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Jefferson (Jean-Claude Mourlevat)

mercredi 18 avril 2018

005357307.jpgJe ne rate jamais une nouveauté de l'un des mes auteurs chouchous, Monsieur (avec un grand M) Jean-Claude Mourlevat.
Aucun de ses textes ne m'a  jusqu'à présent déçue, et chacun d'entre eux m'a apporté quelque chose. Cet auteur est un virtuose de l'écriture, capable de passer d'un genre à l'autre tout en conservant son propre style.

Avec Jefferson, il repart explorer les terres de la littérature de jeunesse en offrant aux jeunes lecteurs un livre sensible et intelligent. Comme dans La ballade de Cornebique (je m'aperçois que je n'ai pas chroniqué ce merveilleux livre, quel dommage !), les personnages de l'histoire sont des animaux, mais la comparaison s'arrête là, car les deux histoires n'ont rien d'autre en commun. Ici, l'auteur puise dans les codes du roman policier, mais l'on s'aperçoit rapidement que c'est un roman multiple qui ne se réduit pas à une simple enquête (afin que mes propos ne soient pas mal interprétés, je précise que je ne réduis évidemment pas le genre policier à des romans construits uniquement sur une enquête !). L'histoire, qui, au départ, semble assez légère, prend une direction pour le moins inattendue. A travers ces personnages mignons et candides, l'auteur fait passer des messages importants, notamment sur la cause animale, en particulier sur le traitement des animaux dans les abattoirs. Si Jefferson est donc un roman que l'on peut qualifier d'engagé, il n'en demeure pas moins que l'écriture est résolument orientée jeunesse et que l'histoire reste à la portée de ce lectorat. Pour ma part, bien qu'étant adulte, j'ai adoré ce texte que j'ai trouvé remarquablement écrit. Rien que pour cela, j'aime la plume de cet auteur qui ne prend pas les enfants pour des êtres idiots et incultes et leur offre de la vraie littérature. Le ton est malicieux et tendre en surface, mais la teneur des messages portés par ce roman n'en est que plus sérieuse. On passe un superbe moment en compagnie de Jefferson le hérisson et des ses acolytes, on est diverti tout en réfléchissant à un sujet grave.
Un magnifique roman illustré avec talent par Antoine Ronzon, presque un coup de coeur.
Et, cerise sur le gâteau, une sublime couverture réalisée par Lisa D'Andrea (avec des effets de brillance pour représenter la pluie qui tombe).

Ils remontaient dans leur chambre quand l'employé de la réception les interpella, le sourire aux lèvres et l’œil rigolard :
- Alors, cette soirée Scrabble ?
Peut-être pensait-il que ces drôles de clients savaient à peine lire et écrire.
- C'était très bien, répondit Jefferson, merci.
- Vous avez trouvé des mots très longs ?
- Oui, j'ai trouvé SOLIDARITÉ.
- Ah, pas de Z, pas de W, ça ne doit pas rapporter des masses.
- Si, fit Jefferson, ça peut rapporter beaucoup. Bonne nuit, monsieur.

Gallimard Jeunesse, 263 pages, 2018

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Un palais de colère et de brume (Sarah J. Maas)

samedi 14 avril 2018

005323001.jpgUne fois passée la surprise du premier tome qui a été un coup de cœur pour son côté addictif, la lecture de cette suite s'est révélée moins enthousiasmante. 

L'histoire évolue dans une toute nouvelle direction, ma foi plutôt intéressante, et nous retrouvons ainsi l'héroïne dans un autre univers. Conséquence du marché qu'elle a été contrainte de faire avec le grand seigneur Rhysand, elle doit passer une semaine par mois à la Cour de la Nuit. Là-bas, elle va vivre dans un pays aux mœurs différentes de celles de la Cour du Printemps et, progressivement, se découvrir elle-même. Ce revirement dans l'intrigue relativement inattendu permet de poursuivre l'histoire en lui donnant un nouveau souffle. Et qui dit nouvel univers, dit nouveaux personnages également, d'ailleurs plus attachants que ceux du précédent tome. 
Malgré ces points positifs, j'ai trouvé cette suite trop longue et moins bien rythmée qu'Un palais d'épines et de roses. Certains passages m'ont semblé de trop et j'ai parfois frôlé l'ennui. Un autre défaut m'a également gênée dans ce roman, il concerne l'écriture elle-même. L'auteur se répète énormément, comme dans un souci de bien se faire comprendre du lecteur. Cette lourdeur déjà présente dans le tome un devient vraiment pesante ici. Le style manque clairement de finesse et se subtilité, chaque élément important est rabâché à de nombreuses reprises et l'on finit par avoir la sensation d'être pris pour un imbécile qui ne capterait que le premier degré de l'histoire. 

