Qui comme Ulysse (Georges Flipo)

jeudi 12 février 2009

Je m'attendais à un recueil sur le thème du voyage, et il n'en est rien. Même si les différentes nouvelles de Qui comme Ulysse se situent aux quatre coins du monde, on ne ressent pas de véritable dépaysement dans cette lecture. Le véritable voyage dans ces nouvelles, me semble-t-il, c'est le voyage intérieur, au coeur de l'humain. Des portraits réalistes, pas d'édulcorant, un ton parfois acide... une vision assez dure (mais exacte) de l'humanité.
Si certaines nouvelles sont sombres, d'autres sont plus douces, on y sent pointer une certaine tendresse... On retrouve également dans le recueil un soupçon de fantastique comme c'est le cas dans Le voyage vers le frère, une nouvelle qui m'a marquée.
Même si l'ensemble ne m'a pas complètement séduite, j'ai lu cet ouvrage sans déplaisir et en ai apprécié l'originalité et la fluidité de l'écriture.

Le blog de l'auteur, que je remercie de m'avoir fait découvrir son ouvrage.

D'autres avis : Caro[line], Fashion, Stéphanie, Tamara, Florinette, Chatperlipopette, Cathulu... to be continued

Anne Carrière - 252 pages

Les beaux dimanches (Magali Duru)

mercredi 11 juin 2008

Ce recueil de nouvelles m'a laissé une très belle impression.

Ce qui m'a le plus marquée, c'est, je crois, l'écriture de Magali Duru. Une écriture esthétique, émouvante.
J'ai également apprécié le fait que les onze nouvelles composant le recueil ne soient pas reliées par un fil conducteur et appartiennent à des univers fort différents.
Cette variété de textes montre d'ailleurs le talent de l'auteur qui parvient à nous captiver quelle que soit l'histoire, passant chaque fois avec brio d'une atmosphère à une autre. Elle maîtrise aussi l'art de la chute, nous surprenant là où on ne l'attendait pas, que ce soit avec des fins cruelles ou douces ; les deux lui vont bien.

Ma préférence va de loin à la première nouvelle, intitulée Le maître des kanji, dont l'écriture est tout simplement sublime. Je me suis arrêtée à plusieurs reprises pour relire des passages et m'imprégner de la beauté des mots. Du pur nectar, vraiment.

Au final, un excellent moment de lecture. Lorsque je lis un ouvrage de cette qualité, j'en redemande ! Un talent à suivre de près...

Merci à Fashion pour cette jolie découverte.

Les avis de Fashion, Florinette, Goelen.

Et pour le plaisir, le blog de Magali Duru.

Quadrature - 135 pages

Contes et nouvelles (Oscar Wilde)

samedi 29 mars 2008

Il n'est pas trop tard pour honorer St Patrick, patron des irlandais...

J'ai eu envie de relire des écrits d'Oscar Wilde, et je me suis donc replongée dans un volume qui rassemble plusieurs des contes et nouvelles de l'auteur. Mais l'ouvrage ayant bien vécu et se trouvant dans un piteux état, toutes les pages ont commencé à se détacher, et j'ai donc décidé de le remplacer et de m'offrir un volume qui regroupe, semble-t-il, la quasi totalité de l'oeuvre d'Oscar Wilde.

Dans ce beau volume tout neuf, j'ai (re)lu :

Le spectre des Canterville
Cette nouvelle (ou conte) fantastique d'une quarantaine de pages est sous-titrée Fantaisie hylo-idéaliste (l'hylo-idéalisme, est, si j'ai bien compris, une doctrine philosophique qui soutient que la réalité réside dans l'objet de la croyance en tant que tel ; autrement dit, si on croit en une chose, c'est qu'elle existe).
Une riche famille américaine (les Otis) fait l'acquisition d'une propriété anglaise appartenant à Lord Canterville. Au moment de la vente, ce dernier, contre toute attente, met en garde les acquéreurs : un revenant hante la demeure ! Mais il en faut davantage pour impressionner des américains matérialistes...
Les Otis s'installent donc dans leur nouveau domicile et font connaissance avec le fameux fantôme qui va vite se mordre les doigts d'avoir tenté de les effrayer !
Une histoire désopilante, qui, derrière des farces bon enfant se veut une critique de deux sociétés opposées. Une société britannique conservatrice qui s'appuie sur des valeurs ancestrales d'une part, une société américaine moderne basée sur le matérialisme d'autre part. De la rencontre de ces deux cultures, il résulte un humour grinçant, mais pas acerbe. Finalement, anglais et américains vont se retrouver autour d'un événement inattendu.
Une lecture très agréable, et faussement légère...

