Les chemins de l'école

dimanche 11 décembre 2016

Les chemins de l'école, c'est d'abord un superbe film documentaire, puis une série télévisée et enfin des "romans vrais". A ce jour, une série de huit livres a vu le jour, chacun d'entre eux consacré à un enfant et à son rapport à l'école, au chemin qu'il parcourt pour s'y rendre. Du Kenya au Maroc, de l'Inde à Madagascar, la rencontre avec ces enfants aux cultures et aux vies différentes est émouvante. J'ai été particulièrement touchée par ces destins d'enfants aux quatre coins du monde, par leur volonté et leur envie d'aller à l'école, par leur humilité face aux conditions difficiles qu'ils rencontrent. Ils ont à peine plus de dix ans et ils marchent, montent à cheval ou prennent un bateau pour aller s'instruire. Parfois leur voyage dure des heures et pourtant ils ne se plaignent pas. Ils vivent dans le même monde que nos enfants et pourtant ils ne connaissent pas le même confort de vie. Je retiens d'eux leurs sourires, leur personnalité lumineuse, leur soif d'apprendre. Ces petits livres sont accessibles dès 8 ans, ils se lisent très facilement et sont passionnants. Plutôt qu'un roman de fiction, pourquoi ne pas glisser l'un de ces titres sous le sapin cette année ? De belles histoires vraies pour réfléchir, pour s'ouvrir au monde.

Quelques mots pour finir sur chaque titre...

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Carlos (Argentine)
Carlos a onze ans, il vit en Patagonie et se rend à l'école à cheval avec sa petite soeur de six ans. Le trajet dure une heure et demie à travers plaines et montagnes.

Nathan, 80 pages, 2016

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Jackson (Kenya)
Jackson a onze ans, il vit au Kenya et se rend à l'école à pied avec sa petite soeur. Tous les jours ils marchent deux heures à travers la savane pour rejoindre l'école. 

Nathan, 80 pages, 2016

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Samuel (Inde)
Samuel a douze ans, il vit en Inde et est handicapé. Il va à l'école avec ses deux petits frères qui poussent son fauteuil. Une heure et quart pour faire quatre kilomètres. 

Nathan, 80 pages, 2016

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Zahira (Maroc)
Zahira a douze ans, elle vit au Maroc et est interne. Elle se rend à l'école chaque lundi matin, quatre heures de marche dans les montagnes en compagnie de deux amies.

Nathan, 80 pages, 2016

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Ani (Malaisie)
Ani a douze ans, il vit en Malaisie sur une île et se rend à l'école à la rame, dans un petit canoë. 

Nathan, 80 pages, 2015

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Francklyn (Madagascar)
Francklyn a treize ans, il vit à Madagascar et se rend à l'école à pied avec son frère. Ils font le trajet de vingt kilomètres deux fois par semaine à travers la savane. 

Nathan, 80 pages, 2015

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Devi (Inde)
Devi a treize ans, elle vit en Inde. Elle doit marcher longtemps tous les matins et traverser deux rivières pour rejoindre l'école. 

Nathan, 80 pages, 2015

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Erbol (Kirghizie)
Erbol a douze ans, il vit en Kirghizie et part à l'école à cheval. Trois heures de chemin à travers la montagne sur des sentiers enneigés par un froid glacial. 

Nathan, 80 pages, 2015

Vous n'aurez pas ma haine (Antoine Leiris)

lundi 5 décembre 2016

9782213701295-V-V01.inddJe n'ai pas eu que des lectures douces pendant cette longue absence... J'ai aussi lu des textes essentiels, bouleversants, à l'image de celui-ci.