Au final, c'est un sentiment mitigé que j'éprouve à l'égard de cette lecture. Si j'ai passé un bon moment et aimé la tournure que prenaient les événements, j'ai trouvé la forme de l'histoire trop grossière et poussive. Je lirai tout de même la suite parce que je suis curieuse de découvrir comment tout cela va évoluer et que j'ai adoré Un palais d'épines et de roses

Titre original : A Court of Mist and Fury
Traduit de l'anglais par Anne-Judith Descombey
De la Martinière Jeunesse, 718 pages, 2016 pour l'édition originale, 2018 pour l'édition française

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Outlander #4 - Les tambours de l'automne (Diana Gabaldon)

samedi 7 avril 2018

9782290099612FS.gifCoupDeCoeur2016.pngSi j'ai attendu longtemps pour lire le troisième tome de cette saga, en revanche je n'ai guère tardé pour enchaîner avec le quatrième. Alors que j'avais passé beaucoup de temps sur le précédent tome, en faisant une lecture feuilleton avec de nombreuses pauses pour lire autre chose, j'ai lu celui-ci rapidement. Au début, je ne pensais pas que ce serait le cas, et puis je me suis faite happer par l'histoire et pendant plusieurs jours, je n'avais de cesse de la retrouver.
Bien que les tomes d'Outlander soient des pavés, l'auteur a toujours une imagination débordante et parvient à nous entraîner dans de nouvelles aventures aux côtés des protagonistes. En près de 1200 pages, je ne me suis pas ennuyée un instant, c'est dire !
L'histoire connaît encore de nouveaux rebondissements, dont certains imprévisibles. Une fois encore Diana Gabaldon ne ménage pas ses personnages et leur mène même la vie dure. 
J'ai adoré ce nouvel opus, j'ai aimé la façon dont les choses évoluent, le fait que l'intrigue ne soit pas uniquement centrée sur Claire et Jamie et que l'on découvre de nouveaux territoires à travers leurs yeux.
L'écriture (et la traduction, encore une fois Philippe Safavi a fait un travail inroyable) est vraiment superbe, le récit passionnant, la psychologie des personnages étudiée en profondeur. Après quatre tomes, on en apprend encore sur les héros de l'histoire, et je ne les en aime que davantage.
Si vous avez envie d'un roman qui mêle les genres entre aventure et historique (et un soupçon de fantastique) avec du rythme, des personnages forts et pas stéréotypés, des émotions, du dépaysement, ne cherchez plus, Outlander est fait pour vous ! Pour le moment, cette série m'enthousiasme un peu plus à chaque tome.
Géniale et incontournable.

Titre original : Drums of Automn
Traduit de l'anglais par Philippe Safavi
J'ai lu, 1144 pages, 2013 pour la présente édition, 1997 pour l'édition originale

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Un palais d'épines et de roses (Sarah J. Maas)

mercredi 4 avril 2018

telechargement.jpgCoupDeCoeur2016.pngDans un monde où les humains tentent de survivre à l'abri du mur qui les sépare du royaume des immortels, Feyre  est partie chasser pour nourrir sa famille. C'est ainsi qu'elle abat un loup, un geste qui  va lui coûter sa liberté. Sa proie n'était en réalité pas une simple bête mais un immortel  sous sa forme animale. Pour racheter son erreur, Feyre est condamnée à partir vivre à Prythian, de l'autre côté du mur. Là-bas, elle séjournera à la cour du printemps chez un  puissant seigneur qui se nomme Tamlin.

Si ce début d'histoire vous rappelle celui d'un conte célèbre, rien d'étonnant, car ce roman est librement inspiré de La belle et la bête. Cependant, il ne s'agit que d'un point de départ puisque le récit suit ensuite d'autres chemins.
Vous l'avez remarqué au petit logo ci-dessus, cette lecture a été un coup de cœur.  Non pas pour son originalité, mais pour son côté addictif. Un palais d'épines et de roses est typiquement le genre de livre que vous ne pouvez reposer une fois entamé, un page-turner pas excellence. Pour autant, j'ai eu conscience durant ma lecture que l'écriture était souvent redondante, que l'histoire contenait de nombreux clichés et que le suspense était parfois bien faiblard. Mais, parce qu'il y a un mais, au fil du roman, ces éléments négatifs que je viens de citer tendent à disparaître et l'effet d'addiction en est renforcé. 
J'ai aimé l'univers construit par l'auteur et je suis très curieuse de découvrir la suite (car oui, il s'agit d'une série !) . Je sens qu'elle en a encore sous le pied et que les tomes suivants nous révèleront bien des surprises. Pour ce qui est de ce premier opus, j'ai passé un moment génial et ne me suis pas ennuyée une minute. Si vous cherchez un roman dans le genre fantastique avec de l'action, des mystères et des créatures magiques, lisez celui-ci, détente garantie !