Le Sphinx sans secret
Une très brève nouvelle qui nous montre que, décidément, la curiosité est un vilain défaut (se reconnaîtra qui veut ! ;-) ). Ici, il est fait référence au Sphinx de la mythologie grecque qui était détenteur d'un secret. L'expression "sphinx sans secret" a été réutilisée plusieurs fois par Oscar Wilde dans son oeuvre pour décrire la gente féminine ; une expression qu'il aurait empruntée à Schopenhauer.
Si le coeur vous en dit, vous pourrez lire cette nouvelle ici.

Le millionnaire modèle
Une autre très courte nouvelle qui nous prouve, une fois de plus, que l'habit ne fait pas le moine. J'ai bien aimé la conclusion qui prend la forme d'un jeu de mots.
Vous pouvez la lire ici.

* * *

J'ai ensuite lu (relu pour certains) ce qui correspond au premier volume de contes d'Oscar Wilde, publié pour la première fois en 1888. Ce volume était composé de cinq contes. Ces contes s'adressent davantage aux adultes qu'aux jeunes lecteurs, même si des enfants peuvent en apprécier les histoires. Leur richesse permet en effet une lecture à plusieurs niveaux. A ce titre, j'ai apprécié les nombreuses annotations présentes dans l'ouvrage qui m'ont éclairée à plusieurs reprises dans ma lecture.

Le prince heureux
Les contes d'Oscar Wilde sont souvent méconnus.
J'ai découvert celui-ci très jeune puisqu'il faisait partie d'un recueil de contes (de différents auteurs) que ma mère me  lisait souvent lorsque j'étais enfant. Je me rappelle en particulier les illustrations magnifiques qui accompagnaient ce texte.
Je qualifierais presque Le prince heureux de "conte humaniste". Le prince est en réalité une statue qui observe la ville et veille sur elle à sa façon. L'histoire est belle, mélancolique et porteuse d'espoir à la fois. Derrière le côté merveilleux, on retrouve la plume grinçante de l'auteur qui n'hésite pas à carricaturer certains personnages de la société.

Le rossignol et la rose
Un conte très bref sur l'amour et ce qu'il implique. Dans ce texte, l'auteur ne met pas vraiment en valeur le sentiment amoureux, au contraire il semble le juger de façon critique et sévère. En réalité, dans l'histoire, c'est le rossignol qui est le vériatble amoureux, tandis que, selon les propres termes de l'auteur, la jeune fille et l'étudiant "en sont indignes". La chute m'a rendue quelque peu perplexe...
Vous pourrez le lire ici.

Le géant égoïste
Un conte classique pour les enfants que j'ai déjà vu en format album.
L'histoire d'un géant qui ne veut pas que les enfants jouent dans son jardin. Alors, commence l'hiver...
Une jolie histoire sur les thèmes du partage et du bonheur, accessible aux plus petits.

L'ami dévoué
Ce conte terriblement cruel m'a remuée. Il y est question de l'égoïsme de l'humain et de la fausse définition que se font certains de l'amitié. On voudrait sauver ce petit Hans qui court à sa perte...

La fusée remarquable
Le début de l'histoire rappelle un peu celle de L'ami dévoué, mais avec ton plus léger et une issue plutôt drôle. Là encore, sous couvert d'un conte, Oscar Wilde fait la critique de certains comportements humains dans la société, tels la vanité et l'égoïsme.

* * * 

Si vous cherchez d'autres billets de lecture sur l'oeuvre de ce cher Oscar, vous trouverez votre bonheur chez :

- Aelys qui a lu deux autres contes, L'anniversaire de l'infante et L'enfant de l'étoile
- Caro[line] qui a lu le roman Le portrait de Dorian Gray
- Praline qui a lu les mêmes contes que moi mais aussi la pièce de théâtre Salomé

Je vous renvoie également au billet que j'avais publié au sujet de ses Aphorismes, petit recueil dans lequel vous trouverez un condensé de ses bons mots...

NB : je ne suis pas du tout pour les e-books, mais étant donné la brièveté de certains des textes que j'ai lus, j'ai pensé que ce pouvait être un point de départ de les lire en ligne pour s'en faire une idée. Mais par pitié, si vous êtes sensible au style d'Oscar Wilde, lisez-le dans un vrai livre !

Le livre de poche (collection La pochothèque) - 1510 pages

Nouvelles de Bretagne (Collectif)

mardi 5 février 2008

Cet ouvrage, distribué gracieusement par le Centre régional du livre en Bretagne a été publié à l'occasion de la Quinzaine des éditeurs de Bretagne de mai 2007. Le thème choisi était Libraires, Librairies, et huit nouvelles ont été retenues ; sept en français et une huitième en breton.