Peu après l'attentat du 13 novembre 2015 au Bataclan, une lettre sublime et stupéfiante est apparue sur la page Facebook d'un certain Antoine Leiris. Il venait de perdre sa femme et s'adressait aux terroristes avec cette formule incroyable : " Vous n'aurez pas ma haine ". Comme beaucoup d'internautes, j'ai lu cette lettre qui m'a émue aux larmes. Un an après, j'ai poursuivi cette lecture avec ce court texte écrit par Antoine Leiris dans les jours qui ont suivi la mort de sa femme. Nous traversons tous l'épreuve du deuil de différente manière. Lui a éprouvé le besoin d'écrire, de coucher sur le papier ses ressentis, sa détresse, sa vision de la vie, cette nouvelle existence en tant que papa célibataire auprès de son jeune fils âgé de moins de deux ans.
Curieusement, c'est une écriture sans pathos que j'ai trouvée dans ces pages, avec même une certaine légèreté par moments. Il n'empêche que l'on ne peut résister à ces mots et retenir ses larmes. En lisant ce livre, on passe par diverses émotions, c'est un voyage étrange, une parenthèse fragile, sorte de bulle hors du temps. La plume est précise mais aussi poétique, elle suscite l'empathie, et, d'une certaine manière, l'espoir.
Un texte nécessaire.

D'une rafale de mitraillette, ils ont dispersé notre puzzle. Et, lorsque pièce après pièce nous le recomposerons, ce ne sera plus le même. Il manquera quelqu'un sur le tableau, il n'y aura plus que nous deux, mais nous prendrons toute la place. Elle sera avec nous, là, invisible. C'est dans nos yeux qu'on lira sa présence, dans notre joie que brûlera sa flamme, dans nos veines que couleront ses larmes.
Nous ne reviendrons jamais à notre vie d'avant. Mais nous ne construirons pas une vie contre eux. Nous avancerons dans notre vie à nous.

* * *

17h30 est une heure maudite. Celle qu'on voudrait effacer de nos journées. Une heure entre deux heures qui ne sert à rien. La promenade est terminée. Le dîner pas encore servi. Melvil est trop excité pour jouer. Je suis trop fatigué pour être attentionné. On s'ennuie. On se tourne autour, on s'évite, on se jauge. C'est à qui cédera le premier. On aimerait sentir le temps s'accélérer.

18h30, enfin.

" C'est l'heure du bain. "

Fayard, 138 pages, 2016 

Debout-payé (Gauz)

dimanche 15 mars 2015

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C'est un livre estampillé "roman" sur la couverture, mais en réalité il n'a pas grand-chose d'un roman. 

Dans ce texte, l'auteur d'origine ivoirienne revient sur son expérience de vigile, profession qu'il a exercée à Paris à son arrivée en France. Le texte est construit sur une alternance de courts paragraphes et de véritables chapitres. Les premiers sont des sortes de brèves, réflexions du vigile pendant qu'il est à son poste, ou récits de situations incongrues qu'il a vécues. Les derniers retracent l'Histoire de la communauté africaine en France entre les années 60 et 90 tout en conservant le thème central du livre, à savoir le métier de vigile. 

Debout-payé, ceux qui sont payés pour rester debout, il fallait y penser, à ce titre, et surtout à raconter la vie de ces hommes invisibles et pourtant présent dans de nombreux lieux publics, grands magasins et administrations. 

C'est un ouvrage drôle avec son ton résolument humoristique (parfois acide, aussi), mais aussi très intéressant à lire parce qu'il dépeint un monde inconnu (en tout cas pour moi) et étonnant.

On y apprend une multitude de détails sur le quotidien des vigiles, de leur embauche à l'exercice même de leur job. Les longues journées passées debout, l'ennui, les situations cocasses, parfois de l'action, le milieu africain (car, nous apprend Gauz, la majorité des vigiles sont noirs et originaires d'Afrique). 
Tout cela est présenté avec beaucoup de verve, et remarquablement écrit. Une chose est sure, je ne verrai jamais plus les vigiles du même oeil !

RADIO CAMAÏEU. C'est la musique diffusée à longueur de journée dans le magasin. Avec Radio Camaïeu, en moyenne sur 10 chansons, 7 sont chantées par des femmes, 2 en duo avec un homme, une seule par un homme. A raison de 3 minutes par chanson, soit 20 chansons à l'heure, le vigile tourne à 120 horreurs sonores en 6 heures de vacation. La pause est une grande avancée syndicale.

