13 à table ! (Collectif)

mardi 10 février 2015

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J'avais envie de vous parler de ce recueil de nouvelles car c'est une belle surprise. Soyons honnêtes, si j'ai acheté ce livre, c'est avant tout pour la cause (1 livre acheté = 3 repas distribués aux restaurants du coeur) et je n'en attendais pas grand chose. Puis je l'ai lu, et je dois dire, moi qui n'aime guère les nouvelles, que c'est un recueil de qualité et que j'ai vraiment apprécié la grande majorité des textes qui s'y trouvent.
La thématique commune est celle du repas et presque tous les auteurs se sont pliés à cette contrainte pour proposer des histoires qui se passent en grande partie à table. Bien entendu, chaque nouvelle envisage le thème sous un angle qui lui est propre, et le résultat est vraiment étonnant. Dans ce livre, il y a de l'humour, du suspense, du fantastique, des émotions... on passe d'une nouvelle à l'autre avec un plaisir toujours renouvelé et au final c'est un excellent moment de lecture. 


Les auteurs de ce recueil : Françoise Bourdin, Maxime Chattam, Alexandra Lapierre, Agnès Ledig, Gilles Legardinier, Pierre Lemaitre, Marc Levy, Guillaume Musso, Jean-Marie Périer, Tatiana de Rosnay, Eric-Emmanuel Schmitt, Frank Thilliez, Bernard Werber

Pocket, 273 pages, 2014

Let it snow (John Green, Maureen Johnson, Lauren Myracle)

lundi 26 janvier 2015

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A la période de Noël, j'avais des envies de romances sur le thème des fêtes de fin d'année, sur l'hiver... Bref, ce recueil de trois nouvelles m'a de suite fait de l'oeil (sans compter que John Green en est l'un des auteurs) et, cerise sur le gâteau, j'ai embarqué Mara dans une lecture commune.

Malheureusement, ces histoires n'ont pas remporté notre adhésion et je dois dire, à titre personnel, que si je les ai lues sans déplaisir, je me suis tout de même un peu ennuyée... Déjà, elles manquent cruellement de cet esprit de Noël que je cherchais à retrouver dans ma lecture. Ensuite, ces nouvelles sont gentillettes, manquent à mon goût de passion et semblent plutôt destinées à un lectorat jeune. Les personnages sont attachants mais ce qui leur arrive n'est pas très excitant, les intrigues sont parfois tirées par les cheveux ou dépourvues d'originalité. Un moment agréable, donc, mais aussi vite lu, aussi vite oublié.

Le billet de Mara

Penguin books, 356 pages, 2013 pour la présente édition

Comme des trains dans la nuit (Anne Percin)

lundi 8 décembre 2014

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Les habitués de ce salon savent que la nouvelle n'est pas mon genre de prédilection. Mais ça, c'était avant de découvrir ce recueil. J'aime l'écriture d'Anne Percin, ce n'est pas une nouveauté, j'attends avec impatience chaque nouveau livre de sa plume (et fort heureusement je n'ai pas encore lu tous ses livres). Elle ne m'a jamais déçue, même si, bien sûr, j'aime certains titres plus que d'autres. Mais celui-ci, contre toute attente, va rejoindre ceux que j'ai préférés. 

C'est un petit volume qui regroupe quatre nouvelles : Comme des trains dans la nuit, Loin des hommes, Nirvana et La forge. Quatre nouvelles qui mettent en scène de jeunes héros en route vers l'âge adulte. Parfois ils trouvent la voie du bonheur, d'autres fois ils se trompent de chemin mais tous ont en commun d'être bien vivants, en quête de liberté. Ce ne sont pas des héros solitaires, ils vont par binômes, compagnons d'infortune ou de délire, amoureux ou amis. Hormis ces caractéristiques, les quatre textes portent sur des thématiques bien différentes et chacun a sa propre écriture. Anne Percin adapte son style à chaque duo et à chaque histoire, et il est vraiment étonnant de se dire que toutes les nouvelles sont bien écrites par le même auteur.

J'ai trouvé ce recueil magnifique et j'ai été très touchée, une fois encore, par la sensibilité de l'auteur et par sa perception du monde. Ma préférence va à la nouvelle Loin des hommes, qui raconte la première fois de deux adolescents, étonnante de pureté et de magie. 
Si vous aimez l'écriture d'Anne Percin, n'hésitez pas et lisez ce livre, je vous promets que vous ne serez pas déçus.