Globalement j'ai passé un agréable moment de lecture en compagnie de ces Danevelloù Breizh, même si je les ai trouvées inégales.

Ma préférée est la première du recueil, Sol invictus de Fabien Lécuyer. Un vieux couple vient quotidiennement dans un café-librairie, jusqu'au jour ou la serveuse voit arriver l'homme tout seul. Commence alors le récit de leur histoire... L'écriture est délicate, pudique, et j'ai particulièrement aimé cette idée de récit à partir des livres.

J'ai apprécié également la nouvelle de Jacques Thomassaint, Sous le sable, davantage pour son style d'écriture que pour l'histoire en elle-même. Une écriture à la fois simple et poétique dont j'ai déjà parlé à propos de son ouvrage Le voyage à Perros et à laquelle je suis très sensible.

Deux autres nouvelles m'ont plu par leur humour, bien que de style très différent. Celle de Patrick Pommier intitulée Mort à Denise, une nouvelle policière si l'on veut, à la chute un peu attendue, mais drôle. Et celle de Sylvie Le Bras, Le stagiaire, une parfaite étude de la délicieuse période de l'adolescence !

La dernière nouvelle, écrite en breton, m'est restée inaccessible, à mon grand regret, et les trois autres ne m'ont pas touchée.

Je salue cette jolie initiative qui permet de découvrir des auteurs.

Les avis d'autres lecteurs bretons : Majanissa qui me l'a expédié, Katell, Sylire, Joëlle et Yvon qui a fait voyager ce livre (MERCI !).

Centre régional du livre en Bretagne - 95 pages

Patrouille de pêche (Jack London)

mardi 22 janvier 2008

Patrouille de pêche est un recueil de nouvelles (écrites entre 1902 et 1904) divisé en trois parties.

A l'âge de 16 ans, Jack London est enrôlé dans la patrouille de pêche de San Francisco, chargée de surveiller et protéger la baie des "pêcheurs-pirates". C'est cette expérience qu'il relate dans le premier volet éponyme de l'ouvrage. Entre réalité et fiction, l'auteur retrace en huit nouvelles les aventures marquantes vécues au sein de la patrouille. D'un récit à l'autre, on retrouve les mêmes personnages : Jack London, son compagnon de patrouille Charley Le Grant, le patron Neil Partington, et certains braconniers qui participent de plusieurs histoires. Ce qui ressort de ces nouvelles, davantage que la lutte contre le braconnage (finalement le véritable adversaire c'est l'environnement, la mer et le vent), c'est la passion de l'auteur pour la voile, son côté aventurier, mais aussi profondément humain. Le ton est enlevé, et la lecture - très plaisante - ne pâtit pas d'un vocabulaire maritime pourtant pointu et très présent (cf. glossaire à la fin de ce billet) ; on suit avec intérêt ce combat des hommes face aux éléments. C'est la partie du recueil que j'ai préférée des trois, notamment parce qu'elle retrace un peu de la vie de Jack London dans un monde cosmopolite et insolite. Pour clore ce chapitre, vient, après les nouvelles, une lettre écrite par l'auteur au rédacteur en chef du Youth's Companion, dans laquelle il explique comment il a écrit les récits de Patrouille de pêche, et quelle est la part de fiction et de réalité dans ceux-ci.

Suit un unique récit intitulé A bord d'un petit voilier, véritable éloge de la navigation à voile. Ce texte lyrique explique combien naviguer est une activité complète, mobilisant à la fois le corps et l'esprit ; en somme, "le plus bel exercice pour un jeune garçon, un adolescent et un homme".

Le dernier volet du recueil rassemble cinq nouvelles consacrées à une autre expérience maritime de l'auteur : celle de son voyage en 1893 à bord de la goélette Sophia-Sutherland pour chasser le phoque. Là aussi, la réalité alterne avec la fiction dans des récits qui se passent en mer de Behring, au large du Japon.

J'ai apprécié cette lecture, cette plongée (au sens propre et figuré !) dans le monde rude des marins. Patrouille de pêche, est, paraît-il, un excellent préambule aux romans maritimes que Jack London a écrits par la suite. A souligner que cette édition propose une préface très intéressante (d'habitude, les préfaces m'ennuient à mourir) qui revient sur certains aspects de la vie de l'auteur.

