Couleurs de l'incendie

samedi 31 mars 2018

9782367625638-001-T.jpegCouleurs de l'incendie est la suite d'Au revoir là-haut, mais une suite qui peut tout-à-fait se lire indépendamment. Ce roman est centré sur Madeleine, un personnage secondaire du premier tome.

Le récit démarre en 1927, aux obsèques du père de Madeleine, Marcel Péricourt. En tant qu'héritière, elle doit logiquement prendre la tête de l'empire financier qu'il dirigeait, mais le destin va en décider autrement.
Madeleine va voir sa vie bouleversée et tenter de survivre dans un milieu d'hommes où règne la corruption et l'ambition. 

Je me demandais comment l'auteur allait pouvoir écrire une suite à Au revoir là-haut, mais en réalité, il s'agit bien, comme je l'indique en préambule de ce billet, d'une histoire indépendante. Dans ce tome-ci, le récit se déroule dans les années trente, à l'aube de la seconde guerre mondiale, et la petite histoire s'inscrit dans la grande. 
L'écriture de Pierre Lemaître est formidable, c'est un virtuose qui manie l'humour noir avec brio. On sent qu'il s'amuse et se délecte des situations dans lesquelles il place ses personnages. A ce propos - comme pour Au revoir là-haut -, dans la version audio, c'est l'auteur lui-même qui lit son texte et sa lecture met en exergue le ton insolent et cynique du récit. 
L'écouter et le lire est tout bonnement jubilatoire. Les événements se succèdent au fil des chapitres et l'écrivain n'en finit pas de nous surprendre. On se prend à douter, on se dit qu'il ne va tout de même pas oser, et puis l'on se rend à l'évidence, son imagination dépasse largement celle du lecteur ! Dès les premières lignes, le ton est donné,  mordant et effronté. J'ai adoré !
La version audio est, quant à elle, excellente. Le fait que ce soit l'auteur qui lise son propre texte (et le fasse remarquablement bien) apporte indéniablement un plus. Qui plus est, l’enregistrement du roman est suivi d'un entretien avec l'auteur, l'occasion de prolonger encore un peu le plaisir. 

Texte intégral lu par l'auteur
Audiolib, 2018
Durée totale d'écoute : 14h10

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La belle étoile (Cathy Cassidy)

samedi 17 mars 2018

005280212.jpgBien que La belle étoile soit présenté comme un one-shot, une pseudo-suite à ce roman est déjà annoncée pour juin, elle s'intitulera L'étoile rebelle et sera consacrée au personnage de Mouse (que l'on rencontre dans La belle étoile, donc). Bien entendu, les deux livres peuvent tout de même se lire indépendamment l'un de l'autre, comme c'était le cas des tomes de la série des Filles au chocolat.

Ici, il s'agit donc de l'histoire de Dizzy, douze ans, qui vit avec son père depuis l'âge de quatre ans lorsque sa mère les a quittés pour vivre à Katmandou.
Depuis, chaque année la jeune fille reçoit à l'occasion de son anniversaire une carte et parfois un cadeau, seuls signes de sa mère. Mais cette fois-ci, pour ses douze ans, la surprise est de taille puisque la maman de Dizzy est de retour. Mieux encore, elle propose à sa fille de faire avec elle une tournée de petits festivals de musique.

Sentiment mitigé au sortir de cette lecture. D'un côté j'ai aimé ce roman et lui ai trouvé les qualités habituelles des autres livres de l'auteur. De l'autre, l'histoire et le contexte m'ont mise mal à l'aise. Même si je sais que Cathy Cassidy, sous une apparence trompeuse de légèreté (renforcée par ces couvertures pimpantes et girly), traite des sujets profonds et parfois difficiles, là, pour le coup, j'ai trouvé l'atmosphère pesante et glauque. L'attitude de la mère de Dizzy et de son compagnon à l'égard de leur progéniture m'a glacé le sang, et a éclipsé le côté distrayant  du récit. L'ambiance baba cool avec la musique, la nature et la communauté m'est passée un peu au-dessus tant j'étais touchée et mal pour ces enfants dont on ne se préoccupe pas. Je ne sais pas si c'est le fait d'être moi-même mère et d'avoir des enfants de l'âge des héros de l'histoire, mais ça m'a bouleversée. Moralité, j'ai apprécié ce texte mais l'expérience de lecture était quelque peu désagréable, j'ai peiné à garder de la distance et je n'ai pas pu apprécier les aspects légers. 
Ce qui est certain, c'est que l'auteur a un talent indéniable et que son écriture est efficace et prenante.

