Maintenant, c'est ma vie (Meg Rosoff)

vendredi 7 juin 2013

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De Meg Rosoff, je n'avais lu jusque là que La ballade de Pell Ridley, il y a un an maintenant. Un roman qui m'avait donné envie d'en découvrir d'autres de l'auteur. C'est à Cess qui m'a offert celui-ci que je dois d'avoir pu poursuivre la découverte.

Daisy est une jeune new-yorkaise de 15 ans qui vient passer pour la première fois des vacances en Angleterre chez des cousins. Un séjour à la campagne, le premier amour, des rires, le bien-être. Puis du jour au lendemain, tout bascule alors qu'éclate la troisième guerre mondiale.

Déjà, la couverture, sans que je m'explique pourquoi, me met mal à l'aise. Or, en lisant ce roman, ce sentiment de malaise a perduré. C'est une histoire très étrange, ou rien n'est vraiment dit, ou tout est suggéré, où il faut lire entre les lignes pour comprendre ce qui arrive à ces jeunes qui se retrouvent livrés à eux-mêmes en temps de guerre. Atmosphère étouffante et pesante avec toutefois un regard de l'héroïne et narratrice qui se veut désinvolte et détaché. La première partie m'a semblé longue et j'ai eu dû mal à entrer pleinement dans le récit. Mais finalement, au fil des pages, j'ai été happée par le texte et j'ai été très touchée par la seconde (bien plus courte) partie. 
Meg Rosoff a une écriture qui ne peut laisser le lecteur insensible, on n'est pas forcé d'y adhérer mais j'avoue que pour ma part, je suis plutôt séduite par son style. Je poursuivrai donc la découverte.
Merci Cécile !

Titre original : How I live now
Traduit de l'anglais par Hélène Collon
Le livre de poche jeunesse, 254 pages, 2008 pour la présente édition française et 2004 pour l'édition originale

Gatsby le magnifique (F. Scott Fitzgerald)

mercredi 5 juin 2013

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Je me suis toujours promis que je lirais ce roman, vous savez, la fameuse liste de titres dont on se dit qu'on doit les lire... un jour. La version audio me l'aura fait connaître plus tôt que prévu et j'en suis ravie.

Rares sont les lecteurs, qui, comme moi, n'ont pas encore lu ce roman emblématique de la littérature américaine, mais je vais toutefois revenir quelques instants sur son histoire.
Imaginez l'Amérique des années 20, au lendemain de la guerre, époque de la prohibition mais aussi des fortunes rapides. Nick Carraway, un jeune trentenaire du Middle West vient de s'installer à New-York pour travailler dans la finance comme agent de change. Par hasard, il loue une petite maison à Long Island, zone résidentielle huppée où vit le fameux Gatsby, son voisin. Gastby, jeune millionnaire au passé mystérieux qui possède une demeure luxueuse toujours remplie d'invités. 

Le récit est raconté a posteriori par Nick qui retrace pour le lecteur les quelques mois durant lesquels il a côtoyé Gastby.

Ce qui m'a marquée dans ce roman, c'est son écriture superbe et envoûtante. Tout n'est que suggestion et pourtant on est plongé jusqu'au cou dans cette histoire étonnante. Tout ce luxe, ces jeunes américains qui rêvent de gloire, tandis que d'un autre côté se joue une tragédie. On s'y croirait, aux côtés de Nick, faisant la connaissance de Gatsby, découvrant son passé, son amour passionné pour Daisy. C'est indéniablement un excellent roman, mais je lui ai tout de même trouvé quelques défauts qui m'ont tenue éloignée du coup de coeur. La fin, un peu trop prévisible à mon goût, et le manque de profondeur des personnages. Ce dernier point est sans-doute imputable à la brièveté du texte et à son écriture si particulière, c'est donc une impression toute personnelle que je livre ici.

Une belle lecture, d'autant plus troublante avec la voix d'Emmanuel Dekoninck qui colle parfaitement à l'histoire.

