduit de l'anglais par Nathalie Bru
Nathan, 496 pages, 2017 pour l'édition originale, 2018 pour l'édition française

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La longue marche des dindes (Kathleen Kaar)

vendredi 4 mai 2018

9782211235785.jpgMissouri, 1860, Simon Green, quinze ans, quitte enfin définitivement l'école. Ce cancre qui a redoublé plusieurs fois au cours de sa trop longue scolarité a pourtant un ambitieux projet. Convoyer un troupeau de mille dindes jusqu'à Denver où, lui dit-on, il pourra les revendre cinq dollars pièce et faire un beau bénéfice. Après avoir emprunté de l'argent à son institutrice et embauché un charretier pour le moins charismatique, le voilà lancé dans l'aventure.
Commence alors une longue marche semée d’embûches...

J'ai partagé cette lecture sous forme de feuilleton avec mon petit matelot et j'ai adoré la balade. Ce fut un pur régal que d'effectuer par procuration cette traversée des Etats-Unis à l'aube du vingtième siècle. Entre la rencontre avec les indiens, une invasion de sauterelles ou encore une attaque de brigands, les péripéties se succèdent tout au long du roman sur un rythme enlevé, on ne s'ennuie pas une seconde. Les personnages, quant à eux, sont atypiques et attachants, ce sont des héros marquants, à n'en pas douter.
Inspiré de faits réels, La longue marche des dindes est un roman dépaysant à souhait que je vous recommande chaudement.

Titre original : The Great Turkey Walk
Traduit de l'américain par Hélène Misserly
L'école des loisirs (Médium poche), 263 pages, 1998 pour l'édition originale, 2018 pour la présente édition française

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Sauveur & fils ~ Saison 4 (Marie-Aude Murail)

samedi 28 avril 2018

005279163.jpgCoupDeCoeur2016.pngRarement une série m'aura paru aussi brève ! La quatrième et dernière saison est donc sortie, et déjà, avant même de m'y plonger, j'étais nostalgique d'en terminer avec Sauveur & fils... 
Lorsque j'ai ouvert ce tome, je me suis dit que j'allais le lire par petits bouts pour mieux le savourer... et avant que je m'en rende compte, j'étais arrivée premier tiers ! Si la lecture est rapide et que je ne vois pas défiler les pages, c'est pour moi le signe évident que j'aime un livre. Et c'est ce qui s'est passé avec ce quatrième opus, tout comme ce fut le cas avec le premier et le troisième. Quatre tomes, trois coups de cœur, faut-il en dire davantage pour vous convaincre de lire Sauveur & fils ?!

Dans cette nouvelle saison, nous retrouvons donc les habitants du 12, rue des Murlins. Sauveur, toujours en proie au doute quant à son efficacité à aider ses patients. Lazare, qui s'est attaché à ce frère adoptif qu'est Gabin. Jovo, qui continue d'organiser le quotidien et de gérer la maisonnée lorsque Sauveur travaille. Gabin, qui a décidé d'arrêter de fréquenter le lycée et préfère regarder The walking dead à la place. Louise et ses enfants, enfin, qui voudraient bien intégrer la famille. Et puis, bien sûr, il ne faut pas oublier les patients de Sauveur, ces personnages qui semblent secondaires mais prennent une place importante dans l'histoire.

Le texte est toujours aussi bon que précédemment, on navigue entre tendresse et fous rires parmi ces personnages cabossés, mais tellement géniaux. Dans Sauveur & fils, on découvre que si la vie est imparfaite et jalonnée de coups durs, elle est malgré tout très belle, et que lorsqu'on l'affronte à plusieurs, c'est encore mieux.
J'ai éprouvé un plaisir immense à lire ce dernier tome que j'ai refermé le cœur serré. Marie-Aude Murail a un incroyable talent, celui de prendre le lecteur par la main et de l'emmener dans son univers, de l'émerveiller et de le faire rire. 
Une superbe fin pour cette série-doudou que je vous recommande vivement.

L'école des loisirs (Médium), 298 pages, 2018

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Couleurs de l'incendie

samedi 31 mars 2018

9782367625638-001-T.jpegCouleurs de l'incendie est la suite d'Au revoir là-haut, mais une suite qui peut tout-à-fait se lire indépendamment. Ce roman est centré sur Madeleine, un personnage secondaire du premier tome.

Le récit démarre en 1927, aux obsèques du père de Madeleine, Marcel Péricourt. En tant qu'héritière, elle doit logiquement prendre la tête de l'empire financier qu'il dirigeait, mais le destin va en décider autrement.
Madeleine va voir sa vie bouleversée et tenter de survivre dans un milieu d'hommes où règne la corruption et l'ambition. 