FESSES DROITES. Bien qu'on puisse en dégager quelques grands groupes, la forme des fesses est aussi unique qu'une empreinte digitale. Quand le vigile se met à penser à ce qui se passerait dans les commissariats si c'était ce système d'identification qui avait été choisi par les pouvoirs publics.

SEPHORAAAA OU SEPHOOOORA. Le Sephora des Champs-Elysées est l'un des plus grands du monde. En arrivant ou en passant devant la boutique, il est très fréquent d'entendre les gens s'écrier à haute voix comme s'ils venaient de voir une vieille connaissance dans les bras de laquelle ils allaient se jeter : "Sephoraaaaa !", version française. "Oh my god ! Sephoooora !", version anglaise.

CODE-BARRES. Un code-barres est tatoué sur le cou d'une jeune fille. Grande tentation de lui passer le pistolet à infrarouges de la caisse pour savoir combien elle coûte.

Le nouvel Attila, 172 pages, 2014

Je m'appelle livre et je vais vous raconter mon histoire (John Agard)

vendredi 20 février 2015

9782092556757.jpgComme toute amoureuse des livres qui se respecte, je devais découvrir celui-ci !
C'est un ouvrage qui s'adresse plutôt aux jeunes lecteurs mais peut aussi s'apprécier adulte. D'ailleurs l'éditeur indique : "Pour tous les amoureux des livres de 11 à 111 ans !". 
Ce beau volume relié et illustré se présente un peu comme un essai dont le narrateur est le livre lui-même. C'est l'occasion de découvrir l'histoire du livre, depuis l'invention de l'écriture jusqu'à celle du livre électronique de nos jours. Le texte est simple et volontairement accessible, il retrace les principales étapes de l'Histoire du livre mais ne fait que présenter les faits en surface. L'avantage c'est que c'est un ouvrage qui se lit vite et qui est très agréable, mais l'on peut rester sur sa faim, c'est le risque ! 
Pour ma part j'ai apprécié cette lecture tant pour le fond que pour la forme, j'ai appris au passage quelques petites choses et j'ai trouvé que c'était un livre intéressant et sans prétention. 
A offrir, à s'offrir...

Titre original : Book
Traduit par Rose-Marie Vassallo
Illustré par Neil Packer
Nathan, 135 pages, 2014 pour l'édition originale et française

Sagesses et malices de Nasreddine, le fou qui était sage (Jihad Darwiche)

lundi 22 décembre 2014

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Depuis quelques temps, ma collègue propose en lecture offerte ces textes aux élèves. Devant son engouement et celui de ses auditeurs, j'ai voulu tester, moi aussi, les Sagesse et malices de Nasreddine. Or, il se trouve que j'ai adoré et je voulais donc en parler ici.
Nasreddine est célèbre dans le monde arabe où il est également connu sous d'autres noms. C'est un personnage qui a plusieurs visages, tantôt sage, tantôt fou, parfois naïf, d'autres fois avisé. Chaque volume est composé de dizaines d'histoires très courtes dans lesquelles on le découvre. Ses paroles et ses actes ne sont jamais gratuit, ils donnent à chaque fois une vision de l'homme en se moquant de ses faiblesses, de ses travers. C'est drôle, parfois absurde, mais toujours pertinent. Nasreddine est lui-même pourvu de multiples défauts et il n'en est que plus attachant. Le tout est servi par la très belle écriture de Jihad Darwiche et c'est un vrai plaisir de lecture qui se dégage de ces trois trop courts volumes. A offrir, à s'offrir, à lire à tout âge.

Quelques extraits pour le plaisir :

La lune et le soleil
Un jour, on demanda à Nasreddine :
- Dis-nous, Nasreddine, de la lune ou du soleil, qui est le plus utile ?
- La lune, bien sûr, répondit-il sans hésiter.
- Et pourquoi ?
- Parce que la lune apparaît la nuit, et c'est pendant la nuit qu'on a le plus besoin de lumière.