Titre original : A Court of Thorns and Roses
Traduit de l'anglais par Anne-Judith Descombey
De la Martinière Jeunesse, 524 pages, 2015 pour l'édition originale, 2017 pour l'édition française

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Grupp (Yves Grevet)

mercredi 28 mars 2018

004996998.jpgDans un monde futuriste, on ne meurt plus de maladie grâce à l'implant LongLife. Une puce implantée sous la peau permet de contrôler les faits et gestes de chaque individu et, le cas échéant, d'intervenir pour sauver et protéger ceux qui sont en danger. Désormais, l'espérance de vie dépasse les 120 années et la population coule des jours heureux.
Pourtant, dans cette société en apparence idyllique, une organisation secrète d'adolescents a vu le jour. Le GRUPP rassemble des jeunes contestataires du système qui aspirent à davantage de liberté.
Le roman est divisé en trois parties avec des narrateurs différents. L'histoire débute avec Stan, un collégien dont la vie paisible va basculer le jour où son frère est incarcéré. Elle se poursuit avec Scott, le frère de Stan, pendant son séjour en prison. Enfin, elle s'achève avec les membres du GRUPP  qui relatent chacun leur tour les derniers événements du récit.

Yves Grevet reprend ici un thème récurrent en littérature (on pensera par exemple au célèbre 1984), celui de l'état totalitaire qui vise à protéger ses citoyens. Cette vaste question de la liberté (Jusqu'où peut-on repousser ses limites ?) est tout bonnement passionnante, et l'auteur l'aborde ici par un biais original. Stan se satisfait du système dans lequel il vit, il se sent protégé et ne comprend pas les motivations des membres du GRUPP. La description qu'il fait de son monde nous paraît rassurante et les actions du GRUPP semblent au contraire néfastes. Puis nous découvrons le point de vue de Scott, radicalement opposé, et au fil des pages cet univers dans lequel on est sur-protégé semble d'un coup moins attrayant. Dans son livre, Yves Grevet se situe toujours en équilibre sur un fil, ne prenant pas partie, et c'est ce que j'ai apprécié. Il n'impose pas au lecteur une vision manichéenne et restrictive, au contraire il l'incite à se poser des questions, sans jugement. 
Si j'ai apprécié sa façon de traiter ce sujet, en revanche, j'ai moyennement accroché au récit que j'ai trouvé un peu superficiel. En lisant Grupp, j'ai eu le sentiment q'Yves Grevet restait à la surface de son histoire et ne s'y impliquait pas vraiment. Dès lors, il m'a été difficile de m'attacher aux personnages, et si j'ai lu ce roman sans déplaisir, j'en suis restée détachée, ne parvenant pas à m'immerger dans le récit. Sur le papier, Grupp avait tout pour me plaire, dans la pratique j'ai été un peu déçue. Dans le même genre et du même auteur, je vous recommande plutôt la géniale série Méto.

Syros, 512 pages, 2017

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La colère de Nil (Lynne Matson)

samedi 24 mars 2018

9782266275422ORI.jpgComme cela me chagrine d'écrire pareil billet... J'ai découvert la série Nil avec le premier tome en 2016, un début génial, un coup de cœur. J'ai poursuivi l'an dernier avec le deuxième tome, en-dessous du premier, mais très bon tout de même. Et donc, j'ai terminé la série avec ce troisième tome, La colère de Nil.

Oserais-je dire que c'était le tome de trop ? Clairement, je le pense. On peut tout à fait s'en passer et s'arrêter après le tome deux, autant rester sur une bonne impression. 
La colère de Nil est pour moi un roman raté, qui n'apporte rien à l'histoire, pire, la dégrade.
L'intrigue est inexistante, c'est creux, on a le sentiment que l'auteur cherchait de nouveau un prétexte pour ramener ses personnages sur l'île et qu'elle a choisi le premier qui lui est venu à l'esprit.  Dans le premier tiers du livre, la structure narrative est assez fastidieuse et rend la lecture pénible. On passe d'un personnage à l'autre et il ne se passe rien d'intéressant, ce sont juste de courts chapitres destinés à faire découvrir au lecteur les nouveaux "habitants" de Nil, mais c'est terriblement ennuyeux. Je passe sur l’atermoiement et les dialogues insipides entre Skye et Rives, on leur donnerait volontiers un coup de pied au derrière pour les motiver un peu... La suite du roman est un peu plus agréable à la lecture, mais clairement cela manque de saveur. Vers la fin on retrouve par moments ce qui fait le sel de la série, des scènes d'action, des paysages sublimes avec des animaux sauvages, des situations imprévisibles. Malheureusement cela ne représente qu'un maigre échantillon du roman et la fin nous laisse avec un sentiment de consternation et de regret.
J'ai adoré le début de la série, j'ai vibré avec les personnages sur Nil, j'ai été emportée par l'univers créé par l'auteur, mais ce dernier tome m'a profondément déçue. Quel gâchis !
Bref, vous l'aurez compris, je vous en déconseille la lecture mais je vous recommande toujours les deux premiers tomes. 

Titre original : Nil on fire
Traduit de l'anglais par Guillaume François
Pocket Jeunesse, 461 pages, 2017 pour l'édition française et 2016 pour l'édition originale

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Mathieu Hidalf, le génie de la bêtise (Christophe Mauri)

samedi 3 mars 2018

81QJ97uGubL.jpgRetour aux origines de la géniale série Mathieu Hidalf avec ce préquel. L'histoire se déroule trois ans avant Le premier défi de Mathieu Hidalf, son héros n'a alors que sept ans, mais il excelle déjà dans l'art de la bêtise ! 
A l'occasion de l'anniversaire du roi, il a démontré toute l'étendue de son talent et récolté en conséquence une série de punitions paternelles.