Phébus (collection Phébus libretto) - 198 pages



VOCABULAIRE MARITIME

Pour parfaire cet ouvrage, un glossaire du vocabulaire maritime ainsi qu'une carte pour situer les différents voyages auraient été les bienvenus.
J'ai tenté de répondre à mon premier souhait en vous proposant la définition de quelques termes maritimes - connus ou moins connus - rencontrés dans cet ouvrage et qui en facilitent la lecture.

amure : côté d'où un bateau reçoit le vent (ex : tribord amures)
beaupré : mât placé à l'avant du navire, plus ou moins obliquement
bordage : planche ou tôle longitudinale recouvrant la charpente d'un navire
bordé : ensemble des bordages
border : tendre les écoutes d'une voile pour la raidir
brigantine : voile trapézoïdale de l'arrière
choquer : contraire de border, laisser filer une écoute, un cordage
cordeau : ligne de fond pour la pêche
culer : aller en arrière
foc : voile triangulaire à l'avant du navire
gui : synonyme de bôme (vieilli)
hauban : cordage ou câble servant à assujettir un mât par le travers ou par l'arrière
hiloire : bordure verticale d'un panneau pour empêcher l'eau de pénétrer dans le navire
hunier : voile carrée située au-dessus des voiles basses
laize : bande de toile d'une voile
lofer : faire venir le navire plus près du vent
misaine : voile basse du mât de l'avant du navire
ris : chacune des bandes horizontales des voiles, qu'on replie pour diminuer la surface de voilure
sloop : petit navire avec un seul mât vertical
trinquette : foc le plus proche du mat ou de la misaine
youyou : petit canot court et large utilisé pour la navette entre les bateaux au mouillage et les quais

Un gros bobard et autres racontars (Jorn Riel)

dimanche 6 janvier 2008

Ce recueil de nouvelles a été écrit après La vierge froide et autres racontars ; il est construit sur le même principe, à mi-chemin entre roman et nouvelles. Il fait partie de la série des "racontars arctiques" (au nombre de sept me semble-t-il, à confirmer). J'ai retrouvé avec plaisir les personnages dont j'avais fait la connaissance ; il me sont maintenant devenus familiers, et j'ai presque l'impression d'appartenir à leur famille ! J'ai une affection toute particulière pour Valfred, dont la majeure partie de l'emploi du temps est consacrée à dormir !  J'aime la façon qu'a Jorn Riel de faire dialoguer ses personnages ; un franc-parler sans retenue, sans pudeur, mais jamais vulgaire. C'est drôle, complètement loufoque, on se demande où l'auteur trouve de telles idées ! J'ai beaucoup apprécié cette lecture, tout comme j'avais apprécié La vierge froide et autres racontars et je vous recommande donc Un gros bobard et autres racontars. Je vais m'arrêter là pour là pour les racontars, mais probablement lirai-je les autres volumes de cette série un jour. J'ai maintenant envie de découvrir le reste de l'oeuvre de Jorn Riel. Affaire à suivre...

Gaïa Editions (collection 10/18 Domaine étranger) - 152 pages

La vierge froide et autres racontars (Jorn Riel)

mardi 1 janvier 2008

La vierge froide et autres racontars est une lecture à la fois dépaysante et hilarante. La particularité de ce recueil est de présenter dix nouvelles connectées les unes aux autres par les personnages dont elles racontent des tranches de vie.
Ces histoires se passent sur la côte nord-est du Groenland. Sur cette terre inhospitalière, des hommes - des trappeurs - partagent la même aventure de la survie dans le grand froid. Des destins liés, des rêves fous et inavoués, des désirs, des angoisses, des obsessions... on ne ressort pas indemne de plusieurs mois passés sur la banquise. Ces récits de fiction sont inspirés du vécu de Jorn Riel qui a cotoyé Paul-Emile Victor. On y découvre les difficiles conditions de vie de ces hommes au travers du regard cynique et humoristique de l'auteur ; un humour décalé, comme j'aime. On se prend d'affection pour ces personnages déjantés mais tellement sympathiques et humains. Au début de l'ouvrage une carte de la région avec les noms des différents personnages nous permet de visualiser les aventures qui nous sont contées.

Je crois bien que c'est mon premier contact avec la littérature scandinave et je dois dire que j'ai complètement accroché avec le style d'écriture de Jorn Riel. Je compte bien découvrir le reste de son oeuvre.