Vizir du pétrole
Nasreddine se présenta un jour devant le roi.
- J'aimerais bien avoir un beau titre. Toi qui as tous les pouvoirs en main, fais de moi un de tes vizirs.
- Malheureusement tous les postes sont déjà pourvus ; je ne vois pas quel titre je pourrais te donner !
- Vizir du pétrole, par exemple !
- Mais tu plaisantes, bien sûr. Tu sais bien qu'il n'y a pas de pétrole dans notre royaume !
- Et alors ? Tu as bien un vizir de la justice.

C'est vrai ?
On dit à Nasreddine :
- Pourquoi, chaque fois que l'on te pose une question, tu réponds par une autre question ?
- C'est vrai ? demanda le Hodja

Tome 1
Jihad Darwiche, illustré par David B.
Albin Michel, 187 pages, 2000

Tome 2
Jihad Darwiche, illustré par Pierre Olivier Leclercq
Albin Michel, 147 pages, 2003

Tome 3
Jihad Darwiche, illustré par David B.
Albin Michel, 148 pages, 2007

Est-ce que ça arrive à tout le monde ? (Jan Von Holleben et Antje helms)

dimanche 11 mai 2014

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Voilà un documentaire qui m'a emballée !
A travers une multitude de questions, ses auteurs abordent sans tabou la sexualité et le passage à l'adolescence puis au monde adulte. Ce qui m'a plu dans cet ouvrage, c'est le rapport texte-images et sa présentation tout-à-fait originale. Les photographies réalisées pour illustrer le propos sont belles, colorées, gaies, et apportent la touche d'humour et de détachement nécessaire pour parler de ces sujets sérieux. Ce qui est drôlement futé, c'est qu'elles mettent justement en scène des jeunes auxquels le lecteur peut s'identifier.
L'ouvrage est divisé en cinq parties (plus deux autres, l'une qui donne des références pour approfondir sa lecture, l'autre qui explique le making of des photographies) : Grandir et changer, Etre fille et être garçon, Tomber amoureux et trouver le grand amour, Le baiser et le sexe et Etre enceinte et avoir des enfants.
Le style est direct, simple et concis, on va à l'essentiel et je trouve ce discours drôlement rassurant pour un jeune. Chacun pourra s'y reconnaître, comprendre ses différences mais aussi ses angoisses. C'est un documentaire qui parle beaucoup du corps mais aussi du reste, notamment de l'amour...
Comme mes fils sont encore un peu jeunes il n'y a que moi qui l'ai lu pour le moment, mais je l'ai mis dans la bibliothèque de mon grand en lui suggérant de l'ouvrir quand il en aurait envie. Nul doute en tout cas que c'est un livre précieux à conserver. Voilà un ouvrage riche et intelligent qui répond aux interrogations des jeunes, explique sans porter de jugement. De quoi décomplexer nos pré-ados et ados !

L'avis de Gabriel sur La mare aux mots

Titre original : Kriegen das eigentlich alle ?
Traduit de l'allemand par Roland Fuentès
Syros, 154 pages, 2013 pour l'édition originale, 2014 pour l'édition française

Petit éloge des séries télé (Martin Winckler)