Titre original : Dizzy
Traduit de l'anglais par Anne Guitton
Nathan, 240 pages, 2004 pour l'édition originale, 2018 pour la traduction française

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Qui veut la peau d'Anna C. ? (Sophie Henrionnet)

mercredi 14 mars 2018

9782824609072FS.gifJ'ai découvert la plume de Sophie Henrionnet à ses débuts, et depuis, je suis ses parutions. Qui veut la peau d'Anna C.  ? a séjourné un an dans ma PAL avant que je l'en sorte, il était plus que temps !

Marie, la trentaine, célibataire, exerce le métier de bibliothécaire. Sa supérieure tyrannique vient de mourir bêtement en s’étouffant avec un beignet ! Pour Marie, c'est une aubaine, elle va sans nul doute se retrouver promue. Malheureusement, la vie ne fait pas toujours de cadeaux et les choses ne vont pas se dérouler comme prévu. Pire, Marie va se retrouver mêlée à une affaire étrange...

Dans la même veine que Drôle de karma !, Qui veut la peau d'Anna C. ?  est une comédie avec une intrigue mystérieuse, façon roman policier. Malheureusement, les deux histoires ne se valent pas et j'ai pris moins de plaisir à lire cette dernière.
Le style de Sophie Henrionnet est toujours aussi chouette, elle possède un vrai talent d'écriture et j'apprécie énormément son humour. Ses livres se lisent de manière fluide, elle est en particulier très forte pour ce qui est des dialogues. C'est donc très agréable de se plonger sans ses écrits, quel qu'en soit le sujet. Par contre, je dois bien avouer que dans celui-ci, j'ai trouvé l'intrigue très faiblarde et trop superficielle, et ce roman m'a un peu déçue. 
Il reste que les personnages sont top, que l'humour est omniprésent et le style enlevé. On passe donc un bon moment, mais pour ma part, je préfère du même auteur Drôle de karma !, ou le génial Tout est sous contrôle que je vous recommande chaudement.

City éditions, 301 pages, 2017

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Papa de papier (Nadia Coste)

mercredi 21 février 2018

9782748524888FS.gifAyrton a passé une belle journée au collège, il a même obtenu un 18 sur 20 pour son travail en arts plastiques. En lui rendant son dessin, le professeur lui a dit qu'il avait un don. Mais il y a don et don... Celui du jeune garçon est un peu particulier. A présent, il va falloir rentrer à la maison et affronter son paternel. Depuis qu'il est au chômage, ce dernier est devenu un maniaque du ménage et ne sort plus de chez lui. Pire, il est devenu aigri et profère parfois des paroles blessantes. Ayrton ne reconnaît plus son père.

Ce petit roman traite de la maltraitance avec pour point de départ une idée originale. Cette entrée en matière allège l'histoire malgré son thème difficile. Le récit est immersif, on se prend rapidement d'affection pour ce jeune garçon qui suscite l'empathie.
Un joli texte qui aborde avec habileté et sans pathos un sujet sensible.

Syros (Tempo), 121 pages, 2018

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Fangirl (Rainbow Rowell)

samedi 17 février 2018

003739817.jpgCoupDeCoeur2016.pngDe Rainbow Rowell, j'avais déjà lu et eu un coup de cœur pour Eleanor & Park. Deuxième roman de l'auteur que je découvrais, donc, et deuxième coup de cœur ! Si cela n'est pas prometteur !...

Dans Fangirl, il y a une histoire d'amour et de rencontre entre deux personnages étonnants, mais c'est bien le seul point commun avec Eleanor & Park.
Dans ce roman, le thème principal (mais le roman ne se réduit pas à cela) est la fanfiction, et n'étant pas fan du genre moi-même, je me demandais si j'allais apprécier ce livre. Mes doutes se sont rapidement évanouis et j'ai compris dès les premières pages que j'allais adorer cette histoire, mieux, que ça deviendrait un coup de cœur.