Je me demandais comment l'auteur allait pouvoir écrire une suite à Au revoir là-haut, mais en réalité, il s'agit bien, comme je l'indique en préambule de ce billet, d'une histoire indépendante. Dans ce tome-ci, le récit se déroule dans les années trente, à l'aube de la seconde guerre mondiale, et la petite histoire s'inscrit dans la grande. 
L'écriture de Pierre Lemaître est formidable, c'est un virtuose qui manie l'humour noir avec brio. On sent qu'il s'amuse et se délecte des situations dans lesquelles il place ses personnages. A ce propos - comme pour Au revoir là-haut -, dans la version audio, c'est l'auteur lui-même qui lit son texte et sa lecture met en exergue le ton insolent et cynique du récit. 
L'écouter et le lire est tout bonnement jubilatoire. Les événements se succèdent au fil des chapitres et l'écrivain n'en finit pas de nous surprendre. On se prend à douter, on se dit qu'il ne va tout de même pas oser, et puis l'on se rend à l'évidence, son imagination dépasse largement celle du lecteur ! Dès les premières lignes, le ton est donné,  mordant et effronté. J'ai adoré !
La version audio est, quant à elle, excellente. Le fait que ce soit l'auteur qui lise son propre texte (et le fasse remarquablement bien) apporte indéniablement un plus. Qui plus est, l’enregistrement du roman est suivi d'un entretien avec l'auteur, l'occasion de prolonger encore un peu le plaisir. 

Texte intégral lu par l'auteur
Audiolib, 2018
Durée totale d'écoute : 14h10

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La belle étoile (Cathy Cassidy)

samedi 17 mars 2018

005280212.jpgBien que La belle étoile soit présenté comme un one-shot, une pseudo-suite à ce roman est déjà annoncée pour juin, elle s'intitulera L'étoile rebelle et sera consacrée au personnage de Mouse (que l'on rencontre dans La belle étoile, donc). Bien entendu, les deux livres peuvent tout de même se lire indépendamment l'un de l'autre, comme c'était le cas des tomes de la série des Filles au chocolat.

Ici, il s'agit donc de l'histoire de Dizzy, douze ans, qui vit avec son père depuis l'âge de quatre ans lorsque sa mère les a quittés pour vivre à Katmandou.
Depuis, chaque année la jeune fille reçoit à l'occasion de son anniversaire une carte et parfois un cadeau, seuls signes de sa mère. Mais cette fois-ci, pour ses douze ans, la surprise est de taille puisque la maman de Dizzy est de retour. Mieux encore, elle propose à sa fille de faire avec elle une tournée de petits festivals de musique.

Sentiment mitigé au sortir de cette lecture. D'un côté j'ai aimé ce roman et lui ai trouvé les qualités habituelles des autres livres de l'auteur. De l'autre, l'histoire et le contexte m'ont mise mal à l'aise. Même si je sais que Cathy Cassidy, sous une apparence trompeuse de légèreté (renforcée par ces couvertures pimpantes et girly), traite des sujets profonds et parfois difficiles, là, pour le coup, j'ai trouvé l'atmosphère pesante et glauque. L'attitude de la mère de Dizzy et de son compagnon à l'égard de leur progéniture m'a glacé le sang, et a éclipsé le côté distrayant  du récit. L'ambiance baba cool avec la musique, la nature et la communauté m'est passée un peu au-dessus tant j'étais touchée et mal pour ces enfants dont on ne se préoccupe pas. Je ne sais pas si c'est le fait d'être moi-même mère et d'avoir des enfants de l'âge des héros de l'histoire, mais ça m'a bouleversée. Moralité, j'ai apprécié ce texte mais l'expérience de lecture était quelque peu désagréable, j'ai peiné à garder de la distance et je n'ai pas pu apprécier les aspects légers. 
Ce qui est certain, c'est que l'auteur a un talent indéniable et que son écriture est efficace et prenante.

Titre original : Dizzy
Traduit de l'anglais par Anne Guitton
Nathan, 240 pages, 2004 pour l'édition originale, 2018 pour la traduction française

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Qui veut la peau d'Anna C. ? (Sophie Henrionnet)

mercredi 14 mars 2018

9782824609072FS.gifJ'ai découvert la plume de Sophie Henrionnet à ses débuts, et depuis, je suis ses parutions. Qui veut la peau d'Anna C.  ? a séjourné un an dans ma PAL avant que je l'en sorte, il était plus que temps !

Marie, la trentaine, célibataire, exerce le métier de bibliothécaire. Sa supérieure tyrannique vient de mourir bêtement en s’étouffant avec un beignet ! Pour Marie, c'est une aubaine, elle va sans nul doute se retrouver promue. Malheureusement, la vie ne fait pas toujours de cadeaux et les choses ne vont pas se dérouler comme prévu. Pire, Marie va se retrouver mêlée à une affaire étrange...

Dans la même veine que Drôle de karma !, Qui veut la peau d'Anna C. ?  est une comédie avec une intrigue mystérieuse, façon roman policier. Malheureusement, les deux histoires ne se valent pas et j'ai pris moins de plaisir à lire cette dernière.
Le style de Sophie Henrionnet est toujours aussi chouette, elle possède un vrai talent d'écriture et j'apprécie énormément son humour. Ses livres se lisent de manière fluide, elle est en particulier très forte pour ce qui est des dialogues. C'est donc très agréable de se plonger sans ses écrits, quel qu'en soit le sujet. Par contre, je dois bien avouer que dans celui-ci, j'ai trouvé l'intrigue très faiblarde et trop superficielle, et ce roman m'a un peu déçue. 
Il reste que les personnages sont top, que l'humour est omniprésent et le style enlevé. On passe donc un bon moment, mais pour ma part, je préfère du même auteur Drôle de karma !, ou le génial Tout est sous contrôle que je vous recommande chaudement.

City éditions, 301 pages, 2017

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