mercredi 18 septembre 2013

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Je ne suis pas spécialement une addict des séries TV, mais j'aime en regarder de temps en temps, surtout lorsqu'elles sont de qualité. J'ai donc parcouru avec intérêt ce court essai qui n'est pas pompeux du tout et s'est révélé fort agréable à lire. L'auteur est un amoureux des séries télévisées, cela on le ressent dès les premières lignes, et il nous en parle avec passion. Ce texte n'est pas à proprement parler didactique, il n'analyse pas, mais donne simplement envie (et c'est déjà beaucoup !) de regarder des séries en leur rendant un véritable hommage. Ceux qui jugent les séries inintéressantes et incomparables en qualité aux films gagneraient à lire ces pages qui prennent le parti opposé.
Un chapitre sur les doublages a retenu toute mon attention, moi qui rechigne de plus en plus à regarder une série ou un film en français si ce n'est pas sa langue originale. Des exemples ont confirmé mon impression que parfois la traduction est approximative (sans parler des mauvais doublages). Il en va de même pour les livres, mais ceci est un autre débat...
Pour clore l'ouvrage, une liste de séries indispensables à visionner selon l'auteur, qui m'a permis de vérifier que j'étais vraiment inculte en la matière !

Gallimard (Folio 2 €), 116 pages, 2012 pour le présente édition 

Je vais passer pour un vieux con (Philippe Delerm)

dimanche 11 novembre 2012

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De Philippe Delerm, je n'avais lu que ses deux recueils La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules et La Sieste assassinée dont je garde un excellent souvenir. 
Je vais passer pour un vieux con en reprend un peu la formule mais autour d'une thématique toutefois différente. Dans cet ouvrage, l'auteur s'amuse à décortiquer les petites phrases toutes faites que tout un chacun ressort à un moment ou à un autre dans son discours. La plume est délicieuse, le ton caustique et tendre à la fois. J'ai relevé plusieurs passages qui m'ont amusée et globalement j'ai lu ces pages avec plaisir. Pour autant, je n'ai pas retrouvé le sel qu'il y avait dans les recueils que je cite plus haut. Ce sentiment qui m'a habitée à plusieurs reprises durant cette lecture est probablement dû aux choix de Philippe Delerm car certaines phrases ne m'ont pas "parlé". Parce qu'elles sont peu usitées, parce qu'elles sont moins "drôles" que d'autres... bref, par moments je me suis sentie un peu en dehors du bouquin, pas trop en phase avec le texte. Mais heureusement, ce n'est pas cette impression qui a prédominé quand j'ai refermé le livre.
Une lecture agréable qui peut se faire en pointillés (à glisser peut-être entre deux romans plus volumineux) ou d'une traite pour les gourmands qui ne savent pas attendre !

JE GARDE MON MAÎTRE
Cette mauvaise humeur belliqueuse n'est pourtant que celle du maître, le vocable n'est pas choisi par hasard. Un maître, quelqu'un qui domine son sujet, et dont on devine déjà que s'il devait se définir lui-même, il affirmerait subtilement qu'il n'est "ni une gonzesse ni un pédé ". Et puisque ce La Fontaine des profondeurs aime s'exprimer par le truchement de son double animalier, n'hésitons pas à lui prêter des opinions politiques assez précises, de celles qui ne profitent pas essentiellement aux émigrés. On n'envisage pas de toucher à son portail. Hélas, il a gagné. Ça fait peur.

SINON, MOI JE PEUX VOUS EMMENER
Il y a des générosités si tardivement exprimées, si réticentes, à l'avance si soulagées de ne pas se voir raisonnablement envisagées, qu'elles apparaissent d'emblée pour ce qu'elles sont : de la courtoisie sous contrainte.

ET LA, C'EN ETAIT PAS UNE ?
"Et là, c'en était pas une ?"
Qu'il est joli cet imparfait ! Comment peut-on charger un temps verbal de connotations si contradictoires ? Une forme de pleutrerie d'abord. On ne saurait imposer frontalement au maître du volant, au pilote des destinées, l'idée qu'il a tout simplement ignoré une opportunité unique.
Un effort de participation aussi. Bien sûr on va se laisser chouchouter, emmener, mais il serait quand-même décent de manifester un peu d'initiative.

C'EST VRAIMENT PAR GOURMANDISE
Mais cette charlotte, "c'est une tuerie !", comme l'a proclamé un des jeunes commensaux. Une formulation dont les plus âgés saluent la ferveur sans se départir en leur fort intérieur d'un sentiment d'inadéquation. Pour ceux dont le taux de choléstérol est élevé, il y a même dans cette assertion une menace involontaire dont ils se seraient dispensés. 