Ce roman, plus court que ceux de la série principale, offre au lecteur de joyeuses retrouvailles avec son héros préféré. L'esprit de la série est bien là, l'écriture toujours aussi caustique et originale. On s'amuse et on passe un fort agréable moment en compagnie de la famille Hidalf. 
La fin laisse supposer qu'il s'agit d'un nouveau cycle et qu'il y aura peut-être une suite. J'espère que ce sera le cas et je serai bien sûr au rendez-vous pour le prochain tome !

J'ai déjà vanté les mérites de la série de Christophe Mauri à plusieurs reprises, et je le répète encore aujourd'hui, c'est une excellente série qui peut se lire et être appréciée à tout âge. Chez moi nous sommes trois fans de 10, 13 et 42 ans !!

Gallimard Jeunesse, 224 pages, 2018

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Série L'épouvanteur (Joseph Delaney)

mercredi 28 février 2018

Il y a quelques années de cela, j'ai lu le premier tome de la saga de L'épouvanteur que j'ai adoré. Pourtant, mystérieusement, je ne me suis jamais plongée dans la suite. L'année dernière, j'ai eu envie de relire le premier tome et de découvrir la suite. Accompagnée de ma copine Claire, j'ai donc lu l'intégralité de la série sur une période d'un peu plus d'un an, à raison d'un tome en moyenne par mois.
Pour ne pas perdre le fil, j'ai écrit mes impressions de lecture au fur et à mesure dans ce billet qui vous présentera l'ensemble de la série (j'entends par là le premier cycle de 13 volumes, car si un 14ème est sorti en français, en réalité il s'agit en version originale du premier tome d'un nouveau cycle), y compris les deux tomes spéciaux, Le bestiaire de L'épouvanteur et Les sorcières de L'épouvanteur. Je n'ai pas retouché ces notes afin qu'elles conservent une certaine spontanéité et reflètent ce que j'ai pensé de chacun de ces tomes à l'issue de ma lecture.

Maintenant, concernant mon impression générale après la lecture des treize tomes principaux et des deux hors série :

L'épouvanteur est une excellente série qui s'inscrit dans la durée. Sur treize volumes, j'ai eu trois coups de cœur et une seule déception. L'univers est original, l'écriture (et la traduction !) est géniale et l'histoire passionnante. Joseph Delaney a un style incroyable, il crée une intensité dans son récit et embarque le lecteur en quelques lignes. Les personnages sont finement travaillés, au fil de l'intrigue on les découvre et l'on s'aperçoit qu'ils ont chacun une personnalité qui va influencer le destin d'une manière ou d'une autre. Dans L'épouvanteur, le monde n'est pas manichéen mais au contraire décliné en de multiples nuances. Les personnages se trompent, doutent, pèchent par orgueil, aiment, souffrent, font preuve de courage, ont peur... Rien n'est complètement écrit, chacun a son rôle à jouer.
Si vous aimez le fantastique, L'épouvanteur est une série incontournable que je vous recommande chaudement. Désormais, elle fait partie de mes séries préférées du genre.

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CoupDeCoeur2016.pngDans ce premier tome, le lecteur pénètre dans l'univers de la série et fait connaissance entre autres avec L'épouvanteur et son nouvel apprenti, Thomas Ward. A travers les yeux de Thomas, on découvre le rôle de L'épouvanteur et sa difficile condition. L'effet d'immersion est fort, dès les premières pages on est embarqué dans l'histoire et on retient son souffle tout en étant parfois agacé par la naïveté de Thomas. Ce qui est intéressant, c'est que déjà, en l'espace d'un tome, sa personnalité évolue et s'affirme. Coup de cœur pour cette entrée en manière efficace et prenante.

Tome 1 - L'apprenti Epouvanteur
Titre original : The Spook's Apprentice
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 275 pages, 2004 pour l'édition originale, 2005 pour l'édition française

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Thomas Ward poursuit son apprentissage auprès de L'épouvanteur. Son chemin va de nouveau croiser celui d'Alice qui est décidément un bien mystérieux personnage. A présent que l'introduction a été faite, le lecteur commence à découvrir quelques éléments du passé, en particulier concernant la mère de Thomas et M. Gregory. On sent que l'auteur maîtrise son histoire et ne distille les informations qu'au compte-goutte. La lecture est toujours aussi passionnante, le rythme soutenu nous tient en haleine.

Tome 2 - La malédiction de L'épouvanteur
Titre original : The Spook's Curse
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 361 pages, 2005 pour l'édition originale, 2006 pour l'édition française

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Le secret de Lépouvanteur est un excellent tome qui possède toutes les qualités des précédents. De l'action, une intrigue maîtrisée de bout en bout, des personnages toujours plus fascinants qui conservent une part de mystère, du suspense, des frissons. La recette fonctionne à merveille dans cette nouvelle histoire qui donne simplement envie de se jeter sur la suite ! L'ambiance, quant à elle, s'assombrit légèrement au cours du récit, rendant la série encore plus intense.