Rouergue (doAdo), 119 pages, 2011

Fannie et Freddie (Marcus Malte)

mardi 11 novembre 2014

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Quand Marcus chouchou Malte sort un nouveau livre, il faut que je m'empresse de le lire (bon, ceci dit, il me reste encore quelques uns de ses titres à découvrir, je n'ai pas non plus tout lu dès parution).
Fannie et Freddie est un recueil de deux longues nouvelles (ou courts romans).
La première qui reprend le titre de l'ouvrage, Fannie et Freddie, est l'histoire d'une terrible vengeance. Fannie, alias Minerve, comme la surnomment ses collègues, se tient toujours bien droite. Cette raideur n'est en fait qu'un artifice pour dissimuler son oeil de verre, tout comme la mèche de cheveux qu'elle rabat sur son visage. Au début du récit, elle se prépare pour se rendre à un rendez-vous ; elle a revêtu un pull mauve décolleté qui met en valeur sa poitrine. Elle espère qu'il la trouvera jolie. Qui est ce "il", on l'ignore. Chapitre suivant, Fannie arrive dans un parking couvert en plein coeur de Manhattan. Elle s'y gare juste devant le véhicule qu'elle cherchait, un coupé Mercedes. A partir de là, changement d'ambiance, la noirceur prend le pas sur le reste et les mots tombent comme des couperets.
La seconde, qui s'intitule Ceux qui construisent les bateaux ne les prennent pas se déroule sur la côte méditerranéenne. Depuis la mort de son meilleur ami vingt-sept ans auparavant alors qu'ils étaient adolescents, le narrateur cherche en vain à retrouver l'auteur de crime irrésolu. Pour ce faire, il a même  choisi d'exercer le métier de policier qui lui permettrait de rouvrir l'enquête.

Ces deux nouvelles qui se rejoignent sur le thème (l'impact de la société capitaliste sur les individus) sont toutefois bien différentes du point de vue du style. Fannie et Freddie est un texte glaçant, très noir, tandis que la seconde nouvelle recèle davantage d'humanité et de douceur.
J'ai aimé ces deux lectures mais, contre toute attente, j'ai préféré la seconde nouvelle et ai été moins séduite par celle mise en avant (Fannie et Freddie). La première nouvelle est texte engagé qui brosse un portrait peu reluisant du monde des banques et des agences de crédit en particulier. C'est un texte puissant, qui n'épargne rien au lecteur mais qui m'a fait l'effet d'une douche froide. La seconde en revanche, m'a semblé plus proche et m'a inspiré de l'empathie pour le personnage principal alors que je m'étais sentie en total retrait par rapport à ceux de Fannie et Freddie. En fin de compte, j'ai trouvé cette seconde nouvelle plus proche (peut-être à tort) de l'univers de l'auteur, du moins de celui auquel j'ai été habituée dans ses autres livres.

Un recueil qui démontre une fois de plus le talent de Marcus Malte, mais ne détrône pas mon préféré, Intérieur nord

Zulma, 157 pages, 2014

Tangled #1.5 ~ Holy Frigging Matrimony (Emma Chase)

samedi 31 mai 2014

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Avec Mara nous avions partagé la lecture du premier tome de cette série, aussi j'étais contente de la poursuivre en sa compagnie (même si je publie mon billet des lustres après... on ne se refait pas, ahem).
Il s'agit d'une nouvelle qui se situe entre les tomes 1 et 2 et dont l'action se déroule environ un an après Tangled. Ce texte est lui aussi raconté du point de vue de Drew et nous avons retrouvé notre héros avec grand plaisir. Un texte court mais de qualité dans lequel Drew est en pleine forme ! Que du bonheur.
Vivement la suite !

A noter que le premier tome Tangled vient de sortir en français aux éditions Hugo Roman sous le titre Love game.

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Le billet de Mara

Emma Chase, 37 pages, 2013

Les chroniques de Harris Burdick (Collectif)

vendredi 9 mai 2014

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J'aime énormément les albums de Chris Van Allsburg et j'ai une affection toute particulière pour Les mystères de Harris Burdick. Aussi, lorsque j'ai su qu'un collectif d'auteurs avait entrepris d'écrire des histoires à partir de ses illustrations, j'ai été très curieuse de les découvrir. 
Ils sont exactement 14 (dont le grand Stephen King, mazette !) à avoir relevé le défi : Sherman Alexie, M. T. Anderson, Kate Dicamillo, Cory Doctorow, Jules Feifer, Stephan King, Tabitha King, Lois Lowry, Gregory Maguire, Walter Dean Myers, Linda Sue Park, Louis Sachar, Jon Scieszka, Chris Van Allsburg.