Présentation de l'éditeur :

Cath et Wren sont des jumelles inséparables. Fans de Simon Snow, elles passent leur temps sur les forums consacrés à l’auteur. Mais la passion de Cath a tellement pris le pas sur sa vie que Wren lui annonce l’impensable : cette année, à la fac, elles feront chambre à part. L’une est prête à renoncer à ses rêves pour profiter dignement des joies de la vie estudiantine. L’autre est soudain projetée dans un univers hostile dans lequel tout le monde – ses profs, sa famille et sa colocataire – méprise la fanfiction. C’est alors qu’elle tombe sous le charme d’un obsédé de la littérature…

Ce roman, c'est donc à la fois un hommage à la fanfiction, un récit initiatique, une histoire d'amour hors normes, des personnages géniaux et énormément d'émotion.
Le récit de la vie de Cath à l'université est entrecoupé par des passages de fanfiction qu'elle écrit sur Simon Snow, et des passages de l'oeuvre originale dont elle s'inspire. On passe de l'un à l'autre sans transition et l'on découvre donc en parallèle les deux univers. D'un côté, Cath, jeune fille renfermée, angoissée, qui vit mal la séparation d'avec sa soeur et se réfugie dans l'écriture. De l'autre, les tribulations du jeune mage Simon Snow dans son école de magie aux côtés de son camarade de chambrée, Baz.
Les deux sont passionnants. J'ai aimé le personnage de Cath qui peine à entrer dans l'âge adulte, un peu paumée sans sa jumelle, en souffrance seule à l'université loin de chez elle. J'ai adoré découvrir l'univers de Simon Snow et celui de la fanfiction. J'ai trouvé l'écriture subtile, tout en suggestion. Les personnages - même secondaires - extrêmement bien campés et passionnants. Et j'ai totalement fondu avec l'histoire d'amour ! C'est un roman poignant, déroutant, addictif, qui vous plonge dans un autre monde dont on a du mal à s'extraire.

Titre original : Fangirl
Traduit de l'anglais par Cédric Degottex
Castelmore (version ebook), 429 pages, 2014 pour l'édition française, 2013 pour l'édition originale

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Rings #1 - Des perles en hiver (M. D. Haymel)

samedi 27 janvier 2018

9782414151943.jpgDes perles en hiver est le premier tome de la trilogie Rings, une série romantique et érotique.

L'histoire se déroule à Londres où nous faisons la connaissance de Samantha, une jeune femme passionnée par son métier de sage-femme. Charlie, sa meilleur amie, photographe de métier, va céder l'un de ses clichés lors d'une vente aux enchères réalisée au profit de la recherche contre le cancer. Au cours de cette soirée, Sam va rencontrer l'acquéreur de la photo de Charlie, un homme d'affaires imposant du nom de Tyler Cole.

Ce premier roman de l'auteur, s'il présente certes certaines maladresses, s'est révélé hautement addictif. Dans le premier tiers du livre, le style manque un peu de relief et reste quelque peu scolaire, mais par la suite, le ton de l'écriture change, on sent que la plume s'est déliée et la lecture gagne en fluidité. 
Ce que j'ai aimé dans ce roman, ce sont les touches personnelles qui transforment cette romance "classique" en une jolie histoire avec, en filigrane, des messages qui vont au-delà de la simple histoire d'amour.
J'ai aussi apprécié l'univers qui entoure l'héroïne, en particulier ses relations amicales, son travail et son implication auprès des enfants cancéreux. Tout cela concourt à faire de Sam un personnage auquel on a envie de s'attacher, même s'il est encore peu développé dans ce premier tome.
A ce propos, le récit courra sur les trois tomes et celui-ci ne peut être lu isolément, il appelle nécessairement une suite.

Globalement, j'ai passé un agréable moment de lecture, l'auteur maîtrise le schéma narratif et l'histoire est prenante, on a envie d'en connaître la suite !