Seuil, 123 pages, 2012

Livre reçu dans le cadre des Matchs de la rentrée littéraire 2012
Priceminister

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Lire est le propre de l'homme (Collectif)

mercredi 7 novembre 2012

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Ne pas se fier aux apparences, ce petit bouquin est une merveille pour qui aime les livres. Edité et distribué gratuitement par l'Ecole des loisirs, ce trop court recueil rassemble plusieurs dizaines d'auteurs et illustrateurs de jeunesse autour du thème de la lecture. Chacun à sa manière (texte ou dessin) s'exprime, se confie, raconte sa vision des livres et de l'acte de lire. C'est tout simplement passionnant. Bien vite, mon petit livre s'est retrouvé décoré de multiples marque-pages qui sont devenus si nombreux que j'ai décidé de vous proposer dans les semaines à venir des extraits choisis, ceux qui m'ont émue, marquée. Je n'en dis donc pas davantage, simplement que c'est un livre d'utilité publique, qu'il se glisse facilement dans un sac ou une poche avec son mini format et que son contenu est d'or. Si vous souhaitez vous le procurer, vous pouvez le commander gratuitement sur le site dédié ou le télécharger en format électronique, voire même le feuilleter en ligne. Ne vous en privez pas surtout et parlez-en autour de vous, faites-le connaître. Il est sorti il y a déjà quelques temps mais on trouvera encore des lecteurs qui ne l'ont pas lu...

Ecole des loisirs, 187 pages, septembre 2011

La place royale (Pierre Corneille)

dimanche 29 janvier 2012

Je me rends compte en écrivant ce billet que c'est la première fois que je parle de théâtre dans ce salon. Il est vrai que j'en lis très peu et pourtant c'est un genre que j'apprécie.
C'est également la première fois que je lisais une pièce de Corneille. Ce n'est pas l'envie qui manquait, mais allez savoir pourquoi, c'est un auteur que je n'avais jamais lu. Si j'ai opté pour La place royale, c'est tout simplement parce que je suis allée voir jouer cette pièce récemment. D'habitude, je préfère lire le texte avant de le voir jouer mais cette fois j'ai fait l'inverse. 


Les personnages

Alidor, amant d’Angélique
Angélique, maîtresse d’Alidor et de Doraste
Cléandre, ami d’Alidor
Doraste, amoureux d’Angélique
Phylis, sœur de Doraste
Lysis, amoureux de Phylis
Polymas, domestique d’Alidor
Lycante, domestique de Doraste

* * *

La place royale est une pièce en alexandrins de cinq actes écrite en 1634. Elle traite de l'amour et de la liberté. Alidor aime Angélique mais veut se défaire de son attachement pour retrouver sa liberté. Pour détourner la jeune femme de lui, il fait semblant de lui être infidèle et tente de la pousser dans les bras de son ami Cléandre.

J'ai aimé cette pièce pour la beauté du texte, sensible une nouvelle fois à la virtuosité de cette écriture théâtrale en alexandrins. Joué c'est encore mieux, mais c'est un vrai bonheur à lire. Les mots forment dans la tête une musique, c'est de toute beauté.
L'histoire, quant à elle, m'a moins convaincue. J'ai trouvé que les personnages manquaient un peu de profondeur, les sentiments amoureux et la perte de l'être aimé ne m'ont pas touchée comme je m'y attendais. Je me suis délectée des mots pour leur musicalité mais n'ai pas vibré avec Alidor et Angélique, restant étrangère à leurs émois. 

C'est donc mon premier contact avec l'oeuvre de Corneille, je ne sais pas si cette pièce est généralement appréciée des lecteurs, mais elle m'a donné envie de découvrir enfin l'oeuvre de ce célèbre dramaturge. Quelle(s) pièce(s) me conseilleriez-vous ?


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Lu dans la version électronique proposée par Ebooks Libres & Gratuits

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