Dans tous les recueils de nouvelles il y en a de moins bonnes que d'autres et c'est le cas ici. Je ne reviendrai pas en détail sur chaque nouvelle pour dire lesquelles je n'ai pas aimées car cela n'a pas grand intérêt. Disons que globalement, seulement quatre ou cinq m'ont vraiment interpellée. Mais si je n'ai pas été transcendée par ce recueil, j'en ai néanmoins apprécié la lecture pour la simple raison qu'il donne enfin vie à ces illustrations fascinantes. Moi qui n'ai que peu d'imagination, je ne peux m'empêcher de rêver à chaque fois que je les observe et en cela ce livre m'a comblée car il raconte ce qui se passe derrière ces images. C'est juste magique de découvrir enfin qui sont ces personnages, d'où proviennent ces objets étranges... Chacun et chacune a une idée originale et l'a mise en mots. Le résultat est étonnant, parfois surprenant et le voyage est plein de mystères, ceux de Harris Burdick, bien sûr !

Traduit de l'américain par Diane Ménard
L'école des loisirs (Médium), 310 pages, 2014 pour l'édition française 

Le regard des princes à minuit (Erik L'Homme)

jeudi 20 mars 2014

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J'ai tout aimé dans ce livre et je suis passée très près du coup de coeur.
Son titre magnifique et évocateur, qui incite à la rêverie.
Sa construction finement ciselée, en une succession de nouvelles, chacune précédée d'une citation et suivie d'un extrait d'une histoire externe que l'on suit en pointillés au fil du recueil.
Son écriture, sa marque de fabrique "Erik L'Homme", reconnaissable entre mille.

Mais au fait, de quoi s'agit-il ? Le regard des princes à minuit (je ne me lasse pas de répéter ce titre), c'est un OVNI littéraire, l'un de ces ouvrages que l'on ne peut classer dans une catégorie plutôt qu'une autre, et c'est tant mieux car il est au-delà de ça. Erik L'Homme dit en préambule : "J'ai essayé d'imaginer, en faisant le tri parmi mes expériences, quelles pourraient être les révoltes propres à embarrasser et à décontenancer l'époque dans laquelle nous vivons. Sur quels sentiments légitimes, quelles réalités profondes, quelles injustices ou frustrations, quelles espérances les fonder. Comment entrer en résistance - en dissidence. J'ai essayé de brosser le portrait de quelques insoumis."
N'allez pas croire que c'est un livre qui incite à faire la révolution, mais plutôt à éveiller notre conscience. En sept nouvelles, l'auteur brosse le portrait de jeunes d'aujourd'hui qui vivent des épreuves initiatiques inspirées de la chevalerie.
Dit comme ça, ça peut paraître déjanté, mais ce sont au contraire des textes admirables, qui prônent les valeurs de la vérité, du courage, de la justice...
C'est un livre multiple, à la fois pour rêver et se remettre en question, pour aller vers l'essentiel, repenser le monde. Terriblement ambitieux mais réussi.

A lire et à relire, à offrir autour de soi, à partager.

- Une librairie qui ferme, Hervé, c'est un phare qui s'éteint, laissant les hommes dériver, s'échouer ou se fracasser contre les récifs d'une époque.
- Tu ne peux pas dire, simplement : "Ça me fait mal au cœur de voir cette librairie fermée ?"

* * *

- Je vais faire un cadeau aux gens de la vallée, Hervé. Je ne suis ni un terroriste ni un libérateur : je suis le père Noël. Et qu'est-ce que je vais leur offrir ? Une soirée sans télé ! Une soirée pendant laquelle ils pourront se regarder, se parler, jouer, et même, tiens, soyons fous, lire un livre.

Gallimard Jeunesse (Scripto), 144 pages, 2014 

Silhouette (Jean-Claude Mourlevat)

mardi 12 février 2013

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Un nouveau livre de Jean-Claude Mourlevat c'est comme un bonbon, ça se savoure en douceur. Malheureusement, celui-ci est bien trop court ! Cette fois, ce sont des nouvelles que nous propose l'auteur. La quatrième de couverture précise "10 nouvelles fortes et cruelles".

Dix textes donc, très différents les uns des autres, chacun son univers. Certains flirtent avec l'absurde, d'autres se rapprochent de la "normalité" mais tous sont originaux dans l'écriture.
La chute de la plupart de ces nouvelles ne m'a pas tant surprise mais cela n'a en rien gâché mon plaisir de lecture qui fut grand. Une seule nouvelle m'a déçue, les neuf autres m'ont enthousiasmée. J'ai aimé retrouver l'écriture de cet auteur, j'ai aimé cet imaginaire débordant, cette vision décalée des choses, l'humour noir, le côté jubilatoire. 

Silhouette est un recueil qui pourrait bien me réconcilier avec les nouvelles, genre dont je ne raffole pas habituellement (à quelques exceptions près)

Difficile de choisir, mais je crois que la nouvelle que je préfère est Case départ. Et vous ? 