Edilivre, 322 pages, 2017

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Une fois dans ma vie (Gilles Legardinier)

jeudi 28 décembre 2017

9782367624624-001-T.jpegPrésentation de l'éditeur :

Trois femmes, trois âges, trois amies que les hasards de l’existence et les épreuves ont rapprochées dans un lieu comme aucun autre. Trois façons d’aimer. Aucune ne semble conduire au bonheur. Séparément, elles sont perdues. Ensemble, elles ont une chance. Accrochées à leurs espoirs face aux tempêtes que leur réserve le destin, avec l’énergie et l’imagination propres à celles qui veulent s’en sortir, elles vont tenter le tout pour le tout. Personne ne dit que ça ne fera pas de dégâts…

J'aime assez cette présentation car elle  en dit peu et laisse le lecteur dans le flou. C'est dans cet état d'esprit que j'ai abordé le dernier roman en date de Gilles Legardinier. Je ne savais pas à quoi m'attendre et j'ai découvert au fil du temps de quoi il ressortait. 

Sachez simplement que si vous avez aimé les autres romans-feel good de l'auteur, celui-ci devrait vous plaire. Il y est question de théâtre, d'amitié, d'amour, d'entraide, de solidarité. J'ai retrouvé par moments dans ce récit le côté déjanté de Complètement cramé !  Cet aspect décalé, avec des personnages qui osent tout et partent dans des délires incontrôlés, ces répliques jouissives, cette soif de vie. 
Un roman qui est peut-être légèrement en-dessous des précédents mais qui offre un bon moment de lecture, un petit cocon de douceur hors du temps. J'ai beaucoup aimé. (Mention spéciale pour le personnage de Victor que j'ai adoré !)

Texte intégral lu par Valérie Marchant
Durée totale d'écoute : 10h55
Audiolib, 2017

Forbidden (Tabitha Suzuma)

mercredi 27 décembre 2017

004631742.jpgCoupDeCoeur2016.pngJ'ai enfin lu ce livre dont tout le monde parle. 

Pour présenter le sujet, les mots de l'éditeur :

Maya et Lochan ne sont pas des adolescents comme les autres. Élevés par une mère alcoolique et instable, ils sont livrés à eux-mêmes et n'ont d'autre choix que d'élever seuls le reste de la fratrie. Forcés de devenir adultes plus tôt que prévu, ils se soutiennent dans l'adversité et finissent par tomber amoureux. Lochan se sent seul au monde, et Maya est la seule à pouvoir le comprendre. Conscient de la monstruosité de cet amour, Lochan est prêt à tout pour bâillonner le désir et les sentiments que sa sœur lui inspire. Mais comment résister alors que Maya a besoin de lui autant qu'il a besoin d'elle ? Est-ce un crime de s'aimer si fort ?

A l'instar de bon nombre de lecteurs, j'ai pris une immense claque avec ce roman qui m'a fait vivre bien des émotions et m'a laissée  totalement sonnée.
Âmes sensibles, s'abstenir. Si vous voulez un feel-good book, passez votre chemin et revenez vers Forbidden lorsque vous serez dans une phase joie de vivre et paillettes. Mais revenez-y, car il ne faut pas passer à côté.
Vous l'avez lu dans la présentation ci-dessus, le thème de ce roman - l'inceste entre un frère et une sœur - n'est pas facile à traiter. Je m'attendais à être heurtée, voire choquée, or il n'en a rien été. Tabitha Suzuma prend le parti dans ce roman de choisir deux personnages abîmés par la vie. C'est un choix, et il s'avère que compte tenu du contexte du roman qui est glauque au possible, l'aspect incestueux "passe mieux". Je ne sais pas si je m'explique clairement. Ce que je veux dire, c'est qu'une relation incestueuse avec les mêmes personnages mais dans autre cadre de vie, m'aurait peut-être gênée. C'est le reproche que l'on peut faire à l'auteur, d'avoir délibérément choisi de placer ses personnages dans un milieu difficile, comme pour mieux faire passer la pilule de l'inceste au lecteur.
Ceci étant dit, je dois avouer que même si je me suis interrogée là-dessus, j'ai eu un immense coup de cœur pour ce livre étonnant et déroutant. Il y a une sensibilité exacerbée chez Tabitha Suzuma et son histoire oscille en permanence entre beauté et cruauté. On est malmené de la première à la dernière page, le roman se dévore en apnée et laisse une impression de vide et de douleur absolue. Quand je disais que ce n'est pas une lecture facile, je pèse mes mots, parce que franchement, on ne ressort pas indemne de ce livre.
Les personnages de Lochan et Maya sont magnifiques et suscitent d'emblée l'empathie. On voudrait les aider, les sortir de cette galère. L'insouciance de la jeunesse leur est interdite, ils ont des responsabilités bien trop lourdes pour leurs frêles épaules. Cette situation familiale terriblement injuste est pesante, chaque nouvelle scène qui révèle encore un peu plus la défaillance de cette mère alcoolique met les nerfs en pelote. On voudrait hurler, crier notre horreur et prendre ces enfants par la main pour leur trouver un foyer décent et aimant. Les voir s'enfoncer un peu plus chaque jour est très éprouvant.
Une lecture coup de poing, nécessaire et superbe.

