005504653.jpgLa servante écarlate est déjà vieux d'une trentaine d'années, et c'est l'un des premiers titres de science fiction dystopique a avoir connu un grand succès après (entre autres) les célèbres 1984 et Fahrenheit 451. Depuis de nombreuses années le titre de ce classique m'interpelle et je m'étais promis de le lire un jour. Finalement, c'est d'abord à l'écran que j'ai découvert cette histoire avec la série TV. Les premiers épisodes m'ont tellement plu et passionnée que j'ai commencé en parallèle à lire le roman. 

Présentation de l'éditeur :

Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d'esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, " servante écarlate " parmi d'autres, à qui l'on a ôté jusqu'à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l'austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler... En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté. 

Pour une fois, je ne tomberai pas dans le cliché qui me fait dire bien souvent "le livre est meilleur", car en l'occurrence ici, j'ai largement préféré la série TV que j'ai trouvée tout bonnement époustouflante. 
Je crois que ce qui m'a gênée et empêchée d'apprécier pleinement ce roman, c'est le style de l'écriture adopté par l'autrice. Un style direct, au ton sec, qui ne laisse pas de place à l'émotion. La narration est volontairement factuelle et détachée, et si l'effet est saisissant, cela m'a dérangée et tenue à distance du récit. J'ai eu l'impression de lire un essai sur la république de Gilead, et malgré les atrocités que se remémore la narratrice, à aucun moment je n'ai ressenti une quelconque empathie à son égard, je suis restée tout du long comme une spectatrice extérieure, sans jamais entrer vraiment dans l'histoire.
Malgré cela, j'ai trouvé que c'était un texte fort avec une thématique qui fait réfléchir et s'interroger sur le sens de la liberté et sur sa fragilité. La construction de la narration entre passé et présent, la découverte, à travers les pensées de Defred, de la façon dont la société s'est peu a peu transformée jusqu'à devenir une dictature, tout cela est extrêmement bien pensé et efficace. 
Au final, je suis contente d'avoir pu découvrir ce roman et son histoire, mais ma préférence va à la série TV que je vous invite à découvrir de toute urgence si vous ne la connaissez pas. Mais attention, effet d'addiction garanti ! 

Titre original : The Handmaid's Tale
Traduit de l'anglais par Sylviane Rué
Robert Laffont (Pavillons Poche), 521 pages, 1985 pour l'édition originale, 2017 pour la présente édition française

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