Tome 3 - Le secret de L'épouvanteur
Titre original : The Spook's Secret
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 371 pages, 2006 pour l'édition originale, 2007 pour l'édition française

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La situation est de plus en plus complexe pour l'apprenti Epouvanteur qui est souvent livré à lui-même, seul face aux ennuis. Loin de perdre en intensité, la série, au contraire, en gagne de tome en tome et celui-ci se lit d'une traite. Dans Le combat de L'épouvanteur j'ai surtout apprécié d'en apprendre davantage sur les origines de Tom du côté maternel. Certains mystères sont levés, d'autres subsistent. J'aime aussi énormément le personnage d'Alice qui est décidément fascinant. Une jeune femme forte, étrange, ni foncièrement bonne ni totalement mauvaise, un caractère atypique qui cache encore bien des surprises.
Un superbe quatrième opus !

Tome 4 - Le combat de L'épouvanteur
Titre original : The Spook's Battle
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 406 pages, 2007 pour l'édition originale, 2008 pour l'édition française

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Nouvelle aventure aux côtés de Tom qui poursuit son apprentissage mais change de maître pour quelques temps. John Gregory l'envoie dans le nord auprès d'un autre Epouvanteur, Bill Arkwright. Le bonhomme n'est pas commode mais Tom a beaucoup à apprendre de lui.  Dans le même temps, le Malin refait surface et charge sa propre fille, une puissante sorcière d'eau, d'anéantir Tom. Autant dire que le quotidien n'est pas de tout repos !
Un cinquième tome qui, à l'instar des précédents, se lit avec grand plaisir et facilité et se termine sur une révélation étonnante !

Tome 5 - L'erreur de L'épouvanteur
Titre original : The Spook's Mistake
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 393 pages, 2008 pour l'édition originale, 2009 pour l'édition française

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Comme de nombreuses séries de jeunesse, celle de L'épouvanteur s'assombrit de tome en tome. Pourtant, dès le premier, le ton est donné, on est dans un univers envahi par des créatures de l'obscur. Mais avec ce 6ème opus, l'auteur repousse les limites encore plus loin. Menée tambours battants, l'histoire poursuit un rythme effréné. Le pauvre Tom, déjà plusieurs fois malmené dans le passé, va vivre des moments difficiles avec la présence du Malin qui se fait de plus en plus pesante. 
J'ai adoré ce nouveau tome, l'écriture est toujours aussi fluide et géniale et dès les premières pages, on est emporté par le roman.

Tome 6 - Le sacrifice de L'épouvanteur
Titre original : The Spook's Sacrifice
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 322 pages, 2009 pour l'édition originale, 2010 pour l'édition française

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Nouveau virage dans cette série avec ce septième tome encore plus intense et prenant que les précédents. Loin de s'essouffler, l'histoire connaît des rebondissements qui la rend véritablement passionnante. Le cauchemar de l'Epouvanteur replace en son cœur une sorcière charismatique déjà rencontrée auparavant, Lizzie l'Osseuse. Le lien de cette dernière avec Alice corse davantage le récit et montre, une fois encore, toute la richesse des personnages créés par Joseph Delaney. Un moment de lecture haletant.

Tome 7 - Le cauchemar de L'épouvanteur
Titre original : The Spook's Nightmare
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 350 pages, 2010 pour l'édition originale, 2011 pour l'édition française

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Si le tome précédent est sans doute le meilleur à ce stade dans la série, celui-ci en revanche serait peut-être le moins bon. Sans être mauvais pour autant, Le destin de L'épouvanteur est un tome qui manque d'intensité et se révèle légèrement ennuyeux dans sa première moitié. On n'y retrouve pas le rythme effréné auquel Joseph Delaney nous a habitués et surtout, l'histoire n'est guère passionnante. Peut-être ce ressenti est-il également dû au fait que les personnages d'Alice et de L'épouvanteur sont aux abonnés absents pendant une bonne partie du livre. Cela étant, la seconde moitié parvient à captiver de nouveau l'intérêt du lecteur et le récit s'achève, une fois encore, sur un événement qui pose question pour la suite.