Un extrait de Gatsby le magnifique

La fiche du livre sur AUDIOLIB

Texte intégral lu par Emmanuel Dekoninck
Traduit de l'anglais par Jacques Tournier
Audiolib, mai 2013
Durée totale d'écoute : 6h10

Home (Toni Morrison)

lundi 6 mai 2013

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Démobilisé après la guerre de Corée, le jeune soldat américain Frank Money rentre au bercail. Il traverse le pays pour rejoindre sa soeur Cee en Géorgie et la ramener dans le village de leur enfance.

Voilà un roman atypique parce que court, mais incroyablement dense. Sur fond de ségrégation, on suit le périple de ce jeune noir traumatisé par la guerre, en proie à de terribles crises d'angoisse dont il ne parvient pas à se défaire. En parallèle, on découvre le destin de sa cadette, Cee. Ces deux êtres cabossés ont souffert ce que peu d'hommes et de femmes peuvent endurer et leur histoire n'est pas rose bonbon. Dès les premières lignes, on est dans le bain jusqu'au cou, impossible de sortir de cette atmosphère pesante et étouffante. Toni Morrison va à l'essentiel, elle ne s’embarrasse pas de fioritures,  son écriture est percutante.
C'est une histoire de rédemption, une histoire de souffrances, de quête de liberté pour Cee et son frère, auxquels la vie n'a pas souri jusqu'à présent. 

J'ai trouvé le style de Morrison (première fois que je lisais l'auteur) sublime mais j'ai d'emblée éprouvé un malaise avec ce livre. L'aspect glauque du récit m'a empêchée de ressentir une quelconque empathie pour les personnages, comme un instinct de protection. Sensation déroutante et étrange mais rencontre étonnante avec une écriture qui ne laisse pas insensible. Quant au choix du lecteur, encore une fois c'est un sans faute. La voix grave et envoûtante d'Anna Mouglalis est parfaite pour ce livre.

Ce roman m'a été recommandé par Mara, merci très chère !

La fiche du livre sur AUDIOLIB (avec des extraits)

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Texte intégral lu par Anna Mouglalis
Traduit de l'anglais par Christine Laferrière
Audiolib, mars 2013
Durée totale d'écoute : 4h00

La liste (Siobhan Vivian)

vendredi 3 mai 2013

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Au lycée de Mount Washington, une liste anonyme désigne les filles les plus belles et les plus moches de chaque niveau, de la troisième à la terminale. Personne ne sait qui en est l'auteur et la liste refait son apparition à chaque nouvelle rentrée. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la liste porte préjudice aux belles comme aux moches, et dès sa publication elle provoque de nombreux conflits. 

Un thème de départ qui avait le potentiel pour une histoire psychologique avec des personnages fouillés et avait tout pour me plaire. Or, si j'ai lu sans déplaisir La liste, j'ai néanmoins trouvé la façon de traiter ce sujet un peu fade. J'aurais voulu de vrais retournements de situation, davantage de suspense. Au final, j'ai trouvé ce roman sans surprises, avec un récit trop lisse à mon goût. Dommage, l'idée était intéressante mais l'auteur n'est pas allée assez loin.

Lire un extrait de La liste

Titre original : Graffiti moon
Traduit de l'américain par Valérie Le Plouhinec
Albin Michel Jeunesse (Wiz), 296 pages, 2013 pour l'édition française et 2010 pour l'édition originale

Norlande (Jérôme Leroy)

lundi 29 avril 2013

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Dans le pays imaginaire de Norlande, Clara est en convalescence à la clinique de la Reine-Astrid. De sa chambre, retirée du monde qui l'entoure, elle écrit, dans un cahier, une longue lettre destinée à son amie française Emilie, ce qui s'est passé huit mois auparavant, ce qui l'a conduite à cet endroit.