Lu dans la cadre du Blogoclub de lecture

Gaïa Editions (collection 10/18 Domaine étranger) - 157 pages

Dessine-moi un coq (Spôjmaï Zariâb)

mardi 18 décembre 2007

J'aurais presque envie d'écrire simplement " A lire ! " et de poster ce billet, mais je ne suis pas certaine que cela suffirait à convaincre les foules ! Mais qu'écrire au sujet de Dessine-moi un coq ? Je me sens minuscule après les mots (et les maux aussi, tiens) de Spojmaï Zariâb...
Elle est afghane, exilée en France depuis 1991 avec son mari et ses enfants, et elle écrit en persan.
La particularité de ce recueil est de rassembler sept nouvelles écrites sur une longue période (1978-2002) ; un choix de Spojmaï Zariâb qui souhaitait que ses nouvelles soient regroupées en fonction d'une thématique plutôt que chronologiquement.
Dessine-moi un coq aurait pour thème l'enfance, selon Didier Leroy (traducteur du texte en français). Une définition un peu réductrice de ces nouvelles, qui, s'il est vrai qu'elles mettent toutes en scène des enfants, traitent aussi et surtout d'autres thèmes essentiels aux yeux de l'auteur : la condition de la femme en Afghanistan, l'amour maternel, la cruauté, les difficultés de l'exil ...
J'ai aimé chaque nouvelle avec une préférence pour Dessine-moi un coq et Quand les chats deviennent des hommes. Une langue belle, poétique, pour conter la douleur, la tyrannie, mais aussi entre les lignes les joies et l'innocence de l'enfance. Un superbe recueil qui me conduira naturellement vers les autres ouvrages de cet auteur.

NB : je trouve magnifique la photo de la couverture, que j'ai admirée un instant à chaque fois que j'ai repris le livre ...

L'avis de Laurence qui m'a donné envie de lire ces nouvelles, merci pour cette jolie découverte.

Editions de l'Aube (collection L'aube poche) - 98 pages

Matin brun (Franck Pavloff)

mardi 11 décembre 2007

Quatrième de couverture : " Charlie et son copain vivent une époque trouble, celle de la montée d'un régime politique extrême : l'Etat brun.
Dans la vie, ils vont d'une façon bien ordinaire : entre bière et belote. Ni des héros, ni de purs salauds. Simplement, pour éviter les ennuis, ils détournent les yeux.
Sait-on assez où risquent de nous mener collectivement les petites lâchetés de chacun d'entre nous ?"


Comme le disait Cathulu, une lecture indispensable s'il en est.
Les mots de Franck Pavloff sont simples, mais efficaces. On assiste à la naissance soudaine et fulgurante d'un état totalitaire qui se produit à l'insu même des deux personnages de l'histoire. Et si c'était nous ? Une nouvelle qui fait froid dans le dos.

Cheyne - 10 pages

Court, noir, sans sucre (Emmanuelle Urien)

dimanche 9 décembre 2007

Un recueil de treize courtes (très courtes) nouvelles avec pour dénominateur commun la douleur (essentiellement psychique) et la mort. J'avais repéré depuis un bon moment cet ouvrage chez Cathulu, à la fois séduite par la couverture que je trouve superbe et la thématique de ces nouvelles. J'aime les histoires noires, acides qui suggèrent le pire sans jamais sombrer dans le sordide ou le sanguinolent.  Court, noir, sans sucre correspond à cela ; des nouvelles qui racontent le pire mais sans trop en dire, laissant le soin au lecteur de deviner l'horreur entre les lignes. Une écriture directe, efficace sans-doute, mais qui malheureusement ne m'a pas touchée. L'alchimie n'a pas pris. Et ce n'est pas faute d'avoir lu d'élogieuses critiques ; ce livre a fait l'unanimité chez les blogueurs que je visite régulièrement. Je partais donc avec un a priori très positif, impatiente de découvrir enfin ces nouvelles, me demandant si je n'allais pas être émue aux larmes ... Et bien non. Je ne peux pas dire que je sois insensible aux thèmes abordés, mais je n'ai pas accroché avec ces nouvelles. Je n'ai pas ressenti d'émotion même lorsque les mots me contaient le pire. Il a fallu que je me force à terminer ce recueil qui m'a bien vite lassée. Une seule nouvelle retiendra mon attention : Les mouches. Malgré son extrême violence, je l'ai trouvée belle.  Voilà, je me suis demandée pourquoi je n'avais pas aimé alors que tout le monde semble apprécier ce livre, ça m'a même frustrée, mais quand la magie ne prend pas, il faut se résigner.

Ce livre est un livre-voyageur qui est parti de chez Fashion que je remercie de m'avoir mise dans la boucle.

Depuis que Fashion l'a lu, il est passé chez Clarabel puis chez Rose. Il repart maintenant de chez moi vers Cely.

L'être minuscule - 118 pages

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