(Cerise sur le gâteau, si je puis m'exprimer ainsi, la couverture est superbe !)

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Gallimard Jeunesse (Scripto), 2013, 220 pages

La ruelle au clair de lune (Stefan Zweig)

vendredi 30 avril 2010

C'est que j'allais oublier mes devoirs, je me suis engagée à vous proposer un écrit de ce cher Stefan par mois et j'allais oublier avril !

Je reviendrai bientôt aux essais, mais cette fois-ci encore j'ai préféré rester du côté de la fiction avec une très courte nouvelle dont le titre poétique m'a attirée....
Or, si l'on excepte la merveilleuse écriture de Zweig dont je ne me lasse décidément pas, il n'y a rien de poétique dans cette histoire tragique.
Dès les premières lignes, le décor est planté, on est dans les bas quartiers d'une petite ville portuaire, l'ambiance est mélancolique, étouffante.... Un homme fraîchement débarqué se retrouve là en transit et il va vivre une expérience étrange et éprouvante. Difficile d'en dire plus, d'autant que comme je le disais en préambule, cette nouvelle est très courte. 

Une structure un peu différente des autres nouvelles que j'ai lues jusqu'à présent de l'auteur. Pas de récit enchâssé, on plonge de suite dans le décor de l'histoire. La tension monte progressivement à peu près jusqu'à la moitié du texte, puis s'opère un changement de narrateur. Il est question d'amour comme souvent dans les textes de Zweig, et aussi de névrose, d'un homme en souffrance...

Une nouvelle qui n'aurait rien d'exceptionnel si elle n'était écrite par le grand maître. A chaque fois l'alchimie prend et je suis envoutée par ses mots. Rien à dire de plus.



Le livre de poche (collection La pochothèque)

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme (Zweig Stefan)

samedi 27 mars 2010

J'ai découvert la plume de Zweig sur le tard - l'année dernière - et cela a été une vraie révélation pour moi, une de ces rencontres qui comptent dans la vie d'un lecteur. J'ai donc souscris de suite à la fabuleuse idée de Caroline et Karine qui nous proposent de lire  Zweig tous les mois ! Pour varier mes lectures et ne pas m'en tenir uniquement aux essais, j'ai fait l'acquisition du premier volume des œuvres complètes de l'auteur dans la collection La pochothèque. je dispose ainsi d'une vingtaine de textes parmi lesquels puiser selon mes envies. Ce mois-ci, j'avais donc le désir de retrouver Zweig dans ses écrits de fiction, et j'hésitais entre plusieurs nouvelles... J'ai finalement jeté mon dévolu sur Vingt-quatre heures de la vie d'une femme.

C'est seulement la quatrième nouvelle que je lis de l'auteur autrichien, aussi je manque encore d'expérience en la matière et de recul pour analyser ce que je lis. Néanmoins, je parviens déjà à établir des liens et à identifier les thèmes qui semblent chers à Zweig.

Dans Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, il s'intéresse à la passion sous toutes ses formes, ici passion du jeu et passion amoureuse. D'un côté, un jeune homme qui subit l'addiction des jeux d'argent et en perd la raison, de l'autre une femme d'âge mûr qui sombre sans s'en rendre compte dans la passion amoureuse. Les deux personnages qui semblent au prime abord s'opposer, évoluent de manière imperceptible au fur et à mesure de l'histoire pour, en quelque sorte,  devenir chacun le miroir de l'autre, tous deux soumis à une passion qui les pousse à la folie.
Comme il semble que ce soit souvent le cas dans l'œuvre de Zweig, la nouvelle est un récit enchâssé mais dont l'introduction est relativement longue, ce qui laisse penser au lecteur qu'il est entrain de découvrir le récit principal.

C'est d'une platitude absolue que d'énoncer les choses ainsi, mais je ne peux m'empêcher une nouvelle fois de dire haut et fort combien l'écriture de Zweig est sublime, précise, subtile. La seule description des mains des joueurs est une scène qui frôle le génie. Zweig pénètre les âmes, le plus profond des êtres, et couche cela sur papier ; du grand art. Il y a une beauté tragique dans Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, l'issue de cette histoire on la devine assez rapidement, mais les mots sont hypnotisants. 

Freud a jugé que cette nouvelle était un chef-d'œuvre. Venant du fondateur de la psychanalyse, pareil compliment laisse supposer la qualité de ce texte.


Les avis de Caroline, Karine et Cynthia (qui donne un conseil judicieux à la fin de son billet !)


Le livre de poche (collection La pochothèque) - 1191 pages

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