Norlande est une fiction librement inspirée de faits réels, l'attentat et la tuerie survenus en Norvège le 22 juillet 2011. Clara est une rescapée imaginaire qui raconte l'avant et l'après "l'Autre". Avant en Norlande, la liberté totale d'expression était de mise, il règnait dans le pays un climat de confiance et de paix. Les hauts personnages politiques n'étaient pas accompagnés par des garde du corps, les actes de violence étaient anecdotiques et le racisme inexistant. Puis sont apparus des mouvements radicaux aux idées dérangeantes. Pourtant, Clara, comme la plupart de ses concitoyens, ne s'imaginait pas qu'un jour, le visage de la Norlande paisible serait bouleversé à jamais.

Ce livre court mais percutant aborde des thèmes essentiels. A travers l'histoire romancée de Clara, le jeune lecteur est amené à réfléchir sur la liberté individuelle, sur la tolérance, le respect d'autrui. Il est aussi confronté directement au danger et à la violence des pensées extrémistes. 
Un roman qui se veut presque éducatif, marquant et bien écrit.

Les billets de Faelys et Yueyin

Syros (Rat noir), 146 pages, mars 2013

Graffiti Moon (Cath Crowley)

vendredi 26 avril 2013

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Un joli roman que celui-ci. 

Lucy et Ed, c'est de l'histoire ancienne depuis qu'il a eu les mains baladeuses lors de leur premier rencart et qu'elle lui a cassé le nez en représailles. Maintenant, Lucy rêve de rencontrer L'ombre, un grapheur mystérieux qui décore les murs de la ville la nuit. 

C'est une histoire d'amour, mais pas que. Un récit où se mêlent différentes visions de l'art, un récit poétique et onirique aussi. Entre rêve et réalité, tout au long d'une nuit étrange, Lucy et Ed vont (re)faire connaissance et démasquer L'ombre. Il y a de la douceur dans ce récit où il fait bon se lover. Pour autant, ce n'est pas une romance sirupeuse, bien au contraire. Les personnages sont un peu déjantés, un peu idéalistes ; il y a juste le grain de folie nécessaire pour éviter de tomber dans le cliché. Un roman très court à la narration rythmée et alternée entre Ed et Lucy. Un roman qui donne une impression d'évasion et de rêve bleu, et laisse son lecteur un petit peu orphelin au réveil.

- Tu fais une drôle de tête, me dit Jazz. A quoi tu penses ?
- A rien.
- C'est possible, ça ? s'enquiert Daisy. De ne penser absolument à rien ? Non, parce que parfois, je pose la question à Dylan, et c'est exactement ce qu'il me répond. Une fois, rien qu'une fois, j'aimerais qu'il me dise qu'il pense à la paix dans le monde ou à l'extinction des baleines, quelque chose comme ça.
- Ce n'est pas possible, l'informe Jazz.
- Si, quand-même. Il n'est pas complètement abruti.
- Non, je veux dire que ce n'est pas possible de ne penser à rien.

Le billet de Clarabel 

Titre original : Graffiti moon
Traduit de l'américain par Valérie Le Plouhinec
Albin Michel Jeunesse (Wiz), 296 pages, 2013 pour l'édition française et 2010 pour l'édition originale

La couleur des sentiments (Kathryn Stockett)

mercredi 24 avril 2013

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Tout ou presque a déjà été dit sur ce magnifique roman qui a tant fait parler de lui depuis sa sortie. Il a été réédité il y a peu en poche mais c'est dans sa version audio que j'ai souhaité le "lire".
J'avais découvert la sublime voix de Cachou Kirsh lors de ma première écoute d'un livre édité par Audiolib, Le goût des pépins de pomme et j'étais donc heureuse de la retrouver dans La couleur des sentiments. Ce que je ne savais pas, c'est que j'allais également être envoûtée par les voix des trois autres lectrices qui ont su interpréter à merveille les personnages du roman et leur donner vie. Je crois qu'avec cette écoute, je suis tombée irrémédiablement amoureuse des livres audio édités par Audiolib. Voilà, c'est dit. Parce que quand on aime, il faut le dire haut et fort.