Titre original  : Forbidden
Traduit de l'anglais par Florence Moreau
Milady (New Adult), 315 pages (version ebook), 2010 pour l'édition originale et 2017 pour la présente traduction

Le secret de la dame en rouge (Béatrice Bottet)

samedi 23 décembre 2017

9782367404868FS.gifDepuis la parution de sa merveilleuse duologie Rose-Aimée, j'attendais la sortie d'un nouveau roman de Béatrice Bottet. Ici, il s'agit a priori d'un tome unique et c'est bien là tout le défaut de cette histoire qui est trop courte à mon goût ! 

Fin XIXème siècle, Paris. Violette Baudoyer est une fille ordinaire le jour, mais la nuit elle se transforme en la talentueuse et mystérieuse voyante Madame Euryale. Grâce à son don, Violette devient sous la houlette de Madame Bouteloup qui l'a prise sous son aile, la coqueluche du Tout-Paris. Depuis l'enfance, et sans qu'elle puisse l'expliquer, elle parvient en effet à lire dans l'eau et à faire des prédictions. Alors que sa renommée va grandissant, c'est son passé qui d'un coup, la rattrape. Pendant ce temps, Florimond Valence, journaliste, enquête sur le meurtre d'une femme retrouvée le crâne ouvert dans une rue de la capitale.

Je le disais en préambule, le seul défaut que je trouve à ce roman, c'est le fait qu'il soit bien trop court. L'univers est riche, passionnant, et pourtant on se retrouve à la dernière page en un rien de temps. J'aurais aimé davantage de longueur pour ce texte, prendre le temps de l'immersion, creuser certains personnages que j'ai adorés mais dont on connaît que peu de choses. L'écriture est toujours aussi belle, travaillée, soignée, documentée. Le roman historique est un genre qui va bien à Béatrice Bottet, elle sait projeter son lecteur dans le Paris du XIXème en l'espace de quelques lignes. Elle campe une intrigue originale, qui, elle aussi, aurait pu être déployée sur davantage de pages. 
Voilà de belles retrouvailles avec Béatrice Bottet, maintenant j'espère que d'autres titres verront le jour, ou pourquoi pas une suite à celui-ci ?!

Scrineo, 405 pages, 2017

Tortues à l'infini (John Green)

mercredi 13 décembre 2017

9782075097444FS.gifLes visiteurs réguliers de ce salon savent à quel point Nos étoiles contraires, ma première rencontre avec l'oeuvre de John Green, a été pour moi une grande claque et un immense coup de cœur. Pour autant, je ne me suis pas précipitée pour découvrir d'autres titres de l'auteur, j'ai préféré prendre mon temps. J'ai donc lu l'an dernier Looking for Alaska (Qui es-tu Alaska ?) que j'ai beaucoup aimé. Et cette année, j'ai eu envie de lire son tout dernier roman. Sorti cinq ans après Nos étoiles contraires, Tortues à l'infini était très attendu par les millions de lecteurs de l'auteur, dont je fais partie. 

Il ne s'agit pas d'un livre comme les autres dans la biographie de John Green, mais de l'aboutissement d'un cheminement personnel. Ce récit, certes fictif, est bâti autour d'un sujet difficile, une maladie dont souffre l'auteur, le trouble obsessionnel compulsif. A travers ce livre, il s'est donc d'une certaine manière mis à nu, et son écriture n'a pas dû être simple ; on comprend mieux la longue attente avant cette publication.