Tome 8 - Le destin de L'épouvanteur
Titre original : The Spook's Destiny
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 306 pages, 2011 pour l'édition originale, 2012 pour l'édition française

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CoupDeCoeur2016.pngDepuis que j'ai entamé cette série, à part le premier tome, celui de la découverte, qui fut un coup de cœur, et le huitième qui fut une légère déception, j'ai (beaucoup) aimé de la même manière l'ensemble de la série. Mais ce tome 9, si différent des autres, est un nouveau coup de cœur. Si je dis qu'il est spécial, c'est pour deux raisons. D'abord parce que, pour la première fois dans la série, Tom n'est pas le narrateur, cette fois c'est Grimalkin qui raconte l'histoire. Ensuite parce que ce tome porte exclusivement sur Grimalkin, Tom et son maître sont totalement absents de ce neuvième opus. Le personnage de Grimalkin me plaisait déjà beaucoup, aussi, quelle ne fut pas ma joie de découvrir qu'un tome entier lui était consacré ! Ici, il s'agit donc de la fuite de la célèbre sorcière qui tente d'échapper à ses poursuivants pour mettre à l'abri la tête du malin dont elle est depuis le tome précédent la gardienne. Les partisans du mal cherchent à la lui reprendre pour la remettre sur son corps et le faire ainsi revenir à la vie. Les trois cents et quelques pages sont consacrées à cette course-poursuite menée tambour battant, sans temps mort. Même si l'action est prépondérante, on apprend également à mieux connaître Grimalkin et son passé. De la première à la dernière page, ce fut un régal ! Peut-être à ce stade, le meilleur tome de la série.

Tome 9 - Grimalkin et L'épouvanteur
Titre original : Spook's, I am Grimalkin
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 315 pages, 2011 pour l'édition originale, 2013 pour l'édition française

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Il n'a pas forcément été évident de retrouver Tom comme narrateur après mon coup de cœur pour le le neuvième tome. Non pas que cette nouvelle aventure ne soit pas intéressante, au contraire, mais le personnage de Grimalkin m'a beaucoup manqué, même si on la retrouve dans la dernière partie du roman. 
Dans cette nouvelle histoire, il est toujours question de cacher et protéger la tête du malin afin qu'elle ne tombe pas dans les mains des ennemis, mais en parallèle, on suit Tom et son maître dans un voyage un peu particulier. Suite à sa destruction, la maison de L'épouvanteur est en reconstruction et il est question de regarnir les rayons de la bibliothèque, les ouvrages qu'elle contenait ayant été brûlés. Un message est un jour adressé à John Gregory. Une certaine Dame Fresque l'invite à venir consulter sa collection d'ouvrages à Todmorden. Elle se dit prête à lui en céder plusieurs à un prix raisonnable. Ce voyage en apparence anodin va placer Tom et son maître dans une fâcheuse posture.
Un excellent tome dans lequel l'intrigue gagne une fois de plus en intensité, on sent le dénouement proche.

Tome 10 - Le sang de L'épouvanteur
Titre original : The Spook's Blood
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 328 pages, 2012 pour l'édition originale, 2014 pour l'édition française

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Un parallèle peut être fait entre ce onzième tome et le neuvième - Grimalkin et L'épouvanteur -, car ce sont pour le moment les deux seuls tomes dont le narrateur n'est pas Tom et dans lesquels Tom est absent. Cela étant, Le pacte de Sliter, en plus de l'absence de Tom comme narrateur et personnage de l'histoire, se déroule dans un tout autre univers, éloigné géographiquement et culturellement de celui de L'épouvanteur. Le narrateur et héros de ce récit est un mage Kobalos, une créature à l'apparence de loup mais qui se déplace sur deux pattes. Le début est un peu déstabilisant après avoir lu 10 tomes dans l'univers de L'épouvanteur, mais finalement on rentre facilement dans l'histoire qui s'avère originale et addictive. Ce n'est que très tardivement dans le roman que l'on comprend enfin le lien entre Sliter et le monde de L'épouvanteur. J'ai apprécié, comme ce fut le cas dans le tome consacré à Grimalkin, d'avoir un autre narrateur que Tom aux commandes, c'est plaisant de changer de style tout en conservant ce merveilleux talent de conteur que possède Joseph Delaney. Un excellent tome.

Tome 11 - L'épouvanteur, Le pacte de Sliter
Titre original : Spook's Slither's Tale
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 306 pages, 2012 pour l'édition originale, 2014 pour l'édition française

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Le titre ne trompe pas, ce douzième tome est consacré au personnage d'Alice, mon préféré après celui de Grimalkin. Et c'est donc le troisième dans la série à ne pas avoir Tom pour narrateur, après les tomes 9 et 11. J'ai adoré ces deux derniers, justement parce qu'ils brisaient le schéma habituel de la série et nous emmenaient vers de nouveaux horizons. 
Je partais donc doublement confiante, persuadée de trouver ce tome génial. Or, et cela me fend le coeur de l'admettre, c'est le premier tome de cette série qui me déçoit. Le premier tiers est ennuyeux, pire, on a par moment le sentiment que l'auteur fait du remplissage... Alice se retrouve dans l'obscur, en quête d'un objet précis, et pendant une bonne centaine de pages, on assiste à une succession d'événements qui s'enchaînent sans temps mort, mais sonnent faux. Le talent de Joseph Delaney est incontestable. Depuis le premier tome, il suscite l'empathie et la curiosité chez le lecteur en maintenant en permanence ses personnages sur un fil prêt à se rompre, et en donnant une vraie intensité et un rythme à son récit. Malheureusement, tout cela est absent du début du douzième tome. Par la suite, l'intrigue et l'écriture retrouvent un nouvel élan, et la fin de cette lecture est prenante et agréable, mais le début "raté" de ce tome laisse au final une impression mitigée. Dommage.