Roman choral, La couleur des sentiments est une fiction inspirée par la vie de son auteur. Jackson, Mississippi, années soixante. En pleine période de ségrégation, trois femmes, deux noires et une blanche, vont se retrouver autour d'une idée un peu folle et téméraire, celle d'écrire un livre sur la condition des bonnes de couleur. Minny et Aibileen travaillent pour des blancs, elles élèvent leurs enfants depuis des années mais n'ont pas le droit d'utiliser les mêmes toilettes que leurs employeurs. Skeeter, elle, a été élevée par une bonne noire, Constantine, qui a mystérieusement quitté sa famille. 

Je ne serai pas longue dans ce billet, car d'autres ont exprimé avec talent tout le bien que je pense de ce roman, mais sachez que ce livre mérite pleinement son succès. Je n'ai pas vu les heures passer lorsque je l'écoutais et la fin est arrivée bien trop vite à mon goût. Kathryn Stockett a signé là un premier roman éblouissant de justesse. Dès les premiers mots l'ambiance est posée, on plonge directement dans cette Amérique où l'esclavage a cédé le pas à la séparation des races. On est au coeur du Mississippi, parmi les plantations de coton. L'air est moite, les bonnes de couleur attendent le bus dans leur uniforme blanc. Tout y est, on s'y croirait, pour de bon. Le thème n'est pas gai, mais c'est un roman qui se veut drôle, qui joue entre tendresse et cynisme, qui donne à réfléchir sur une période pas si lointaine que cela tout en faisant sourire le lecteur. Les personnages, et notamment les trois narratrices, sont admirablement campés, chacun avec ses failles et ses qualités (certains moins que d'autres en ce qui concerne les qualités). Une superbe histoire, vraiment.

Les chroniques de Theoma, Christelle, Clarabel, Clara, Sylire, Adalana, Caroline, Cess

La fiche du livre sur AUDIOLIB (avec des extraits)

Texte intégral lu par Nathalie Hons, Nathalie Hugo, Cachou Kirsh et la participation de Valérie Lemaître
Traduit de l'anglais par Pierre Girard
Audiolib, juin 2011
Durée totale d'écoute : 17h50

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Et dans la foulée, je n'ai pas su résister, j'ai regardé le film adapté du roman. Je suis toujours très critique quand il s'agit d'adaptations de livres que j'ai aimés, mais je dois reconnaître que ce film est réussi. Le scénario est fidèle au roman, chose assez rare pour être soulignée. Les acteurs sont bien choisis, mention spéciale pour Bryce Dallas Howard qui incarne Hilly à l'écran, cette jolie jeune femme joue à merveille les têtes à claque ! Les décors et l'atmosphère bien restitués, eux aussi. Au final c'est un bon (et long) film qui fait honneur au roman dont il est adapté.

La couleur des sentiments
Sorti le 26 octobre 2011 en France (2h 26min) 
Réalisé par Tate Taylor
Avec Emma Stone, Jessica Chastain, Viola Davis...

A toi pour la vie (Rachel Gibson)

vendredi 19 avril 2013

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Revenons à des choses légères, et notamment à cette romance qui figure parmi les dernières lues. Parfois je fais mauvaise pioche et passe sous silence certaines lectures, d'autres fois, et sans forcément que ce soit un titre qui révolutionne le genre, j'ai envie d'en laisser une trace ici.

Après dix ans d'absence, Delaney est de retour à Truly, Idaho, pour assister aux obsèques de son beau-père Harry et va y retrouver le fils illégitime de ce dernier, Nick. Les deux jeunes gens sont couchés sur le testament d'Harry, mais de bien curieuse manière :

(B) A ma fille, Delaney Shaw, je lègue le reste de mes biens corporels et l'autre moitié de ma succession qui n'aura pas été nommément attribuée ci-dessous, à la condition impérative qu'elle réside dans les limites strictes de la municipalité de Truly, Idaho, pendant une période d'un an afin de pouvoir prendre soin de sa mère. Ce délai court à compter de la notification du présent testament . Si Delaney refuse de s'y conformer, les biens et avoirs cités dans l'article III (B) seront attribués à mon fils, Nick Allegrazza.