Aza Holmes est une jeune lycéenne en apparence ordinaire, qui souffre d'une pathologie psychique. Des pensées obsessionnelles lui pourrissent l'existence et l'empêchent d'avoir des relations avec autrui. Même sa meilleure amie Daisy a parfois du mal à supporter son comportement.  Lorsque l'histoire débute, Aza apprend que le père d'un ancien copain vient de disparaître mystérieusement. Comme il s'agit d'un milliardaire, une prime de cent mille dollars est en jeu, et Daisy décide de mener l'enquête avec Aza.

Si mon résumé vous donne l'impression que Tortues à l'infini est un roman policier, détrompez-vous, car ici la partie enquête n'est qu'un prétexte pour la suite et passe rapidement au second plan. En réalité, c'est un roman centré sur la quête d'identité et la douleur psychique. Pas très gai me direz-vous. Mais avec John Green, tous les sujets, même les plus graves, sont traités sans pathos. La pilule de la gravité passe mieux avec son écriture décalée et cynique. 

Une fois encore, c'est ce que j'ai apprécié dans ce nouveau livre. John Green a un style unique et une acuité incroyable qui rendent ses histoires plus percutantes que si elles étaient écrites par un autre. Cela ne signifie pas que j'aime tout ce qu'il écrit, mais que je trouve toujours son écriture exceptionnelle, quel que soit le roman. Ce fut donc ici le cas, j'ai éprouvé un vif plaisir à "relire du John Green" alors que dans le fond, j'ai moyennement aimé ce roman.

Au moment d'écrire cette chronique et de réfléchir aux arguments que j'allais avancer pour expliquer le sentiment de légère déception que j'ai ressenti au sortir de cette lecture, j'ai eu dû mal à mettre précisément le doigt sur ce qui m'a déplu ou manqué.
Je crois que j'ai eu du mal à m'attacher aux personnages alors qu'ils ne sont pourtant pas banals. Disons que, étant donné le sujet du roman, je m'attendais à un ascenseur émotionnel à l'instar de Nos étoiles contraires. Or, cela n'a pas été le cas, j'ai mis les deux tiers du bouquin avant de  ressentir de vraies émotions et de l'empathie pour Aza. Jusque-là, je suis restée en dehors, incapable de m’immerger dans le récit. Et je ne sais pas pourquoi, car très honnêtement, l'écriture de John Green est percutante comme dans ses autres romans.
Dans la dernière partie, j'ai ressenti une intensité grandissante et beaucoup aimé la fin. Malheureusement, cela n'a pas suffi à "compenser" le reste.

C'est donc un avis mitigé que j'émets vis-à-vis de ce roman.
Un sujet difficile traité avec pudeur et brio, une écriture incroyable, un univers étonnant, des personnages forts, Tortues à l'infini possède tout cela, c'est un très bon livre, mais je suis restée en dehors pendant la majeure partie du temps.

Si vous aussi vous l'avez lu, j'aimerais échanger avec vous sur cette lecture. Qu'en avez-vous pensé, qu'est-ce qui vous a plu/déplu ?

Vous avez peut-être déjà été amoureux. Je veux dire vraiment amoureux, d'un amour que ma grand-mère décrivait en citant la Première Lettre de saint Paul aux Corinthiens qui dit que l'amour est patient et plein de bonté, qu'il n'est point envieux ni vantard, qu'il croit tout, qu'il espère tout, qu'il supporte tout. Je n'aime pas trop balancer le mot "amour" à tort et à travers ; c'est un sentiment trop merveilleux, trop rare, pour le dévaloriser par un usage abusif du terme. On peut vivre une bonne vie sans jamais connaître le véritable amour (dans la version corinthienne du sens, je veux dire). Mais j'ai eu la chance  de le rencontrer avec Harold.
Harold était une Toyota Corolla vieille de seize ans de couleur turquoise.

Titre original : Turtles All the Way Down
Traduit de l'américain par Catherine Gibert
Gallimard Jeunesse, 340 pages, 2017 pour l'édition originale, et pour l'édition française

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