Tome 12 - Alice et L'épouvanteur
Titre original : Spook's : Alice
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 325 pages, 2013 pour l'édition originale, 2015 pour l'édition française

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CoupDeCoeur2016.pngDernier tome de ce premier cycle qui fut riche en péripéties ! Après la déception occasionnée par le tome 12, je craignais un mauvais final, heureusement mes craintes ont été vite balayées. On retrouve ici avec bonheur le style de Joseph Delaney, passionnant et hautement addictif. Les actions s'enchaînent tambour battant et il se passe énormément de choses dans ce dernier volume. Cette fin est plus que satisfaisante, elle confirme que L'épouvanteur est une série de qualité.
J'ai lu d'une traite ce roman et ce fut un coup de cœur. Maintenant il me tarde de me tourner vers le nouveau cycle...

Tome 13 - La revanche de L'épouvanteur
Titre original : The Spook's revenge
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 348 pages, 2013 pour l'édition originale, 2017 pour l'édition française

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* * *

Je termine ce billet sur le monde de L'épouvanteur en vous présentant les deux hors-séries qui ont été écrits par Joseph Delaney en cours de série. Dans leur version originale, ils ont été publiés la même année que les tomes 6 et 7, le premier paru étant celui sur Les sorcières. Pour ma part, j'ai attendu d'avoir lu le tome 8 de la saga avant de m'y intéresser, mais on peut tout à fait le faire avant, du moment qu'on a au moins lu les six premiers tomes. Ceci dit, lire Les sorcières de L'épouvanteur avant de s'attaquer à la série peut aussi être une façon de découvrir l'univers de Delaney. On se spoilera certes un peu sur certains éléments de la série, mais ce n'est pas très gênant. En revanche, je trouve préférable de lire Le bestiaire de L'épouvanteur plus tard, car pour le coup, il révèle pas mal d'informations sur ce qui se passe dans les premiers tomes.

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Il s'agit d'un recueil de 5 nouvelles (Meg Skelton, Dora la Cracheuse, Grimalkin, Alice et le mangeur de cerveaux, La Banshie) consacré aux sorcières, dont certaines sont des personnages de la série.

La première nouvelle nous raconte la rencontre entre Meg Skelton et L'épouvanteur. C'est un personnage que l'on connaît déjà un peu dans la série et j'ai trouvé très intéressant de découvrir le début de la relation étrange qui unit cette sorcière à L'épouvanteur.
La deuxième est consacrée à Dora la Cracheuse, un personnage qui a priori, n'apparaît pas dans la série. L'histoire est emplie de suspense et apporte en outre des informations sur les sorcières qui viennent compléter et illustrer les propos du bestiaire. Une nouvelle à la fois instructive et plaisante à lire.
La troisième consacrée à Grimalkin nous en apprend davantage sur ce personnage qui est l'un de mes préférés de la série. On comprend enfin sa personnalité et son rapport avec Tom. C'est un personnage fascinant.
La quatrième est consacrée à Alice, elle revient sur sa jeunesse, en particulier son séjour chez sa tante Lizzie l'Osseuse chargée de son instruction en sorcellerie. On découvre une Alice en danger, malmenée, et l'on comprend mieux après avoir lu cette nouvelle, la dureté et froideur dont fait parfois preuve la jeune sorcière.
La cinquième et dernière nouvelle (celle sur La Banshie) est la seconde du recueil qui est écrite du point de vue de L'épouvanteur après celle sur Meg Skelton. Celle-ci est racontée par Tom. Il s'agit du récit d'une mission qu'il a vécue en compagnie de Bill Arkwright, L'épouvanteur chez lequel il est envoyé en stage dans le tome 5. Une aventure bonus en quelque sorte.

Voilà donc un excellent recueil pour qui veut découvrir l'univers de L'épouvanteur, ou au contraire pour prolonger la série. Mes deux nouvelles préférées sont celles consacrées à Grimalkin et à Alice.

Les sorcières de L'épouvanteur
Titre original : The Spook's Stories - Witches
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 216 pages, 2009 pour l'édition originale, 2011 pour l'édition française

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Autre hors-série passionnant, celui-ci se présente comme une encyclopédie illustrée présentant les créatures fantastiques de la série. Il est divisé en dix parties, dont huit consacrées aux créatures (Gobelins, Anciens Dieux, Sorcières, Mages, Morts sans repos, Démons, Créatures aquatiques, et Elémentaux). En préambule, on trouvera une partie sur la façon générale d'affronter l'obscur. Pour conclure, une dernière partie s'attache à trois cas de morts mystérieuses dans le Comté ; elle est suivie d'une courte conclusion.