(C) Je lègue à mon fils, Nick Allegrezza, les propriétés d'Angel Beach et de Silver Creek dont il disposera à sa guise à la condition expresse de s'abstenir de toute relation sexuelle avec Delaney Shaw pendant un an. En cas de refus de sa part , ou s'il contrevient à cette stipulation, les biens cités ci-dessus reviendront à Delaney Shaw.

Il est facile d'imaginer que la lecture de ce testament va faire l'effet d'une bombe chez les principaux intéressés. Va s'ensuivre entre Nick et Delaney une relation des plus complexes car si ces deux-là se détestent cordialement, ils sont aussi irrémédiablement attirés l'un par l'autre.

Une romance, qui, à l'image de son titre et de sa vilaine couverture, n'est pas exempte de clichés mais s'est révélée plaisante à lire et m'a divertie le temps d'une journée. J'ai aimé cette idée de testament qui place d'emblée les héros en compétition l'un avec l'autre.

Titre original : Truly madly yours
Traduit de l'américain par Maud Godoc
J'ai lu (Promesse), 373 pages, 1999 pour l'édition originale, 2011 pour l'édition française 

Nos étoiles contraires (John Green)

vendredi 12 avril 2013

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coupdecoeur.pngComment parler d'un livre dont bien d'autres lecteurs ont déjà amplement vanté les mérites ? Comment parler d'un livre qui m'a tellement touchée que j'ai eu l'impression qu'il avait été écrit juste pour moi, pour coller à ma perception des choses de la vie ? Comment parler d'un livre qui m'a tellement remuée que j'ai eu du mal à me convaincre que je n'avais pas perdu quelqu'un de proche dans la vraie vie mais seulement un personnage de fiction ? Comment parler d'un livre dans lequel j'ai relevé des passages toutes les vingt pages environ ? Comment parler d'un livre qui a été élu meilleur roman 2012 par le Time Magazine, mais dont la couverture racoleuse a failli me faire fuir ? Comment parler d'un livre aussi sublime, autrement qu'en me contentant de vous dire de le lire ?!

Nos étoiles contraires, c'est d'abord un titre, parfaitement trouvé (encore davantage en VO : "The fault in our stars") et qui invite à la lecture. Un titre c'est toujours important, c'est le premier contact avec le lecteur, bon ou mauvais.

Nos étoiles contraires, c'est ensuite une histoire, pas très gaie il est vrai. Celle d'Hazel, une jeune fille de 16 ans, atteinte d'un cancer de la thyroïde. Son traitement semble avoir stoppé l'évolution de la maladie mais elle est condamnée à moyen (long ?) terme. Mais nous le sommes tous, n'est-ce pas ? Mourir est inéluctable, la question c'est "quand ?" et surtout, "comment ?". En attendant ce jour fatidique, Hazel souffre déjà bien assez de son vivant, liée à une bouteille d'oxygène nuit et jour et parfois soumise à de terribles douleurs. Pourtant, elle tient la route, Hazel. Elle a les pieds sur terre, elle est consciente de son état, lucide. Elle ne s’apitoie pas sur son sort et elle tient compagnie à son ami Isaac lors des réunions du groupe de soutien hebdomadaire auxquelles de jeunes cancéreux assistent. Parce que, dans le fond, le groupe, elle s'en balance, c'est pour Isaac qu'elle s'y rend. Jusqu'au jour où elle y rencontre Augustus. 

Nos étoiles contraires, ce sont des personnages beaux à l'intérieur et à l'extérieur, humains, tellement touchants. 

Nos étoiles contraires, c'est une écriture étonnante de justesse, qui ne verse pas dans le pathos et vous fait passer du rire aux larmes en clin d'oeil.

Nos étoiles contraires, c'est un concentré d'émotions, un livre qui vous prend aux tripes dès les premières pages et vous touche l'âme. Un livre qui ne laisse pas indemne mais sonne vrai, parfois drôle, d'autres fois triste mais avec toujours en ligne de mire cet hymne à la vie.

Quand j'ai ouvert ce modeste salon il y a cinq années de cela, c'était précisément pour partager ce type de lectures, parce qu'un cadeau pareil, on ne peut pas le garder pour soi tout seul. "Ça frôle le génie. Ce livre est tout simplement dévastateur." Nous dit le Time Magazine. C'est exactement ça.

Mon livre préféré, et de loin, était Une impériale affliction, mais je n'aimais pas en parler. Il arrive qu'à la lecture de certains livres, on soit pris d'un prosélytisme étrange, tout à coup persuadé que le monde ne pourra tourner rond que lorsque tous les êtres humains jusqu'au dernier auront lu le livre en question. Et puis, il existe des livres, comme Une impériale affliction, des livres particuliers, rares et personnels, pour lesquels on ne peut pas manifester son attachement sans avoir l'impression de les trahir.

* * *

- Je vais lire ce livre qui a le titre le plus ennuyeux du monde et dans lequel il n'y a même pas de soldats de l'Empire galactique, a-t-il promis.
J'ai regretté aussitôt de lui en avoir parlé. Augustus s'est tourné vers le tas de livres au pied de sa table de nuit. Il en a pris un et il a écrit quelque chose sur la page de garde.
- Tout ce que je te demande en échange, c'est de lire celui-ci, il s'agit de la fascinante novélisation de mon jeu vidéo préféré.
J'ai rigolé et j'ai pris le livre qu'il me tendait, intitulé Le Prix de l'aube. Dans le feu de l'action, nos mains se sont maladroitement rencontrées, et il a saisi la mienne.
- Froid, a-t-il dit en appuyant un doigt sur mon poignet livide.
- Plutôt sous-oxygéné.
- J'adore quand tu utilises des termes techniques, a-t-il dit.
Il s'est levé, m'a aidée à me remettre debout et n'a pas lâché ma main jusqu'au bas de l'escalier.

* * *

Il m'a répondu deux minutes après.

OK.

Je lui ai renvoyé :

OK.

Il m'a répondu :

C'est bon, arrête de me draguer !

J'ai écrit :

OK.

Deux secondes après, mon téléphone vibrait.

Je blaguais, Hazel Grace. Je comprends. (Sauf qu'on sait tous les deux que "OK" est un mot extrêmement provocateur. Il DÉGOULINE de sensualité.)

* * *

- Si tu vas au Rijksmuseum, ce que j'aurais adoré faire - mais qu'est-ce que je raconte, aucun de nous deux n'est en état de visiter un musée. Mais bref, j'ai regardé la collection du Rijksmuseum sur Internet avant de partir. Si jamais tu y vas, et avec un peu de chance, tu iras un de ces jours, tu verras des tas de tableaux qui représentent des morts : Jésus sur la croix, des types qui se font poignarder dans le cou, d'autres qui meurent en mer ou sur un champ de bataille et une flopée de martyrs. Mais pas un seul enfant victime d'un cancer, pas un seul type qui meurt de la peste, de la variole, de la fièvre jaune ou d'un autre truc, parce qu'il n'y a aucune gloire à être malade, pas de sens à la maladie. On ne retire aucun honneur à mourir de maladie.