Bien que ce hors-série se présente sous la forme d'un "documentaire", les textes sont écrits de manière vivante et à la première personne par L'épouvanteur, ce qui en rend la lecture très fluide et passionnante. Certaines descriptions sont étayées de courts récits d'aventures et anotés par les différents apprentis de L'épouvanteur. La mise en page est particulièrement soignée, le fond des pages donne l'impression que le texte a été écrit sur du parchemin, des insectes écrasés ou des taches d'encre y ont été ajoutés pour faire encore plus vrai ! L'ensemble des textes est richement illustré par Julek Heller. Les dessins sont en noir et blanc, probablement réalisés au crayon ou fusain. Ils sont très beaux et réalistes, parfois même effrayants !
En résumé, un superbe hors-série que tout fan de la série se doit de posséder. 

Le bestiaire de L'épouvanteur
Titre original : The Spook's Bestiary
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Delval
Bayard Jeunesse, 236 pages, 2010 pour l'édition originale, 2013 pour l'édition française

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Sainte Caboche (Socorro Acioli)

samedi 10 février 2018

couv29102629.jpgJe ne serais pas allée vers ce livre s'il n'avait pas été glissé dans la box Exploratology (dont je vous parlerai bientôt) du mois de décembre dernier. Parfois, c'est bien aussi de bousculer ses habitudes et de sortir de sa zone de confort.

Sainte Caboche est un roman (ou conte) de réalisme magique, genre que j'ai découvert avec le célèbre classique Cent ans de solitude. A l'époque, j'avais été déstabilisée par ce type d'écriture que je ne connaissais pas, et je pense que j'étais passée à côté de ce superbe texte.
Lorsque j'ai entamé Sainte Caboche, j'avais donc d'un côté un léger a priori négatif lié à mon souvenir de lecture de Cent ans de solitude, mais aussi l'esprit plus ouvert, sachant à quoi m'attendre.
S'il s'avère que le réalisme magique n'est toujours pas franchement ma tasse de thé, j'ai malgré tout passé un bon moment de lecture et réussi à apprivoiser ce genre.

Premier chapitre, nous faisons connaissance avec Samuel, un homme qui marche depuis des jours sans manger ni presque boire, terriblement affaibli. Où se rend-t-il, et pour quelle raison, nous l'ignorons encore... Et je n'ai guère envie de vous en dire davantage pour mieux vous laisser découvrir cette histoire étonnante.

Le récit est organisé en très courts chapitres précédés d'illustrations en noir et blanc, et parsemés de petits icônes qui renvoient à un index de notes en fin d'ouvrage (ces notes apportent des informations d'ordre culturel ou géographique sur des éléments du roman). La lecture en est rapide et l'histoire se déroule sur quelques semaines à peine. Une histoire à la fois poétique et drôle, sorte de conte initiatique. Difficile de décrire le style d'écriture qui est forcément particulier, mais si l'on accepte de se laisser porter, c'est une parenthèse agréable, parfois même jubilatoire. Le contexte brésilien ajoute à l'attrait de ce livre qui nous fait voyager dans un pays et une culture passionnants.

Une jolie découverte.

Lecture commune avec Tiphanie.

Titre original : A Cabeça do Santo
Traduit du portugais par Régis de Sá Moreira
Belleville Editions, 255 pages, 2017 pour l'édition française (édition spéciale pour la box Exploratology), 2014 pour l'édition originale

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Génération K #1 (Marine Carteron)

mercredi 24 janvier 2018

9782812611087FS.gifDéjà, il y a cette superbe couverture rouge intrigante. Rien que pour cette raison, j'aurais pu succomber. 
La trilogie Génération K (les trois tomes sont déjà parus) est écrite par l'auteur de la célèbre série des Autodafeurs (toujours pas lue, honte à moi !), Marine Carteron. Publiée dans la collection épik (qui a pour slogan "Les voyages dans l'imaginaire") au Rouergue, cette histoire démarre sur les chapeaux de roues avec ce début totalement génial.

Dans ce premier tome, nous suivons trois jeunes personnages dont les destins vont se croiser. Kassandre, fille de la noble famille Báthory de Kapolna, 16 ans, fan de metal et révoltée, vit en Suisse. Mina, 16 ans également, est la meilleure amie de Kassandre, elle est la fille d'une employée des Báthory de Kapolna. Georg, 20 ans, est un délinquant placé dans un centre de détention à Roanne.
Tout les oppose, et pourtant ils ont un point commun, celui d'appartenir à la génération K, des personnes dont l'ADN a muté.

Je ne veux pas vous en dire davantage, je crois que le mieux, avec ce genre de bouquin, c'est d'en découvrir l'univers directement en le lisant.
Une chose est sure, une fois que vous en aurez démarré la lecture, difficile de le reposer !
L'écriture de Marine Carteron (que je découvre, donc) est vraiment incroyable, elle nous happe dès les premières pages et plonge le lecteur dans un tourbillon, un doux vertige. Tout dans ce livre est original, rien de banal, que ce soit au niveau de l'intrigue, de son déroulement, des personnages. Marine Carteron a un style particulier qui rend ce début de série unique et plus que prometteur.
J'ai adoré cette immersion dans son monde et je brûle à présent de lire la suite.

Une pépite.

Rouergue (épik), 302 pages, 2016

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