* * *

Pendant le vol du retour, à six mille mètres au-dessus des nuages, eux-mêmes à trois mille mètres au-dessus de la terre, Gus m'a dit :
- Il m'est arrivé de penser que ce serait génial de vivre sur un nuage.
- Oui, ai-je renchéri. Un peu comme dans les châteaux gonflables qu'il y a sur les plages, sauf que ce serait pour toujours.
- Et puis, un jour, au collège, M. Martinez, le prof de sciences, a demandé qui avait déjà rêvé de vivre dans les nuages, et toute la classe a levé la main. M. Martinez nous a alors expliqué qu'à cette altitude le vent soufflait à deux cent quarante kilomètres à l'heure, que le thermomètre affichait moins trente au-dessous de zéro, qu'il n'y avait pas d'oxygène et qu'on mourait en quelques secondes.
- Il a l'air sympa, ce M. Martinez.

* * *

- Les enfants ! a crié mollement Julie. J'espère seulement, a-t-elle ajouté en se tournant vers Gus, qu'ils deviendront des jeunes gens aussi réfléchis et intelligents que toi.
J'ai résisté à l'envie d'avoir un haut-le-coeur sonore.
- Il n'est pas aussi intelligent que ça, ai-je dit à Julie.
- Hazel a raison. C'est juste que la plupart des mecs canons sont stupides. Par conséquent, je me situe au-delà des espérances.
- Oui, il est avant tout sexy, ai-je déclaré.
- C'en est parfois aveuglant, a-t-il renchéri.
- D'ailleurs, Isaac, un de nos copains, est devenu aveugle à cause de ça.
- Quelle tragédie ! Mais comment puis-je m'empêcher d'être mortellement beau ?
- Tu ne peux pas.
- Ah, c'est un fardeau d'avoir un visage sublime.
- Sans parler de ton corps.
- Ne me lancez pas sur le sujet de mon corps parfait. Il faut éviter de me voir nu, Dave. Hazel Grace m'a vu nu et ça lui a coupé le souffle, a-t-il dit avec un petit signe de tête en direction de ma bombonne d'oxygène.

* * *

Tu m'as offert une éternité dans un nombre de jours limités.

Lecture commune avec Mara
Les copines qui m'ont donné envie de le lire : Cess et Mlle P.

Titre original : The fault in our stars
Traduit de l'américain par Catherine Gibert
Nathan, 330 pages, 2012 pour l'édition originale, 2013 pour l'édition française 

Western girl (Anne Percin)

mercredi 10 avril 2013

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C'est décidé, dorénavant, à chaque fois qu'un nouveau roman d'Anne Percin sortira, je le lirai ! Voilà ce que je me suis dit en après avoir terminé la série Comment (bien) rater ses vacances.
Et donc, j'ai lu Western girl quasiment dès sa sortie (Voilà qui n'est pas très convainquant alors que je viens vous en parler un mois après, ahem.). Ce fut une lecture trop courte à mon goût, et j'ai retrouvé avec grand plaisir la plume de cet auteur que j'affectionne particulièrement.

L'histoire est celle d'Elise, passionnée de chevaux et de tout ce qui touche à la culture western en général. Elle va réaliser un rêve, celui de passer trois semaines dans un ranch aux USA, Middle-West. Tout s'annonce pour le mieux jusqu'à ce que la jeune fille rencontre la bande de jeunes snobs avec qui elle va devoir cohabiter pendant son séjour là-bas. 

Elise est une héroïne comme je les aime, pas nunuche, avec du plomb dans la cervelle et de la personnalité. Western girl est en fait son journal intime dans lequel elle raconte son départ, son séjour et le retour. Elle y relate ses mésaventures et d'emblée le lecteur éprouve de la sympathie pour cette adolescente qui se démarque de ses pairs. Un texte moins caustique que la série consacrée à Maxime, plus léger aussi d'une certaine façon, mais drôle et vivant. Au passage on s'instruira un peu sur l'univers équestre et celui des rodéos en particulier et l'on relèvera un parallèle avec Orgueil et préjugés de Jane Austen. Un roman délicieux mais pas mièvre pour un sou.

Le billet de Clarabel

 Rouergue (doAdo), 200 pages, mars 2013

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